REGARDE PAS
Les paroles de Sa Sainteté Léon XIII, citées ci-d îDontrent combien cette imputation est mensc odieuse.
N. XXXV. — Les Juifs affirmeni que l'atiintment dii messie — antêehrist pour nous — est prockaim. — r
Si cette tradition, si cette attente messianique se d serve même en Europe, même dans notre France, cfk|
absolument intacte et universelle en Afrique et en Asie. Xes juifs de ces pays se lieiinent toujours avec une ardeur «t une fermeté extraordinaires à l'espoir de voir bientôt «rriver leur messie ; et pour la plupart ils s'attendent à le 'voir naître dans l'une ou l'autre de certaines familles pn- ■vilégiées qui leur sont bien connues. Le mouïement qu'a produit dans la société européenne et dans le monde «ntier la Révolution française, leur donne à penser que les temps sont produs.
Dans cette attente ils se tiennent, dans tout l'univers, au courant des révolutions qui agitent l'Europe, ils les regardent comme des présages de leur triomphe, qu'ils <Iisent n'être plus éloigné, Et s'il se présentait actuellement parmi eux un homme offrant quelques-ans des caractères qu'ils attribuent à leur messie, on les verrait tous l'acclamer sans distinction d'orthodoxes et de libéraux. Israël pourrait s'y tromper, comme il lui est arrivé vingt fois de '■le faire dans le cours des siècles, ce qui ne l'empêcherait nollemcnt de rester prêt i se tromper encore.
On dira ; Mais les temps actuels ne se prêteraient plus à de pareilles aventures. Au contraire, il ne s'est peut-être jamais trouvé un temps pour s'y prêter mieux.
M. Gougenot des Mousseaux, dans son livre Le juif, le fttdaisme et la judaïsation des chrétiens, donne en exemple de ce qui se passerait chez les juifs, ce qui est arrivé ches nous. Français, il n'y a pas un demi-siècle.
< Mous avons vu de nos yeux, dit-il, un homme abandonné sinon repoussé par le peuple auquel il s'offrait en sauveur, saisi par la force publitjue, condamné sans qu'une âme s'émeuve, emprisonné, gracié, repris après une nouvelle tentative et condamné, puis oublié de nouveau, dcvetûrtout h coup, par la toute- puissance des révolutions . modernes et la vivacité des ressorts cachés, l'honime de h situation, remuer, bouleverser en sa faveur les esprits, plier sous les millions de suffrages dont l'acclamaient les indifférents ou les ennemis de la veille, se trouver maître ca un clin d'oeil des volontés, de la vie et des forces d'un peuple. > L'aventure boulangisle est venue depuis s'ajouter à I napoléonienne pour montrer combien facile-
ment, dans une situation donnée, un homme peut to! centrer en soi les vœux et les espérances de tout un penpb, el lui donner l'illusion qu'il va les réaliser.
Ici ces espérances datent de dix-huit siècles, grefrée3«r les promesses faites au genre humain dès le commeiw ment du monde ; elles sont fidèlement transmises de gcf" ration en génération, attisées tous les jours, tous les j'en éveil. Combien vite elles s'enflammeraient !
Qu'arriverait- il, en l'état actuel des choses, si un !^jour ce cri se faisait entendre ; Voici l'homnie d'hrcelui qu'Israël attendait ' Voici le messi
D'abord ce cri ne serait plus arrêté comme aulrdw par les frontières d'une province ou d'un royaume, répandrait dans le monde entier avec la rapidité (ie " et retentirait dans le cœur de tous les juifc r^poni toute la surface de la terre avec une puissance qvfHrait de son ampleur même et de son élendui
Quelle émotion en tous ces cœurs, et comme elle i croitrait en se communiquant 1 Sur tous les poinu globe, il se rencontrerait des hommes plus ardents, s entreprenants qui entraîneraient les foules vers le lieu la présence du messie serait annoncée. Et avec qu. rapidité se ferait de nos jours ta concentration de : Israël «"I-es juifs ne tiennent-ils point entre leurs (vu tous les grands moyens de communication f Corati;' auraient vite fait d'équiper des Hottes et de combiner i action avec celle des chemins de fer 1
Mais, dira-t-on, partout les puissances s^opposeraîc ce mouvement.
Le pourraient.elles ?
I.es juifs ne comptent-ils point pour alliées les secrètes ? et ces sociétés n'ont-elles point leun in toutes -puissant es dans les conseils des nations, ne tent-elles [loint de leurs membres dans les «ituati plus hautes, chez tous les peuples ? Quelle est auj* la nation qui ne subisse leur action, qui ne soîl par des moyens plus ou moins directs ou détournés nu à laisser faire ce qu'elles croient avanUgetu à* fins?
Que l'on se rappelle comment a été déclarée ta |
d'Italie, contrairement aux intérêts les plus évidents de la France, dès que les sociétés secrb les eurent résolu l'anéantissement du pouvoir temporel d-es Papes Un prince qui s'y était engagé par serment fut porté sur le trône impérial, et comme il lardait à exécuter ses engagements, les bombes d'Orsinî vinrent le lui rappeler. Il lit l'unité de l'Italie, préiiarant l'unité de l'Allemagne et l'etTondrement de son propre trône.
Les révolutions obéissent aux impulsions des sociétés secrbtes ; et non seulement les révolutions, mais les guerres sortent des incidents qu'elles provoquent. Puis, dans la conrusion où les guerres et les révolutions jettent les peuples, tout devient possible. Non seulement les juifs pourraient, si les sociétés secrètes le veulent, se réunir autour de leur messie, mais, avec leur complicité, ce prétendu messie pourrait essayer de jouer le rôle que les espérances judaïques lui attribu-ent : la restauration du royaume d'Israël, pour de là commander au monde entier.
Celle domination, du moins, est-elle chimérique dans U situation où est actuellement le monde actuel ?
On peut répondre : Non I avec une assurance presque entière.
Les juifs sont les maîtres. Ils tiennent non seu!eraent la France non seulement l'Europe, maïs on peut dire le inonde dans leur dépendance par l'argent, par la presse et par les sociétés secrètes.
Le réseau des sociétés secrètes s'étend sur le monde ', Il enserre le monde musulman aussi bien que le tonde chrétien, l'Asie et l'Afrique aussi bien que l'Europe t l'Amérique. Et s'il y a une chose certaine pour ceux
à les ont étudiées d'un peu près, c'est qu'elles sont aux ' s des juifs, qu'elles subissent leur impulsion, qu'elles travaillent et font travailler, s'en rendant compte ou non, à l'accomplissement des desseins de la synagogue.
Arrive la prochaine guerre, prévue par tous les esprits attentifs, inévitable selon le plus grand nombre ; qu'elle mette en condit non plus un peuple avec un autre peuple, mais toutes les nations du monde et, en chaque nation, tout ce qu'elle compte d'hommes en état de porter les
armes, et dites si tout De sera point dans l'ordre dn | choses possibles. I
Qu'en cette confusion îl se levé, parmi tes juîb, u I homme de génie, que les circonstances viennent à le iï*o 1 riser, il pourra tout tenter. I
Voyez ce qu'a fait Napoléon I", en dix ou douie a"alors qu'il n'avait pas entre les mains la dixième p;ir des moyens d'action qui aujourd'hui seraient aussitôt hj à la disposition de l'homme d'Israi-l. Et qui connaissa Napoléon, avant qu'il eût pris son vol ? Qui s'atlend.iit . lui et au bouleversement qu'il allait opérer en si peu j
A l'heure ofi les juifs sont dans les conseils de tous It Etats, oCi ils en occupent les postes les plus împonan:k l'heure oh ils sont les financiers des royaumes ei d.r^publiques, les chefs et les dominateurs de toutes '-: entreprises industrielles, de toutes les grandes et colossal compagnies de l'Europe, les arbitres en un mot de la pa et de la guerre; à l'heure oîi l'Europe est menacét ^k bouleversements radicaux, et o{i les nations se ticnncrv. toutes l'arme au bras et prêtes à se jeter les ur»cs «i: les autres ; à l'heure où les événements se précipitent owc la rapidité de la vapeur ou de la foudre, est-il si itucoK de la part des juifs de croire que les temps sont pkoche.-
Si la concentration qui s'opfcre actuelle m eut dans monde doit aboutira une domination unique et iiniv-r selle, tout indique qu'elle sera exercée par les juifs. T>-. le mouvement qui agite le monde semble dirigé vers ■ :
Une seulechose peut préserver le monde de cet effroya-'imaiheur. C'est la réaction contre les Principes modenit qui, de l'aveu des juifs eux-mêmes, sont les conditioles plus energiquement vitales de leur avenir.
CHAriTRE gUATOK/lËME.
t XXXVI. - Alors les Juifs ouvriront Its yeux, et moyaiit le triomphe du viritahle Christ, le reconnaîtront r le Messie promis h leurs pires ; ils se eonrertiront n masse, et leur exemple et leurs prédications ramineront \ f Eglise tous les peuples qui Pauront abandonnée et K mines qui n'étaient point encore venus à elle. — ige 352.
