‹ L'américanisme et la conjuration antichrétienneChapitre 56 sur 73 · IT · texte numérisé non relu

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gement subit mais graduel. Voici donc la loi aussi silre, aussi inviolable que son auteur: Aucune religion, excepté une, ne peut subir

l'épreuve de la science.

> Cet oracle est plus sûr que celui de Calchaa

» La science est une espèce d'acide qui dissout tous les métaux, excepté l'or.... J'en jure par l'éternelle vérité et nulle conscience européenne ne me contredira : La science et la foi ne s'allieront jamais hors de l'unité. * (11,

* Attendez, attendez que l'affinité naturelle de la religion et de la science les réunisse dans la tête d'un seul homme de génie ! » (v, 237.* Et l'éclat que la vraie science jettera sur 1 vraie religion sera tel qu'aucun œil sain ii< pourra s'en défendre.

L'homme de génie n'a point encore paru c'est que les éléments de son œuvre ne sont point encore tous rassemblés. Le génie est nécessairement individualité. Les spécialistes et les Universités catholiques actuellemcr; ■ lui préparent les voies, ils ne peuvent qL cela. Et puis, avant qu'il vienne, ne faut-il pa^ que la terre soit raffermie ? Le trouble actuel

Ues esprits et des institutions ne lui serait point propice. Dieu le fera paraître à son heure et cette heure n'est sans doute plus fort éloignée.

Mais la religion a affaire, de notre temps, à deux autres ennemis : l'indifférence religieuse et la haine satanique inspirée par Lucifer. Elle en triomphera, comme de la critique scientifique.

Et d'abord l'indifférence.

Si l'on se contente de regarder à la surface des choses, on se persuadera que cette indifférence s'accroît de jour en jour d'une façon désespérante : il y a à cela quelque illusion.

L'indifférence religieuse n'a plus aujourd'hui le caractère qu'elle avait au temps où Lamennais la secoua, la réveilla de sa puissante parole. Alors c'était le sommeil dans l'ignorance, aujourd'hui ce sommeil a perdu son calme : le néo-catholicisme d'une part, le spiritisme de l'autre nous révèlent les agitations, les inquiétudes qui le travaillent. Puissent-elles être l'annonce du réveil et de la rentrée en Jouissance de la pleine lumière!

Un autre genre d'indifférence se manifeste maintenant, c'est l'abattement, c'est le décou-

ragement de ceux qui savent et qui n'ont plus le cœur d'agir. Ils n'osent plus rien, et l'on os-? tout contre eux. ]Is ont complètement perdu cette conscience de la force qui fait le courai^t Le dernier acte de virilité catholique et fraii çaise a été donné par ces dignes magistrat qui ont brisé leur carrière plutôt que de se prêter à des œuvres que leur conscience réprouvait. Je me trompe : il en est un auir plus récent, tout actuel, et il nous est donn^ à notre honte, par des femmes, par ces saïni' religieuses qui attendent dans la paix de Dn la ruine non seulement de leurs maisons, muiî ce qui est bien plus cruel à leur cœur, la ruin de leurs œuvres, plutôt que de trahir les jnt^ rets sacrés qui leur sont confiés. En deboi d'elles et des congrégations d'hommes qui t pris les mêmes résolutions, il n'y a plu résistance au mal, et le désarmement est i que les protestations platoniques elles-mêa ont cessé de se faire entendre. II s'est : dans notre France catholique assiégée l'armée de Satan avec une habileté, une [ fidie, une puissance que nul siècle n'a conntji un silence de mort. Le public regarde, l'e nemi se moque et va de l'avant à pas comp'

sûr de l'anéantissement du catholicisme en France-

Nous osons dire qu'il se trompe.

Il arrivera un moment où la masse de la population criera aide à la religion. Se voyant sur le point de toucher le fond de l'abîme, — s'il n'est point écrit qu'elle doit s'y engloutir, — elle se jettera dans les bras de Celui qui seul peut la sauver, Notre- Seigneur jÉsus-

ClIRIST.

