OPPORTUNITÉ
philosophe froid, sentencieux, obscur. 11 réalise ce paradoxe : enfermer une idée vague dans une phrase concise : exprimer brièvement une pensée diffuse (i).»
M. l'abbé Périès (2) fit écho à M. l'abbé Maignen, ainsi qu'un intégriste belge.
" Aura-t-on bientôt fini, disait celui-ci, de nous faire connaître les étonnants penseurs américains ? Quand ils s'avisent de trouver du nouveau, ils inventent des systèmes absurdes tels que l'américanisme, et quand ils se bornent à être sérieux, il n'est point de banalité qui ne leur paraisse indigne du lecteur.
B A preuve le volume que voici. Et tout d'abord pourquoi ce titre? Peut-être l'auieur a-t-il voulu dire qu'il est parfois opportun de répéter ce que chacun sait (3), En tous cas, son livre déborde d'idées archiconnues, d'axiomes usés et de conseils vieux comme le monde.
0 Ce qu'il y a de fâcheux, c'est que de ci de là des pensées sont esquissées qui cessent d'êire banales pour devenir terriblement fausses et perfides. A tout moment on se heurte à un manque de science stupéfiant. Ne parlons pas de précision, jamais les idées n'apparaissent avec des contours précis, la profondeur est partout absente. C'est une débauche de mots, des formes vagues à l'aspect mystérieux, un
([) Voyez la Vérité Française du 1 cath., p. 164-165.
(a) Polybiblion, n' de juin tgoi.
(3) Voyez ci-dessus, page 43 1, note 1
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air de prophète un peu cabotin et de phraseur apocalyptique qui se croit philosophe. C'est piteux ; par instants, cependant, c'est plutôt drôle (i). »
Mais, comme disait M. l'abbé Maignen, on n'était plus en 1892, Si le livre ne soulevait pas autant d'enthousiasme ni de contradictions que VEfflise et le siècle, c'est que celui-ci avait imposé ses idées à une partie du clergé français. On en avait vu la preuve au congrès ecclésiastique de Bourges, notamment dans un discours de M. l'abbé Birot, vicaire général d'Albi, D'ailleurs la ruine des anciens partis conservateurs semblait consommée; le clergé séculier, déçu de ses espérances réactionnaires, sentait de plus en plus la nécessité de s'adapter. Onze évêques et un archevêque exprimèrent à M. l'abbé Klein leur satisfaction de sa nouvelle œuvre. Opportunité fut également traduit et reçu en Allemagne (2). L'américanisme, comme autrefois le libéralisme, après avoir été un péché, semblait devenir une vertu, en attendant peut-être qu'il fût une nécessité. A Rome seulement on restait fidèlement au même point. Dans le temps où l'on y rejetait l'élection de l'évéque Spaldingà l'archevêché de
(i] Revue bibliogiaphique belge du 3i aoûi 1901. Ariicle de M. <i V.-D.-B. B (2) Munich, librairie G. Schuh et C".
Chicago, on refusait d'agréer M. l'abbé Klein pour Tépiscopat et comme administrateur apostolique de la principauté de Monaco, bien qu'il fût patronné par quatre archevêques de France.
8 La crise de la foi. »
Appels du P. Fonlaine, de M. l'abbé Gayraud, de Mgr Turinaz. Les apostasies ecclésiastiques et laïques. La responsabilité de I
En 189g, le P. Fontaine, de la Compagnie de Jésus, avait commencé à dénoncer comme des InfiUalions protestantes dans le clergé toutes les idées nouvelles qui y pénétraient. Son zèle d'inquisiteur avait eu des précurseurs (1), il trouva des imitateurs. Pénétrant sans cesse plus nombreuses et plus puissantes dans un corps qu'un système d'éducation et d'instruction particulier en avait jusque là préservé, à tel point que la mentalité de beaucoup des moins retardataires ne dépassait pas celle de l'ancien régime, les idées nouvelles produisaient des chocs douloureux si
(1) Par exemple, dom Chamard. les abbés Rambouillet et Moniquet et aussi dans un autre genre, le P. Cornut, auteur des Malfaiteurs iméraires, un jésuite dont ta défection ne peut pas être mise au compte de 1"
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