Apres avoir prédit le siège de Jérusalem et la ruine du Bple. Notre-Seigneur fit connaître ce qui allait advenir )| Juifs incrédules et déicides.
I Ils tomberont sous le glaive. Codent in ore gladH. » s l'historien Joseph, il en périt plus de treize cent
[ Ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, Weaptivi ducenlur in otnnes gentes. t Le nombre des cap-
\ vendus comme esclaves fut de quatre-vingt-dix-sept
Ule. De plus le peuple juif tout entierfut dispersé à tra-
' B toutes les nations. Depuis deux mille ans, il subsiste I milieu de tous les peuples sans se confondre avec
nn.
t Jérusalem sera foulée par les peuples. Et Jérusalem ^a&itur a gentibus. > Depuis le siège de Titus, Jérusalem i^appartient plus à la nation juive, mais aux gentils, Toutes les tentatives imaginfe pour faire mentir la prophétie,ont été infructueuses : Jérusalem est toujours au pouvoir des iniîdbles.
Jusqu'à quand cet état de choses durera-t-it? Notre-
I Seigneur le dit aussi ; « Donec implentur tempora natio-
mm, jusqu'à ce que le temps des nations soit accompli. >
I.£ temps des nations au point de vue de Notre-Seigneur, c'est le temps de leur illumination par l'Evangile, le temps de leur conversion, le temps de leur entrée dans l'Eglise. Ce temps était-il celui de la conversion de Constantin ? Etait-il celui où Clovis, avec toute son armée, se dirigeait vers le baptistère de Reims? Etait-il celui oti
saint Grégoirc-le-Grand envoyait saint Augustin Angleterre, et où saint Grégoire II envoyait saint H" face en Allemagne ? Etait-ce celui où l'on voyait a dans le sein de l'Eglise, les Visigoths d'Espagne eti Lombards d'Italie 7 Non. Ces temps étaient < quelques nations particulières, non le temps des naài
Le temps des nations ne pouvait venir jusqu'ici, t qu'elles n'étaient point toutes connues, parce que l'Êfl gile ne pouvait leur être porté et qu'elles ne pouvt être mises en rapports avec le centre de l'unité catholid
Aujourd'hui cette possibilité existe, aujourdliul 1 peut dire que !e temps des nations est 1 peuple, si éloigné soii-il, ne peut plus se dérober au p îytisme des missionnaires, à l'action du ciief de l'Eglu
Or, dans le même temps, s'opfere l'affrauchisa d'Israël. Comme le fait remarquer M. J. Lémano, < le î8 septembre 1791, aux premières vêpres de la fi l'archange saint Michel, protecteur de la nation iST que fut voté le décret d'affranchissement. Tandis qid Révolution française ébranlait tous les peuples, ce <lf permettait aux ossements desséchés d'Israël, répandid le vaste champ du monde, de se relever, conformé» la prédiction d'Ëzéchiel; et maintenant, ils sont l recouvrer la vie, à la recevoir de l'Esprit qui riem quatre venis.
I^plus auguste des filles d'Abraham, U Tr^s-Sf Viei^e Marie, a vu cette résurrection et nous l'a aniK
Dans son sublime cantique, elle commence à i grâces à Dibu des grandes choses qu'il a opérA^s en I Puis son regard porte jusqu'aux extrémité des temn après avoir dit qu'elle-même sera glorifiée par toaia générations, elle chante la marche triomphale 1' Rédemption à travers les siècles. Elle voit la miséri de Dieu rouler comme un fleuve d'âge en âge EDefl les obstacles que l'orgueil s'efforce de lui opposer, 1 l'huniilité en triomphe, et durant tout le cours des s»^ ceux qui ont faim de la Justice sont rassasiés, tandi ceux qui sont pleins d'eux-mêmes, s'en vont les i vides dans leur éternité i Israël a été écarté des b
AU CHAl'ITRE QUATORZIÈME.
zze fleuve de vie, à cause de son péché. Maïs voici que KiF.v, se souvenant de la miséricordieuse promesse qu'il Et à Abraham et à sa postérité pour jamais, reprend dans Ses bras ce premier-né de sa bonté infinie. Suscvpit Israël ^utmm suum, recordatus mhericordiœ sua, sicut locutus at wudpatrti nostros, Abraham et seminî ejus in sacula.
Et alors, comme le dit l'Apôtre, C si le péché des Juifs |B été la richesse du monde et leur diminution la richesse ■^ Gentils, combien plus leur plénitude !... Si leur rejet a ^té la réconciliation du monde, que sera leur rappel sinon ■(un retour pour le monde) de la mort à la vie I » Ils se serviront pour le bien de la puissance que Dieu leur a ^lermis d'acquérir au cours de ce sifecle et qui sans doute Vaccroitra encore, comme ils s'en servent aujourd'hui pour -Je mal. Kien ne se fait par saut, pas plus dans l'histoire ^D inonde que dans la nature ; toutes choses sont prépa- 'ifées dans leurs causes, et Dieu les ménage de telle sorte que toutes finissent par contribuer à sa gloire et à la nnctificatton des élus.
Après avoir reçu la révélation des desseins de Dieu sur nu peuple et après l'avoir transmise, l'Apôlre s'écrie ; I O profondeur de la richesse, de la sagesse, de la science j|e OlKU ! que ses jugements sont insondables et ses voies Enoompréhensibles ! * (Ad Roni.,x[. )
En attendant ces jours et pour en hâter l'avènement, I unissons nos prières à celles des prophètes de l'Ancienne Loi : < Vous, Seigneur, qui subsisteî éternellement dans une paix souveraine, souffrirez- vous que nous périssions à jamais? Seigneur tout-puissant, écoutez maintenant la prière des morts d'Israël et des enfants de ceux qui ont péché contre vous et qui n'ont point écouté la voix du .Seigneur leur Dieu. > (Baruch, III.) < Rassemblez, Sei- Ipieur, toutes les tribus de Jacob et qu'elles deviennent I Wtre héritage comme elles l'ont été au commencement. Ayez pitié de votre peuple qui a été appelé de votre nom, ! et d'Israël que vous avez traité comme votre fils aine. • Âyei compassion de Jérusalem, de cette ville que vous (avez sanctifiée. Remplisses Sion de la vérité de vos paroles 'Oeffabies et votre peuple de votre gloire. > (Eccli. 3)
N" XXXVII. — Lepêehi m disparaîtra point de la il y aura toujours mélange de boni et de mâ-Aanli, « les boni firédomineronl durant cette heureuie fèriedi se prolongera durant mille ans, ^eit-à-iirt ditratt temps aussi long qu'indéfini. — Page 23^ ~
< On parle beaucoup des premiers siècles du d nisme, disait de Maisire ; en vérité, je rie voudi assurer qu'ils sont passés. > Et de Tait, qnand 0 dfere le nombre des siècles qui ont préparé l'ai " de Notre-Seigneur, on est porté à se demander si qui fait toutes choses avec nombre, poids et mef donnera point des siècles plus longs à l'appiicatiaM fruits de la Rédemption qu'à sa préparation. Les pns siècles de l'Eglise seraient alors les siècles de la perâéa qui dure toujours, et dont le scandale de l'antéchi' " " le dernier terme.
Si le monde moderne porte en lui le germe d'aï lotion qui pourrait amener la ruine finale, l, croire aussi que le monde de Jisus-CHRisT n^^ atteint le terme de sa croissance. Les principes dont' n'ont pas encore produit toutes leurs conséquc surtout dans l'ordre social. On peut croire qu'il ne n finir avant d'avoir manifesté sa supériorité avec iio proportionné ît la divinité des promeses qui lui on faites. Notre-Seigneur J Ésus-Christ a promis à »on ï l'empire du monde et il ne lui a encore donné <f portion relativement assez restreinte de la terre. Ei pourquoi l'on peut croire que notre terre n'est point ci arrivée au terme de sa course.
Le P. Aubry termine son beau livre, son lîv rateur, Lesurands SéMiNAtRES, Essai smr ia A Eludes eccUtiastiqiêes en France, par ces mots : quelquefois de la fin du monde ; mais < tiennent cette Uifese, ne connaissent guère l'Ei commence, et nous sommes à son printemps, ï des préparations. Oui, l'Evangile en main, f que le monde commence : ne voyez vous pas |< de Jésus-Christ se dilater? Partout ît brise se partout il se précipite comme un fleuve tropn
^n lit ; ses avant-postes sont au Japon d'un côté, de
'auite à la frontière de l'immense continent africain ; du
Vivant au couchant, du midi au septentrion, partout
Eglise s'implante, s'organise, se développe.
1 Elle prépare de grandes choses, et pour un long avenir;
!i:ps lui sera donné pour triompher de ses ennemis,
. reconquérir le monde et remplir le vaste programme
.■ A un autre point de vue, il existe dans le monde plti-
f' iirs forces nouvelles, apparues récemment, que le chris- Disme doit vivifier et tourner à la défense de sa cause : liberté civile, la paix, la science, la facilité des commu- -Tfritions, la richesse matérielle, etc. ; il faut le temps r ^aniser ces forces au service de la vérité, Donee pouaui -i:\-os tiios scabellum pedum tuorum.
