MEXICO MODERNE
de l'air. Les femmes de cette classe, non moins repoussantes que les hommes, sont ordinairement suivies de plusieurs enfants chëlifs. Les lepcros sont une véritable plaie au Mexique. Ils encombrent toutes les rues, et on ne saurait faire un pas hors de chez soi sans être aussitôt environné d'une troupe de ces misérables qui demandent l'aumône. Pleins de hardiesse, ils pénètrent dans les maisons quand les porliera n'ont pas soin de les en éloigner. » {Correspondant, 25jui 1845, p. 872.)
« C'est dans les races mêlées avec le blanc que se recrute cette classe d'hommes oisifs, vivant de vol ou de rapine, : cenés dans leurs pussions, les leperos mexicains. Adonnés à tous les vices, ils se glojilknt du crime. Toute querelle finit par du sang; le couteau est dégainé à la moindre oiïense. Aussi voit-on passer plusieurs l'ois par jour dans la capitale des brancards sur lesquels on porte des hommes assassinés ou assommés, suivis de soldats qui conduisent les coupables en prison. Mais cet appareil de châtiment n'est qu'illusoire, car ils sont bientôt relâchés par le juge. » (Is. de Lœwenstmn, le Mexique, Paris, A. Bertrand, 1843, p. 188.)
Habitude du vol. — «Lors de mon séjour à Xalopa(l838), j'y vis arriver un beau matin la diligence Je Vera-Cruz avec si voyageurs qui se trouvaient dans le simple appareil de leui ancêtres avant la conquête; et ces six personnes, tous hon mes jeunes, forts et robustes, s'étaient laissé dévaliser par deux hommes, dont l'un élait armé d'un fusil et l'autre d'un sabre. >. (1d., ibid., p. 23.)
« Un jour, le président Santa-Anna s'aperçut qu'en plein conseil des ministres on lui avait volé sous ses yeux un gnilique encrier d'argent. Le président, qui ne plaisantait pas avec les voleurs, parce qu'il ne reconnaissait h personne autre qu'à lui le droit de s'enrichir uni dépens du prochai: aussitôt fermer portes et fenêtres et dit à ses ministres : ne veux pas savoir qui m'a volé mon encrier; mais si dans cinq minutes il n'est pas retrouvé, je vous envoie tous ei son. » L'encrier fut replacé sur la table, et, grâce à l'obscurité faite par la fermeture des volets, le voleur resta incon (Dohknecu, le Mexique tel qu'il est, Paris, Dentu, 1807, p. 109.)
MINE DE VALENCIANA
« Dans la mine de Valenciana, la Veta Madré a été trouvée sans ramification, et de sept mètres de largeur, depuis la surface du sol jusqu'à la profondeur de 170 mètres. A ce point elle se divise en trois branches : de ces trois branches il n'y en a généralement qu'une seule qui soit riche en métaux. Quelquefois, lorsque toutes les trois se joignent et se traînent, comme à Valenciana, près du puits de San- Antonio, à 300 mètres de profondeur, le filon offre d'immenses richesses sur une puissance de plus de 25 mètres...
La Valenciana offre l'exemple presque unique d'une mine qui, depuis quarante ans, n'a jamais donné à ses propriétaires moins de trois millions de francs de profit annuel. Il paraît que la partie du filon de Guanaxuato qui s'étend de Tepeyac au nord-ouest avait été faiblement exploitée vers la fin du xvie siècle. Depuis cette époque, toute cette contrée était restée déserte, et ce ne fut qu'en 1760 qu'un Espagnol, qui avait passé très jeune en Amérique, attaqua le filon dans un de ses points que l'on avait cru jusque-là dépourvu de métaux {emborascado). M. Obregon (c'était le nom de cet Espagnol) était sans fortune; mais, jouissant de la réputation d'un homme de bien, il trouva des amis qui lui avancèrent de temps en temps de petites sommes pour continuer ses travaux. En 1766 les ouvrages d'exploitation avaient déjà plus de 80 mètres de profondeur, et encore les frais surpassaient de beaucoup la valeur du produit métallique. Passionné pour les mines, Obregon aimait mieux s'imposer toute sorte de privations que d'abandonner son entreprise. L'année 1767, il entra en société avec un petit marchand de Rayas appelé Olero; pouvait-il espérer alors que, dans l'espace de quelques années, lui et son ami seraient les particuliers les plus riches du Mexique, et peut-être du monde entier? En 1768, on commença à extraire de la mine de Valenciana une quantité de minerai d'argent assez considérable. A mesure que le puits gagna en profondeur, on s'approcha delà région qui renferme les plus grandes richesses métalliques du Guanaxuato. En 1771 on retira de la Pertlnencla de Dolores des masses énormes d'argent sulfuré, mêlé d'argent natif et d'argent rouge. Depuis cette époque jusqu'en 1804, où je quittai la Nouvelle-Es-