‹ L'Amérique; anthologie géographiqueChapitre 121 sur 151 · MINES DU CHILI · texte numérisé non relu

MINES DU CHILI

«dan tes qu'elles ont alimenté pendant longtemps deux grandes usines de fonte, à Tongoy et à Goayacan. Klles sont exploitées à l'européenne, et il y fonctionne, à 300 mètres de profondeur, une machine à Tapeur.

Près d'Ovalle se trouvent les formidables placers de cuivre de Panulcillo, appartenant à une compagnie anglaise qui tire -actuellement grand profil de ses produits, pauvres, mais abondants, grâce à la fusibilité de leurs gangues, composées principalement de grenat.

Nous passons sur le groupe des établissements de Cerro- Negro pour arriver dans la région d'Andacollo, où Ton retrouve les derniers vestiges des Indiens autochtones dans leur pureté.

Le travail des mines et le lavage des minerais y sont confiés principalement à des femmes; cette race est d'une force et d'une adresse remarquables.

Ce minerai d'une pauvreté exceptionnelle (de 2 à 3 p. 100), •constitué par une argile qui tient englobé du cuivre natif et du sulfure de cuivre noir, est lavé par des Indiennes dans de grandes battées en bois. On porte ainsi, à peu de frais, le titre des minerais à 25 et 30 pour 100.

... Dans le voisinage se trouvent d'anciennes mines d'or et de mercure.

La région de Pumitaqui et ses mines de cuivre et de mercure, abandonnées pendant quelque temps, semblent prendre une importance nouvelle.

Dans les départements de Combarbala et Illapel on exploite un grand nombre de mines de cuivre, dont les produits sont transformés sur place en barres, dans des fours à réverbères chauffés au bois.

Le département d'Illapel était anciennement célèbre par ses mines d'or, dont il subsiste encore des vesliges.

Par Petorca, où l'attention se porte sur les mines d'or d'Yahuin, nous arrivons dans la riche province agricole d'Aconcagua. Là, de puissantes mines de cuivre ont succombé devant l'invasion des eaux en profondeur, produite par les infiltrations, des fleuves Aconcagua et Putaendo.

Sur le trajet de San-Felipe à Santiago, à quelques hectomètres de la ligne du chemin de fer, le centre minier do Batuco a donné, en peu d'années, plusieurs millions de piastres en cuivres argentifères. Un Allemand, nommé Gai, après* s'être ruiné pour lutter contre l'invasion des eaux, a fini par vaincre ce déluge souterrain au moyen de machines puis-

sanles. Lorsqu'il fut plusieurs fois millionnaire, il a vendu pour six millions sa propriété à une société chilienne.

A Test de Santiago, sur les flancs delà Cordillère, se trouvent les grands filons de cuivre et argent deMaipu, San-Pedro-Nolasco, et enfin la célèbre gorge de las Condes. Dans cette dernière région, fameuse pour ses mines d'argent, se trouve un filon de cuivre d'une puissance rare, de 25 pour 100 de métal, appelé los Bronces, qui fut découvert il y a une quinzaine d'années par un pauvre muletier appelé Elguin. Avec les produits de sa mine, il construisit pour un million un chemin de charrettes spécial, afin de faciliter le transport de ses minerais ; et il vient de mourir, couvrant d'or chacun de ses nombreux enfants.

Le Sud ne produit guère de métaux, et nous arrêtons ici notre promenade à travers ce véritable pays de milliards où des ambitieux de richesses déploient un courage sans gloire et une persévérance sans portée morale.

Elle serait longue, la liste des victimes de la lutte contre le désert et la mine, des victimes de leur misère et de leur richesse. On y rencontrerait des voleurs et des joueurs, des rêveurs et des fous, des hommes de science et des inspirés, tout ce que l'humanité produit comme travail intellectuel et comme effort physique, tout, moins la sagesse.

Salpêtre. — ... L'industrie salpêtrière constitue l'épilogue de l'industrie minière ; il ne s'agit plus de perforer des montagnes, mais d'enlever une croûte plus ou moins mince qui couvre une partie de la côte chilienne. On transforme en salpêtre les nitrates de soude impurs qu'on recueille depuis Antofogasta jusque non loin d'Arica.

