MONSEIGNEUR PI^CHENARD
Mirabeau, M. Tardivel a peu changé, L'Américanisme est sa nouvelle Diana Vaughan. Le liire de son livre récemment paru et qui renferme toute sa contribution a la littérature américaniste est : a La situation religieuse aux Etats-Unis, «
a Le principal titre de M. Tardivel à ce « rôle a de polémiste est, comme pour ses alliés, la haine des Etats-Unis (i). »
« L'homme qui a le plus récemment parlé dans cette affaire est Mgr Péchenard. I! vient d'apporter son témoignage à ]' o heureuse disposition d'esprit » dont ses compatriotes ont fait preuve au sujet de l'Américanisme. Comme on pouvait s'y attendre d'un homme dans sa position, ses sympathies vont à ceux qu'on nomme réfractaires et qui ne pourront qu'applaudir au genre d'orthodoxie dont fait preuve l'article publié par lui dans cette Revue.
" Ce qu'il y a de certain, c'est que maintenant plus que jamais, les amis véritables de l'Université Catholique de Paris regretteront la perte de Mgr d'Huist, prédécesseur du recteur actuel : jamais il n'aurait souffert que ce grand centre de science en vint à servir d'allié à ceux qui essaient de ternir le beau nom de l'Eglise d'Amérique (2). »
[i)Op. c<ï.,pp. i7-'S,
(î) Op. cit., p. 19, The catkolic Irish, april 12, [900, dit de Mgr Péchenard s personnaily he is less looked upon as an auihority in [he world of ideas than as a skllful administra' tor and an excellent ecclesiasiic ».
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LE CARDINAL SATOLLI
Il Le cardinal Mazzslla, un jésuite napolitain, a consacré sa vie, depuis son accession au Sacré Collège, à l'avancement des intérêts de son Ordre. Il est le grand homme de la Civiltà Cattolica et le pouvoir exécutif de sa politique [i).
Il Le cardinal Saiolli est bien connu en Amérique comme le premier délégué Apostolique aux Etats- Unis. Ce fut durant son séjour à Washington qu'il s'immisi^a d'une manière inacceptable, dans les affaires de l'Université Catholique, tournant son influence contre les membres américains de celte faculté en faveur de l'élément étranger, qui avait alors pour meneurs les professeurs Schroeder et Périès. Entre
([) 0" me permettra d'ajouter que l'éminence a en une grande influence sur la rédaction de l'Encyclique Providentissimus et la décision relative aux Trois témoins célestes. — Mgr Ireland range aussi parmi les ad.'ersaires de l'américanisme le P. Fleming, il dit : o Le Père Fleming est un mnine franciscain qui fut l'ami et le collaborateur du D' Stephen George Mivart. Autrefois, il était très considéré à Rome pour sa rare largeur d'esprit. Récemment cependant, pour obéir il un édit de son Ordre, il est devenu dans l'Eglise le champion des vues réactionnaires et, par son z£le, ii a rapidement expie SCS escapades théologiques des années passées. » Mgr Ireland fait ici allusion à un mouvement rétrograde qui s'opéra chez les franciscains à la suite de la lytre de Léon XIll au ministre général des Frères mineurs, datée du ^5 novembre 1898. Si le P. Fleming a été entraîné dans celte réaction, il ne semble pas s'être laissé emporter loin, ni longtemps. Mgr Boegiin lui donne facilement l'absolution des fautes qu'il a commises
e de coopération 0. {Revue du clergé français, t. XXiX, 1" février igoa).
temps il obtenait du pape la lettre qui demandait la démission de Tévêque Keane. Depuis son retour à Rome, il a cAnservé une "attitude systématiquement hostile à l'Amérique et à tout ce qui est améri-
Comme Mgr Péchenard avait attiré l'attention sur le fait qu'en 1899, durant son séjour en France, l'archevêque Iretand n'avait discuté nulle part la question de l'américanisme, et par là-même avoué sa culpabilité, Saint -Clair Etheridge écrivit :
■1 Mgr Péchenard devrait savoir que le prélat attaqué par lui passe pour un homme pratique et qu'il a peu d'admiration pour les héros mythologiques du Whalala qui emploient leurs journées à pour£endre des ombres. Ceux qui ont lu le récit fort exact des félicitations qu'il reçut à Rome du Souverain Pontife et des principaux cardinaux, pour avoir compris comme il le fallait la lettre du pape, trouveront peutêtre une raison plus simple au silence dédaigneux de l'archevêque de Si-Paul [2) ».
