DOIS AUX IDÉES QITE CES HOMMES KEPRÉSENTEHT
MON APOSTASIE. > Il Venait de nommer le P. Hecker, Mgr Ireland, Mgr Keane, M. Féli> Klein.
Dans un article qu'il publia le 1*=^ octn bre 1898 dans un périodique protestant, /— ■ Revue chrétienne, le même ex-abbé est pt-: explicite encore : « 11 est vrai que je fus n Américanisant ou un Américaniste de la \iv. I. Voir aux Docohents, N. xlul
mière heure. C'est bien, en effet, à mon amî d'autrefois et à moi que les jésuites peuvent attribuer la responsabilité de ce qui désormais dérange sî profondément leurs idées et leurs habitudes. Dans mon livre Histoire d'une idée. Congres universel des religions, j'ai raconté les commencements de r.i4»/^r/(r3K7Jw/r;.., nous traduisîmes les discours les plus importants de Mgr Ireland. M. Félix Klein les publia sous ce titre : L'Eglise et le Siècle. Cela fit le tour de .la presse... Voilà hautement revendiqué mon effort A' Américanisme... Ayant bien reconnu mes illusions et que toute évolution libérale du catholicisme est impossible, je quittai l'Eglise. Assurément la logique de /'Américanisme doil aboutira cette conclusion, car rien n'est plus contraireque X Américanisme aux principes catholiques. >
La fin du siècle dernier a donné une leçon, comme l'observait récemment Mgr l'évêque d'Annecy, que ces MM. n'ont point assez méditée. On y voit les suites funestes de ces entraînements qui se produisent tout à coup et auxquels s'abandonnent ceux qui ne prennent point la peine de réfléchir : entraînements qui conduisent toujours plus loin que ne l'ont
voulu d'abtyd ceux mêmes qui les ont produits.
Méfions-nous !
Un saint missionnaire, le P. Aubrj% a dii quelque part, dans son Essai sur la vtéthodt des études ecclésiastiques en France, ouvrage que MM. les directeurs de séminaires ne sauraient trop lire et méditer :
« Le moyen fondamental et unique retour de la société à Dieu, c'est le mînisièi apostolique ordinaire, quotidien, ignoré, perçu, humble, de chaque curé dans son petid coin, où il est en présence de l'homme réel c pratique, de celui qui compose la société. C'est ce ministère-là qu'il faut soigner en prépanint d'excellents curés de paroisses...
:& La force du clergé, dans une nation catll lique, c'est que ses membres sont partout [ tés au milieu des populations, armés pour t vailler là quotidiennement, petitement, détail, sur les plus humbles éléments, sur \ infiniment petits qui composent la sociél C'est bien là ce que saint Léon appi « imbuerc mnndum Evangclio... >
En agissant ainsi, nous serons certaiifl ment dans notre voie, dans noire missiq
nous serons certains de ne point nous égarer et de ne point nous mettre en danger d'égarer ceux que nous devons conduire au ciel : car c'est la voie que Notre-Seigneur Jësus-Curist a tracée et dans laquelle la Sainte Eglise a constamment maintenu pasteurs et ouailles.
Le curé actuel d'Ars, M. le chanoine Convert, a adressé au mois d'août de cette année une allocution aux pèlerins prêtres qui étaient venus s'agenouiller sur le tombeau du saint curé, avant que d'aller à La Salette méditer les leçons de Notre-Dame. Il leur dit :
« Un prêtre s'est trouvé en Amérique, bon et zélé sans doute, mais aux idées aventureuses, à l'esprit mal équilibré, d'une science médiocre et douteuse, plein d'une joyeuse confiance en lui-même, ne rêvant que conquêtes par des chemins inexplorés.
» Et cet homme, ses compatriotes l'ont élevé sur un piédestal ; et, le montrant à la vieille Europe, ils ont dit : i Voilà l'ornement )> et le joyau de notre clergé ! » Et, en France, de nombreux échos ont répondu : Oui, € c'est » un docteur ! un de ceux qui apprennent à )} des séries de générations humaines ce
> qu'elles ont à faire. Il a tracé et réalisé en » lui l'idéal du prêtre pour l'avenir nouveau de
> l'Eglise. >
> Mais le Souverain Pontife, le 27 juillet 1896, avait condamné à l'avance cet enthousiasme inconsidéré, en présentant à la vénération de l'univers catholique J.-B.-M. Vianney, curé d'Ars.
« Il est, dit Léon XIII dans son décret h
> EcclesicE terras, il est le modèle achevé de
> toutes les vertus, et ses admirables exemples » sonl ceux qui conviennent le mieux à notre
> siècle. »
> Voilà le prêtre dont nous avions 1 et qu'a suscité au milieu de nous le DiEi; d miséricordes.
» Voilà « le vrai type du prêtre moderne | il va au peuple, et surtout il attire le ^ lui et à Jésus-Christ.
:* II va au peuple : mais on sent les mai tions sanglantes. la prière, le jeilne. Thi qui lui ouvrent les cœurs et aplanissent ; chemin tous les obstacles.
