‹ L'américanisme et la conjuration antichrétienneChapitre 32 sur 73 · E FAUX PRINCIPE DE LA SÉPARATION, NI AUTO · texte numérisé non relu

E FAUX PRINCIPE DE LA SÉPARATION, NI AUTO

KERA LE DÉFENDRE, rendent cependant digne de tolérance un état de choses qui, pratiquement, n'est pas le pire de tous.

> Mais en France, nation catholique par ses traditions et par la foi présente de la grande majorité de ses fils, l'Eglise ne doit PAS êire mise dans la situation précaire qu'elle subit cJuz d'autres peuples. Les catholiques peuvent d'autant moins préconiser la séparation, qu'ils connaissent mieux les intentions des ennemis qui la désirent. {Encyclique du 16 février 1892) (i).

La liberté de pensée, la liberté de la presse, I. Voir aux DOCUMENTS, N. xvii.

la liberté de conscience, la liberté des cultes, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, ce sont là les grandes causes de la propagation de l'indifférence religieuse dans les masses populaires. Il en est une autre non moins efficace, c'est LA TOLiÎRANCE, Cette tolérance dont la franc- maçonnerie fait le premier de tous les droits et le premier de tous les devoirs dans l'ordre religieux.

Lorsque cette tolérance se manifeste par des sympathies publiquement données, sinon à l'hérésie du moins à ses fauteurs, elle cause un vrai scandale, en tant qu'elle affaiblit dans l'esprit de la multitude le respect dû à la vérité et l'aversion que toute âme droite éprouve pour l'erreur. Ce scandale atteint son maximum de perversion s'il est donné par des prêtres et surtout par des prélats.

Faut-il citer des faits particuliers pour mo) trer à quelles excessives limites cette tolérai a été parfois portée ? Lors de l'inauguration, à Salt-Laeke-City. de la statue du fondateur du mormonisme, un évêque a cru pouvoir pousser la complaisance et la tolérance jusqu'à assister à cette cérémonie et bénir le monument. Un autre, dans le même esprit.

a écrit une lettre publique pour souhaiter la bienvenue au général de l'Armée du salut.

El ce ne sont point des faits tellement isolés qu'il y ait lieu de ne pas en tenir compte. Un prêtre belge, qui exerce le saint ministère en Amérique, écrivait en 1896 au Courrier dé Bruxelles : « Nous souffrons ici de ce qu'on appelle le Broadmindedncn. Il n'est I pas facile de rendre ce mot correctement en français. On peut dire cependant qu'en général

^J signifie : « Un libéralisme bien large, une

^^iirance outrée. »

^y > Pour plusieurs de nos journaux calho- ' liques, la grande vertu, le plus grand mérite d'un évèque ou d'un prêtre est d'être Broadminded, c'est-à-dire qu'il a les vues larges, qu'il est bien tolérant afin de plaire aux protestants. Si quelque prêtre plus tolérant en-

^kore se promène dans les rues bras dessus,

^feras dessous avec son Rév. confrère protestant, c'est leur idéal. Si ce même prêtre se laisse entraîner par sa complaisance à prêcher même dans un temple protestant à la place du ministre, en évitant soigneusement ce qui pourrait déplaire à ses auditeurs protestants, M laissant ordinairement dans leur esprit cette

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impression, qu'après tout la différence entre la religion catholique et le protestantisme n'est point si grande, voilà bien le modèle d'un parfait prêtre américain (i). J

« De tout cela il résulte, ajoute ce correspondant, une étrange facilité des calholiquts, d'entrer dans certaines sociétés secrètes qui, pour toute religion, n'offrent à leurs adeptes qu'»» naturalisme un peu déguisé. >

Ce naturalisme ne fait-il point penser à Y Alliance- Israélùe- Universelle et à ce qu'elle se propose d'obtenir ?

Grâce à Dieu, les choses sont loin d'en être arrivées à ce point en France.

Et cependant, quelques-uns parmi nous ne sont-ils point sur la voie qui y conduit ?

Un journal, pourtant bien indifférent aux choses religieuses, le youT^tal des Débats, parlait dans son numéro du 28 septembre 1895 de € certains prêtres qui sont à l'avantgarde du clergé français > ; et voici ce qu'il en disait : %. Ils croient que la tolérance est devenue une des vertus indispensables au christianisme pour l'accomplissement de sa mission sociale. C'est là sans doute une façon

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de parler trop absolue, trop précise, et ces prêtres sont assez prudents pour ne point formuler des maximes générales ; mais au fond, c'est bien là larrière-pensée qui les dirige lorsqu'ils prennent l'initiative des congrès de religions. »

Nous aurons à parler de ces congrès. Rapportons seulement ici un mot qui vient bien à notre sujet. Le secrétaire d'une section du congrès des religions qui fut tenu à Indianopolis. M. Jones, en tira cette conclusion : « Il semble que partout quelque chose de profond pénètre dans le monde religieux d'aujourd'hui. Sans concurrence de croyances, sans tenir compte des bornes de séparation, toutes les organisations religieuses se développent fraternellement, etc. »

L'abbé Charbonnel, dans l'article de la A'evue de Paris oîi il présentait le projet d'un congrès des religions à tenir à Paris, r^ardait la chose comme déjà faite. « Il semble bon, disait-il, que toute l'humanité soit unie désormais dans une religion suprême, la religion de la PaUntîté de Dieu et de la Fraternité des hommes. > (Histoire d'une idée, p. 44.)

Y a-t-il quelque chose qui puisse mieux répondre aux desiderata de \ Alliance-Israélite-Universelle que le mouvement constaté par ces paroles ? Et n'est-ce point un devoir de premier ordre que de le signaler pour en arrêter dès le début les progrès ?

M. l'abbé Garnîer disait en 1S91 : « Il faut monter dans le train. * Fort bien, mais après s'être assuré qu'il est bien aiguillé.

< Le catholicisme, a dit Mgr Isoard (1), rendant admirablement la pensée de tous les siècles chrétiens, le catholicisme a un soi» même parfaitement constitué, absolu, inconfc municable. Il est la religion.

> Tous les efforts de l'ennemi tendent i entamer cette personnalité et à en faire uN] religion. >

C'est ce que veut la juiverie, nous l'avons vu ; c'est ce qu'amènerait l'Américanisme, nous le verrons de mieu.\ en mieux.

I, Voir : Lityslème du moim postiblt. — Aujourd'k Demain. — Nouveau dire sw le syitinu du moins pois\ et demain dans la sodité chrétienne.

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