‹ L'Amérique; anthologie géographiqueChapitre 126 sur 151 · B A-MATE · texte numérisé non relu

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son territoire actuel et de celles île la vallée de l'ïgalinï. Ces dernières, qui avaient toujours appartenu au Paraguay jusqu'en 1870, ont été annexées au Brésil à la suite de la guerre de la triple alliance. Leur exportation continue à se faire par les mêmes voies... Les ports puroù se fait l'exportation sont: Tacurupucu et Villa-Encarnacion, sur le Parana; l'Assomption et Villa-Conception, sur le Paraguay. De là le thé est dirigé sur Rosario et Buenos-Ayres, Montevideo et Corumlia (Brésil).

D'après l'Annuaire statistique de J8S6, l'exportation se serait élevée, pendant cette année, à 443,940 arrobes (3,093,810 kilogrammes). Eu 1887 elle a atteint 337,000 amibes (6,413,090 kilogrammes).

A cette quantité doit être ajoutée la consommation locale, pour avoir une idée à peu près exacte de la production annuelle au Paraguay. Kn général nui".' famille corn posée de six h huit personnes, dont quatre environ prennent du maté d'une façon régulière, consomme une arrobe (= 1 1 kilogr. 300) tous les deux mois ; ce qui ferait, étant donnée la population de la République, une consommation annuelle de 437,400 arrobes, soit 3,030,100 kilogrammes.

La production totale est donc d'environ. 11,300,000 kilogrammes. Ce cliill'n: est sii.'niliratif et indique quelle valeur représente pour le pays une semblable production. Le prix des yerbas varie suivant les marques des négociants. Ou les vend sur la place do Buenos-Ayres de 1,30 à 3 piastres l'arrobe.

C'est le pris de l'exportation augmenté du fret de l',W |>-

lion; elle se vend pour la consommation locale 2,30 à 2,(10. .,

... Les grandes forais au milieu desquelles on trouve l'iles sont placées dans la région de l'est du Paraguay oriental. Pour parvenir jusque vers elles, il faut traverser de longues régions désertes, et leur exploitation ne peut se faire qu'an prix de grandes fatigues pour l'ouvrier et de durs labeurs pour le chef yerbat ero, qui doit transporter des profondeurs du désert le fruit de sa récolte.

Généralement les dilférents travaux que demande cette industrie peuvent se diviser en quatre parties : la cueillette, la préparation, le transport au centre de l'exploitation et la mise en sacs, et enfin l'expédition sur les marchés commerciaux... Presque toujours le cbef yerbatero, qui a pris à sa charge l'exploitation d'une forêt, revend son produit h une société commerciale, qui se charge de l'exportation et de la vente dans l'intérieur du pays et sur les marchés étrangers...

L'État, propriétaire des yerbales, les loue; depuis quelques années il s'est mis à les vendre, et frappe le maté, à sa sortie, d'un droit d'exportation qui, quoique léger, constitue un de «es meilleurs revenus douaniers.

Plus on va, plus la demande est forte, et la consommation est seulement américaine. Le jour où l'Europe verra quelle erreur elle commet en n'utilisant pas la feuille de Filex; le jour où l'ouvrier et le petit consommateur, au lieu de boire tous les mauvais cafés, toutes les chicorées, les orges brûlées et le plâtre peint que la fraude leur vend à chers deniers, s'apercevront que la yerba-maté est meilleur marché , qu'elle est plus tonique, qu'elle use moins que les autres boissons, — alors les ports de l'Europe seront ouverts au commerce de la yerba, et nos vieilles nations posséderont un aliment de «plus qui pourra compter parmi les meilleurs. » (E. de Bourgade la Dardye, le Paraguay, Pion éditeur, p. 413-424.)

La préparation. — « Le yerbatero attaque l'arbre au maohele. Il en abat toutes les branches, en fait une charge, la porte, déjà flétrie et non séchée, au centre de l'exploitation, où sont les foyers. Sur le sol préparé et balayé, on a dressé quelques pieux de bois; à une hauteur de deux à trois mètres, les branches de yerba que l'on a apportées se rangent jusqu'à former une épaisse toiture. On rabat les rameaux jusqu'auprès du sol en parois serrées; sous ce dôme, qui rappelle les tas de bois dressés par les charbonniers dans les forêts, on allume un feu de branches sèches, choisies sans odeurs. Ce feu lèche les parois, produit sur tout ce qui a été entassé une torréfaction; on entretient le feu doucement pendant une vingtaine d'heures et l'on retire.

Les branchages torréfiés sont alors portés au piloir pour être pulvérisés. On se sert pour cela de marteaux-pilons de bois dur, mus à la main, frappant sur les branches entassées •dans une caisse de bois; quelquefois le marteau est mû par la force motrice d'un courant d'eau naturel : c'estle mojolo... La yerba torréfiée est d'une pulvérisation facile; on la retire presque en poussière.

Il s'agit alors d'en faire l'emballage. Le système ancien, qui était coûteux, tend à disparaître. On coupait en carré une peau de bœuf, séchée d'abord, puis rendue molle dans l'eau ; on en dressait les côtés attachés à quatre piquets, et l'on réunissait les quatre morceaux par une grosse couture de cuir. Dans le sac ainsi dressé on empilait jusqu'à cent kilos •de yerba, en leur faisant suVw \m to\\. v&aa&mecit sous les

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