Dans un voyage qu'il fit à Rome, au printemps de 1 900 , l'archevêque Ireland reçut encore beaucoup d'égards. Il vint ensuite à Paris où il prononça le discours d'inauguration de la statue de La Fayette « trait d'union entre
(i) La Genèse..., pp. 19-10.
(2) La Genèse..., p. 17.
l'Amérique et la France » (i). Quinze jours après il présidait, avec l'archevêque Kain, la distribution des prix de l'école Albert-le-Grand. Il y
prit la parole.
u Si la jeunesse de France, dli-il, s'adonnait entièrement à limagination, au seniiment, certes, ce serait beau, celle jeunesse de France qui vivrait du sentiment et de l'idéal ; mais si elle se confinait uniquement dans le sentiment ei dans l'idéal, sans savoir en faire sortir toutes les richesses, sans disposer des forces matérielles qui portent avec honneur votre drapeau à travers toutes les mers et tous les continents, il y a des pays qui pourraient vous éireindre et qui pourraient dire : « La France a vécu, bien ; mais elle ne vit plus aujourd'hui », et nous ne voulons pas que jamais on puisse dire chose pareille !...
« Au nom de l'hiimanité, (je n'ai pas le droit de parler au nom de la France), au nom de l'humanité, je veux que la France reste forte et vigoureuse ; je veux que, dans quelque partie du monde que ce soit le son de la langue française rappelle ce qu'il y a de plus beau, de plus héroïque et de plus religieux dans le monde, ei, par conséquent, au nom de l'humanité, je dis, j'ose dire aux Français : Unissez-vous sur le terrain de la patrie. Des nations vous guettent ; des nations se frottent les mains quand vous vous disputez ; des nations se disent fpardonnez-moi si, dans ce jour de joie, je rappelé ce que quelques-uns disent],
(i) Le caractère presque officiel de ce discours valut à son auteur d'élre nomme commandeur de la Légion d'honneur (septembre 1900).
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4^6 CONGRÈS DE l'hISTOIRE DES RELIGIONS
des nations se disent : « Laissez faire les Français, ils se consumeront dans leurs divisions, n Eh bien, Messieurs, vous, jeunes soldats de la France, sortez dans le grand chemin de la vie et dites : o Le salut de la France avant tout. Je la prends telle que je la vois telle qu'elle se présente devant moi, et son salut, c'est la règle suprême de ma conduite (i). »
La présence de l'archevêque n'excita plus les protestations de ses adversaires : il disparaissait dans le mouvement de rexposition universelle (2). Quelques années auparavant, il avait cru qu'il y présiderait un parlement religieux. Il écrivait alors à M. Charbonnel :
« Ce qui est certain, c'est qu'un congrès des religions se tiendra à Paris, en 1900, que l'Eglise catholique y participe ou non. Et alors quelle honte que la vraie Eglise n'y donne aucun signe de vie ! Ses ennemis la disent mourante ou morte. Quelle belle occasion pour elle de rassembler ses torces, de faire paraître ses talents, de se montrer à la tète de lous les mouvemems iniellectuels et sociaux. D'ailleurs il ne faut pas considérer seulement l'effet de son silence sur Paris, mais cet effet sur l'univers entier. Pour moi, la plus belle occasion de triomphe offerte à l'Eglise depuis un siècle, c'est celle du congrès de Paris en 1900 (i). »
(1) Discours, p. ro et i5.
(2) M. J. de Bonnefon lu[ consacra encore un article lians le Journal du 3o juin ; Notre ami Iretand? — Voyez du même VAméricanistne dans l'Eclair du 3i mai 1900.
(1) Lettre ciiée dans Charbonnel, Hist. d'une idée, p. i56.
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COnGRES DE L HISTOIRE DES RELIGIONS 427
La grande exposition ne vit point le congrès des religions mais un intéressant congrès de l'histoire des religions. Trois prêtres de l'église romaine osèrent y paraître (i)- Les catholiques laïques n'y assistaient pas en grand nombre. On peut conclure des travaux de cette assemblée que si le clergé pouvait organiser des congrès internationaux de savants catholiques, du moins il était prudent de ne point se mêler aux réunions de la science indépendante.
