L'ALLIANCE-ISRAÉLITE-UNIVERSELLE ET L'AMÉRICANISME
L'ÉPREUVE, la tentation est la condition du genre humain dans son état actuel. Depuis le paradis terrestre, elle n'a pas cessé un seul instant de passer au crible les sociétés aussi bien que les individus.
Elle varie avec le tempérament de ceux-ci; elle se transforme avec les modifications de celles-là : toujours elle est en action, et toujours le triomphe remporté sur elle est la condition du salut.
L'épreuve actuelle, c'est l'indifférence en fait de religion. Il y a l'athéisme qui rejette tous rapports avec Dieu dont il n'admet point même l'existence. C'est là un excès dont peu d'hommes sont capables et qui serait la mort aussi prompte qu'infaillible de toute société où il se généraliserait.
L'indifférence dont sont tentés les hommes du jour se formule ainsi : Toutes les religions junt également bonnes.
Tout contribue à accréditer cette erreur, la législation, les idées, les mœurs. Et c'est pourquoi tout homme sérieux doit s'interroger à ce sujet, se demander où en sont actuellement ses convictions sur l'Eglise, sur son institution divine et la nécessité de lui appartenir pour parvenir au salut.
Il est peu d'esprits chez lesquels les institutions actuelles, les mœurs, et surtout la liberté de la presse, n'aient plus ou moins obnubilé ces vérités premières.
Mais de plus, il y a actuellement dans le monde une vaste conspiration pour propager cette indifférence.
Elle prétend arriver à faire embrasser tous les hommes, ce qu'elle appelle « la religion universelle » ou « la démocratie religieuse », à les faire entrer tous dans une nouvelle Eglise, « l'Eglise de la libre pensée religieuse 3> où chacun serait libre de se composer un symbole à sa convenance personj nelle.
C'est le but, nous l'avons vu, que s'ei assigné X Alliance- Israélite- Universelle. Ré* pandue dans le monde entier, elle agit partout en ce sens, et partout elle a su
auxiliaires qui travaillent à la réalisation de ses projets. C'est ta franc-maçonnerie, qui, lentement mais sûrement, démolit une à une toutes les pièces de l'édifice catholique, sachant bien, comme le disait, à Vienne, un interlocuteur de Dom Pitra, que, ^ une fois les nations catholiques vaincues, on n'aura qu'à souffler sur le protestantisme pour le faire disparaître > ; ou que, comme Michelet l'écrivait à Eugène Sue : < le protestantisme n'est qu'une plante parasite qui ne vit que de la sève du catholicisme. Quand nous en aurons fini avec l'Eglise catholique, il mourra de lui-même, ou. s'il en est besoin, nous l'achèverons d'un coup de talon de notre botte. »
C'est la presse, dont l'effort le plus général et le plus constant est de faire régner « la tolérance », mot d'ordre maçonnique, fait pour énerver toutes les résistances au mal, toutes les oppositions à l'erreur.
C'est l'enseignement supérieur, ofi régnent les juifs, les protestants et les néo-chrétiens ; ces derniers, plus dangereux peut-être même que les autres au point de vue où nous sommes ici placés, à cause de la sympathie qu'éprouvent pour eux les catholiques qui se lancent
« vers l'avenir », et à cause de leur action « sur toute l'élite de la jeune génération, » à laquelle ils înapriment « ce mouvement d'esprit qu'on pourrait presque appeler évangélique », mais qui, en réalité, est réfractaire au dogme, à la vérité révélée.
Ils parlent de leur < foi », mais, comme le fait observer M. Lasserre (i) : < si on leur demande quelques renseignements sur l'objet et les fondements de leur croyance, celte question les laisse non pas perplexes, mais dédai' gneux. Ils répondent que le dogme ne plait guère, maïs que la morale les ravit
Ce sont les inventeurs de 1' « apologétique nouvelle », qui dénient à la démonstration traditionnelle de la vérité du christianisme et de la divinité de l'Eglise, toute valeur scientifique, pour lui substituer la méthode ^immanence, c'est-à-dire un terrain purement subjectif, aussi ruineux qu'insuffisant à un être social comme est l'Eglise.
C'est l'école primaire neutre, qui fait di cendre jusqu'aux classes les plus infimes de société, et les plus incapables de s'en défent le mépris du surnaturel.
t. La crise chrétienne, p. 43 et 167.
édai- -
C'est l'action gouvernementale, par ses lois nui tendent à tout laïciser; par ses ad min is- :rations diverses qui, chacune dans sa sphère, s'appliquent à tirer de ces lois tout ce qu'elles peuvent donner et au-delà ; par ses fonctionnaires de tout ordre, les exemples qu'ils donnent, les persécutions qu'ils ont mission d'exercer.
C'est encore l'impulsion donnée à tout ce I qui peut porter les hommes vers le plaisir et 1 détourner leurs regards de leurs fins dernières.