■ L'Enfer lui-même, dont les tendances sont significatives, l'Enfer ne fait de si grands préparatifs pour entraver l'Eglise que parce qu'il pressent le plan et les desseins de Dieu. En toute hypothèse, l'abaissement même de l'Eglise £t la profondeur du mal sont un indice que le monde doit : r-r longtemps encore ; car, d'après la marche de l'his- ., il faudra du temps à l'Eglise j>our reconquérir les ■ns à Jtsus-CHBiST et il est certain, d'une certitude -nnape, que l'Eglise doit finalement triompher. >
N XXXVIII. — Nous ne redirons point les pressentiments des saints pour Pipoque qui suivrait la définition de V Immaculée Conception de Marie. — Page 235.
Le 8 décembre 1S54, Rome présentait au monde un grand et sublime spectacle. Une foule immense emplissait b vaste basilique du Prince des Apôtres ; plus de deux cents évêques, accourus des plus lointaines réglons de l'univers, se pressaient debout autour de la chaire de Saint-Pierre ; et, du haut de cette chaire sacrée, dominant cette multitudequ'agitait une allégresse inconnue. Pie IX déposait, sur le front virginal de Marie, la couronne de l'Immaculée Conception. Puis, arrêtant un paisible regard aur cette pure et douce figure de Marie conçue sans péché, H la montrait au peuple chrétien, comme un signe d'es-
partout cet hommage rendu k ïa }Qm^^fi hommes ; et tandis que l'impiété tramait, <i breux conciliabules, la ruine de l'Eglise, l'on fester d'universelles espérances. Pic IX — commune — venait d'assurer à l'Eglise ui qui devait déjouer les projets des impies.
Tous les échos de la catholicité répétaient prophétie sortie de la bouche de Dibd même dis terrestre : Inimicilias ponam iuUr te t C Salan, je mettrai une irréconciliable inimiti la femme, > la femme bénie entre toutes < entre ta postérité et la sienne : elle t'écrasn
Et l'on espérait entendre de nouveau toml de Marie ces triomphantes paroles de l'adnûr qui s'échappa, un jour, de son âme inspirée, c maison de Nazareth : Fecit pottntiam in bri ptrtit suptrbo! mttite eorâii sue. ( DiEU a dé| sance de son bras, il a abattu les orgueil!* des superbes. >
Lorsque le peuple chrétien voyait ainsi, da mation de l'Immaculée Conception de M: d'une ère de paix et de grandeur pour l'Egtiï il aller à des illusions, dont il faut nous désal d'hui en présence des tristes événements sommes les témoins?
Gardons-nous bien de le croire et de noui à des découragements indignes d'un chrétiei les pressentiments du monde catholique i tiompc ; non, ce n'est pas en vain que ce gra
DiEO, cil nous montrant, par la main de son repcésen- UuiE ici-bas, son Immaculée Mère, nous a fait comprendre
■ qu'il veut lui réserver, sur les puissances de l'enfer, l'honneur d'une nouvelle et solennelle victoire, plus grande
l.que toutes celles qu'elle a remportées sur elles jusqu'ici.
1 Après avoir maudît le serpent tentateur, Dieu fit pntendre la prophétie que nous venons de rapporter : I Je '^mettrai des inimitiés entre toi et la femmu, entre ta race et la sienne. Elle te brisera la léte, et toi, tu lui tendras, des embûches au talon. >
Celte prophétie, sortie de la bouche même de Dieu, trace l'histoire de l'humanité de son commencement k sa fin. Chacun de ses mots doit donc être étudié, si l'on reut bien saisir ce qu'elle renferme.
< Immiàtias ponam inler te tt miitierem, et stmm tuum tl semen ilUus. Je mettrai des inimitiés entre Loi et la 'femme, entre ta race et la sienne. >
Voilà décrit, en un mot, l'état de la guerre entre le bien et le mal, entre les bons et les méchants, entre l'Eglise et le monde, entre la cité de Dieu et la cité de Satan, guerre qui fait toute notre histoire.
Cette guerre, c'est Satan qui l'a commencée ; înter te et mulUrem : entre toi et la femme, toi le premier, toi attaquant, « Et ce sont toujours aussi les siens qui commencent les hostilités : i»ter semen tuum et semen illius, entre U tace et la sienne. >
Pendant tout le temps qui précéda la venue du Sauveur, iagre::.seur parut avoir le dessus ; le monde lui était soumis, à l'exception d'un petit peuple et des âmes que Dieu se réservait au sein de toutes les nations. Ils étaient de la tace de Marie, car c'est en elle qu'ils espéraient, c'est la confiance qu'ils avaient dans le salut promis en elle, et qui viendrait par elle, qui les soutenait dans le combat. Puis, < au milieu des temps, » Marie donna le divin Sauveur au monde.
Satan soupçonna que l'humble enfant, né d'EUe et
louché sur la paille de la crèche, pourrait bien être le
Icssie. I! alluma dans le cœur d'Hérode une fureur
niainement inexplicable pour le faire étouffer au ber-
ceau. Puis, lui et les siens le poursuivirent jitfl Calvaire. Ils ae savaient pas que ta ffiênie devait s' plir le sacrifice qui permettrait à Jésus de dire : ■ primept hujus munit tjieUiur foras. Maintenant, te] de ce monde va être jeté dehors. >
Notre-Seigneur ne dît point ; ( Est jeté dehors ; 1 « Va Être jeté dehors. > Ces paroles annonçaien encore un temps de luttes et de combats. Il dareto mais il doit prendre fin.
Depuis dix-huit siècles, Satan, aidé de ceux qui i faits ses fils, temm liium, en se donnant à lui, n'a combattre l'œuvre du Christ ; et, de son côw!, 1 famille chrétienne, seinen illius, sous l'étendard' Mère, la femme par excellence, terrible comme une^ rangée en bataille, n'a cessé de défendre cette ( Toujours elle a remporté la victoire. L'Eglise chaa gloire de Marie cette belle antienne. CuKctas À inUremisli in universo mundo. Vous, et nulle auli vous, avez tué toutes les hérésies, à mesure qu'elles! levées.
Mais voici une hérésie qui semble devoir être I nière, parce qu'elle «st la négation radicale de tout ! surnaturel, allant jusqu'à la négation même de Dn pour comble, celte hérésie est actuellement inoç l'enfance elle-même par une institution d'EtaL
C'est le dernier terme de la révolte commeM XVI= siècle, et qui avait été signalée dans l'A, d'une façon étrange : « Je vis une étoile tomber du c (de l'Eglise) sur la terre. On lui donna la clef du pun l'abîme. Elle ouvrit le puits de l'abtme, et il s'élrvj puils une fumée comme celle d'une grande fouroai^ . le soleil et l'air furent obscurcis par la fumée du ptuti.
Cette vision de saint Jean est suivie, dans le rajn livre, d'une autre visjon qu'il décrit ainsi : < Et }e * descendre un ange qui tenait dans sa main la cf ~ l'abîme et une grosse chaîne ; il saisit le dragon, te ■ ancien, qui est le diable et Satan, et il l'cnchalE mille ans. »
Voilà bien le prince de ce monde jeté dehors, i mot de Noire-Seigneur, Voili bien sa défaite c
AU CHAPITRE QUATOKZIÈME.
définitive annoncée dès te commencement du monde : Ipta (onUret atpui iuum. Elle Céciasera la tète. Voilà bien, par l'incarcération de l'ennemi du genre humain, la possibilité d'une ère nouvelle, ère de paix, succédant à I eie de guerre et de persécution
Or celle défaite, cet enchainemenl, cet écrasement, N. S. P. le Pape, — par une innovation qui ne date que de quelques années, — nous le fait demander chaque jour à la sainte messe, Après une prière à la Vierge Immaculée, l'ange vainqueur de Lucifer est ainsi invoqué : < Prince de l'armée céleste, écrasez dans l'enfer, par la force divine, Satan et les autres esprits malins qui se sont répandus dans le monde pour y perdre les âmes. >
A ceux qui s'étonneraient de ces dix-huit cents ans de combats avant d'en arriver à la défaite de Satan, nous dirons : Mais, voyez donc le nombre de siècles que Dieu a cru nécessaires pour préparer la venue du Sauveur. Devant le Seigneur, * mille ans sont comme un jour, >
De même l'on ne peut accuser la définition du dogme de l'Immaculée-Conception d'avoir manqué aux promesses qu'elle semblait nous apporter. Qu'est-ce qu'un espace de cinquante ans, comme prélude à un événement qui a demandé tant de siècles de préparation et qui s'étendra à une durée qui peut être beaucoup plus longue encore, car Dieu ne fait rien qu'avec mesure ? El ne faut-il point voir, au contraire, dans les bouleversements et la persécution de ces cinquante années, les convulsions de Satan qui a senti, en 1S54, le pied de l'Immaculée se poser sur sa tête pour l'écraser ?