Il se tint cependant, en 1 900, une réunion qui souleva de la part des intégristes une opposition presque aussi violente qu'une nouvelle réunion du parlement de Chicago (2), ce fut le congrès ecclésiastique de Bourges. Le fait que trois pré-
(1) MM. Ch. Denis, le directeur des Annales de philosophie chrétienne, Fourrière, curé d'Ores mi eux, et Toiton, (i) Ce terme de comparaison est historique. Il revenait sans
Durant l'hiver iRyS-iSo^, il se tînt, à Paris, ce que la Vérité ([3 mars iSgg] dénonça aussi comme n une manière de congrès des religions au petit pied ». Des moralistes de toutes les théories firent au collège libre des sciences sociales une conférence sur l'idée morale, n Leur dessein était de rechercher sï la diversité des doctrines ne leur permettait point de fonder sur des bases communes un enseignement moral social. On entendit successivement MM. Beloi, délégué des professeurs de philosophie au conseil supérieur de l'instruction publique ; Gide, réminent sociologue, professeur à l'école de droit ; le pasteur Wagner; Jacques Sorel, l'écrivain socialiste. » Les catholiques furent représentés dans cette entreprise par le dominicain V. Maumus et M, G, Fonscgrive.
lats (i) l'honorèrent de leur^ encouragements et de leur présence prouvait une notable évolution dans les idées (2).
Le mouvement progressiste reçut au printemps de 1901 un nouvel apport de la part de M. l'abbé Klein.
(i) Mgr Scrvonnet, archevêque de Bourges ; Mgr Petit, acchevéque de Besançon et Mgr Rumeau, évéque d'Angers. Mgr Rumeau ne voulut pas toutefois que sa Semaine religieuse enregistrât sa participation au congrès.
(3) Sur ce congrès, voy. le discours de Mgr Isoard publié dans la Revue canonique, sep.-oct. igoo ei la Lettre de Mgr l'évéque d'Annecy à Mgr l'archevêque de Bourges, touchant le congrès ecclésiastique tenu dans cette ville au mois d'août igoo. (Annecy, 1901, in-8, 14 pp.).
Dans son opuscule sur Le Saint Bréviaire et son avenir (190a), Mgr Isoard gémit sur les e hommes d'action de l'Amérique et de l'Allemagne, les hommes qui veulent un catholicisme de leur temps, les hommes qui rangent la religion parmi les religions, acceptent l'idée d'un congrès des religions, d'une exposition de l'art de toutes les religionsu (p. içi), «C'est ainsi, dït-il, qu'ils ont apparu tout récemment les prêtres qui, dans l'intérêt même de leur action dans le monde, prétendent pouvoir faire abstraction de leur qualité de prêtres en certaines circonstances qui leur appartiendrait de déterminer. Hors de là, ils sont des laïcs honnêtes et servant la cause sociale. C'est ainsi que comme moyens d'action, ce n'est que depuis peu de temps, qu'a été adopté franchement et presque universellement le système qui consiste il recourir auj; procédés et moyens d'action dont usent les laies, soit comme individus, soit comme société. Les modèles à suivre pour le prêtre zélé et qui veut le succès de ses œuvres, ce sont les hommes qui savent se créer des succès, hommes d'affaires, artistes, acteurs, entrepreneurs de fêtes publiques. Qu'ils deviennent donc nombreux les enraiements à cette nouvelle milice ! Tel leur langage, tels
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Le professeur de l'Institut catholique n'avait point disparu du ciiamp des batailles intellectuelles depuis la publication de la lettre Testem. Quelques mois plus tard il publiait la Vie de Mgr Dupont des Loges, le dernier évêque français de Metz. L'édifiante biographie de ce prélat patriote et légitimiste rassura la presse conservatrice et religieuse sur les opinions de son auteur. L'Académie française décerna l'un de ses prix au mérite littéraire de l'ouvrage, et le rapporteur, M, Gaston Boissier, en fit un éloge dans son rapport de la séance annuelle. Pour éviter qu'on ne vît une rétractation dans cet ouvrage préparé, du reste, pendant de longues années, M. Klein terminait en ces termes l'Avant- Propos où il présentait le héros messin:
0 Parce que de tels exemples se décorent souvent du beau nom de « vertus aniiques «, ce n'est pas une raison pour qu'ils ne soient point admirés de ceux-là même qui aiment le plus leur temps, le siècle où Dieu les a fait naître et où il leur a ordonné de travailler. L'une des supériorités de l'Eglise catholique n'est-elle pas, justement, l'infinie souplesse avec laquelle, dans la divine fixité de sa doctrine, elle adapte ses moyens d'action à la partie changeante des misères et des forces humaines ? Comme l'éternel Père de famille qu'elle représente parmi nous, n'a-t-elle pas toujours elle, suivant les besoins des différents âges, à tirer de son trésor les anciennes choses aussi bien que les nouvelles : nova elvetera?
