LE PARC DE LA MAISON BLANCHE RÉSIDENCE DU PRESIDENT DES ETAT NIS
‘ENpROIT choisi pour y établir la capitale des Etats-Unis, par le premier Congrès L se réunissant après la déclaration définitive de la paix afin de sceller l'indépendance américaine, est un plateau très étendu, qui s'élève graduellement du côté de l'est.
Washington fut baptisé de la sorte en l'honneur de ce citoyen illustre qui avait consacré sa vie à rendre son pays natal à la liberté.
Le Potomac — une toute petite rivière que l'on désigne sous l'appellation de Eastern Brewek — entoure la ville où réside le chef de l'Etat.
La partie la plus populeuse de Washington, celle qui contient les magasins, les édifices publics, les rues bordées de maisons et les habitations aristocratiques, se trouve vers la plaine. tandis que le Capitole a été bâti sur la colline, de façon à être vu de loin et à dominer le pays.
[y a fort peu de temps que l'on parle de Washington comme d'un site pittoresque et digne d'ètre visité. Dans le commencement, cette ville — importante à cette heure — se composait de constructions de bois disséminées le long de rues, dont l'alignement était à peine adiqué par des palissades, rues mal pavées, boueuses où poussiéreuses, suivant la saison. De nos jours, grâce à des dépenses parfaitement justifiées, et à l'amour-propre bien compréhensible du gouvernement qui a voulu que la résidence du chet de l'Etat et des deux
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Chambres devint un séjour habitable, la métropole américaine peut être comptée parmi les villes à visiter, surtout quand on a l'intention d'examiner le pays sans omettre un seul point du territoire. Ce n'est pas seulement le côté agréable que les édiles ont eu en vue, c'est aussi de la prospérité de Washington qu'ils ont pris soin.
Le bâtiment le plus curieux à visiter quand on arrive dans cette ville du Maryland, c'est le Capitole, construction de marbre blanc que l’on aperçoit tout d'abord, au moment où l’on quitte la station du chemin de fer de Baltimore.
Le monument s'élève majestueusement au milieu d’une vaste plantation qui couvre les déclivités de la colline. On ne peut s'empêcher de regarder avec admiration ce dôme grandiose, surmonté par la statue du Génie de la Liberté, Cette colonnade immense, ces ornements architecturaux d'un goût pur et simple font du Capitole un palais splendide que l'Europe envie avec juste raison à l'Amérique.
On parvient devant la façade du Capitole en se promenant le long d'une immense avenue, dans laquelle on pénètre en passant par des grilles de fer forgé d'un style fort pur. Des deux côtés de cette allée admirablement plantée, les yeux sont attirés par des jardins fleuris, des allées ombreuses, des fontaines jaillissantes et des taillis disposés avec art. Il faut encore gravir trois terrasses gazonnées avant d'arriver aux premiers escaliers du monument. Ces marches en marbre blanc, d'une forme circulaire, aboutissent à une vaste fontaine, et l'on peut voir de là les sinueux détours argentés du fleuve Potomac qui se perdent à l'horizon dans les montagnes du Maryland et de la Virginie.
De cet endroit, le touriste, en se tournant dans toutes les directions, se rend compte de l'aspect général de la ville. Au milieu de la masse de constructions particulières, voici le Post Office, — direction générale des postes, — et le Patent Office, — département des brevets d'invention, — plus remarquable encore.
A quelque distance de là, on contemple la colonnade du ministère des finances — Treasury — et læ partie la plus haute de la Maison-Blanche, perdue au milieu d'un parc verdoyant.
Un peu plus à gauche, ies yeux se portent sur les tours en pierre rouge, — d’une architecture bizarre, — style vieux château, — de l'institut de Smithson — Smithsonian — bati dans un site ‘sulé au milieu d'arbres de la plus belle venue.
Entre ce monument consacré à la haute éducation et la rivière, voici la bâse inachevée du monument de Washington, en marbre blanc, recouverte de mousse et offrant au spectateur un aspect écœurant.
Il est fort heureux que la vue du Potomac ramène le visiteur sur des points de verdure qui rassérènent son esprit. Il examine avec attention le vieux manoir d’Arlington qui se rattache de différentes manières à la période historique la plus ancienne du pays.
Plus loin, voilà les hauteurs de Georgetown qui ferment l'horizon vers l'ouest, Si l'on regarde ensuite vers le nord, on apercevra des montagnes pittoresques couvertes de forèts d'une épaisseur sombre, an milieu desquelles ont été batis les faubourgs et les habitations les plus rurales de Washington
Derrière le Capitole, on peut se promener dans un petit parc où l'art et la nature se marient ensemble, sans que pour cela on ait à admirer dans ce coin de la ville autre chose qu'une statue de Washington que le sculpteur a représenté en costume de Romain. La critique a vivement attaqué l'auteur de ce Washington en toge, ou plutôt, comme disent les
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plaisants, en petly coats — jupons, — mais il a eu ses défenseurs élogieux; ce qui a fait compensation dans l'esprit publie,
En dehors de ce jardin gracieux, on montre le « Vieux Capitole », construit tout simplement avec des briques. C'est là que se réunissait le Congrès, lorsque le Capitole eut été brûlé par les Anglais, en 1814. Calhoun y mourut, comme le savent ceux qui connaissent l'histoire des États-Unis, et l'on fit de ce bâtiment une prison militaire, pendant la guerre de Séparation.
