OPPORTUNITÉ
ni de nouveaux reliquaires ; ce qu'il nous faui, c'est un autre esprit, un réveil de foi, d'espérance et d'amour, une volonté plus courageuse de nous emparer des sources d'où procède la puissance morale ; c'est par là que nous amènerons toute science à rendre hommage au Christ, et que nous arriverons nous-mêmes à servir de la plus noble manière tous les enfants de Dieu. Nous devons résolument nous efforcer de voir, non seulement les choses telles qu'elles sont, mais nous-mfimes tels que nous sommes. Là où manque la critique de soi-même, chez l'individu aussi bien que dans une société, la décadence est inévitable (p. 134).
Ce fut à Rome, le 2 1 mars 1 900, que Mgr Spalding prononça ce discours dans l'église du Gesù qui n'avait certainement jamais retenti de tels accents. En descendant de la châtre, l'orateur fut reçu à la sacristie, et sans doute félicité, par le père Brandi, l'un des rédacteurs de la Civiltà cattolica. Quelque temps après, le jour de Pâques, Mgr Spalding prêcha sur le Pater à l'église Saint-Sylvestre. Il montra dans son sermon le vide d'une civilisation qui n'est chrétienne que de nom et ne connaît que la lutte pour la vie; il distingua la politique de la religion. On crut qu'il s'amusait à dénoncer la faillite du catholicisme traditionnel et à condamner le pouvoir temporel. Il ne fut pas invité à remonter en chaire.
436 l'évèque spalding
Les protestations des intégristes contre la traduction des discours de l'évêque de Péoria ne tardèrent pas à se faire entendre.
« Les idées de Mgr Spalding, écrivit M. l'abbé Maignen, n'ont ni l'attrait de la nouveauté, ni le mérite de la clarté et nous avons peine à concevoir comment M. l'abbé Félix Klein a pu croire qu'un tel livre serait goûté du public français.
a Rien de nouveau, en effet, dans ces pages qui reproduisent, sous une forme plutôt atténuée, le thème favori et cent fois ressassé des libéraux anglosaxons : l'Eglise et le siècle, l'alliance du catholicisme et du progrès moderne, la liberté, riniiiative...,etc.,etc.
i< Y a-t-ii un Français ayant quelque lecture auquel ces nouveautés ne paraissent un peu passées de mode et qui ne souhaite entendre des accents moins connus?
« Nous ne sommes plus en 1892.
« Depuis l'époque déjà lointaine où l'on croyait à « la supériorité des anglo-saxons », les événements ont marché ei les idées à leur suite. La guerre hispano-américaine, la guerre angio-boer ont dissipé bien des légendes ; la condamnation de l'américanisme, les récents voyages des grands prélats américains ont fait la lumière sur les idées et sur les hommes.
H C'est à un public fatigué et désabusé que M. Klein offre, sous un titre nouveau, la même idée, la même thèse, moins l'enthousiasme de Mgr Ireland et l'originalité naïve du Père Hecker.
« Mgr Spalding — en français — n'est plus qu'un
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