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« Pour moi, reconnaissant envers la Providence
d'avoir pu naguère, en contribuant à faire connaître des archevêques comme ceux de Carthage et de Saint- Paul, la célébrer elle-même dans ses dons nouveaux, je la remercie aujourd'hui de permettre qu'en retraçant le portrait d'un des évêques les plus traditionnels du XIX* siècle, je la puisse célébrer dans ses dons plus anciens et non moins excellents. Du même cœur que j'ai répété : Nova, je viens, sans contradiction, proclamer dans ce livre : Et vetera{i]. »
Ces déclarations ne témoignaient pas d'une conversion bien profonde chez le héraut d'Ireland et d'Hecker. Bientôt après il traduisait en français deux discours de l'évèquè Spalding. Le premier, VEducation supérieure des femmes (2), exposait le sujet d'une manière très nouvelle pour un prélat, au jugement des catholiques du vieux monde (3): c'était la reprise des idées de Madame Marie du Sacré-Cœur. L'évèquè même ne craignait point de dire : « On est forcé d'avouer que l'absence de religion chez tant d'hommes, en France et ailleurs, a sans doute pour cause la -faible culture intellectuelle des épouses et des mères (4) ». Le second discours, publié dans la Revue du Clergé Français, sur
(i) Vie de Mgr Dupont des Loges, X-XI. {2) Brochure in-[ï, Paris, Bloud et Barrai.
(3) Op. cit., voy. p. i3, 20, 44-45.
(4) Ibid., p. 32.
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« la mission vitale de l'Université », renfermait pareillement un certain nombre de sentences dont il eut été facile de faire l'application aux récentes querelles.
Ces traductions étaient le prélude d'un nouveau volume d'importations américanistes que M. l'abbé Klein donna à Pâques de l'année 1 90 1 , sous le titre d' Opportunité (i) et qui fit le pendant de V Eglise et le siècle. Tous deux prêchent n ce culte de Dieu en esprit et en vérité que le Christ a révélé au monde, et qui n'est ni d'un temps ni d'un peuple, mais de tous les temps et de tous lespeuples(2) ». Une seule différence caractérise les deux prédications, celle de Mgr Ireland est d'un orateur, celle de Mgr Spalding d'un poëte et d'un philosophe.
Omission de toute effusion envers ces dévotions nouvelles dont aucun évèque des pays latins, chaque fois qu'il prend la parole, ne manque point d'affirmer non seulement l'opportunité, mais encore la nécessité; mépris des sub-
{i) opportunité est le titre du premier discours. Il est à remarquer que, dans l'encyclique Long-in^ua oceani, Léon XllI s'est servi de ce mol si souvent employé par les .\m < 11 est juste et nécessaire que l'Eglise marche de conceri l'Eiat, d'un pas ferme vers le progrès, mettant ù profil i les opportunités que le temps offrira.» [Utendis vid opportuniiaiibus, quas afTeral dîes).
(a) Opportunité, p. 25i.
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tilités et des disputes ihéologiques (i); recoiiimandations incessantes de l'initiative et de l'activité (2) comme plus utiles encore que cette docilité et cette soumission qui passent ailleurs pour les seuls devoirs catholiques ; insistance sur les vertus naturelles : tels sont les traits qui caractérisent tout d'abord l'enseignement de l'évéque de Péoria. On comprend que son traducteur ait Jugé que ses coreligionnaires de France pourraient en faire leur profit et qu'ils trouveraient à prendre particulièrement dans le discours dont voici des extraits :
a Toute vérité est orthodoxe, qu'elle nous vienne de la révélaiion confirmée par la voix infaillible de l'Eglise ou qu'elle arrive sous la forme d'une connaissance certaine et scientifique fp. 96).