Déjà en iSro. J. de Maistre disait en considérant l'état du monde : « Il n'y a plus de religion sur la terre : le genre humain ne peut demeurer en cet état. '» (v, 231.) En 1810, il y avait comme aujourd'hui des hommes de foi et de piété, mais la religion avait perdu à peu près tout empire sur le plus grand nombre et sur la société. Malgré quelques apparences contraires cet empire s'est encore affaibli. Au point que, sentant son impuissance et l'acceptant, une école s'est formée pour dire : Ne parlons pas au peuple des espérances éternelles, il n'est plus capable d'entendre ce langage ; promettons-lui les biens de ce monde, et puis nous verrons. Le frein de la religion a'est plus guère accepté par les individus

dans la poursuite de la fortune ; il est à grand peine toléré dans les familles pour les relations conjugales ; il est absolument jeté hors du gouvernement des peuples. ^ Qu'en est-il résulté! Ce que nous voyonsiB ce que nous sommes appelés à voir : un débor dément de crimes incalculables en nombre inouïs en horreur, la famille dissoute, la sociét-ébranlée jusqu'en ses fondements, menacé d'une ruine imminente. « Plus de classe inte* médiaire, comme en 89, pour amortir le choc la Révolution lancera son cri : Cettx gui »'« pas contre ceux qui ont / / Une populace af& mée, prise d'envie, criblée de vices, se lèvei contre les gens de bien. Aussi vaste que l'ûl gueil, aussi impitoyable se répandra la raged ceux qui ne sont rien... Ni l'ascendant détru du prêtre, ni celui du mérite aujourd'i» détesté, ni les anciennes coutumes maintenaU oubliées, ni les lois à celte heure abhorré ni la propriété devenue l'objet de l'envie, n rien pour amortir la chute épouvantable Alors l'indifférence cessera. Ou bien le getf humain périra des suites de sa révolte cooi Dieu, ou bien, après s'être abandonné a l'aveuglement systématique de l'orgueil

torrent des erreurs, principe des malheurs dans lesquels il se verra plongé, il s'efforcera de remonter vers son Sauveur et son Dieu. Déjà une foule d'hommes sont effrayés de ce qu'ils voient, épouvantés de ce qu'ils entendent ; mais ils voudraient se sauver sans Dieu ; ils ont mis là leur point d'honneur. Or Dieu les laissera prendre tout à leur aise les leçons que les événements contiennent. Ces terribles leçons rendront la lumière fulgurante, et tous seront forcés de tendre les bras vers le Christ, seul espoir de salut.

€ Nous sommes arrivés à la dernière crise, disait déjà en 1850 M. Blanc de Saint-Bonnet, à qui nous empruntons les paroles qui précèdent : à celle où l'on cesse de parler du saiut des gouvernements pour ne s'occuper que du salut suprême de la société... Fondée sur des chimères et soutenue par l'imposture, la Révolution conduit les peuples à leur perte et l'humanité à sa fin... Le christianisme reconstruira la société moderne, ou la verra voler en éclats... Si les hommes reprennent la société, ils vont reconstruire pierre à pierre le christianisme sans le savoir. A la place de chaque erreur, la nécessité les obligera d'ap-

porter une vérité. Quand toutes seront replacées, il va se trouver qu'on aura institué le chi tianisme même. Cette révolution reproduj ce que tous les bons philosophes et les grands législateurs n'auraient jamais amené Le christianisme dans la vie civile et polttiquCil

Déjà nous voyons se dessiner les premil linéaments de cette reconsiruction.Et c'est UOS] bien grande joie au milieu du trouble actuel de voir des hommes qui n'appartiennent pasà l'Eglise amenés à constater sur une multtti de points la vérité des dogmes évangéliqm l'impérieuse nécessité de les faire rentrer dans la vie pratique des individus, des familles et des peuples si l'on veut échapper aux dernières catastrophes.

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Si, déjà maintenant, l'on voit la accueillir la lumière, si l'indifférence mence à sortir de sa torpeur sous la pressi des événements, l'orgueil, lui, ne se rend poirf et la haine ne désarme pas.

11 y a actuellement, dans le monde, < haine contre Dieu, et la résolution arrêtée | travailler sans relâche à anéantir la relit sur la terre.

Cette haine n'est pas seulement le fait de quelques monstres. C'est le lien d'une société qui étend son réseau sur le monde entier, qui met dans le cœur de milliers ou plutôt de millions d'individus, avec un orgueil satanique, un zèle de séduction aussi habile que tenace, aussi étendu dans ses moyens d'action que fier des effets qu'ils produisent dans toutes les classes de la société.

A cela, nul remède. Dieu seul peut en triompher dans sa toute-puissance et dans son infinie miséricorde,

« Je tiens pour prouvé et évident, dît Donoso Cortès, qu'ici-bas le mal finit toujours par triompher du bien ; et que le triomphe sur le mal est réservé, si l'on peut s'exprimer ainsi, à Dieu personnellement.

D Aussi n'y a-t-il aucune période historique qui ne vienne aboutir à une catastrophe. La première période historique commence à la création et aboutit au déluge. Et que signifie le déluge.'' Deux choses : le triomphe naturel du mal sur le bien, et le triomphe surnaturel de Dieu sur le mal, par le moyen d'une action directe, personnelle et souveraine.

