LA PRISE D'EAU DU LAC ROLAND
A pluie venait de tomber violente et ser- L rée, comme cela arrive quand un orage éclate dans les montagnes, mais l'averse n'avait pas duré longtemps, lorsque nous nous mimes en route par une belle matinée d'octobre pour nous rendre à Harper's Ferry.
Il faut dire, avant de continuer notre récit, que nulle part au monde, cette saison de l'année n’est plus belle qu'aux États-Unis. Le ciel s'était complétement rasséréné; l'atmosphère rafraichie donnait à nos jambes une élasticité ressemblant à celle qu'un verre de champagne procure aux danseurs. Nos yeux se plaisaient à admirer les teintes caméléoncsques du feuillage de la forèt,se détachant en prismes d'or et de ponceau sur les couleurs sombres des sapins et des épicéas de la montagne couverte par ces arbres toujours verts.
Le chemin de fer « de Baltimore et
Ohio » nous emmenait à toute vapeur,