1^ saint Pontife Pie IX a terminé la constitution dogmatique où il définit l'Immaculée-Concepiion de Marie par ces paroles :
4 Nous nous reposons arc^- unt confiance cnlièrt el absolue dam la certitude de noi eipiranees. Cerlisitma vcfo spe et otnni prorsus fiducia nïiimur. »
Et quelle est celte espérance si grande, celte certitude !
4 La Bienheureuse Vierge toute belle et Immaculée, à qui il a été donné de briser la tête du cruel serpent,,, fera, par son puissant patronage, que tous les obstacles étant ,4cartés, toutes les hérésies vaincues, la sainte Eglise notre
Mfere se fortifiera de jour en jour et fleurira chci K peuples et dans toutes les contrées, uhimmqmt j ubicutnque locorum ; qu'elle r^nera d'une jusqu'aux extrémités de la terre, mque ad tenmmvt \ terrarum, et jouira de toute paix, de toute tnujqdlU toute liberté; de sorte qu'il n'y aura plus «la'nr troupeau sous la conduite de l'unique Pasteur. \
Ces paroles prophétiques de Pie IX ont eu, 1854, un cooimencenient de réalisation par la [ possession qui s'est faite continuellement et sans 1 ruption, depuis lors, de toutes les plages de l'unîves hiérarchie ecclésiastique a été établie successjvsnal faveur des Eglises d'Angleterre, d'Ecosse, d'Amérique Indes, du Japon, de l'Afrique et de TOcéanie. Si, à Itl présente, tous les peuples et toutes les nations de lafl ne sont pas encore, comme peuples et comme i dans la barque de Pierre, il n'en est pas moins Tiai q filet a été jeté partout. II n'est plus maintenant un^ de terre où ne se fasse sentir l'action bienfaisante « Papauté. On peut dire en toute vérité que, depuis i le tîlet de Pierre, se dilatant soudain, a pris toot àl des proportions qu'il n'avait jamais connues.
N. XX.XIX — L'/slamiimt, h Bouddhisme. U Bn nismt et le Confudanisme sent (gaîitnent trawiU' l'esprit Houreau. — Page 143.
M. G. de Cirol écrivait demiërement dans La 4 L'Eglise catholique et romaine poursuit,lriotDpl grandissante, sa marche vers la conquête de ITiui en revanche, les religions non chrétiennes sont dans ère de crise, qui pourrait être le prélude de graves vulsions, ainsi qu'il est facile de le démontrer. 1° Les bouddhistes intelligents ont depuis compris le vide de leurs conceptions religieuscf contact avec la religion chrétienne leur a d^inontrt U supériorité de celte dernière ; aussi n'est-il pas suiprcoanl que des combinaisons entre la religion chrétienne et 1* religion bouddhique soient tentées par de» pitecs * celle-ci.
Un (Je ces derniers, ^levé à Oxford, prêche actuellement au Japon un bouddhisme nouveau, accueilli avec faveur par des populations que ne peut satisfaire la sbche morale de Cakya-Mouni. En Birmanie, disait au dernier Congrès des Orientalistes le savant Robert Cust, un nouveau ' iLiddhistne mélangé de rites chrétiens est en train de
ilifier ; on y pratique le repos du dimanche, on y singe ■Iques-unes de nos cérémonies religieuses. Quant à la ■ lune, de plus en plus travaillée par les sociétés secrètes, le culte bouddhique y est si différent delà religion prêches par Cakya-Mouni, qu'on ne le reconnaît plus. Comme le dit fort justement M. de Milloué : € Aujourd'hui, la différence n'est pas appréciable entre le prêtre du Bouddha et celui du Taô. »
On sait que les bouddhistes sont divisés en quatre grandes écoles philosophiques ; ces écoles sont ellesmêmes subdivisées en sous-écoles, de sorte qu'il est juste de dire que le bouddhisme, en tant que religion, n'existe pas.
2° La seconde grande religion non chrétienne est l'islatnisme. Jusqu'en ces derniers tenaps, malgré diverses i-matives, la religion de Mahomet avait conservé assez ljii:n les traditions du Coran ; mais, en 1840, un Persan dn nom d'Ali-Mohammed, se disant descendant du Prophète, se proclama BSb, c'est-à-dire la Porte de Vérité, et Mahdi ou Prophète lui-même. Il fut condamné à mort el exécuté en 1849, mais ta disparition du Bâb n'arrêta pas les progrès du nouvel islamisme que son fondateur avait prêché pendant plusieurs années et qui fut recueilli par ses disciples dans un livre appelé Le Btyan ; il semble, BU contraire, que le sang répandu fût devenu une semence féconde. Après six ans de persécution, le gouvernement persan aurait pu croire que le bâbtsme était atteint dans son germe ; il n'en a rien été. Depuis lors, au contraire, il a grandi dans l'ombre, il s'est organisé en sociétés secrètes, il a conquis jusqu'à des princes du sang et c'est lui, peut- Étre, qui est destiné à rénover les vieilles civilisations de l'Asie.
Le Bâbisme est d'autant plus puissant qu'il est non seulement une secte religieuse, mais aussi un parti politique.
Tout bâbi est tenu de donner aux pauvres le tîen^ son revécu ; il doit suivre, autant que possible, la loi A nature ; donc, pas de mets purs ni im]>urs ; nunajp libre ; l'homme monogame ; interdiction du harem et Je 1 voile pour la femme; ceile-ci est l'égale de l'homme," l'homme a le droit de penser et d'agir à sa guise. Ctst I donc la fin du despotisme oriental ; c'est la révolution I asiatique en perspective.
3" L'ancien brahmanisme a, comme on le sait, complc- I lement dégénéré ; il ne reste presque plus rien Us I anciennes traditions des Védas, et voilà qu'une nouveOc I école philosophique se greffe sur les rieux rites brahmani- 1 qiies qu'elle menace de faire disparaître ; c'est un méUi» de christianisme et d'hindouisme ; elle porte le noiu 1 - Brahmo-Somaj et a eu comme fondateur un letué du r. de Kestiab Chander Sen.
Les Brahmo-Somaj ont pris un développement enr."; , dinaire dans l'Inde ; ils ont des écoles, des libnirc i nombreuses; ils ont la protection ou tout au moû» V. 1 respect des autorités anglaises, qui les regardent comn^ I demi-cb retiens ; ils menacent de faire dispaiailrc ce qui ■ reste de l'ancien brahmanisme. I
4° Le confucianisme n'entrerait -il paii, iuî aussi, da» I une phase nouvelle, quoique moins rapidement que la 1 leligions précédentes, étant moins en contact avec L'influences étrangères ? Tout semble le faire croire < ' . appris d'un missionnaire, qui iravftille au champ de .. Chine, disait encore AI. Robert Cust au congrès <!<:' Orientalistes, que le confucianisme épuié, ou néo-cocitc i cianisme, est un danger très possible. > Nous n'avoot i pas encore des données asseï précises sur ce mouvetncn pour nous appesantir davantage sur ce sujet.
Mais ce que nous venons de dire -^ et nous n'aiota pu qu'effleurer la question — est suffisant pour mootici i . nos lecteurs que tous les édifices bâtis sut leneut ciami--. et vacillent sur leurs bases. Seule, la religion i ' reste immuable, ne se laissant entamer par auu tion, ramenant à elle les égaies, appelant les i'. i ne la connaissaient pas et semant partout k Un qui doit étouffer l'ivraie. >
AU CHAl'ITRE gUATORZli'.ME.
—Jamais le zlle pour la conversion dis infidiUs n'a si grand dans l'Eglise, si « n'est aux temps aposto- . Tous les Ordres religieux rivalisent d'ardeur pour '.r pridter l'Evangile aux contrées les plus iloignies ; \e Citait jamais vu, Us femmes elles-mêmes se y foiU missio'inaires. — Page 244,
iMgr Le Roy, supérieur de la Congrégation du Saintit et du Saint-Cœur de Marie, a prononcé au Congrfes mal de Paris, en 1898, un discours ofi nous lisons : u commencement de ce siècle, les missions cathos étaient réduites à presque rien : 300 missionnaires 'e monde entier (i)! Mais bientôt la Providence su sci- Utre les Ordres religieux anciens reconstitués, nombre mgrégations nouvelles, dont les constitutions plus s'adaptent mieux peut-être auit tempéraments actuels &. aux conditions extérieures qui leur sont faites (i). En même temps que les gouvernements retiraient leur concours officiel, des fils et des filles du peuple se levaient pour les remplacer de leur libre initiative. Ils y ont magnifiquement réussi, en créant les Œuvres de la Propagation de la Foi, de la Sainte- Enfance, des Ecoles d'Orient, des saintes Femmes de l'Evangile, toutes nées en France, sans parler de quelques autres œuvres similaires qui ont germé sur le sol des autres pays catholiques.
I Sous l'autorité souveraine du Pape et la direction immédiate d'un cardinal préfet, la Sacrée-Congrégation de la Propagande embrasse sous sa juridiction l'ensemble des pays occupés par le paganisme, le schisme et l'hérésie. Ces territoires, qui sont immenses, sont divisés en plus de 400 diocèses, vicariats ou préfectures apostoliques, de
t. La fin du XVIII* siècle avait jl^ nutrtju^c par In Révolulioa, les gueiies, In destruction des Ordres religieux, le massacre des prêtres. Les misnons avaient dû être abandonnées.
