‹ L'Amérique devant l'EuropeChapitre 32 sur 66 · II. NE FAM.AIT i'Ati C O M B ATT KK. ilO · texte numérisé non relu

II. NE FAM.AIT i'Ati C O M B ATT KK. ilO

changé, croyez-le, et changé parce qu'on a tirél'épée. Si maintenant le jour venait jamais où des ouvertures seraient faites soit par M. Jefierson Davis, soit par des gouvernements européens, ce seraient des ouvertures honorables, rendant hommage au grand mouvement qui j)rocède de l'élection de M. Lincoln, manifestant la valeur des principes, établissant enfin, ou du moins prétendant établir, les bases d'une abolition progressive.

L'énergie et le respect de soi sont donc bons à quelque chose. Ils ont eu pour premier effet de provoquer l'explosion du patriotisme dans tous les Etats libres et de donner courage dans les États limitrophes aux majorités favorables cà l'Union.

Cela fait mal d'entendre tant de froides railleries contre un peuple qui lutte et qui souffre pour maintenir son unité menacée. Elle est grande, l'idée de l'unité, l'idée de la patrie; elle vaut le sang qu'elle coûte. Réprimer les révoltes, résister à la diminution du pays, c'est remplir un devoir. Malheur à nous, si nous cessions jamais de voir Là un intérêt de l'ordre le plus élevé ! Pour mon compte, tout en déplorant la guerre civile, j'aurais pris le deuil des Etats-Unis dans le cas où ils auraient renoncé h combattre, courbant la tête devant les menaces du Sud et lui demandant en quelque sorte pardon d'avoir osé faire, malgré sa défense , une élection constitutionnelle. Après les gueires coui'ageusement soutenues, il y a des paix

ERREURS ACCREDITEES.

glorieuses; après certaines soumissions, il n'y a rien, rien que la honte et la mort.

D'autres gouvernements, je le sais, ont cédé à .la force des choses; aucun n'a cédé à la simple menace. Si l'Ecosse se séparait, s'emparait des biens nationaux, des forts, des arsenaux, si elle envoyait des délégués aux puissances du continent , si elle ressuscitait les lettres de marque et courait les mers en brûlant les vaisseaux de commerce anglais, si elle annonçait l'intention de venir arborer son pavillon rebelle sur le palais de Buckingham, l'Angleterre entière se lèverait, sans craindre un instant que cette guerre civile fût dénoncée comme perverse et fratricide. Quand renoncerons-nous à avoir deux poids et deux mesures?

Qu'une guerre comme celle d'Amérique doive être poursuivie dans un esprit de paix, que toute pensée de conquête, d'écrasement ou de représailles doive être écartée, que M. Lincoln soit tenu de ne jamais perdre ceci de vue : « Nous combattons pour rétablir l'ordre et avec l'ordre la liberté, la liberté des vaincus demeurera aussi intacte que celle des vainqueurs, » j'en suis profondément convaincu et j'aurai à y revenir. J'applaudis, sous ce rapport, à l'humanité qui' en dépit de la logique inflexible des principes, a empêché de traiter en rebelles les prisonniers de guerre et de verser le sang en dehors du champ de bataille.

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