‹ L'Amérique de demainChapitre 63 sur 167 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

sociétés catholiques du diocèse. Ils ne formaient pas une armée de moins de 30 000 hommes. Un détachement de gardes municipaux à cheval, sous les ordres du lieutenant de police, ouvrait la marche et déblayait le passage. Chaque groupe, à son tour, inclinait bannière ou drapeau devant l'archevêque et ses hôtes, qui applaudissaient. Le succès fut grand surtout pour « la vieille garde », composée de neuf citoyens qui avaient assisté à la naissance de la ville et qui avaient déjà vu se succéder trois cathédrales provisoires : l'une en bois, l'autre en briques, la troisième de pierre, en attendant la quatrième et définitive dont on jetait les fondements. Ces vétérans arrivèrent en landaus devant l'estrade; on les y fit monter, pour qu'ils pussent contempler de leurs yeux la marche triomphale. Très acclamés aussi les survivants de la grande armée, qui avaient fait la guerre de Sécession avec John Ireland, chapelain des volontaires du Minnesota; les jeunes cadets du collège Saint-Thomas, qui reçoivent dans cet établissement diocésain une éducation militaire officiellement reconnue ; les chevaliers de Colomb, s'avançant en forme de croix, et plusieurs milliers de membres de l'ordre antique des Hiberniens suivant le drapeau vert d'Irlande, les différents groupes nationaux, Français, Allemands, Italiens, Bohémiens, Hongrois, Polonais, Syriens, tous attachés à l'Amérique et cependant fidèles à l'ancienne patrie, symbolisant par la différence même de leur langage, de leurs costumes, de leurs emblèmes, de leurs drapeaux, le caractère universel de l'Eglise dont ils sont les fils.

Pour ne pas prolonger outre mesure la cérémonie, on procéda durant le défilé même à la bénédiction et à la pose de la première pierre. Tandis que le chœur des séminaristes chantait les psaumes et le Veni Creator, Mgr Mac Golrick, évêque de Duluth, comme

doyen de l'épiscopat, prononça les paroles sacrées, et Mgr Ireland scella la première pierre ; les autres évêques et les orateurs du jour la frappèrent du marteau d'argent. L'archevêque parut ensuite à la tribune, pour prendre la parole, salué d'une longue acclamation. Le calme rétabli, il donna lecture de deux télégrammes qui redoublèrent l'enthousiasme. L'un venait de Rome et l'autre de Washington.

Voici le texte du premier :

Le saint-père salue avec les plus belles espérances et les vœux les plus favorables la première pierre de la nouvelle église cathédrale ; et vous félicitant, dans la plénitude de son cœur, de l'œuvre que vous avez commencée, vous accorde à vous-même et à votre fidèle troupeau la bénédiction apostohque.

Cardinal Mekry del Val.

Et voici le texte du second :

Maison Blanche, Washington, l^"" juin.

Archevêque Ireland, Saint-Paul.

Dans cet heureux pays qui est le nôtre, hberté et rehgion sont des alliés naturels et marchent en avant la main dans la main (1). Je féhcite tous ceux qui sont réunis pour assister à la pose de la première pierre de la nouvelle cathédrale de Saint-Paul; je félicite ceux qui vont y prendre part au culte, et je vous féhcite en particuher vous-même personnellement.

Théodore Roosevblt, président des Etats-Unis.

Mgr Ireland, avec un éclat et une émotion dignes de cette journée, la plus brillante peut-être de sa

(1) « In this fortunate countryof ours, liberty and religion are natural allies and go forward hand in hand. »

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