Ces gisements de Tarapaca avaient été découverts en 1821. Leur utilisation agricole et industrielle remonte à 1830. À cette époque un premier chargement fut envoyé en Europe. Les ventes de cette matière s'effectuèrent en 1831, à raison de 30 francs les 50 kilogrammes. En 1884, la même quantité valait 12 francs.

En 1883 les quantités fabriquées et exportées étaient vingthuit fois supérieures à celles que l'on exporta de 1830 à 1834 *.

1. Voici les chiffres qui donnent une idée du rapide développement de cette industrie :

De 1830 à 1834 361,000 quintaux.

De 1846 à 1849 2,060,592 —

De 1855 à 1859 5,638,763 —

De 1865 ù 1869 10,594,027 —

Enfin en 1883 10,760,000 —

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Le gouvernement péruvien, souverain en 1874 de celle ré-

on, avait constaté que depuis 1870 l'exportation des salpê-

es avait plus que doublé sur la période de 18S5 à 1863 ; il

jull'idée de monopoliser celle industrie, d'autant plus que les

meilleurs gisements de guanos s'épuisaient, laissant sans

ressources le trésor public. Dés 1875, cent soixante-six usines

salpêtrières furent expropriées, pour environ 105 million

mes, et cédées à une compagnie fermière... Au moment où a province de Tarapaca fut occupée par les forces chiliennes, lu mois de novembre 1879, la compagnie fermière des salpê- ,res dut céder ses usines aux autorités qui venaient adminis- ,rer le pays au nom du gouvernement de Santiago. Klle proisla, et, après des négociations laborieuses, le Chili accepta, dans les premiers jours de 1888, un arrangement à l'amiable avec tous les porteurs de bons.

Au point de vue de l'exportation, les différentes matières minérales se groupent dans des proportions qu'il est intéressant de constater. En 1881 le salpêtre figure pour47 p. 100, le cuivre pour 35 p. 100, l'argent pour S 1/3 p. 100, le guano, le borate de chaux, le charbon de terre, etc., pour 12,50 p. 100... ... Il résulte de ce qui précède que le Chilien est mineur de naissance, métallurgiste par goût et par éducation, et que, porté à découvrir les richesses de son sol, sachant les exploiter, la nation profite de ces tendances cl dv celle scii-mx, im'ivin lorsque les efforts individuels n'enrichissent pas toujour hommes d'initiative qui se lancent dans ces travaux hasardeux. » (Cit. Wienek, Chili et Chiliens, Paris, Cerf, 1888, i: " p. 173-203, pnsstm.)

Entrée du détroit. — « Nous sommes enfin dans le célèbre détroit, mouillés dans la baie Possession, où nous venons d'arriver et où nous attendons le jour. A moins de très belle lune, il est rare que les navires circulent de nuit dans le canal, non pas à cause de la mer, qui est abritée de tous côtés et toujours très calme, mais de peur des sables et des récifs qui encombrent le passage.

Au poinl du jour, nous reprenons notre route. Le canal a dans celte région une ample largeur moyenne, S'

vicissitudes, à des dilatations et à des étranglements, mais jamais telle qu'on ne distingue très nettement, à droite et à gauche, les deux côtes, plates, sablonneuses ou terreuses, jamais vertes. Elles sont même, assez souvent, suffisamment rapprochées pour qu'on puisse se figurer naviguer sur une grande rivière voisine de son embouchure. Car le chenal ne semble plus être de la mer. L'eau est verte en raison de son peu de profondeur, tranquille à cause de la protection des terres, et le vent droit et cinglant qui nous coupe le visage chasse devant lui de légères vagues de rivière dont le mou- \ vement parait dépendre d'un courant fluvial. On pourrait se croire sur quelque Rhin dépouillé de ses cathédrales gothiques, mais toujours paré de sa robe d'émeraude. Pendant ce temps, l'œil se promène sur les rives sans rien rencontrer absolument qui amuse sa curiosité. Rien, sur la côte patagonne, des hommes à la taille gigantesque, des Indiens aux grands pieds, ou du moins dénommés tels. Rien sur l'autre bord, encore plus mystérieux, la patrie des étranges Fuégiens, les sauvages nains qui vivent nus au pied des glaciers, dans la neige, à la faveur naturelle d'une épaisse couche de tissu adipeux.