2. Quinze séminaire* de Rome et dix-sept en d'autres pays fournissent avec 30 sociétés reli^euses les ouvriers upostotiquot. Il faut ajouter les Congrjgatioiu des Frères enseignants, ainsi que les nomtueuKs Communaulfï de religieuses vouées à l'éclucution des en&nu in&dtics cl au soulagement do toutes les misères pliysii^ues, inlellec-
.elles et
loiali-s.
sorte qu'il ne reste pas un coin du monde qui ne soi: confié à l'action d'un missionnaire catholique.
> En nous basant sur les très sérieuses données rassemblées, en 1894, par M. L. E. Ix)uvet, nous arrivons 1 dénombrer ainsi les ouvriers apostoliques répandus 1 l'heure actuelle dans les cinq parties du monde :
Prêtres '3 3'4
Frères 4. 500
Sœurs européennes. . . 41.300 Sœurs indigènes. . . . to.ooo
Soit un total d'environ. . 70.114 Il y a de cela quatre ou cinq ans, le nombre a cerîi neroent et considérablement augmenté. La France cotn;!: parmi ses enfants les deux tiers de ces prêtres, les qusi:. cinquièmes des frères et des religieuses (i). C'est, àla ' du XIX siècle, un chiffre que, sans doute, l'aposuil: catholique n'a jamais atteint.
Allez en Orient, au fond de la Chine et de la Mami chourie, en Corée, au Thibet, dans les déserts de - Tartane, comme dans les grandes villes et les humb'.' villages de l'Inde et de Ceyian.i du Japon et de la Sibtr elle-même ; passez en Amériquej et parcourez dep l'Alaska jusqu'à la Patagonie ; abordez l'une après l'ai:! les Iles océaniennes ; enfin faites le tour du grand coniim: africain, et traversez-le de l'Est k l'Ouest, du Noid .;. Sud : sur votre chemin, au milieu sans doute d'énonac* masses encore païennes, mais partout néanmoins, vow trouverez un être humain pour achever le sigrw de b croix commencé devant lui, et chanter avec vom le symbole immortel de votre foi catholique. >
. Dans u
: lellte adtess^ r
I fidèles de B.
1 ilioc^»
Je 1898, nous relevons ci
4 Dans une double audience que nous avons eu le nrc banhrid'obtenir, noire SBint-Père- le Pape nous diaul : < Quellei qne *ar^ » s» épreuïes el set (nste&ses altuelles, U France n" -
> ou ses enOknts calhoUijues font plus qu'aucune au y la (lifTusion de l'Evangile pu leun «umAna et MUtont e
> lifAlKî, prctres, religieux ei leligicuses, qui «aal la a '
IROattoBBOM I
, XLI. — jIu sein mffru du christianisme, l'incriiuHti manifeste, et, pour tout dire, la haine de la religion, la haine du prêtre, la haine de Dieu lui-mime, font de jour en Jour les plus lamentables progrh. — Page 144.
Comment peul-il se faire que Dieu ait des ennemis ?
'est pour sa gloire et pour leur bonheur éternel que )IHU a fait les anges et les hommes.
4 Mais, comme dit M.Grimouard de Saint-Laurent (i),
ne peut se contenter d'être subi comme une nécessité. l aime, il veut être librement aimé ; digne d'être préféré
lout, il veut être l'objet des plus libres préférences. > Il I donc fait les êtres intelligents libres de pouvoir se rap- «ocher ou s'éloigner de lui. Et l'éloignement volontaire lidt par constituer celui qui s'en rend coupable et qui ' persiste, dans un étal de haine.
C'est là que Satan est tombé du premier coup ; c'est là [ne les hommes arrivent après avoir longtemps résisté aux ttrails divins : ils vont se placer volontairement sous la amnière de Satan qui les conduit au combat contre DlBU. > que nous voyons sur la terre n'est que le prolongement le ce qui s'est passé au ciel à l'origine des temps.
Et comme maintenant la séduction sataniquc se fait Jus persuasive, le Souverain -Pontife a voulu que tous les 9UTS, après l'obtation du Saint-Sacriiice, prêtres et fidèles (citassent la prière que nous avons déjà rappelée.
Remarquons toutefois que cette révolte, si Dieu la lisse se produire, il ne la tolère jamais que dans une lesure qu'il ne laisse pas dépasser ; et, de plus, révolte et béissance, amour et haine, tout servira, en définitive, i la lus grande perfection des élus et à la plus grande gloire e Dieu. Comme le dit fort bien Donoso Conès, «; Lucifer 'est pas le rival, il est l'esclave du Très-Haut. (Il faut en ire autant des sectaires.) Le mal qu'il inspire ou qu'il itroduit dans l'âme et dans le monde, il ne l'introduit tMf'ûac l'inspire pas sans la permission du Seigneur; et I Seigneur ne le lui permet que pour châtier les impies ou 3Ur justifier les justes par le fer brdlant de la tribulation.
1, Lti Ennemis Ji Dieu tt dt VBglist.
De celte sorte, le mal même arrive à se transforroer sous la conjuration toute-puissante de Celui qui n'a d1 ni par la puissance, ni par la grandeur, ni par le pt qui est Celui qui est, et qui a tiré tout ce qui dehors de Lui, des ab!mes du niîant (i). >
S'il faut parler de rivalité, elle a été au cîet cntic Michel el Lucifer ; elle est sur la terre entre SaUn et la T Vierge Marie. < Ait Dominus Dtus ad serpentent : Imi'.-. dtias piinam inter te et mtdiercm et semen tuum et utut iUius. Ipsa conterel eaput tuum. \
L'avènement du protestantisme et la Révolution ftançaise qui en fut la suite, ont marqué une nouvelle phjy dans le combat inauguré au commencement du luond^r
La Révolution n'est, à vrai dire, que l'église de SaLi' incamée dans une société, la franc- maçonnerie, '\ actuellement a étendu son réseau sur l'univers cni: pour le laïciser, c'est-à-dire pour la soustraire à l'autoi:. divine. Par elle, l'antique ennemi promet aus peuples leur donner le progrès infini, et avec lui ramélioration >: l'humanité, le bonheur, la déification qu'il avait pcomiK
On ne peut nier que l'ordre d'idées que la Révolution représente ne soit précisément celui que le grand ennemi de Dieu, l'antéchrist, résumera dans sa personne : div:' n de l'humanité, glorification de ses droits hors lir J et contre Dihu, guerre acharnée à l'Eglise.
Quelle sera l'issue de la lutte ? C'est le secret de Di; ' Quoi qu'il arrive, l'Eglise est militante, et chaque chrlien doit être prêt à combattre avec elle par tous i moyens qui sont en son pouvoir. Les victoires passe sont le gage de celles qui l'attendent dans l'avenir. Su savons que les luttes les plus terribles qu'elle auri soutenir, seront te prélude de la grande victoire i' réduira pour toujours ses ennemis à l'impuissance, rvtf.v-le comble à sa gloire, et, de militante qu'elle nuta élc i>. que-là sur la terre, la fera tout entière triomphante (!'
. VEglut
l la Rh'ttuiiBi
i cieL C'est alors que se réalisera pleinement celte parole : « Vindl in bono maium. Dieu sait vaincre le mal I le bien. >
EXLI^ — L'heure est solennelle entre toutes, et jamais il wfa été plus nécessaire pour ceux qui veulent être vraiment t sen-ileurs de DiEU it seconder ses desseins, comme il isfail la grâie et rkonneur de nous le demander, de se w orienter pour ne point s'exposer à faire fausse route. ■ Page 363.
a Laurent Janssens a rendu compte, dans le numéro lécembre 1H98 de la Jfe7-ue Benidictine, des dernières lehures du docteur Hemiann Schell, professeur de fclogie à l'Université catholique de Wurtzhourg. Depuis, P brochures ont été mises à l'Index et l'on verra à jendice que l'auteur s'est honorablement soumis.
ic s'était montré, dans ses brochures, un peu \ SOUS l'inHuence des idées de Mgr Ireland et des paiti- ■ de la Vie du P. Hecker. Aussi Dom Laurent Janssens, ',e ses œuvres, a-t-il été amené à dire son senlir l'américanisme. Cette page complétera ce que jB en avons dit.
l La doctrine qui s'est donné cette appellation bizarre slbeureuse, dit-il, n'est au fond que le principe pro- LDt de l'inspiration personnelle, mis au service du Ùbéme total et des aspirations saxonnes, jalouses de Incnce latine et romaine. > mpossible de mieux dire en moins de mots, e R. Pfcre, aprt:s avoir donné cette définition, ajoute godant:
Wjt Oh I je ne blâme pas tout dans cet ensemble mal ~ li de choses qui constitue le soi-disant américanisme. I meilleurs catholiques seront toujours les chrétiens d comprennent dans la définition la plus large leur nom
de catholique : et je suis de ceux qui attendent beai des races anglo-saxonnes pour l'avenir de l'Eglise. peut Être, je pense, excellent catholique, et souhaita' Rome de s'affranchir de la prépondérance excès») telle ou telle nation, dans le gouvernement de l'EgV la défense de ses intérêts. En tout cas, ce sont là des qi tions de discussion absolument libre ; et ce n'est pasp une opinion, fût -elle trop fiferemenl exprimée dans ce km, que je rangerais un écrivain du côté des < onuftûa-
i Mais ce que j'y blâme sans hésiter, c'est le colit 1 d'une inspiration personnelle, vague et dar^ereuse, *u ' détriment du magistère hiérarchique ; c'est le tn^pris il'asc&se antique, basée sut l'humilité et la mortificitii n pour lui substituer l'évolution spontanée du Moi ; c r la distinction frivole et outrée entre les vertus actÏTcs les vertus passives ; c'est une espèce de communisme r: gieux émoussant la fière affirmation du dogme int^g^ c'est la méconnaissance des droits sociaux de la véftlé, par là une aversion significative pour toutes les mesii: de rigueur au service de la vérité contre l'erreur ; c'est '~i' confusion déplorable et perfide, entre l'esprit moiuL: dans l'Eglise, et la liberté religieuse garantie par des dr^ : politiques, l'indépendance du Pape sauvegardée par < souveraineté temporelle. > (Décembre 1898, p. 569.)
