‹ L'Amérique de demainChapitre 36 sur 167 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

mentes, on vérifie les comptes, on examine les demandes et tout ce qui reste en caisse est immédiatement attribué en secours sans souci du lendemain. Voilà, je pense, qui est évangélique. Et voici, d'autre part, qui est américain : sur chaque demande, on a pris soin de consulter l'évêque du lieu ; l'argent voté pour une construction n'est jamais versé avant qu'elle soit totalement achevée; on n'aide les paroisses, même les plus pauvres, qu'à condition qu'elles s'aident tant soit peu elles-mêmes ; enfin, le conseil ne peut attribuer en dons gratuits qu'une partie des fonds disponibles, la moitié, au moins, devant être avancée à titre de prêts et, par conséquent, faii'e retour à l'œuvre pour de nouveaux emplois. Je vois, par exemple, qu'au 12 septembre 1907, on avait voté en pur don 20 875 dollars et, à titre de prêts, 36 000 dollars. C'était déjà beaucoup pour une œuvre de moins de deux ans. Mais il faut tenir compte, en plus, des vingt mille intentions de messes à honoraires d'un dollar, qu'elle avait distribuées aux prêtres sans ressource ; des dix-huit séminaristes qu'elle faisait élever comme futurs missionnaires; de la quantité d'ornements d'église et d'écrits de propagande qu'elle avait distribués.

L'augmentation incessante des ressources multiplie rapidement l'action salutaire de la jeune société. Bientôt, l'Église romaine n'aura plus rien à envier, pour ses missions intérieures, aux Eglises protestantes ; et si déjà, privée d'un tel instrument de diffusion, elle s'est développée deux ou trois fois plus que les plus prospères d'entre elles, quels ne devront pas être maintenant ses progrès ! Elle peut l'emporter, en un quai't de siècle, sur toutes les autres confessions ensemble; elle peut faire des Etats-Unis, selon un rêve qui commence à n'être plus un i-êve, la première nation catholique du monde. Parmi les motifs d'es-

poir que j'ai rencontrés dans le dernier voyage, aucun ne m'a semblé plus réconfortant que la venue au jour de la société de l'Extension (1).

(1) Ce qui agrandit encore ces heureuses perspectives, c'est le fécond travail qu'accomplissent un peu partout, aux Etats-Unis, les « missions pour non catholiques », depuis que, sous la direction des Pères paulistes Elliott et Doyle, V Apostolic Mission House de Washington prépare à ce genre de ministère les jeunes prêtres qui leur sont envoyés, dans ce but spécial, par un très grand nombre d'évêques. Cette œuvre excellente, dont nous avons parlé ailleurs (Cf. Au Pays de la Vie intense, p. 267), a un organe, The Missionary, qui se publie chaque mois à Washington. — Notons enfin, comme un événement plein de promesses, que les évêques du Canada ont aussi fondé chez eux, en 1908, une société d'Extension catholique.

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