Il fait froid, mais c'est un froid très supportable. Cela empirera demain, parait-il. C'est surtout de l'autre côté de Punta- Arenas, où nous allons arriver au coucher du soleil, que le détroit prend la physionomie à laquelle il doit sa réputation. Là, les grands paysages, la température rigoureuse, la rencontre possible des Fuégiens qui viennent échanger contre du biscuit, de vieux vêtements, du tabac, leurs armes, unique échantillon de leur industrie, et leurs peaux de bêtes. Là enfin la mer enragée de Pilar.

Punta-Arenas. — Nous stoppons devant Punta-Arenas. L'obscurité est profonde déjà. On n'aperçoit de la ville, dont nous sommes très près mouillés cependant, que quelque^ rares lumières.

Punta-Arenas, une heure auparavant, nous avait fait y^ effet plus imposant. Ce n'est qu'un petit port avec eny\>^ deux mille habitants, mais il est prospère. Le peu <\^^ éparse sur la vaste Patagonie, le détroit et la Terre <1^^ converge sur ce point, et cela fait encore quelque cV\ç>^ centre perdu, privé même de communications télégra^v est la ville la plus australe du globe. Il est séparé pat> mes distances des extrêmes régions civilisées chil* argentines. Les quelques établissements qui l'avoiSA mes ou camps de chercheurs d'or, ne sont que ses

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avancées et n'ont pas encore acquis assez d'importance et de fixité pour avoir obtenu la mention cartographique.

Donc, au coucher du soleil, Punla-Arenas, avec ses maisons d'assez honnête apparence, occupant un arc étendu de la baie au fond de laquelle s'étend la ville, Punta-Arenas nous avait donné une première impression favorable. Mais, une fois débarqués, en dépit de la fête du jour, marquante sur un calendrier espagnol pourtant, l'Ascension, nous ne trouvons que ténèbres et silence. Nous traversons sans lanterne, à travers les sifflements d'un vent glacial, un interminable appontentent dont les poutres espacées offrent leur appui discontinu à notre marche d'aveugles. A l'extrémité de ce débarcadère, nous sentons sous nos pieds un sable abondant. Nous sommes •dans une rue cependant, une moitié de rue, car nous longeons une file de maisons dont aucune d'ailleurs n'est éclairée. Même on entrevoit confusément quelques enseignes. Un peu plus loin, nous entrons dans une large rue, une rue complète cette fois, avec ses deux côtés. De l'obscurité, pas un passant, pas un chien; pas le moindre bruit en dehors d'un chant de clairon, pas très éloigné, d'autant plus vibrant qu'il résonne dans un silence parfait. Il n'est pas huit heures, et, sans avoir la prétention de trouver à Punta-Arenas le mouvement d'un boulevard de Paris, on a le droit d'être surpris de cette absence de vie. Nous débouchons sur une vaste place au fond de laquelle se détache une maison largement éclairée, projetant devant elle de grandes zones lumineuses en éventail. Mieux encore, on voit des silhouettes passer et repasser, entrer et sortir. On entend le murmure des voix. Voilà à qui parler! Il se trouve que cette habitation est celle de l'agent de la Compagnie, un Français, un des Français de Punta-Arenas, car nos compatriotes, toute proportion gardée, sont assez nombreux dans celte petite cité.

Nous apprenons la cause de la léthargie universelle : c'est la faute à la révolution. La guerre civile du Chili prend de plus en plus de gravité, et nous recevons la nouvelle de la perte du Blanco-Encalada, le plus beau cuirassé de la flotte •chilienne. Le brave général Valdivieso, commandant de cette place, dans la crainte d'un coup de main des antibalmacédistes, a cru devoir organiser une petite Terreur à Punta- Arenas : fermeture des maisons à partir de six heures, exception faite de quatre établissements privilégiés; visites domiciliaires et confiscation des armes des particuliers, y compris les étrangers. Enfin, pour relever la gaieté affaissée

du public, circulation de patrouilles nocturnes lançant, en présence de toute ombre mouvante, le sacramentel : Quien vive ? auquel le promeneur, s'il en reste dans ces conditions, doit répondre bien vite : Chile! sous peine d'essuyer des coups de fusil. Nous regagnons le bord sans mauvaise rencontre, et au point du jour le Tafna est déjà loin en mer.

C'est ainsi que notre première escale dans l'Amérique du Sud nous rappelle que nous entrons dans la patrie par excellence des guerres civiles.