Ces six points comprennent bien en effet toutia 1^ aberrations de l'américanisme. Nos lecteurs peuvciU , remarquer que nous nous sommes particuliëremeni appfr- i que à mettre en lumière le quatrième : une espèce de 1 communisme religieux émoussant la lîère afârmaiiod du ! dogme intégral. Nous avons montré comment ce coatinu nisrae répond d'une part aux desiderata de l'AItiao:- Israélile-Universelle, et d'autre part avec quelle incotti dération les porte drapeau de la démocratie <' s'y sont jetés et y ont appelé leurs disciples. >
L'une des thèses de l'américanisme auxquelles ri n'avons point cm devoir nous arrêter et à laqudle «j de faire allusion Dom Laurent Janssens, est
AU CÎIAPITRE QUINZIÈME. 415
hience que les reua saxonnes doivent prendre dans les
' s futures de l'Eglise.
it dans ia Vit du F, Heeker (p. 405 et 407) : < Le
ker croyait que la race latine a glorieusement cou-
É son œuvre par le Concile du Vatican, et que le
mps est arrivé d'appeler !a race teutonique à développer
s forces dans la vie intérieure de l'Eglise, » * L'union des deux races dans l'Eglise, avec leur civilisation et leur force, est le vrai moyen de répandre rapidement le christianisme dans tout l'univers. >
M. l'abbé Dufresne a dit aussi dans la Hevue du CUrgè franfais : « Le Saint-Esprit s'est servi du génie latiri, si pratique, si pondéré, si apte au gouvernement, pour développer dans l'Eglise le côté extérieur de l'organisation hiérarchique et de la jlégislation canonique. Du Concile de Trente au Concile du Vatican, l'Eglise ne renfermant plus dans son sein que des éléments appartenant en majorité aux races latines, ce travail de concentration et d'organisation devint plus facile et rapide. Mais d'autre part, l'Eglise ayant perdu les éléments si indépendants et si individuels des races saxonnes du Nord, elle prît dans son côté humain quelque chose de beaucoup plus méridional qu'elle ne l'avait au moyen-âge et qu'elle ne l'aura lorsqu'elle comptera de nouveau dans son sein l'ensemble de ses enfants, t
Et ailleurs le même abbé dit encore : < Les races latines étaient préparées par nature à être les principaux instruments de l'Esprit-Saint dans ia période qui vient de finir. Dans aile gui s'ouvre les races anglo-saxonnes et teutoniques, d'une nature fortement individuelle et tndépen- (lante, seront à leur tour les instruments de la divine Providenfe. Ce n'est pas à dire que le développement de l'Eglise soit le résultat des aptitudes naturelles des races, mais que Died qui a créé ces aptitudes, les prend l'une après l'autre, et s'en sert comme d'instruments à l'heure qu'il a choisie pour exécuter ses desseins. > (Appendice à l'édition anglaise de la Vie du P. Heeker.)
Comme le fait fort bien observer M. l'abbé Maignen, il est faux que la religion des Latins soit surtout extérieure et administrative, tandis que les Saxons s'appliqueraient
davantage à la vie intérieure. Les Saints et les p mystiques que les Latins ont donnés à l'Eglise k to époques, protestent contre cette assertion, aussi b la stérilité sous ce rapport des peuples séparés.
D'autre part, il est bien téméraire de dire que, p période qui s'ouvre, Dieu va rejeter les races l comme instruments de ses œuvres, et s< place des races anglo-saxonnes et teuloniques. Ce q vrai, c'est que, dans les desseins de Dieu, tous les p doivsnt faire partie de l'Eglise qu'il a voulue mi ' et que toutes les races doivent apporter à cette I tribut et le concours de leurs qualités propn l'extension du règne de Dieu et sa plus grande g L'on sait l'exclamation de ]. de Maistte : » Ah ! ' ' la même foi parlait seulement anglais et français! I
Que les races autres que la race latine puissent ■ fflÉme dans le gouvernement de l'Eglise, une pirti large que celle qui leur est acluellemenl dévottte, I permis de le penser ei même de l'entrevoir.
Le D' Schell, dans sa brochure J?er KatAffUeitm^ Princip des Fortsehrtiitts, insiste sur la nécessité d la notion de l'Eglise caiholique. D'après lui le r y est prépondérant à l'excès, l'influence despe«, disproportionnée, au détriment surtout du génie àl trop e^acé, trop méconnu. Sa critique est amtie et 01 Mais Dom Laurent Janssens, après avoir réfuta ce q a d'excessif, dit : f Plus la fraternisation de s'accentue, plus les communications se font i faciles, moins il y a de raisons pour qu'une seule n ait en quelque sorte le monopole du gouvcm l'Eglise
> Au moyen-âge on avait sur ce point des idée larges qu'aujourd'hui. Heureusement on y revient, I juste de l'avouer, et tout permet de croire que le n ment ira s 'accentua n l. L'altitude ingrate et cupid l'Italie, â l'égard du Vatican, est un stimulant de pi faveur des réformes ayant un caractère catholique, tout les spolialeun des papes ne méritent plus gu' pape italien. > (Jfevue Binidictint, octobre 1807, 1 468.)
JCLI I. — Je ne àhire pas peur le dioche d'abbh dèmo- \raits. — Page 272.
Les paroles prononcées par Mgr Germain, sur son lit juort, eurent un grand retentissement. Beaucoup de « religieuses les reproduisirent. Plusieurs crurent mettre en relief celles par lesq^uelles le saint prélat innmandait, aux prêtres en général, de rester < fidèles px traditions de l'Eglise i, et en particulier < aux jeunes [Krâtres et aux séminaristes > de < se défier de leur inexpérience > et de « se laisser diriger ». 'Quelques jours plus tard, eut lieu à Rome l'inauguration - conférences de morale qui ont lieu chaque mois dans 'ise de l'Apollinaire. S. Em. le cardinal- vicaire n'a mieux faire que de lire intégralement et de commenter ■: une émotion communicative les dernières paroles de ' ;. Mgr (lermain, évêque de Coutances. Il s'est prinak-ment étendu sur la question des abbés démocrates, i.lmire sans réser^'e la i/f jn^^niAÏ! telle que saint Vincent i'aul, saint Pierre Fourier l'ont conçue et pratiquée ; . : i il redoute, il combat et anathémalise ces aspirations , rf//«, à tendances séculières, qui, germant dans des . :\ elles ambitieuses, inquiètes et peu instruites des choses du la foi, ont produit ce qu'on appelle vulgairement les abbés démocrates.
Pour donner à sa pensée un élément concret, il a cité les exemples de Charbonnel, Negroni, Passaglia et autres. Les évéques, a-t il ajouté, sont très inquiets, et à juste raison, de ce mouvement produit par des abbés qui t allongent leur pantalon et raccourcissent leur soutane ». ta- cause principale de cet état d'esprit se trouve dans le J>eu de tenue ecclésiastique et l'insuffisance de l'éducation taciée. On déserte le confessionnal et la chaire, pour courir dans les clubs, les meetings, les théâtres même. Sous prétexte d'élever la foule, on descend à son niveau ; lous prétexte de se concilier la sympathie des esprits forts, ya leur fait des concessions doctrinales, qui ne sont rien noinS que des hérésies matérielles. Il a exhorté vivement ses auditeurs à réagir contre ce mouvement dangereux
DOCUMENTS ET ÉCLAIBCISSEMEKTS
I Soyons pénétrés du véritable esprit ecclésiastique, ■ pour finir réiiiinent cardinal, soyons instruits i Vit grands théologiens, et par nos exemples, nos parai nos actions, nous sauverons le peuple, nous réjoa l'Eglise. »
I^s abbés démocrates objectent que, lors du p des ouvriers à Rome, le 7 octobre 1S98, le Souvd Pontife a consacré la démocratie de ses paroles a, raines.
