PÉROU. - BOLIVIE. - CHILI
Découverte des côtes. — Ce fut en 1522 qu'une première reconnaissance du littoral au sud de la baie Saint-Michel fut entreprise par Pascual de Andagoya; il en rapporta des renseignements assez vagues sur l'existence de mines d'or. Ils décidèrent quelques colons du Darien à tenter la fortune de ce côté : ce furent François Pizarre, fils d'un porcher d'Andalousie ; Diego d'Almagro et Hernando de Luque. François Pizarre fit plusieurs voyages, et arriva à Tumbez, qui était alors une grande ville, une colonie de Huaina-Kapak, sur le territoire des Cbimus. En 1528, Pizarre se rendit en Espagne, où il obtint de Charles Vune patente royale du 26 juillet 1529, qui lui donna le droit d'occuper et d'administrer pour le compte de la couronne le pays qu'il avait découvert; il devait armer deux cent cinquante hommes pour aller en prendre possession ; la patente l'obligeait à partir de Panama dans les six mois. Ce fut Fernand Cortez, alors à la cour, qui l'aida à remplir ses engagements. Dans cette patente le pays est appelé Piru, nom d'un petit fleuve au sud du cap Pinas.
Conquête du Pérou par Pizarre. — Le départ pour la conquête définitive eut lieu en janvier 1531 ; quand il revint à Tumbez, Pizarre trouva la ville ruinée, à la suite d'une guerre civile. En mourant, Tlnca Huaina-Kapak avait enlevé à son fils atné Huascar tout le nord de l'empire, qu'il donna à Atahuallpa; & la suite d'une guerre entre les deux frères, Huascar fut fait prisonnier, et Atahuallpa fit assassiner les princes du sang royal à Cuzco. C'est à ce moment qu'arrivèrent les Espagnols. Atahuallpa se trouvait avec son armée à Cassamarca. Pizarre franchit les Andes, entre à Cassamarca; l'inca s'était réfugié avec son armée à quelque distance; Pizarre lui tend un piège, le décide à venir lui rendre visite, le fait prisonnier. L'inca offrit alors pour sa rançon de l'or et de l'argent, promettant de remplir la chambre où il était retenu. La chambre avait vingt-deux pieds de longueur, dix-sept de largeur, et la masse des trésors devait s'élever aussi haut que le bras pouvait atteindre, environ neuf pieds. Des messagers de l'inca allèrent dépouiller les temples et les palais. Huascar fit alors prévenir Pizarre qu'il lui donnerait encore plus d'argent s'il le faisait remettre en liberté ; Pizarre en parla devant Atahuallpa : cela suffit pour décider l'inca & donner l'ordre de faire périr son frère, qi
fut noyé dans le fleuve d' A utamarca. On nu rail dû rendre la liberté a Atahtiallpn, mais les Espagnols piv tendirent qu'il avait préparé un complot contre eux; on le Jugea, il fut exécuté, quand ou l'eut contraint à recevoir le baptême, le 29 août 1533. Lus Espagnols mare li éreut alors sur Cuzco; Soto et Almagro durent combattre les Indiens; l'entrée dans la capitale eut lieu en novembre 1533; on proclama un nouvel Inca, Mauco, frère de Huascar.
Almagro au Chili. — Almagro, qui avait toujours éprouvé des sentiments de jalousie pour Pizarre, surtout depuis le voyage de ce dernier a la cour d'Espagne, avait ol>tenu un commandement indépendant sur 20Q lieues de paya au sud du domaine qui avait été réservé à Pizarre; il alla faire la découverte et la conquête du Chili, expédition pénible et peu fructueuse, d'où il revint mécontent; il réclama la possession du fju/cn. qu'il prétendit rattachera son lot : c'est la qu'il mourut, après une condamnation qui l'avait frappé comme insurgé contre l'autorité royale; il fut étranglé daus sa prison (8 avril 1338). Ses partisane vengèrent bientôt sa mort en assassinant Pizarre dans sa nouvelle capitale. Lima, le 26 juin 1541 '.
Légendes des Inoas. — Les Espagnols avaient trouvé au Pérou uni' civilisation puissante, dout les origines forment un des problèmes les plus difficiles à résoudre; L. Augrand était persuadé qu'elle n'avait pria pu prend iv naissains: sur ics plateaux, et qu'elle avait dû être importée du Nord, probablement par les Toltecs1. Les ruines cousj ^toiit en ci lu s, palais, forteresses, aqueducs, routes pavées. Elles différent des constructions des Aztèques ; elles sont d'un style massif, on ne trouve presque jamais les pyramides tronquées chères aux artistes de Mexico'. Les populations conser-
I. Le tombeau du conquérant est dans la cathédrale, sous le maître-autel, confondu avec les rentes des chanoines. On lit .sur le o venu l'inscription mitante, en lettres noires ■ Aquiyacc el cuerpn que se cHrn w <■!. •!.,: l-'ra'ieiseu Pourra.
î. Bulletin de la SvriS/è ,1- gtuijra pkin <h l'nris, 13117, 11, p. 189.
m Les souvenirs des temps, ;mt. 'rieurs ii li i-.ia.pu'lc iiln.iiuliint dm» tout le Pérou occidental. On ne peut j voyager un jour sans voir surgir sur la toi nu des villes abandonnée, de- lampion renversât, des In itère s s es démolies ». (0. OnniïAinE, Du Paeifi'/ut « fAtlauliqae, Pion, p. 71.)
3. Les plus importantes sont telles d'Ancon, au nord de Callao, qui sont celles d'un cimetière souterrain. Ch. Wiener y lit des fouilles en 1876, et dêcouirit des tombes nui renfermaient des étoiles, des rase». Celle» de Pichecunutc, au «3
Celles de Tiaeuanac» (Boliv
e), dans le haut Pérou, ont été de-rite' et reproduites
y a encore un temple lu Soleil, le palais rte Minco-
Capne, h forteresse, le nio
nnslère des Vierges du Soleil, et divers pans de mu-
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