Port-Famine. — Nous passons devant Port-Famine, vieil établissement des premiers temps de l'occupation espagnole, dont les habitants, à l'exception d'un seul, moururent de faim, circonstance qui refroidit si bien l'élan de la colonisation que, durant deux cent cinquante ans, personne ne songea à s'établir dans le détroit. Un autre souvenir se rattache à ce point, celui du fameux tonneau qui desservait la correspondance entre les deux océans : chaque navire y jetait les lettres qu'il voulait expédier derrière lui, et se chargeait de celles à transporter devant lui. Ce bureau sans buraliste fonctionna jusqu'à la naissance de Punta-Arenas...

Aspect du détroit. — A partir de Punta-Arenas le froid s'accentue ; le détroit prend son véritable aspect, tout différent de celui de l'entrée. Le mauvais temps se présente sous toutes ses formes, presque simultanément. Les variations météorologiques, ailleurs alternées, rentrent les unes dans les autres comme les tubes d'une lunette d'approche : nous passons en quelques minutes de la pluie à un vent cinglant, du vent à la neige, à quoi succède une brume épaisse. Dès qu'elle est dissipée, on voit un ciel brouillé, avec des triangles de lumière perçant par des éclaircies des nuages sombres tout prêts à se résoudre en pluie. Mais ce qui subsiste au milieu de ces changements à vue, c'est l'humidité, la froide et triste humidité qui rampe sur mer en lambeaux que les pâles rayons solaires n'arrivent pas à disperser, qui, sur terre, imbibe les plantes comme des éponges, par les feuilles et par la racine.

La côte se dresse à droite et à gauche en montagnes poudrées d'une neige qui, dit-on, subsiste en été sans très grande diminution, couvertes de mousse, de gazon, de forêts basses au feuillage noir et persistant. Ces montagnes n'ont pas de très considérables élévations. La mer tranquille du détroit ne les a pas déchiquetées en falaises grandioses ; leurs contours ne s'accidentent pas des hardies découpures dont le roc vif prend le dessin sous le travail des eaux. Les grands traits

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naturels, les glaciers, les murs titaiiiques, les sombres c loirs, sont pins loin, dans l'intérieur des terres et le long des canaux plus reculés de ce labyrinthe de bras de mer. Les lignes ici sont gracieuses, simples, et composent un paysage qui, transporté sous une latitude plus clémente, serait souriant el amical. Mais le ciel magettanique, sans détruire celle heanté, la transforme, et lui donne une expression de profonde mélancolie...

Borja. — ... Un peu avant le coucher du soleil nous mouillons à la baie de Borja, à quelques brasses du rivage. Nous débarquons avec le canot envoyé par le département des vi à la recherche des moules qu'on récolte par tonneaux dans ces parages.

Notre première opération est la reconnaissance de certaines barres horizontales, très nombreuses, formant des traits de raccord d'un arbre à l'autre, qui nous avaient intrigués avant même le complet arrêt du bateau. Ce sont des planches clouées, de grands écriteaux portant des dates et les noms d'une quantité de navires qui se sont arrêtés à cet endroit. Ces témoignages du passage des hommes peuplent cette solitude, mais à. la manière des tombes qui garnissent un cimetière. On n'entend pas le plus léger bruit; aucune agitation ne révèle, à perte de vue, la vie humaine ou animale. Le regard est d'abord séduit par le site, qui est un des plus beaux du détroit. Les petites lies rondes, pas plus grandes que ça, séparées par de minces couloirs qui conviendraient si bien à des pirogues de sauvages pour le jeu de cache-cache, rappellent d'abord à rimiigi nation les classiques berceaux de verdure et corbeilles de ileurs. Mais ces ileurs, véritables curiosités d'herbier, sont trop (luettes et trop disséminées pour faire nulle part la moindre tache vive. Elles n'existent que hotaniquement parlant. Quant au feuillage, la nature a dû l'armer r l'existence sous ce rude climat. C'est une verdure de buis et de ronces dont les feuilles, petites el dures, piquent coi des épines... Et une tristesse qui fuit partie du milieu ami pénétre lentement et irrésistiblement le spectateur égart ce rivage.

Nous tentons une courte el pénible escalade le long d pelil ruisseau alimenté par la fonte des neiges sunévîp dont l'origine est très nettement indiquée monlagnc, bien en haut, non loin du f d'un trait noir capricieux qui va s'éla auxquelles on s'accroche cassent dans

•bres sont I

foncent dans la mousse spongieuse. Le sol et les arbres pourris par l'humidité. Pour découvrir quelque chose il faudrait s'élever par ce difficile chemin jusqu'aux cimes neigeuses qui nous dominent de plusieurs centaines de mètres. De là on embrasserai it un magnifique panorama, une vaste étendue de la mer intérieure, les ondulations cachées derrière les premières values des chaînes de la grande lie fuégienne, el un large espace de la terre patagonne.