M. Léon Harmel avait, en effet, dans l'adresse p à Sa Sainteté su nom des pèlerins, exprimé soi dans la i démocratie chrétienne > pour ramener lea a populaires dans le sein de l'Eglise,
Le Pape répondit par de graves et précie dont voici le texte :
« Pour vous, très chers fils, qui êtes la Frano; d vail, vous n'ignorez pas qu'à vous aussi, incoJ d'importants et graves devoirs qui intéressent la a tout entière. El puisque vous venez de faire alluUi démocratie, voici ce que, à ce sujet. Nous devoi inculquer :
> Si la démocratie s'inspire aux enseignements | raison éclairée par la foi ; — si, se tenant en garde q de fallacieuses et subversives théories, elle acx une religieuse résignation et comme un fait net diversité des classes et des conditions ; — t recherche des solutions possibles aux multiples probi sociaux qui surgissent journellement, elle ne perd n instant de vue les règles de celte charité surbunuîM Jésus-Christ a déclarée être la note caraclénstk|iil siens : — si, en un mot, la démocratie veut être ctiretii — elle donnera à votre patrie un avenir de paix, dcÉ périté et de bonheur. — Si, au contraire, elle ' ' à la révolution et au socialisme ; si, trompée par de È illusions, elle se livre h des revendications destructive lois fondamentales sur lesquelles repose tout i'ofdie I l'effet immédiat sera, pour la classe ouvrière elle a ' servitude, la misère et la ruine.
> Loin de vous, très cbers fils, une paieillc et I
AU CHAPITKE QUINZIÈME. 419
Sombre perspective. Fidèles à votre baptême, c'est h la ^ :-iiière de la foi que vous jugez et appréciez les choses de ; Lj vie. vrai pfelerinage du temps à l'éternité. Tandis qu'ailleurs ces questions spéciales troublent ei liinnentent les hommes du travail, vous, gardez vos âmes LJ.iiis la paix, en vous confiant à ces patrons chrétiens qui [irt-sident avec tant de sagesse à vos laborieuses journées, ijui pourvoient avec tant de justice et d'équité à votre salaire et, en même temps, vous instruisent de vos droits ri île vos devoirs, en vous interpréta.nt les grands et salutaires enseignements de l'Eglise et de son chef.
> Ah t puisse la France voir se multiplier, de plus en plus, des fwtrons qui ressemblent aux vôtres, et notamment à ce Bon P&re qui, depuis des années, se fait un bonheur de vous conduire à Nos pieds !
> Puissiez -vous, vous-mêmes, par votre exemple, et au besoin par vos paroles, ramener à Dieu et à la pratique des vertus chrétiennes vos compagnons égarés, et enrichir votre patrie de phalanges d'ouvriers comme celle que Nous avons sous Nos yeux !
> S'il plaisait au Seigneur d'exaucer ce vœu, le salut el )a prospérité de votre nation seraient assurés, el elle ne larderait pas à reprendre, dans le monde, !a place spéciale vt la glorieuse mission que la Providence lui avait assignées. >
L'empressement que mirent certains démocrates à détourner ces paroles de leur sens, força pour ainsi dire ÏOsseniafore romano à leur donner cette leçon :
< Le Chef suprême du monde catholique vient de dire magistralement et clairement quelle doit être pour les catholiques cette démocratie, dont on parle tant aujourd'hui, même dans le camp catholique, dans le but louable de la rendre chrétienne et de la mettre au service de l'élise et de la société, mais avec le péril de passer saut tfBN APERCEVOIR datts U comp lihirai et socialiste.
> Le Saint-Père Léon XIII a enseigné et expliqué comment les catholiques peuvent être démocrates, sans ^ire pour cela, comme l'ont priicndu (quelques uns, qu'on doit éirt dimocrale pour servir eJJUacemeni tes intériis de l'Eglise
el fiux du peuple. Dans le cas actuel, certains ent fût W confusion injustifiée entre la dimocratit el Us dimtvrvla-.
> Pour être de vrais démocrates, il faui suivTclaviM démocratie. Il ne suffit pas de s'appeler philosophe poa l'être réellement, comme il ne suflii pas de se qualifia démocrate pour l'être effectivement.,.
> Pour être démocrate en fait, il faut respecter tiMl droit existant, tout pouvoir constitué, toute organtmido autorisée, toute classe sociale. Li démocratie ne petit ^faire abstraction de tout cela dans la priitique.
» Comme on le voit, la démocratie est un mojrn, r une fin, et c'est pour cela que si la démocratie peut : dans l'Eglise, avec et pour file, il ne s'ensuit pu |. l'Eglise doive être toujours et en tout avec la démocni: bien moins encore qu'elle puisse être avec toute dti"' ■ craiie et tous démocrates. >
Dans le même temps, le même journal s'éleva avec l'iu' rite qui lui appartient, contre les divisions que créent wcatholiques des dénominations aussi vaines que àa:-:. reuses :
< Ce serait chose malheureuse que, avec tes meill<-'" intentions du monde, par le seul fait d'accepter que J adjectifs soient joints au nom de i catholique >, ooi ! changer en simple adjectif ce grand subsiantir, — on : le jeu de ceux qui, ne réussissant pas à diviser enttc ' les catholiques, en matière de convictions et de slh ments, au moyen de fausses doctrines, essaient <lt \ diviser dam l'adion d dans les œuvres au moyen d'aàjd: ' superflus, de surttotns iquiro^ues.
> Prenons bien garde, car le diable est crës xmsL
> Alors qu'il est si nécessaire de tenir bien unies, C"pactes, les forces catholiques; alors qu'il ne faut p<. perdre, ni mettre hors de combat la moindre de .-forces, nous devons éviter avec soin tout danger d'alti)' de rompre, n'importe comment, cette admirable, ce; indispensable union.
> II semble que, en pareilles circonstances, on ne pM pas reculer même devant les plus grands sacrifices. "^
> £n l'occurrence, le sacrifice est plutôt léger :
mît que d( sacrifier un mot, ttn adjectif, un surnom, iel, d'un côlé, pourrait faire soupçonner une division n'existe pas, et, d'un autre cûté, pourrait amener cette luon, p>ar une déplorable conséquence. >
1 autre numéro le même journal disait encore : I Une fois qu'il est admis et reconnu — comme cela C en réalité — que la doctrine catholique est une
e complète et parfaite, à laquelle on ne peut rien
ajouter et d'où l'on ne peut rien reirancher, il en résulte logiquement et nécessairement qu'il faut aussi admettre ue chose : c'est qu'au nom de catholique, à ce substantit, s'y a rien à ajouter, rien \ retrancher... I Et alors, pourquoi établir tant de catégories de catho- ■s : libéraux, démocrates, sociaux et même socialistes ? It certain que ces subdivisions par voie de qualificatifs, l^oms et de surnoms entre catholiques, si elles n'entrals de diffe'rence substantielle dans les idées et dans f aspirations, produisent une confusion grave (non Vt) dans les mots, qui très facilement devient une confusion funeste dans les idées et dans les faits.
» 11 arrive en effet, souvent, que i'adjectif prend le
dessus sur le substantif dans les id^es et dans les faits, et
ainsi il peut arriver très facilement que l'on soit plus
« libéral > que catholique, plus < démocrate » que catho-
-. Itque, plus < social » que catholique, et même que l'on
ce que signifie le qualificatif avant d'être ce que
JOrte le nom lui-même.
k Ce grand nom de catholique n'engendre aucun doute,
ïduit aucune confusion comme peuvent le faire des
ms ambigus, des adjectifs indécis, s
arquons que dans l'appellation « démocrates chré-
1 >, non seulement on a changé en simple adjectif ce
3 BUbslantif « catholique > qui est notre nom, mais
^b a même eu peur de trop préciser la chose que marque
febstantif réduit à l'état d'adjectif, et qu'on a préféré
a > qui s'applique aux dissidents aussi bien qu'a
h à € catholique » qui est le nom des vrais enfants de
r. Bien plus, ces démocrates ont trouvé que le root
rétien >, substitué à « catholique », était encore trop
DOCUMENTS ET ECLAIRCISSEJIENTS
compromettanC, et ils ont déclaré que leur àim n'est nullement * confessionnelle, t C'est ce iiue M. ! Gayraud a fait applaudir au Congrès de ù ("' chrétienne à Lyon, tenu en 1898, dans un dise « les conditions de la démocratie chrétienne > : j parti de la démocratie chrétienne n'est pas un putîl iessionnel ou religieux. > C'est ce que M. l'abbé î" avait dit auparavant dans une conférence dom Cherbourg (t). Il ne faisait d'ailleurs que répâero' avait écrit l'année précédente dans la Quiittatiu Ç 1" mars). Et sur l'observation qui lui fut faite, il r en empruntant aux améiicanistes leur grande peu l'extension de l'Eglise : < Il y a à n'être pas confes: un arantage inorme, celui de ne pas faire chapelle, d'entrer dans le grand courant, de n'êni isolés. »
Dans un article intitulé < Démocratie chrétiei démocrates chrétiens (:)», M. l'abbé Char bon nel al ainsi le rôle de la démocratie chrétienne 1
f Le rôle de la démocratie chrétienne ! donnera !a religion, en la faisant JUckir Sih» Its È nouveaux, une vitalité nouvelle. Faire reconnaît^ | démocratie chrétienne un idéal de charité, de ji fraternité, de paix, et DÉMOcttATissB l'Eousb : qui serait à tenter. Pourquoi même l'Eglise, en sa n leuse organisation sociale, ne deviendrai t-elie pas ti d'une immense association ouvrière, d'une sotte c' dicat ou de société de secours mutuels? Pourquoi d prêtre, dans chaque faubourg et dans chaque C ne deviendrait-il pas un agent et un guide des sociales, par l'éducation qu'il ferait peu à peu du p
SANS ARRIÈRE llQtJE ? »
I. Vnir Vl/Hiveri du lâ lepteinWc 189S. X. A'evHi (Hiyclaf/Jiftu, 17 mais 1S97.
« L'Eclair » nous a appris qu'il txisU une t protestanU pour ataieilUr les pritres qui désertent ":e catholique. — Page 274.
