‹ L'américanisme et la conjuration antichrétienneChapitre 35 sur 73 · I. Voir anx DOCUMENTS. N. xx · texte numérisé non relu

I. Voir anx DOCUMENTS. N. xx

3. La Doct'ini ii-oiufive et l'HiUoirt de la LittMUnrt. Revu* dti Deux-Afcn,fts,ié<,t\er 189S.

ET LA CONJURATION ANTICHRÉTIENNE. lOÇ

<iirs mobiles et changeants.... L'idée mère, i idée substantielle de l'évolution, c'est, d'après

i Herbert Spencer. € le passage de l'homogène à l'hétérogène >.

Or le passage de l'homogène à l'hétérogène lie peut s'effectuer sans qu'il y ait un changement profond, essentiel dans l'être modifié. I Est-ce ce changement que les Américanistes, I — quelques-uns du moins parmi eux, — prédisent, appellent de leurs vteux, déclarent nécessaire dans l'Eglise de Jésus-Christ et dans son dogme ?

On a beau parcourir leurs livres, leurs discours, leurs articles de journaux : leur pensée, telle qu'elle s'y montre, n'est point de travailler k mettre en plus vive lumière ce que l'on croyait plus simplement, et de dire avec plus !(• précision ceque l'on enseignait plus vagueiiieni ; non. On ne voit nulle part cette préoccupation, Au contraire, leurs paroles et leurs écrits ne peuvent se comprendre que d'un véritable évolutionnisme.

Comme l'observait fort bien le journal des Débats dans son numéro du 28 septembre 1S95, « ils sont assez prudents pour ne point formuler des maximes générales, J < pour ne

l'aMIvRICANISME

point parler d'une façon trop absolue et trop précise. » Ils ne font point de thèse nettemeni formulée et clairement déduite ; eux-mêmes, s'ils procédaient ainsi, prendraient sans doute leur doctrine en horreur, du moment où ils la verraient apparaître à leurs yeux dans sa nudité. Mais, tout enveloppée qu'elle est dans mille circonlocutions et dans mille atténuations, il est facile de voir, quand on rapproche leurs discours et leurs écrits, quelle est la pensée qui au fond les inspire, et surtout quelles idées et quels sentiments doivent se répandre dans l'esprit et le cœur de ceux qui les écoutent ou les lisent.

Il en est cependant qui se montrent plus hardis.

Ici ces téméraires ne craignent point de présenter le paganisme évoluant vers le christianisme par les sages que € Dieu a suscites >, et qui n'étaient nullement € des envoyés du démon chargés de faire abandonner la vérité et de faire embrasser l'erreur, » (Discours an Congrès scientifique de Bruxelles ; et, du même, discours au Congrès des religions.)

Là, ils montrent le christianisme sortant du paganisme par une évolution quasi-nécessaire :

< sans la remarquable évolution sociale et religieuse qui se produisit dans le paganisme pendant le premier et le second siècle de notre ère, jamais l'Eglise n'aurait pu convertir l'empire romain ; tandis que les voies étant ainsi préparées, cette conversion devint inévitable. > (Romanus, dans la ConUmporary Revieiu.) (i)

Ailleurs, ils montrent le christianisme évoluant de siècle en siècle : f L'Eglise, pendant les dix-neuf siècles de son existence, a eu à subir l'influence, non seulement de très diverses conditions matérielles qui l'entouraient, mais aussi de milieux intellectuels très différents qui l'ont profondément modifiée (Idem, ibid).

Ceci est vrai, pourvu qu'on l'entende de modifications qui ne tiennent point à l'essence du dogme, de la morale et du culte. Mais l'auteur va plus loin : V^ Des croyances i\\i\i\o\is semblent étonnantes dans leur barbare naïveté EURENT LEUR TLACE NECESSAIRE dans l'Eglise du neuvième siècle, comme aussi au treizième siècle eurent leur place des croyances au sujet

I. L'anide de liomanui, qu'on peut lire en enljer dans le lii'iede M. l'abbé Maignea, Le P. Heckir eil-il un saint f i^'i, comme l'observe l'auteur de ce livre, la somme des idées

de l'espace, que nous regardons maintenant comme absurdement étroites. » Que l'on n'ait point eu au neuvième et même au treizième siècle les connaissances scientifiques que l'on possède aujourd'hui, c'est absolument vrai. Mais en quoi ces erreurs, dans l'ordre des choses naturelles, avaient-elles leur pl^vce NÉCESSAIRE DANS l'Eglise ? Et Comment une telle proposition peut-elle être fonnulée? sî ce n'est parce que l'esprit d'où elle sort confond le naturel et le surnaturel au point de n'en faire qu'une seule et même chose, et que cette chose il la voit évoluer, se développer régulièrement et Ttéccss aire ment depuis le commencement du monde jusqu'à nos jours et au-delà. La preuve en est qu'il parle du dogme luimême absolument dans les mêmes termes, ei cela avec une assurance qui stupéfie. Il dit que « l'on ne peut supposer qu'un homme des temps apostoliques se servit du langage des temps actuels dans son enseignement sur la nature du Christ, ou même comprit la doctrine de la Trinité comme elle est exprimée dans le Credo d'Athanase. » « De même, ajoute-t-il, auraient-ils (les hommes des premiers siècles) pu parler de la transsubstantiation

■ u même en avoir l'idée ?» Et encore : < Estil plus croyable que la dévotion à Notre- Dame ait eu place dans la religion de saint ?iu]?(M, iàid.){i)

Il dit comment les dogmes ne cesseront de fse modifier à l'avenir ; il dit par quels moyens ^^k leur fera subir ces modifications, et il ajoute ^Bie lui et les siens ne donnent point encore ^^■^lessus toute leur pensée : ^ Le catholique ^^ftéral comprend bien le besoin d'un certain l^^pff/; de réticence et d'un soin scrupuleux ^ quant à sa manière de promulguer des vérités nouvelles qui affectent la religion. » Mais le temps des réticences ne durera point toujours. < La doctrine moderne de l'évolution considérée avec un esprit théiste, aplanit et écarte toutes les difficultés en montrant comment les erreurs partielles et inévitables ont servi providetiiiellement à l'avènement du bien-être spirituel de l'humanité (2), ;>

En termes clairs, cela veut dire : Dieu est iieur de l'erreur comme de la vérité ; la pre-

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