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CHAPITRE V

à qui ses enquêtes en Europe et ses publications, notamment sur V Esprit social en Amérique, ont valu une réputation universelle. Je ne m'exposerais pas à blesser sa modestie, en le nommant de nouveau à part de ses collègues, s'il n'avait, en Allemagne, à Londres, à Paris, laissé nombre d'amitiés précieuses et fait connaître à quel degré d'élévation morale et intellectuelle peuvent parvenir ces Américains que nous nous réprésentons toujours comme des barbares cultivés. M. Henderson porte le titre officiel de chapelain et c'est lui qui a charge des religions agencies of the University. Sous cette rubrique, il rend compte, en un rapport annuel, des services du dimanche matin, des prédications qui y sont données par des orateurs venus de tous les Etats; de la ligue chrétienne des jeunes filles qui groupe deux cent cinquante étudiantes; de l'association chrétienne de jeunes gens qui se réunit tous les jeudis soirs et a organisé une « classe de bible » suivie par cent vingt-cinq auditeurs; de la « troupe des étudiants volontaires » qui s'intéressent aux missions; d'une œuvre plus générale, appelée l'Union chrétienne, et qui travaille à promouvoir tout cet ensemble d'activités religieuses et philanthropiques. II consacre la fin de son rapport à l'œuvre si intéressante du settlement universitaire, établi depuis quatorze ans au sud-ouest des Stock-Yards et qui a tant fait, soit pour l'éducation morale, soit pour le bien-être physique des adultes et des enfants, dans le quartier le plus misérable de la ville. Il réside là trente ou quarante mille ouvriers, dont les trois cinquièmes, récemment arrivés d'Europe, sont au dernier degré de l'ignorance et tout ce qu'il y a de plus désorganisés. Comment ne pas admirer les jeunes hommes et, plus nombreuses encore, les jeunes femmes qui viennent s'établir temporairement ou même à poste fixe parmi tous ces misérables, pour s'occuper de leurs intérêts auprès

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des patrons, auprès de la cité, jusqu'auprès des législateurs et parfois même du Président des Etats-Unis ; pour essayer de les moraliser, eux, leurs compagnes, leurs enfants; pour recueillir les filles malheureuses, les orphelins, l'intéressante clientèle des « tribunaux juvéniles »? Je note par hasard, dans un journal, que le 11 janvier 1908, la dévouée présidente du settlement, miss Mary E. Mac-Dowell, a reçu la visite d'environ six cents étudiants ou étudiantes de l'université, auxquels elle a fait donner une fête par ses petits protégés, mais auxquels surtout elle a expliqué le bien déjà fait ou restant à faire pour l'éducation, pour la civilisation de ce peuple qui est venu chercher et qui doit trouver aux Etats-Unis une vie supérieure à celle où il croupissait dans les vieilles contrées. « On ne saurait se faire une trop grande idée, écrit avec raison M. Henderson dans son rapport de 1906, de ce que nos milliers de jeunes gens et de jeunes filles peuvent gagner en développement religieux et social par le fait de prendre part aux œuvres de zèle et de bienfaisance ; rien ne leur fait tant de bien, pas même d'étudier l'histoire ou la théorie de la religion et du progrès social. »

Pareil langage montre assez clairement que l'Université de Chicago ne s'estime pas quitte envers ses élèves quand elle leur a assuré les moyens de s'instruire. Aucune partie de leur formation ne la laisse indifférente. Tout en prêchant elle-même, sans jamais l'imposer, la foi qu'elle juge la meilleure, elle tient à laisser les autres Églises s'expliquer librement devant tous en des conférences publiques ou s'occuper à part de leurs fidèles. Mon propre sermon démontre assez le premier point. En ce qui touche le second, j'ai entondu les représentants de l'université m' affirmer plusieurs fois et m'autoriser à redire qu'ils seraient très heureux de voir l'archevêque déléguer un do ses

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