Il Rien n'est plus malaisé que de faire accepter l'Evangile à ceux qui vivent dans les mortelles ténèbres de l'ignorance et de la misère. Quiconque s'efforce d'élever l'humanité entière en lui donnant la possibilité de vivre une vie plus libre et plus humaine, celui-là, qu'il en ait conscience ou non, est l'ouvrier de la cause du Christ pour le salut des hommes (p. 97).
" Si, dans les premiers siècles du christianisme, l'Eglise a su s'assimiler tout ce qu'elle a trouvé de vrai et de bon dans la civilisation païenne, si saint
{:)Ibid.,p [2) Ibid., p
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Augustin et saint Thomas d'Aquin ont su contraindre Platon et Aristoie à devenir les auïîliaires de la cause du Christ, pourquoi donc nous décourager Cl nous figurer que l'Eglise a perdu cette faculté d'assimilation ? (p. loo). Une institution qui ne sait pas se servir de ses meilleurs sujets est bien près de la décadence (p. loi).
B Les théologiens et apologistes catholiques ont érigé en principe fondamental qu'il doit y avoir harmonie entre la révélation bien comprise et les phénomènes de l'univers bien connus ; or, s'il en est ainsi, c'est justement la pensée la. plus profonde et la science la plus parfaite qui fourniront les preuves les plus irréfutables de la vérité de notre foi (p. 102),
« Il n'y a pas d'effort vers le progrès sans risques d'erreur, c'est vrai ; mais une léthargie intellectuelle et morale entraîne inévitablement la décadence et la ruine. Une faculté inutilisée dégénère jusqu'à ce qu'elle cesse d'exister. Celui qui ose s'expose : pour vaincre, il faut aller au-devant du danger. Est-ce que l'Eglise, qui a pour tous ses enfants des approbations et des encouragements, n'en saurait donner à ceux qui travaillent avec zèle et droiture à acquérir des connaissances plus exactes et plus profondes ? Tandis que le monde entier irait de l'avant, permettrait-elle aux catholiques de s'endormir dans une ignorance satisfaite et de s'ensevelir, eir quelque sorte, dans la tombe ? (p. 104].
« Ne vivre que par la pensée, s'efforcer sans cesse de mieux sonder la vérité infinie, n'est aisé pour personne. Il faut pour cela une discipline, une énergie et un esprit d'abnégation que bien peu d'hommes
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possèdent. Quand un homme de cette trempe et de cette valeur se dévoue à élucider et à défendre les doctrines de la religion, nous devons l'honorer et nous tieràlui; sans quoi, il pourra perdre courage ou se consacrer à des études dans lesquelles ses efforts seront mieux appréciés. Si nous permettons que nos esprits les plus capables soient en butte à la défiance, il s'ensuivra inévitablement l'abaissement du niveau intellectuel chez les catholiques, et, par voie de conséquence, l'abaissement de leur vie morale et religieuse (p. 107).
a Le surnaturel dépasse la nature sans l'annihiler, de mime que Dieu peut être à la fois transcendant et immanent. Il est la puissance cachée derrière le monde matériel, comme il est la force qui agit au dedans de l'âme humaine. La révélation ne peut être faîte qu'à des êtres doués de raison, et la raison veut qu'on cherche à comprendre tout ce qui est intelligible fp. 1 24). Considérer la théologie comme un simple système de formules cristallisées, comme une science qui n'a nul besoin de prendre contact avec la culture générale du temps présent, mais se contente de présenter les vieilles vérités dans les vieilles formules; n'y voir, en deux mots, qu'un grand catéchisme avec plus de définitions et de réfutations ; c'est la dépouiller de^ sa force d'action sur les hommes qu'une pensée impérieuse soulève et emporte sur ses ailes, et qui, troublés par tant de nouveaux et difficiles problèmes, commencent à se demander, l'âme remplie de doute et d'angoisse, si notre vie ne va pas bientôt être vidée de tout contenu spirituel (p. 127).
a Nous n'avons pas besoin de nouvelles dévotions
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