‹ L'Amérique devant l'EuropeChapitre 40 sur 66 · IMP(J6SIBLE DE REIAULIK L'UNION · texte numérisé non relu

IMP(J6SIBLE DE REIAULIK L'UNION

En définitive, le» gouvernements sont faits pour vivre avec des oppositions plus ou moins considérables. Celle-ci, si elle s'obstine, contribuera à maintenir l'unité du ^ord et jouera le rôle d'une minorité toujours plus faible ; elle se noiera dans le développement rapide des États libres, des territoires parvenus au rang d'Etats et dotés tous de la liberté.

Mais il me païaît plus probable que, sous le joug léger de la constitution et des lois, heureux de retrouver leur indépendance première, les habitants du Sud se raUieront en grande partie à leur patrie et à leur drapeau. Les vieilles questions auront disparu, des intérêts nouveaux solliciteront les cœurs, les partis se transforuieront, et comme rien ne rappellera la défaite, comme les représailles seront absentes, comme les traces de la guerre civile seront soigneusement effacées, comme les vainqueurs n'auront pas un droit qui n'appartienne aux vaincus, un triomphe meilleur que celui qu'on remporte l'épée à la main, le triomphe sur les préventions et sur les haines, viendra peutêtre couronner une politique aussi habile que généreuse.

Je n'en connais pas d'autre à conseiller aux États- Unis : vaincre d'abord, ramener ensuite, ramener par la solution opportune du problème de l'esclavage, par le rétablissement immédiat et audacieux de la liberté.

J'ajoute que si, malgré l'abolition et malgré la

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liberté, une résistance violente se maintenait dans quelques États, s'il y avait là autre chose que de la bouderie et de l'opposition, si l'état de guerre s'y réveillait sans cesse, s'il devenait nécessaire d'y retourner tous les jours, plutôt que de tenir garnison dans ces États-là, il conviendrait de les abandonner à leur mauvais destin. A aucun prix, l'occupation permanente ne doit être admise.

J'ai dû prévoir un cas extrême, qui me parait, je l'avoue, assez peu probable. Mais n'importe, quoique improbable, il n'est pas impossible. Il y a un coin de l'Amérique, celui-là même ou la révolte est née, le coin formé par la Caroline du Sud, par la Géorgie, la Floride et l'Alabama, qui restera peut-être soulevé et ne se ralliera pas à l'Union malgré la défaite du Sud et la reprise de possession par les troupes fédérales des forteresses et des arsenaux. Peut-être ne se borneia-t-on point à faire de l'opposition dans le Congrès ou même à refuser de s'y faire représenter; peut-être des émeutes per])étuelles , une agitation durable , manifesteront-elles la détermination d'un peuple décidé à demeurer étranger et ennemi.

Ce serait alors que les États-Unis, rassurés sur leurs frontières essentielles, en possession des bouches du Mississipi, ayant d'ailleurs nié les armes à la main le droit de séparation, certains désormais d'échapper au régime de dissolution amiable que leur recommandaient tant de prétendus amis, pourraient adresser

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avec honneur et sécuiité aux quatre ou cinq Etats récalcitrants le langage ({ue voici : « INous ne sacrifierons pas pour vous nos principes et nos institutions; nous n'irons pa^> tenir garnison chez vous et entrer dans le régime des armées permanentes; notis ne prétendons pas vous contraindre à être heureux et libres. Allez donc, essayez de vivre seuls ; vous nous reviendrez un jour. ))

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