‹ L'Amérique; anthologie géographiqueChapitre 132 sur 151 · ASSOMPTION · texte numérisé non relu

ASSOMPTION

« La capitale du Paraguay se relève à peine de l'état de délabrement qui est la conséquence inévitable de tant d années terribles. Tout y est à créer encore à l'heure actuelle, et de grands sacrifices devront être faits pour donner à cette ville l'aspect convenable exigé par son premier rang au milieu des villes du Paraguay. Construite sur les bords du Rio, elle a une situation toute d'avenir. Future tête de ligne de voies ferrées qui, de plusieurs côtés, rayonneront dans le Paraguay, il est h présumer que, par la suite, son port prendra, de plus en plus, une importance croissante.

Peu d'animation; les rues, d'ailleurs non pavées, quelquesunes seulement dallées, ne permettraient qu'une circulation restreinte. Le sol est constitué par un sable rouge très fin» et c'est avec peine que les charrois peuvent se faire 8m voies qui sont à peine des chemins.

Que dire des édifices et des habitations, sinon qui

semblent à tous ceux que j'ai déjà vus pendant mon voyage. Ce sont, du moins dans la partie de la ville que Ton pourrait qualifier d'européenne, les mêmes maisons composées d'un seul rez-de-chaussée, toutes de môme hauteur et se terminant par un fronton toujours copié ou par une arête droite invariablement identique aux voisines. Cependant quelques monuments méritent d'être cités. Le palais du dernier des Lopez, construit sur les bords du fleuve, terminé extérieurement, attend encore un aménagement intérieur que l'état des finances du gouvernement semble renvoyer constamment à des calendes éloignées; le Cabildo, la maison du gouvernement, la Douane, la gare du chemin de fer de la place de San- Francisco, aux formes étranges; le théâtre, la cathédrale, sont des édifices convenables pour une capitale.

D'ailleurs peu ou pas d'architecture spéciale. On revoit là à satiété ces colonnes doriques ou ioniques, ces arcs en plein cintre qui ont fait la joie des archiLetrd de nos monuments officiels d'Europe.

... La plus grande partie de la ville e? Y ouïe construite en ranchos, et elle n'est pas la moins intéressante pour celui qui ne cherche dans ses voyages que le pittoresque. La végétation est d'une extraordinaire puissance, et mainte paillotte isolée, recouverte de gigantesques bananiers, fait songer aux si jolies descriptions de Bernardin de Saint-Pierre.

Aux environs de la ville se trouvent deux établissements : la Cancha et la Villa-Morra, où les habitants de l'Assomption viennent dîner le soir, au moment des plus fortes chaleurs. Le premier a reçu une installation d'une grande importance. Au fond d'une vaste salle on a construit une scène sur laquelle se débitent les chansons de quelque artiste perdu dans ces lieux reculés de l'Amérique... Le tout est abondamment éclairé par des lampes à incandescence ou à arc, et cette lumière gaie, contrastant avec les quinquets fumeux de la ville, enchante le visiteur. Toujours le progrès! La capitale, de même que beaucoup de villes argentines, sera prochainement éclairée à l'électricité, sans avoir jamais eu d'usine à gaz.

La Villa-Morra était, il y a plusieurs années, un simple terrain nu. Mais le génie perspicace du propriétaire a su y découvrir une source d'eau minérale, et des piscines ont été construites sur ces lieux, peu appelés cependant par la nature à ce rôle important. Mais le but d'une excursion à la Viiia-Morra n'est pas s&uVfcmwvt de rechercher l'action bien-

faisante de ses eau*. Pour celui qui vient y chercher la fraîcheur et t'ombrage, les massifs d'oranjrers et de citronniers tiennent mieux leurs promesses. Il y fait délicieusement bon, et ce repos île quelques instants remet un peu des fatigues du tramway, transformé par les accidents du sol en wagonnet de montagne russe. >• |Ed. Deiss, lie M'irseille au Paraguay, Cerf, I8H6, p. 151-lfil.)

La première ligne de l'Argentine fut ouverte en 18B1; la longueur des ligne!? était île lï.iwu kilomètres eu 18112. Le Transandin compte 173 kil. en exploitation, de Meudoïa ù la frontière du Chili.

L'Uruguay avai ' .ISO kil. en exploitation, en 189!!.

Le Paraguay n'a qu'une seule ligne; elle fui commencée en 1839 et construite entre Af-piuption et Villa-IUca; ou l'a prolongée f " 1891 jusqu'à VilIa-Enc-ruaciou.

En 1889 s'est réuni à Washington un congrès qui a adopté en principe le projet 'l'une ligue intrivo milieu ta le de Panama a l'ei tréraité de l'Amérique du Sud.

OU Vn AGES A CONSULTER

Voyages dans t'Amiriuue méridionale, par don l'Ylix de Azara, publiés par "Walckenaer, 4 vol. iu-S", Paris, 1809.

Voyages dans l'Amérique méridional/! (de IS'Jli à 18X1), par Alcide d'Orbijîuy.euïoyi' par le Muséum de l'aria, 9 vol. in-4°, 1835-1819.

Expédition dan' les parties centrales de V Amérique du Surf, par de Castelnau, Paris, 6 vol. iu-8», 1850-1861.

Civilisation et llurluu-ie, par Sarmiento, traduit par A. Girard, Paris, 1853. (L'ouvrage fut publié au Chili en 1845.)

Description r/i'-ii/nipliii/iir W stitixlii/tf: de la om/édération argentine, par Jean-Autmue- Victor Mail in de Jloussy, Paris, 18.00-64, 3 vol. in-R». (Médecin, Martin de Moussy organisa les hôpitaux de Montevideo en 1811, et fit un voyage de cinq ans a travers la République Argentine, de 1854 a 1859. 11 est mort a Uourg-la- Reine en 1869.)

La France et l'Amérique du. ^ud, par Kenj. Poncel, Paris, 1849.

Essai d'une monographie de la Plntii, par le même, Marseille, 18(19.

Omstdé.rniions historiques et politiques sur les re[ml.tiqu.Ea Ac \.«.

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