I/AMÉRIQUE CENTRALE
nécessaire par l'absence, une mort, un accident quelconque. Les préfets sont nommés par l'empereur, et eux-mêmes nomment, sous l'approbation du souverain, les sous-préfets qui se trouvent à la tête des arrondissements.
Chaque centre de population est administré par une municipalité, dont les membres varient en nombre selon l'importance du groupe. Ces administrations se composent d'alcades, de juntes et conseils, et de commissaires municipaux. Les alcades, nommés par l'empereur dans la capitale, et dans les départements par le préfet, sous la ratification impériale, peuvent se démettre de leurs fonctions après un an d'exercice. Ces fonctions consistent à présider les conseils, à publier les lois, règlements et décisions de l'autorité supérieure ; à représenter la municipalité judiciairement et extra-judiciairement. Dans les villes qui ont plus de vingt-cinq mille âmes, les alcades peuvent se faire substituer par des espèces d'adjoints. Les membres du conseil sont élus directement par la population, et se renouvellent par moitié chaque année.
Le territoire de l'empire est partagé en huit divisions militaires, au commandement desquelles nomme l'empereur. Comme dans tout État bien organisé, l'autorité militaire, en temps de paix, n'est que le respectueux auxiliaire de l'autorité civile; ce n'est que par l'intermédiaire de celle-ci qu'elle peut communiquer avec les citoyens; il on est tout autrement dans les places fortes, dans les tranchées, et dans tous les lieux où il est nécessaire de publier la loi martiale.
Tous les travaux publics sont sous la direction des délégués do l'autorité centrale.
Le territoire de l'empire, divisé en cinquante déparlements, a pour limites : au nord, les frontières déterminées par la convention diplomatique de Guadalupe et de la Mesilla, qui oblige les cabinets de Mexico et de Washington; à l'est, le golfe du
LE MEXIQUE. 4i
Mexique, la mer des Antilles et rétablissement anglais de Walise ; au sud, la république de Guatemala ; au couchant, l'océan Pacifique.
Le gouvernement de l'empereur Maximilien garantit à tous les habitants du territoire l'égalité devant la loi, l'inviolabilité de la propriété, la sécurité des personnes, le libre exercice de la religion et la liberté de publier ses opinions.
Tels sont les grands principes posés par le statut que promulgua l'empereur Maximilien, le 10 avril 1865, et qu'il data de son palais de Chapultepec. Ce statut, dont toutes les lois qui s'élaborent maintenant au Mexique ne sont que le développement et l'application, contient, on le voit, tous les grands principes que réclame la civilisation moderne ; il concilie toutes les justes exigences du pouvoir et de la liberté ; il place l'un et l'autre dans une sphère d'action où il leur est permis à chacun de se mouvoir sans se gêner réciproquement : il n'exclut rien de son programme, et laisse le champ libre au progrès. Ce progrès, le Mexique l'accomplira sous les auspices de Maximilien l"*.
Le nouvel empire est placé d'ailleurs dans des conditions excellentes pour devenir un État puissant. Il domine tout à la Ibis les deux plus grandes mers du monde, l'océan Atlantique et l'océan Pacifique. Un de ses rivages regarde l'Europe, et reçoit d'elle tous les produits de la civilisation moderne ; l'autre le met en communication avec les populeux empires de l'Asie, avec rinde, la Chine et le Japon. Ajoutez-y les archipels semés sur l'immensité des mers qui les baignent, et dont les actives populations l'engagent à entrer résolument dans la voie des relations et des échanges.
Borné au nord par les États-Unis d'Amérique, à l'est par l'océan Pacifique, à l'ouest par le Texas et Tocéan Atlantique, le Mexique, par sa frontière méridionale, touche au petit État de