I 14 L AMÉRICANISME
mière précède la seconde, et la seconde naît de la '^•czmihTÇ. providentiellement. C'est l'effet de la grande loi de l'évolution qui régit tout dans le monde, et à laquelle la religion est soumise comme tout le reste.
La foi chrétiefine peut-elle être plus profondément atteinte, plus radicalement détruite ?
Ecoutons encore, et nous allons apprendre maintenant quels devoirs l'évolution impose à l'Eglise :
f L'Eglise, comme tout être vivant possession d'une bonne santé, a subi et aui à subir un conti nuel progrès de dévelo| pement. Puisqu'il en est ainsi, ce serait en vérité calamiteux, si elle devait toujours continuer à être imbue de l'esprit d'un âge qui est depuis longtemps mort et passé, et sï ell s'obstinait à répandre cet esprit, alors que monde est entré dans une nouvelle périi dont la pensée est devenue tout à fait éti gère à des croyances et à des manières voir si primitives. Dans l'opinion des catl liques libéraux, c'est une question de vie de mort de se tenir en contact avec tout
qu'il y a de meilleur et de plus élevé dans chaque lustre successif. » (ïd., ibid.)
Nous avons ici la pensée dernière du système et les vues secrètes du parti, le but qu'il poursuit, la fin à laquelle il veut arriver : Nous, catholiques libéraux, avons rintellî}j;ence des temps. Nous la puisons dans la doctrine de l'évolution qui nous montre ce qui sera dans ce qui a été et dans ce qui est ; à l'Eglise de nous écouler et de nous suivre : qu'elle y songe, c'est pour elle une question de vie ou de mort. Il faut qu'elle abandonne l'esprit qui l'a guidée jusqu'ici, esprit d'un âge depuis longtemps passé et mort. Malheur à elle, si elle s'obstinait à le garder !
Nous verrons, dans les chapitres suivants, en quoi et comment la sainte Eglise doit, d'après ces AmérJcanistes, modifier son esprit, l'esprit qui depuis dix-neuf siècles anime les enfants de Dieu. Nous les entendrons nous dire que si elle les écoute, au lieu de la mort qui la menace, elle verra se produire à la fois et son avancement à l'intérieur, et son expansion à l'extérieur. Nous examinerons la valeur de ces promesses.
Ces choses ne peuvent être tues, quoiqu'il
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en coûte de les dire. Il y a des nécessités qui s'imposent. Comme d'autres l'ont déjà dit, il est temps que les vrais fidèles, que les vrais prêtres sachent ofi on prétend les conduire, et dans quels défilés ils risquent de s'engager en prêtant trop complaïsamment l'oreille à ceux qui apportent parmi nous les échos plus ou moins affaiblis ou atténués de ces belles doctrines.
On les entend dans des revues chaleureusement recommandées au Congrès ecclésiastique de Reims, et qui sont rédigées, en partie du moins, par les Hommes les plus honorables qui soient et animés des meilleures intentions, je te veux bien, mais qui sont des universitaires, imbus de l'esprit qui porte ce nom, proche parent de l'esprit américaniste. Le poison ne s'y présente point sous sa couleur propre, comme chez Romanus : il n'en est que plus dangereux.
C'est aussi cette partie du clergé qui, sous prétexte de se vouer à la démocratie, forme un parti dans l'Eglise (i) et qui, dans ses
1. Dire que les abbé* démoeraies sont les disciples des chefs de rAméricanisme, c'est dire ce dont eux-mêmes se glotilieni. Voit entr'auttes preuves le livre de M. l'abbé Nan-
conférences et ses écrits, manifeste sans cesse ses aspirations vers I'avenir. « L'avenir, oui, l'avenir est là, et c'est une belle tâche que de le préparer. Il faut, dans les rangs du sacerdoce, nous armer le cœur de vaillance ; sans nous inféoder à ce passé, si vénérable qu'il soit, où nous laissons des amis et des regrets, de saints et augustes souvenirs, il faut nous détacher de ce qui fut et travailler pour ce qui sera (i). »
Il n'y aurait trop rien de blâmable en ces
"oles, si ces aspirations, dans l'expression
: leur donnent partout les démocrates, ne se
nontraient filles de la doctrine de l'évolution.
Lorsque les Américanistes d'ici et de là-bas
lUS parlent de l'avenir, de « l'avenir nouveau
i l'Eglise î et de « sa marche en avant >, et
! <sa nouvelle phase & et « des temps qui
nmencent j, etc., etc., méfions-nous de ces
ï et, avant de nous abandonner à leur
, VirsVAiienir, payes 57-62 ; le livre de M. Félix Klein, r>ellti tmdanceÈ tu religion et ea liiléralure, p. 78-79 ; — i t-cs paroles de vie ci d'avenir, dit M. Klein, nous viennent njourdltai des Etais-Unis (p. 122) ; > — et aussi V Histoire
le idA, de Tabbé Charbonnel, p. 30-32.
r I, M. Vabbê Jonioi, Préface du livre de M. Félix Kleio : veiùi tendances en religion et en littérature.
impulsion, voyons d'où elles viennent et où elles conduisent.
Il y a eu, au Congrès des religions de Chicago, un discours prononcé par l'un des chefs de l'Américanisme, et qu'il a intitulé La religion finale, The ultimate religion. Dans ce discours il était dît : « Les religions sont des systèmes pour arriver régulièrement ou irrégulièrement à ce grand but l'union de l'homme avec Dieu. ï> Impossible de mieux marquer la marche et le terme de l'évolution religieuse. Mais ce terme, que l'on y prean garde, n'est pas bien différent de celui qu XAUiance-hraéliie- Universelle a assigné à s propres efforts.
COMMENT LES AMERICANISTES