Les Fuégiens. — Ils viennent, entourés de leurs chiens faméliques, bètes méchantes et malheureuses, symbolisant la pire condition qui sur cette terre pourrait échoir & une créature humaine, celle de domestique d'un sauvage fuégien. Accueillis hospitaliérement, ils se montrent gais, bons enfants, sans prétentions aux belles manières, un peu turbulents, un peu primitifs, d'une rapacité que tempère le respect des blancs el que réprime au besoin la surveillance, d'une voracité que Tien n'assouvit. D'ailleurs, sur le pont du bon navire, rien à redouter de leur éternelle lïinyah. Mais on sait que l'étranger surpris à terre serait utilisé comme comestible. Ce ne serait pas pour lui faire du mal; ou ne peut pas dire que les Fuégiens soient précisément ri it'<: liants ; c'est l'estomac qui parle. — Du feu divin que ravit notre père Promêthée, il leur a été réparti une si faible étincelle qu'on serait tenté de demander s'ils ont fait une bonne spéculation en naissant hommes, et si le don de l'intelligence proprement dite, à ce degré de débilité, compense pour eux la perte de l'instinct animai et de la supérieure organisai ion physique de la bête. Certes les guanacos, les représentants les plus marquants de la faune du détroit, sont aussi bien armés qu'eux pour le itmggle for life, et si, au lieu d'être les honnêtes ruminants du genre chameau qu'ils sont, ils se réclamaient de la tribu des carnassiers, il serait bien possible qu'ils arrivassentau refoulement et à l'extinction dis bimanes indigènes. Darwin, qui a observé l'entrevue d'un Fuégien et de sa mère se retrouvant après une longue séparation, déclare que leurs démonstrations sympathiques furent moins intéressantes que la rencontre d'un cheval el d'un de ses vieux compagnons. L'appréciation du iiiitttialisli- anglais a pesé, depuis, sur le jugement des voyageurs, car rien n'est préjudiciable comme d'avoir été noté par un homme célèbre.

Mines d'or dans la Terre de Feu. — Il vient de survenir aux Fuégiens une des plus grandes calamités qui puissent frapper un peuple dépourvu pour la défensive, la découverte de

CHEMINS DE FER

mines d'or sur leur territoire. Leur pairie, qui ne tentait personne, est devenue l'objet des convoitises que les mirages du royal métal a le don d'éveiller. Le Chili et l'Argentine se sont empressés de faire valoir leurs droits respectifs sur la pauvre Ile, dont les habitants logent dans des trous creusés en terre et se nourrissenl presque e «.cl us i veinent, dans la saison d'hiver, de rais qu'ils mandent -ans les vider, leur dénuement leur interdisant, en économie gastronomique, tout gaspillage. Une commission de délimilation a procédé au partage, et la démarcation a été représentée par une ligne droite, idéale, coupant dans l'inconnu des rivières à découvrir, des montagnes non dénommées et des déserts non encore entrevus... Les résultais ohlenus sont au moins satisfaisants, car les sarcleurs de pépîles vont en angnienlant. Si le mouvement continue, il amènera, comme toujours, la colonisation du pays et la disparition des indigènes1. » (Louis Iîastiiii!, llevue des Deux Mondes, 1"< novembre 1892, p. 336-342.)

Le Pérou a réussi 1 Uùrc aboutir sur le plateau deux lignes qui portent du littoral; celle de Callao au Cerro de Paaco par Oroya s'élève jusqu'à 4,568 mètres. On n'a rien publié sur cette ligne : l'ingénieur Malinowski avait rapporté des notes qui ont été détruites par un accident eu Europe. La seconde ligue va de Mollendo à Puno et Cii7co. Ce fut sous la présidence du colouel Balta (1868-1812) que les travaux publics reçurent leur grande impulsion; ou décida la construction de dix-neuf lignes ferrées, qui n'ont pas été réalisées; le développement actuel des lignes péruviennes est de 2,BM kilomètres.

La Bolivie n'a qu'une seule ligue, qui est le prolongement de

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