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sieurs mois dans la prison de Ludlow Street à New-York, qu'il put recouvrer la liberté en payant une forte indemnité à Mrs. Lesbia Bosturik (306 West 56^ rue, New-York).
La ville de Plymouth, où eut lieu la signature du traité de paix russo-japonais, a enrichi la législation d'un nouveau précédent.
Au printemps de 1904, Mr. Elmer Oliver, qui courtisait Miss Alspaugh, se vit un beau soir, à la veille du mariage, refusé par la jeune fille qui reprit sa parole. Mr. Elmer Oliver pensa que dans Tintérêt de la morale il devait réclamer des dommageS'-intérêts, s'adressa aux tribunaux et demanda 5.000 dollars (soit 25.000 francs) en se basant sur le grave préjudice que lui causait Miss Alspaugh.
L'affaire fut une bénédiction pour les journaux, revues, magazines. On publia à Tenvi le portrait de la cruelle, une gentille blonde, potelée, avec une physionomie décidée ; quant à Mr. Elmer, il avait un aspect distingué et sérieux tout à fait séduisant. Les détails abondèrent ; on les interviewa sans les laisser souffler, et ils acceptèrent courageusement cette immixtion de la presse dans leurs petites affaires de cœur.
C'était, paraît-il, un charmant garçon, on loua fort son esprit et sa logique. « Son bonheur, dit-il « à un interviewer, était détruit. Tout le monde « savait le grand amour qu'il avait pour Miss Als- « paugh (et il entra dans des détails touchants). « Non un de ces amours en coup de foudre, mais « grandissant lentement et qu'un yes délicieux « avait enfin couronné. »
De novembre à mai Mr. Elmer Oliver prit la position d'un fiancé officiel (c'est encore un interviewer qui nous l'apprend). Une bague fut envoyée.
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escortée d'autres menus cadeaux; des lettres d'amour s'échangèrent. Aussi souvent qu'il le pouvait, Mr. Elmer Oliver quittait Piymouth et rendait visite à sa fiancée domiciliée près de Brooklyn. Le jour du mariage fut choisi ; on décida la classique tournée de la lune de miel. A ce moment, Miss Alshaugh jugea (ainsi qu'elle le confia à un troisième interviewer) qu'elle ne serait pas heureuse avec son futur mari et délia sa promesse.
« Le cœur de Mr. Elmer Oliver fut brisé et ses « intimes affirmèrent que sa vie se voila (il en fit c( l'explication à un quatrième interviewer). »
« Considérez un moment, dit-il, la position d'un « homme. Il choisit une jeune fille qu'il espère « épouser. Il lui paie toute espèce d'attentions, il « la mène au théâtre, à des pique-niques, il lui « donne de son temps, de son argent, de son « amour. Enfin il s'engage. Il entre dans le combat « avec toute la sincérité de son cœur, c'est un « nouveau point de départ dans sa vie, il quitte « ses habitudes, il fait des économies.
« La jeune fille de son côté semble enchantée « d'avoir un fiancé et pour un temps paraît « l'aimer. A ce moment, peut-être d'autres amou- (( reux se présentent, ou bien elle pèse sérieusece ment la question du mariage... et change d'avis ! « Nous y sommes. Alors la jeune fille s'imagine « que c'est presque une faveur que d'avouer à son « fiancé qu'elle ne Taime pas, et qu'il est inutile « pour lui, dans ces conditions, de se charger « d'une femme.
« Mais et l'homme? Que vont devenir ses plans ? « Qui lui rendra le temps et l'argent dépensés « pour elle ?
« J'ignore même pourquoi j'ai été planté là^
« Miss Alspaugh ne m'a donné aucune raison, « sauf ma bague qui m'est revenue par la poste ; (c cela me donnerait le droit de penser qu'il y a un « autre homme sous roche. Ce que je fais en dece mandant 5.000 dollars de dommages-intérêts « est uniquement pour donner à réfléchir aux « jeunes filles frivoles, et qu'il soit désormais établi « qu'une rupture de promesse de mariage entraîne « des responsabilités aussi bien pour Thomme que « pour la femme. »
A l'appui, Mr. Elmer Oliver présentait au tribunal la note de ses fiançailles :