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Ces actes du Sud ont été racontés dans leur temps et l'Europe ne s'en est pas émue ; il est vrai que c'était le Sud. Quant au Nord, qu'il prenne garde à lui! Ses démarches sont surveillées ; nous voulons que sa conduite soit irréprochable, nous ne lui passerons rien.
Je suis de ceux, je le répète, qui auraient mieux aimé qu'on ne coulât point de navires; mais entre un regret et un grief la distance est grande. Ilélas ! il n'est que trop vrai qu'cà force d'entasser les mauvais griefs, on finit par exciter les passions hostiles. Aujourd'hui, on dénoncera u les barbaries » du gouvernement fédéral, qui ferme les ports, change La configuration des côtes et détruit pour toujours les avantages que Dieu avait assurés au commerce. Demain , on se plaindra « des souffrances qu'inflige aux manufactures un blocus impitoyable, » comme si le gouvernement fédéral ne prenait pas soin d'ouvrir lui-même des ports à côté de ceux qu'il a fermés, Beaufort à côté de Charleston, et comme s'il dépendait de lui de forcer le Sud à ne plus retenir systématiquement son coton, afin de vaincre les dernières répugnances de l'Europe. \]n autre jour, au contraire, on se récriera contre « le blocus de papier, » on déploiera des listes de six cents, de sept cents navires qui ont échappé aux croiseurs, confondant les époques et confondant aussi les tonnages ; on ne nous dira pas que la plupart de ces navires ont échappé aux croiseurs au moment où la croisière ne s'était pas encore complétée;
on ne nous dira pas davantage que la plupart de ces navires étaient de simples barques et que les gros vaisseaux, à l'exception des steamers, rencontrent à l'entrée des ports du Sud (( le péril évident » qui constitue les blocus effectifs.