Vers l'extrémité de la ville, du côté opposé au Capitole, on va examiner en détail les bâtiments occupés par les diflérents ministères, et qui sont placés autour de la « Maison- Blanche » où réside le chef d'Etat, le président Hayes actuellement.
C'est d'abord le ministère des finances et le ministère d'État; puis, comme pour leur faire pendant, deux édifices de vieux style, disgracieux même, qui sont consacrés à l'administration de la Guerre et de la Marine.
La Maison-Blanche — White House — est située à mi-chemin, entre les deux groupes de ces monuments publics, devant lesquels un terrain gazonné récrée les yeux.
Nos lecteurs vont nous accompagner dans la visite que nous leur ferons faire de la demeure du président des États-Unis. Devant le portique avec fronton triangulaire, supporté par quatre colonnes, on à semé une pelouse au milieu de laquelle se dresse la statue de bronze antique de Jefferson, qui, lui aussi, honora le poste qui lui avait été confié par la nation. Du jardin vert l'on peut passer sur la route au delà de laquelle est le Lafayette square, orné de beaux arbres et dans lequel on a placé la statue équestre de Washington par Clark Mills.
C'est autour de cette promenade, qui mérite d'être examinée avec soin, que l'on vous montre les résidences élégantes des sénateurs, diplomates, ministres et riches banquiers habitant à Washington.
Mais l’aspect le plus pittoresque de la White House est certainement celui de la partie postéricure de cette maison présidentielle. C’est un parc agrémenté de plates-bandes fleuries, de plantes rares, disposé selon la mode des jardins anglais, le tout entouré de murailles où le chef de l'État et sa famille peuvent jouir à l'aise de leur liberté individuelle, quoique ce jardin soit public; mais il est de bon goût, à Washington, de ne pas abuser de la liberté que lon a d’envahir le jardin du Président.
Le portique de la White House, sans être d’une forme irréprochable, n'en est pas moins très caractéristique, et l'on ne peut que louer le jardinier qui a fait grimper le lierre et les plantes à vrilles le long des colonnes et des chapiteatix. C'est fort élégant.
De ce portique on aperçoit très distinctement le Smithsonian Institute, que l’on prendrait, à distance, pour une vieille abbaye d'Angleterre.
Derrière la Maison-Blanche s'ouvre l'avenue de Pensylvanie qui droite, d'abord, tourne subitement enfin vers la gauche pour aboutir à Georgetown. C'était jadis la ville commercante, et l’on citait son port comme le troisième parmi les havres de fleuves ou de rivière du centre des États-Unis. De nos jours, ce coin de la ville est calme, plus paisible même que Washington, ce qui n’est pas peu dire. Les maisons s'élèvent sur de petites collines qui bordent le Potomac et donnent à ses rivages un aspect assez pittoresque.
On trouve parmi ces résidences bourgeoises des constructions de briques rougeûtres, où demeuraient autrefois les hommes les plus distingués de l'aristocratie politique et sociale.
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Du reste, ce genre de construction, élevé sur une terrasse vers laquelle aboutit une allée d'arbres, dontle portique est maintes fois agrémenté par une seulpture, est particulier à toutes les villes du Maryland et de la Virginie qui datent d'un siècle.
De la montagne, nommée Red Hill, qui se dresse par pentes Ctagecs derrière Gcorgetown, on jouit d'une vue très étendue sur la rivière, En eftet, le Potomac, qui coule en bas de «la Montagne Rouge », décrit une vaste courbe, de l'est à l'ouest, et, à l'endroit où l'on a jeté sur son cours Île célèbre Long Bridge,—sur lequel passèrent les soldats du gouvernement avant leur défaite à Bull Run, — on dirait un lac immense; ce qui forme un bel ensemble avec le paysage.
On peut apercevoir Washington à travers les arbres qui couvrent le Red Hill à l'est, et là-bas, à l'horizon, Fil se perd sur les frontières du Maryland, tantôt élevées, tantôt plates. Il y a là encore un aspect enchanteur, celui qui laisse deviner les ombrages d'Arlington.
Un vaste aqueduc réunit Georgetown aux rivages de la Virginie, et les touristes s'accordent à dire que ce paysage est réellement superbe.
Rien n'est plus vrai, car le Potoniac coule à pleins bords, et ses eaux sont plus claires
qu'à 2 milles en aval.
WASHINGTON
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