> Voilà le vrai « type du prêtre qu'il faut 1 % l'Eglise pour lui faire recouvrer le tern
> que lui ont fait perdre le protestantisme C
> l'incrédulité, aussi bien que pour la rendre
> capable de reprendre sa marche en avant
> dans l'accomplissement de sa mission di-
> vîne. »
» Car il combat avec les seules armes que lui ont léguées Jésus-Christ et les Apôtres : < le bouclier de la foi, le glaive de la parole
> de Dieu », la pauvreté évangélique et l'abnégation.
» 11 n'estime point qu'il soit inopportun de prêcher les grandes leçons de l'éternité à ces cœurs amollis par le bien-être et le sensualisme, à ces esprits que le rationalisme a déchristianisés.
* A l'exemple du Maitre, il montre sans cesse l'enfer ouvert sous les pas du pécheur endurci; à l'exemple de l'Apôtre, îl fait trembler les petits et les grands en leur annonçant le jugement et la résurrection future.
î II n'amoindrit pas la vérité et ne retient pas le verbe de Dieu, car il sait que la vérité délivre, et une intuition prophétique lui révèle que le monde ne peut être de nouveau sauvé que par les moyens qui l'ont arraché une première fois aux hontes et a.ux souillures du paganisme.
ï* Voilà un vrai «docteur, un de ceux q.
> apprennent à des séries de générations liu J maines ce qu'elles ont à faire. >
î Voilà celui « qui a réalisé l'idéal du prêtre
> pour l'avenir nouveau de l'Eglise J. 11 a pratiqué les « vertus passives » d'humilité, de patience, de chasteté, qu'une jeune école proclame aujourd huL un peu démodées ; il a ék un conieniplatif du moyen âge, un ascète des premiers siècles, et au delà des mers on sourit en pensant qu'il eût mieux fait de se livrer, selon une expression aussi nouvellequ'inexacie. aux « vertus actives >, car on n'est point prêtre pour soi, mais pour les autres.
> Or, dit Léon XIII, i sans être sorti de î l'humble village où il exerça, il est vrai avec » éclat, le ministère pastoral, il produisit, à U
> manière des hérauts de l'Evangile, d'abon- * dants fruits de salut dans toutes les autres » régions de l'univers qu'il ne put parcourir.
ï- Il tient de Dieu une assistance et une » grâce particulière pour attirer chaque jour, » à flots pressés, les peuples au tribunal de la » pénitence et pour ramener au bien les hom- » mes perdus de vices ; ce qui fut même a
> ŒUvre par excellence. >
> Et durant les dix dernières années de sa vie on compta par soixante et quatre-vingt mille les pèlerins qui annuellement recoururent à son ministère.
» Que Dieu nous donne des prêtres comme le vénérable Vianney, des prêtres d'oraison, des prêtres humbles et mortifiés comme lui, et des temps nouveaux, en effet, se lèveront pour l'Eglise ; les âges apostoliques reparaîtront avec toute leur ferveur. »
Tout prêtre qui veut être le vraî serviteur du Christ doit, à l'heure actuelle, méditer ces paroles du pieux successeur du Vénérable Jean-Baptiste Vianney. Elles ont été pour ainsi dire entendues avant d'avoir été prononcées, car si quelques ecclésiastiques ont pu être séduits par « l'idéal :& que leur a présenté l'Américanisme, combien plus de prêtres, en France, ont les yeux constamment attachés sur cet autre idéal que Notre-Seigneur Jésus- Christ lui-même a eu la bonté de nous présenter dans la personne du saint curé d'Ars, à l'aurore « des temps nouveaux ;& où nous entrons : nouveaux, non du côté de l'Eglise, qui restera jusqu'à la fin des temps ce que l'a faite son divin Fondateur, dans sa discipline
et dans son ascétisme aussi bien que dans sa doctrine ; mais nouveaux du côté des hommes qui seront plus pressés que jamais par les événements qui s'annoncent, et qui ont déjà commencé à se réfugier dans l'arche hors de laquelle il n'y a point de salut éternel pour le» Individus, et il n'y a point non plus de salll| temporel pour les nations.
i SPIRITUM INNOVA IN VISCERIBUS.
LES nouvelles générations, dit M. l'abbé de Broglie (i). ne se sentent pas à iise dans la froide prison où les matérialistes poudraient les murer. L'horizon bas et borné Ijes choses d'ici-bas ne leur suffit pas. Elles jprouvent le besoin de l'infini et de l'invisible [ue Musset a si bien décrit :
...Jouis, dit la Sagesse antique ; l Je ne puis ; malgré moi, l'avenir me tourmente... F Une immense espérance a traversé la terre... [ Malgré nous, vers le Ciel, il faut lever les yeux.
[ » En même temps une inquiétude profonde bmmence à pénétrer ceux qui réfléchissent jur les conditions de vie et de durée de la
tciété civilisée. Cette société ne saurait sub- Ister sans principes moraux : cela est évident. )'un autre côté, les principes de la vieille
orale sont sapés par l'athéisme et le positî-
sme.