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RELIGIONS

D'après le census de 1890, il y a 143 confessions religieuses, et on compte en outre 153 congrégations isolées ne se rattachant à aucune Église : toutes sont absolument libres et complètement indépendantes de l'État. La confession catholique compte environ 10 millions de fidèles dirigés par 14 archevêques et 75 évoques, qui défendent les idées démocratiques avec une conviction ardente. Voici le langage d'un des plus illustres, l'archevêque de Saint-Paul, M&r Ireland :

« La religion qu'il nous faut aujourd'hui n'est pas celle qui consiste à chanter des hymnes suaves dans le chœur des cathédrales, à porter des chasubles brodées d'or pendant que la multitude est absente de la nef ou des ailes, et que le monde extérieur meurt d'inanition morale et spirituelle. Allez à la recherche des hommes, parlez-leur, non pas en phrases pompeuses ni dans le style d'un sermonnaire du xvne siècle, mais en paroles ardentes qui pénètrent les esprits et les cœurs. »

Et encore :

« Cet âge est l'âge delà démocratie. Les jours des princes

L'ENSEIGNEMENT

et des seigneurs féodaux sont passés. Le conservatisme qui ne veut jamais s'aventurer n'est que pourriture et poussière. « (Cité par Max Leclerc, Choses d'Amérique, Pion, r

Ce qui prouve l'importance des questions religieuses, et l'intérêt qu'y portent ces populations de travailleurs, c'est te nombre considérable des journaux qui traitent aniquement ces sortes de questions; on compte -120 périodiques exclusivement religiei qui ont uu tir.ipe de un milliard et demi d'exemplaires, et euvir 9 millions d'abonnés. Et encore beaucoup de journaux consacrent régulièrement une partie de leurs colonnes Ix des sujets religieu comme le New-York Herald, qui le lundi résume les dimanche.

l'bîisbiqsement aux éia-

Les universités. — « Je ne voudrais pas faire croire qu'on apprend énormément dans les universités américaines ; c serait donner une impression très fausse ; mais on forme l'esprit des jeunes gens. Les études durent trois ou quatre ans, et sont coupées de beaucoup d'exercices physiques, comme dans les universités anglaises, J'ai assiste à Harvard à concours de buta bail qui dé notaient cheïles joueurs une naissance approfondie de ce genre de sport;

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autres avec succès, et gagnent h cela un ireux qui fait plaisir a voir.

sont pas des enfants qui fréquentent les universités, tre de dix-huit à vingt et un ans; on en sort entre 1 un et vingt-cinq ans, avec le grade de bachelor of arts, titre qui ne confère aucun privilège, mais recommande simplement le jeune homme qui en est investi comme un gentleman instruit et bien élevé.

Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que le nombre des élèves soit restreint. A dix-huit ans, à seize ans mêm beaucoup d'Américains sont déjà dans les affaires ; la règle générale est même de s'y lancer {lo start in business} avant sa majorité. Quels sont donc les individus qui recrutent le personnel des universités, qui atlendi-nt jusqu'à vingt-cinq; ans parfois pour commencer l'exercice d'un métier ? Il yen a Jeux catégories distinctes.

Ce sont d'abord ceux qui se préparent à une profession exigeant une certaine culture littéraire, notamment le bar-

reau, la médecine, le clergé. Ceux-ci ont besoin de l'université pour acquérir celte culture, et, lorsque leurs parents ne sont pas en mesure de les y envoyer à leurs frais, ils donnent des leçons particulières, concourent pour l'obtention des bourses, travaillent dans un bureau pendant les longs mois de vacances, s'arrangent d'une manière quelconque pour subvenir eux-mêmes à leur entretien. Dans bien des universités la moitié des étudiants achètent ainsi par leur propre travail le droit de travailler; ce sont naturellement des étudiants sérieux.

La seconde catégorie se compose des fils de famille dont le père estime que trois ou quatre ans d'études sont un bagage utile dans la vie. Un avocat de Chicago, ancien élève d'Yale et plein d'amour pour son université, me dit qu'il y envoie tous ses garçons vers dix-sept ou dix-huit ans : « Quelle que soit la profession qu'ils embrassent, cela leur servira plus tard, et je ne suis pas seul à penser ainsi. Bien des hommes politiques reconnaissent qu'un jeune homme sorti de l'université a chance de dépasser à vingt-cinq ou trente ans les individus entrés dans les affaires sans cette préparation. Sans doute l'expérience leur fait défaut au début, mais ils l'acquièrent, et plus tard ce sont eux qui occupent en général les situations les plus élevées. On les recherche d'autant plus qu'ils sont plus rares. » Même dans cette catégorie on trouve peu d'étudiants amateurs, par la bonne raison qu'un père américain s'empresse de couper les vivres à son fils s'il ne profite pas des sacrifices faits en sa faveur. Le même avocat dont je parlais tout à l'heure a bien soin de me dire que si ses enfants font mal à l'université, il les laissera se débrouiller tout seuls et se mettre dans les affaires à dix-sept ou dix-huit ans. 11 n'y a pas ici de préjugé qui force le fils d'un homme riche à passer sur les bancs un certain nombre d'années. On peut avoir confiance dans l'efficacité d'une instruction développée pour la formation d'un gentleman, mais on n'est jamais cuistre; on ne se croit pas déshonoré parce qu'on n'a pas respiré pendant dix ans l'atmosphère du collège.

Les university men sont une exception en Amérique, bien que leur nombre tende à augmenter. Même dans les professions libérales, ils n'occupent pas toutes les places, et la manière dont ils y entrent diffère absolument de celle dont nous avons l'habitude en France. Inutile de montrer leur diplôme à la porte, elle est ouverte à tous; c'est à eux de profiter des avantages réels que leur assure une éducation supérieure pour

L'ENSEIGNEMENT

« La plupart des collèges ou universités américaines proviennent de fondations particulières. Un certain nombre ont été créés, dans le dernier quart de siècle, par plusieurs États* on quelques grandes villes. Tous, sans exception, sont administrés, en dehors de tout contrôle gouvernemental, par des conseils de régents ou des professeurs assistés de dclcgu.es spéciaux ayant un caractère judiciaire et portant le nom de trustées, l.a mission de ces tuteurs est exclusivement de veiller à l'accomplissement des volontés énoncées par les donateurs et à l'observation des statuts.

Harvard. — La plus illustre, la plus vénérée de toutes les universités américaines est le collège Harvard, fondé en 1637 par John Harvard, pasteur non conformiste, émigré d'Angleterre, qui vînt s'établir dans le Massachusetts, àCharlestown, faubourg de Boston, où il mourut. Dans son testament, Harvard léguait une somme de 700 livres sterling et sa bibliothèque, composée de 300 volumes, pour la fondation d'un collège colonial, consacré aux études littéraires et théologiqucs. Ce legs fut accepté par la législature de Massachusetts, qui ajouta MO livres au don primitif. C'est sous ces auspices si modestes que le collège fut ouvert en 1642, avec cette inscription sur le frontispice : lu Chritli gloriam. — Christo et ftgferia...

Harvard, qu'on appelle généralement Ctimbri'tge (du faubourg dont l'université occupe une notable partie), possède aujourd'hui en biens'fonds et valeurs de diverses natures une richesse évaluée à 65 millions de francs.

Les bâtiments, répandus sur une superficie de 60 arpents, sont au nombre de 21. Le plus ancien, conservé avec un respectpresque religieux, est l'université primitive (rebâtie après un incendie en 1863); à l'entour se groupent les constructions plus récentes, les amphithéâtres, musées, bibliothèques,

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