‹ L'Amérique de demainChapitre 14 sur 167 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

çon de coquetterie, qui va droit son chemin et déjà sûre d'elle-même. Son père est inspecteur de logements à New- York, une charge modeste. Elle va passer un mois chez des parents à Albany. C'est un excellent type du peuple qui s'élève. Elle aime l'étude et elle a en mains un livre de diction avec des morceaux choisis. Elle a été à l'école primaire catholique de sept à douze ans, à une école publique de douze à quatorze, et il y a deux ans qu'elle suit la High School, école supérieure, où elle restera jusqu'à dix-huit.

Elle trouve dans cette High School des programmes aussi avancés que ceux de nos meilleurs pensionnats. Elle y a fait, la première année, de l'anglais, du latin, de l'algèbre, de la botanique, de la biologie, de la musique, du dessin et de la peinture; la seconde année, de l'anglais, du latin, du français, de l'histoire, de la géométrie et les arts déjà indiqués. Les deux autres années, elle approfondira les mêmes matières et y ajoutera la chimie. Elle aurait pu choisir, au lieu du latin, le grec et, au lieu du français, l'allemand. Elle a déjà une sérieuse teinture des deux langues qu'elle apprend, assez pour observer qu'on trouve « beaucoup de mots français dans le latin ». Je l'amuse fort en lui montrant que c'est plutôt le contraire. — L'enseignement de ces High Schools pour filles est complètement gratuit; on y entre avec un grade des écoles publiques ou en passant un examen. La principale de New-York compte trois mille élèves et une annexe en reçoit deux mille. Il va sans dire que les garçons ne sont pas moins favorisés. Et c'est ainsi dans toutes les villes. En somme, la gratuité de l'enseignement secondaire, qui nous paraît une utopie, est de pratique commune aux Etats-Unis (1).

(1) Cf. Au Pays de la vie intense, p. 339, sur la High School centrale de Philadelphie, et p. 286, sur une High School pour

— Seulement, dis-je au P. Me Millan, qui nous a suivis avec intérêt, tout cela est excellent pour la jeunesse qui a du temps libre. Comment fait celle qui est obligée de travailler pour gagner son pain ? — Nous avons pour celle-là des High Schools du soir. Si cela vous intéresse, nous allons voir celui qui dirige la plus importante, le docteur Nicholson. — Avec plaisir. Où et quand cela? — Mais tout de suite, dans le train. Est-ce qu'on attend, en Amérique?

— Oh ! regardez d'abord Sing-Sing, s'écrie Marjorie Ellis. Et elle jouit de l'étonnement que me produit ce singulier nom. Sing-Sing, c'est la gracieuse petite ville où se trouve la plus célèbre prison de l'Etat de New- York, un Fresnes américain. Elle a même sa chanson, et l'enfant me la cite en riant aux éclats :

Dear Sing-Sing

It's the real, real thing!

The boys and the girls

They are treated aUke,

But like brothers and sisters

They ail hâve their fights. ■

Dear Sing-Sing,

It's the real, real thing (1)!

nègres, à Washington. L'organisation de l'enseignement régulier (Grammar Schools, High Schools, Collèges, Universities) y est analysée aux pages 278-286. Ainsi qu'on va surtout le voir dans ce chapitre et le suivant, nous nous attacherons, cette fois, à des côtés moins connus de la question ; nous parlerons un peu des écoles du soir et beaucoup des écoles d'été.

(1) Comme dans toutes les scies populaires, la drôlerie dépend beaucoup plus des assonances que del'idée. Traduit, cela ne signifie rien :

Cher Sing-Sing (prononcez signe-signe).

Il n'y a que ça, n'y a que ça de vrai ;

Les gars et les filles

Y sont traités de même.

Mais, comme frères et sœurs.

Ils sont tous à se battre.

Cher Sing-Sing,

Il n'y a que ça, n'y a que ça de vrai;

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