Il un an que \ Eclair a fait cette triste révélation lait) d'après M. Réveillaud, le président de l'œuvre, TSte nomenclature des prêtres catholiques renégats I pasteurs : MM. Araud, pasteur à Perpignan ; LSteur à Menton ; Crost, pasteur à Brevillers 5ne) ; Bellet, pasteur de l'Eglise française de :on ; Huet, pastcut à Auxerre ; Bureau, pasteur 1 Tunisie ; Fourneau et Marsanche, pasteurs » & Paris ; Hennebois, pasteur à Saint-Sytnphorien :) ; Ourifere, pasteur à Narbotine ; Yépës, pasteur e à Oran ; Nardon, évangéliste à Billom (Puy-de- ; Costa, pasteur à Soubraii (Charente- Inférieure) ; meloup, pasteur à Pons (Charente-Inférieure) ; Bonnme, pasteur à Saint-Palais (Charente- Inférieure) — Bonhomme était auparavant curé de Saint-Palais me; — Bemadon, pasteur à Chauray (Deux-Sèvres); abies, pasteur à Mongon (Deux-Sèvres). Le dernier mmé était M. Bourrier, pasteur à Bellevue prËs Paris. 5t quelque bruit au moment de son apostasie, et aujourtii il dirige une revue, le Chrétien Français, qui a pour jet d'aider au mouvement d'évolution vers le protes itisme. Use vantait alors d'avoir avec lui d'autres prêtres !ts à le suivre. Nous ne savons si cette triste prophétie st réalisée.
Au commencement de cette année 1899, un Appel pour 'mngélisalioa de la France par Ut anciens prêtres a été t dans le Ch'clien Français II se termine ainsi : < Dans ce but, nous avons pensé que les anciens Stres doivent se constituer en société pour l'évangélisan de noire pays, l..es uns iront à travers la France pour ■ner la bonne parole. D'autres, comme M. Philippol ns l'Aisne, se fixeront dans leur ancienne paroisse, et là rayonneront dans tout un département. D'autres core, dans les divers départements où la réforme se fpare, renouvelleront les expériences religieuses de
» A. BouiT
> Du mont, » Huet, an
> Nardon, î
> A. Philipi
> Sterlin, ar
> A. Vidalo
Le Chriiien Fra
> De son côté, 1
publié ie manifeste
de donner iapubli
gnage avec une biei
Société franc,
< ... On connaît pasteur Bourrier et .
P*ançais. Il s'agit sein du catholicisme qui l'ont entreprise, et aux environs, m a jour un filon qui p tâche spéciale, les ex fiés que d'autres...
. » Notre ambition <
Knoire société, jusque là Sociili nationale iT Evan^lisau Elle s'appellera désormais Saciiti française ^ Evangétion par Us anciens prUres. i Suivent les signatures.
tes deux appeh étaient précédés d'un ovit dont les lues montrent de quelle façon l'on proc&de vis-à-vis B membres du clergé.
^4 A partir du i"' janvier, nos bureaux sont transfée Vivienne, iz. Ils seront ouverts tous les jours, *pté le dimanche, de neuf heures à quatre heures. '. Bourrier recevra le mardi et le samedi de deux heures jQuatie heures. Les autres jours, il y aura toujours un ■cieii prêtre pour recevoir les visiteurs. Les bureaux fct situés à l'entresol et on y arrive par un escalier spk- \ Ils offrent toutes les garanties désirables aux visiteurs 9 veulent rester inconnus, i
t L'américanisme et ses dérivés conduisent à ces apos- Déjà nous avons reproduit les paroles du Docteur ^wnson :
'e ne fus pas longtemps, par la grâce iie Dieu, à dhou- |r que la tendance que /encourageais, si elU klait suivie ùau bout, me conduirait hors de P Eglise. e docteur M. Hermann Schell, dans sa brochure sur \ temps nouveaux et l'ancienne foi qui en complète une e sur le catholicisme comme principe de progris, dit aussi n'un < grand nombre > (il exagère) de prêtres Tranjais, [ qu'il déclare « zélés et animés d'un zÈle religieux > (il f flatte), se sont faits protestants. Et comme, de son propre I aveu, il se rattache aux idées américaines, il ne craint pas T de dire qu'ils ont eu tort, sans doute, de passer aux I protestants, car la Réforme ne peut leur donner ce qu'ils cherchent; maisqu'ils ont bien fait de chercher l'antique foi ailleurs que dans les idées étroites, mesquines, anti-libérales, prédominantes dans l'Eglis'e catholique et romaine aujourd'hui, ou du moins dans l'immense majorité de ses défenseurs et de ses ministres (i).
Quand on sait les origines de l'américanisme et que
[■ Rmue Bénédictine, n° de d^cemlne rSgS.
l'on a suivi ses développemenls, il n'y a li rien qui puiiw étonner.
L'américanisme n'est au fond que le catholici--.m libéral élevé à une plus haute puissance, et à ce poini. louche au protestantisme. Le passage se fait vite de 11 à l'autre dans les esprits logiques ou dans les coeurs qu' cherchent l'affranchissement.
Le P. Hecker, avant sa conversion au cathoUdiin^ écrivait le aS avril 1S43 {Viedu P. Heektr, p. 70) :
< J'ai lu ce matin un extrait de Heine sur Scbdtiafj qui m'a ému plus que tout ce que j'ai pu lire depuis soi mois, L'Eglise, dit Schelling en substance, fut d'aboid i Pierre, puis de Paul, et doit être un jour tout amour tn saint Jean, Pierre le catholicisme ; Paul le frtfUstsH tisme ; Jean ce qui sera. >
El M, Klein, dans l'article intitulé CathoUâsntt amfncain, dit : « Il faut mainlettan! laisser granâir tinitisir' de Paul et ramour de /tan. >
Les idées nouvelles entraînent bien vile ceux qm Ic! adoptent à la sympathie pour les protestants et le pntfdlaoïisme, en même temps qu'à Vinjustice pour la saint' Eglise.
Nous en trouvions l'an dernier une preuve où, certCs,oii aurait été autrefois bien loin de l'attendre-
Le s juillet 1898, V Univers faisait honneur au profo laniisme de la piété de saint François de Sales et de a doctrine spirituelle ; et cela en son premier Paris t
La thèse en Sorbonne de M. Strowski, professeur (U:i< un lycée de la Seine, y était ainsi analysée ; < S'il ËiIIj ' en croire M. Strowski, en dehors du cloître, il n'y aurii^ eu au XVI* siècle, cher les catholiques, à peu prfc» qu des préoccupations rituelles, pratiques, formalistes, (1< œuvres en un mot et point d'esprit, ou si peu que ce Ti<^' vraiment pas la peine d'en parler. Ainsi les réfonnL auraient eu ï peu près raison ; le catholicisnke, au ot^^ parmi les laïques, inclinait au paganisme, si même il r. < avait pas glissé tout à fait. La vie religieuse intéricii' n'existait pas dans le monde, en dépit des observancci des pratiques.
> François de Sales, élevé au milieu des protesUDH -'■■-
Iftvcne, reconnut en eux, toujours selon M. Strowsld, la ^ve de la vie intérieure, et il résolut de la faire passer de F.iangîle dans la vie de ses propres coreligionnaires. »
Après celte analyse, l'auteur de l'article dit ;
< lout n'est pas faux dans et que dit M. Slrowskt ; en
i.KOS MÊME IL A RAISON. >
Se peut-il rien de plus contraire à la réalité des faits, lien de plus injurieux pour l'Eglise catholique, rien de plus opposé à ce que l'on sait et de l'esprit de saint i'rançois de Sales et du piétisme des protestants de ( ienève ?
APPENDICE
El lettre du Souverain Pontife publiée en tête de ire est datée du 23 janvier 1899. Le billet par tel S. Em. le Cardinal Rampolla en adressait un inplaire à l'Em. Cardinal Gibbons porte la date I janvier.
(es lettres d'adhésion furent aussitôt envoyées iouverain Pontife par les principaux personnages ; dans ce livre. Il est de notre devoir de les fjublier.