» Les hommes ruisselaient encore des eaux

du déluge quand la même lutte recommença Les ténèbres s'amoncellent à tous les horizons. A la venue de Notre-Seigneur la nuit était partout, une nuit épaisse, palpable. Le Seigneur est élevé en croix et le jour revient pour le monde. Que signifie cette grande catastrophe ? Deux choses : le triomphe na/urel du mal sur le bien, et le triomphe sumaturtl de Dieu sur le mal, par le moyen d'une action directe, personnelle et divine.

» Que disent les Ecritures sur la fin du monde ? Elles disent que l'antéchrist sera le maître de l'univers, et qu'alors viendra le jug*' ment dernier avec la dernière catastrophe 1 ! Que signifiera cette catastrophe? Comme 1autres elle signifiera le triomphe naturel y. mal sur le bien, et le triomphe surnaturel <; Dieu sur le mal, parle moyen d'une action directe, personnelle et souveraine. »

Pouvons- nous espérer celte interventt

t iKéim

I . Nous avons dit que plusieurs interprètes de i' Apoca pensent que U défaite de l'antéchrist sera, non point li nier acte du monde, mais la fin de l'ère des persécutions. Ce (jue dit Donoso Coriès n'en reste pas moins vrai, car TapAtit saint Paul nous dit que < ic Seigneur JÈsus détruira l'impi* par le souffle de sa bouche et l'anéantira par IVcInt deH avènement, t {Tfitt. Il, 8.)

divine, directe et souveraine pour mettre fin à lii Révolution ?

De Maistre l'attendait, et il ne voyait aucun autre moyen pour en venir à bout.

« Je tremble tout comme vous, écrivait-il en 1S19 à M. l'abbé Vuarin, je pleure tout comme vous sur tout ce qui se passe, et j'éprouve des moments d'abattement que je vous ai fait connaître ; mais ensuite je me relève, et je vous fais part des idées consolantes qui se présentent à moi. » Déjà, il avait écrit dans le même sens à M. de Beauregard :

< Je suis persuadé que tout cela finira, et qui plus est, je crois que tout ce que nous voyons nous mène au bien par des chemins inconnus. Cette idée me console de tout, j {ix, 60,) « Il pourra arriver des choses qui dérouteront toutes nos spéculations ; mais, sans prétendre exclure aucune faute, ni aucun malheur intermédiaire, toujours je me tiendrai sîlr d'une finale avantageuse. » (xni, 64.) « Je ne doute nnllemcnl de quelque événement extraordinaire, mais la date est indéchiffrable, (x, 405.)

< Le mal est tel qu'il annonce évidemment une EXPLOSION divine. »

Si l'étendue et la profondeur du mal don-

nent, en s'accroissant, une espérance mieux fondée de l'intervention directe de Dieu, combien cette intervention est plus probable aujourd'hui qu'en i8iS !

A nous de hâter cet heureux moment par nos prières et par l'action d'un zèle aussi cou rageux qu'éclairé, chacun dans la sphère qu la Providence lui a tracée.

« II dépend de nous, par notre courage, par l'exercice de notre libre arbitre, de hâter la victoire et de la rendre plus complète, disait dernièrement M. l'abbé de Broglie (i) ; le salut de la société pas plus que le salut individuel ne s'accomplit sans le secours de la liberté. Mais, d'autre part, ni l'époque ni l'étendue de la délivrance ne dépendent enivrement de nous. JI y a aussi la part de la Pr . videiice, qui choisit ses jours et ses heures, et que nous ne pouvons forcer à réaliser nos désirs, quelque légitimes qu'ils soient.

> Peut-être serons-nous étonnés nous-mêmes de la rapidité de cette délivrance. Peut-être devrons-nous dire, avec une joyeuse surprise, comme autrefois le peuple d'Israël engagé dans une lutte semblable pour la même caust

. Le prtitHt et

'.rdu Caikotieitmt en France, p ;

ET LA CONJURATION ANTICHRÉTIENNE. 25g

C Comment a été brisée la verge de l'exacteur ? > Comment a cessé le tribut que le vainqueur y nous avait imposé ? i

i Peut-être, au contraire, devrons-nous attendre longtemps et saluer de loin ce bien que nous espérons ; peut-être ne seront-ce pas nos yeux qui le verront et nos sacrifices ne porteront-ils leurs fruits que dans l'avenir, au profit d'une génération plus heureuse.

> En tout cas. et cela doit nous suffire, nous savons que nos efforts ne sont pas perdus. Ils le sont pas pour nous-mêmes, puisqu'ils

irment notre mérite et notre couronne. Ils le seront pas pour la cause que nous défen-

ms, puisque cette cause est éternelle. »

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