Par tous ces moyens et par d'autres encore, conspiration antireligieuse i pénètre dans ites les religions & pour les dissoudre, dans is les cœurs, pour les livrer comme une lie facile à l'Israélitisme libéral et huma-
Tout esprit tant soit peu attentif à ce qui *te passe dans le monde, ne tarde point à voir que l'œuvre, non seulement est commencée, mais qu'elle avance de jour en jour dans le siège qu'elle fait subir à la foi.
Et en même temps, il y a, avons-nous dît, la conspiration contre la patrie, moins ouverte, mais non moins réelle ; car il faut que l'une et
l'autre tombent pour faire place à cette « Jérusalem du nouvel ordre, saintement assise entre l'orient et l'occident, qui doit se substituer à la double cité des Cësars et des Papes. >
Le comble serait que des ministres du clergé catholique, sous l'empire d'illusions aussi décevantes que généreuses, vinssent apporter un concours quelconque à celte conspiration que l'on peut appeler universelle, et contribuer pour quelque part à ébranler la fermeté d'adhésion que l'âme chrétienne doit avoir à la Sainte Eglise catholique , seule arche de salut.
M. Gougenot des Mousseaux, dans son livre si documenté : Le "/tiif, le Judaïsme et la y udaïsation, consacre une page à énumérer les supériorités des juifs, cette race divinement douée et divinement déchue, qui, dans son ensemble et sauf d'honorables exceptions, emploie au mal les dons qu'elle a reçus, comme le font les mauvais anges.
II dit ; «.... Supériorité surtout, — et c'est là l'une des plus insignes aux yeux de l'observateur sagace, — supériorité sans égale à CACHER, soit dans le conseil réfléchi des rois,j soit dans le conseil tumu
imukueux des peupleafl
ET LA CONJURATION ANTICItRÉTIENNE. gi
'iur singulière et infatigable influence. > Leur influence dans le conseil des roîs, I histoire ne parvient à la découvrir que longtemps après qu'elle s'est exercée. Le livre du P. Deschamps, revu par M. Claudïot Jannel. est plein sous ce rapport de curieuses révélations. Leur influence dans les parlements i républicains est devenue si manifeste, qu'ils . tentent plus de la cacher : ils prennent vertement l'initiative des lois les plus nestes.
i < singulière > qu'elle soit, cette influence lerche-t-elle à atteindre plus haut et y arrit-elle? Peut-elle prendre assez de détours, i cacher et se masquer si bien, tellement tvelopper les idées qu'elle cherche à répan- , qu'elle ne laisserait point soupçonner sa bence, reconnaître son action, découvrir le bon de ses doctrines à ceux-là mêmes qui chargés de veiller pour en défendre les les. Qui pourrait le dire avec certitude et
t avec preuves ?
■ qui est certain, ce qui est incontestable, St qu'il y a entre l'esprît juif et l'esprit ttéricaniste un point de contact dans les incipes de 89.
Nous avons entendu les juifs les proclamer et dire le parti qu'ils en tirent. Pour les Américains, leur état social et même religieux repose entièrement sur ces principes ; ils s'en louent hautement, et même les Américanistes nous disent savoir que « les idées américaines sont celles que Dieu veut chez tous les peuples civilisés de notre temps. > Aussi s'en font-ils consciencieusement les évanj listes.
Hâtons-nous cependant de dire que si les immortels principes sont prônés et propagés par les juifs et par les Américanistes. ils le sont dans des vues bien différentes.
Les juifs espèrent en faire sortir « l'Israélitisme libéral et humanitaire >, les Américanistes € une nouvelle ère pour l'Eglise », < une ère que l'imagination aura peine à concevoir >, tant elle sera féconde et belle !
Les intentions de ceux-ci sont assurément bonnes, et le zèle qu'ils déploient part d'un bon naturel. Est-îl éclairé ? Saint Paul disait déjà de certains hommes de son temps : < Je leur rends le témoignage qu'ils ont du zèle pour Dieu, mais c'est un zèle qui n'est pas selon la science (Rom. X, 2). >
Toujours le zèle a dû être éprouvé dans aa double creuset, avant que carrière ait pu lui être donnée : le creuset de la doctrine et celui de l'obéissance. Présumant de lui-même et se lançant à l'aveugle, il a trop souvent accumulé les ruines.
Or, la présomption, la « confiance en soi >. est l'un des traits les plus caractéristiques de I'.\méricanisme; ses partisans s'en parent avec orgueil ; c'est à ce trait qu'ils veulent être reconnus et par lui se distinguer des autres. Ils disent que c'est sur < l'intensité de force et de grandeur à laquelle cette confiance en soi élèvera la personnalité humaine », qu'ils comptent pour faire entrer l'Eglise dans € cette ère nouvelle, que la parole humaine aura peine à exprimer à moins de recourir au langage prophétique { i ). >
En aucun temps, une telle présomption n'est bonne. Mais c'est surtout en des temps troublés comme ceux où nous sommes, que l'on doit, si l'on ne veut dévier, se défier de soi-même et se tenir fermement attaché à la doctrine telle que l'autorité la présente à l'adhésion de notre esprit et de notre cœur. Or, les Américanistes peuvent-ils espérer pro-