CHAPITRE VII
entre 1826 et 1837 ; ils leur donnèrent assez confusément le nom de Mendota et celui de Saint-Pierre. A peu près la moitié d'entre eux appartenaient au catholicisme. L'été de 1839, 185 fidèles y reçurent la visite pastorale de Mgr Loras, un Français, évêque du diocèse de Dubuque, nouvellement créé. Il leur envoya l'année suivante un prêtre, également Français, le P. Galtier, qui s'établit d'abord à Mendota, mais qu'on peut regarder comme le vrai fondateur de Saint-Paul. Ce fut lui, en effet, qui, après de longs mois de recherches, fit choix de l'emplacement actuel où ne se trouvaient alors que quelques cabanes, la première, celle du Canadien Parrant, datant de deux ou trois années. Au commencement d'octobre 1841, sur un terrain que lui avaient donné deux fermiers, B. Gervais et Vital Guérin, il assemblait quelques troncs d'arbres, et le 1^"^ novembre il inaugurait la cathédrale qu'on peut imaginer. Elle ne valait pas moins de 75 dollars : 375 francs. Il la dédia à l'apôtre des nations ; et, ayant un peu après à y marier Vital Guérin, il le déclara, dans les bans et dans l'acte, « domicilié à Saint-Paul ». La future capitale du futur Minnesota recevait là un nom glorieux et retentissant. Il lui porta bonheur. Près de l'église et de la ferme de Gervais s'établit aussitôt un magasin d'épicerie, et cela décida le bateau du Mississipi à y faire escale. Les habitants vinrent; en 1854, ils étaient 3 000, et Saint-Paul recevait sa charte de « cité ». Elle en a maintenant plus de 200 000.
Le P. Galtier, dont le plus proche confrère demeurait à Pembina, 160 lieues au Nord, recevait pourtant quelques visites intéressantes : en 1840, celle de Mgr de Forbin-Janson, évêque de Nancy (1) ; en
(1) Mgr de Forbin-Janson, débarqué à New- York en octobre 1839, parcourut presque toutes les parties alors habitées de l'Ame-
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1842, celle de Mgr Loras, qui faisait sa petite tournée de confirmation dans le Nord-Ouest. En 1844, il céda les missions de Mendota et de Saint-Paul au P. Augustin Ravoux, qui depuis plusieurs années déjà évangélisait les Sioux et qui a survécu jusqu'en 1906, vénéré de tous comme le héros des temps apostoliques, se reposant en quelque sorte sous l'abondant ombrage de l'arbre qu'il avait planté. Malgré ses préférences pour les Indiens, dans la langue desquels il traduisit cantiques, prières, catéchisme, il sut prévoir et préparer l'avenir des immigrants catholiques de race blanche; les propriétés qu'à acquit à bon compte dans les premiers temps ont rendu dans la suite de précieux services.
Au cœur de 1849. le P. Ravoux était encore, — avec le P. Joseph Bellecourt, curé de Pembina, — le seul prêtre de ce qui allait devenir le diocèse et plus tard la province de Saint-Paul. Le groupe de fidèles que chacun d'eux avait autour de lui ne dépassait pas cinq cents. Et cependant, par un coup de hardiesse et de sage prévision, l'Eglise n'hésita pas à donner un évêque spécial à ce millier de catholiques, presque en même temps que le Congrès, non moins confiant dans i'avenir, organisait en Territoire les 4 000 ou 5 000 habitants du Minnesota. C'était juste au milieu du dix-neuvième siècle. L'érection de Saint- Paul en siège épiscopal fut demandée par le concile de Baltimore au mois de mai 1849, et accordée par Rome le 19 juillet 1850. Quatre jours après, un mis-
rique du Nord. Il descendit de New- York à la Nouvelle-Orléans, remonta à Baltimore, où il assista au quatrième concile, puis à Cleveland, Bufïalo, Détroit, remonta le Mississipi jusqu'aux chutes de Saint-Antoine, visita les Indiens de l'Ouest, se rendit à Québec, à Montréal, revint à New- York et reprit encore le chemin du Canada. Il prêchait partout des stations et des retraites, encore plus missionnaire et apôtre qu'explorateur. Il ne rentra en France que le 26 juin 1842.