‹ L'Amérique du Nord pittoresque [microforme]Chapitre 11 sur 211 · LA VALLÉE DU CONNECTICUT · texte numérisé non relu

LA VALLÉE DU CONNECTICUT

our se rendre à Boston par P voie de terre, nous suivons la route longeant le Sound, La première station du railway qui aboutit dans la principale ville du Massachussets est Greenwich, village situé dans un paysage des plus frais, et dont la fondation remonte à deux siècles et demi, On le trouve désigné dans un acte de la convention hollando-anglaise, tenant ses séances à Hartfort comme étant la limite de la province du Connecticut.

C'est non loin de Greenwich que se trouve la « montagne de Putnam », ainsi nommée

en souvenir du courageux soldat porteur de dépèches au général Washington qui, pour

fuir les Anglais acharnés à sa capture, osa descendre à cheväl une pente des plus rapides, — le long de laquelle il eût pu cent fois se briser la tête, — sans s'occuper des décharges de mousqueterie lancées contre lui. On gravit à l'heure qu'il est cette roche, à l'aide de sentiers en zigzags, sans lesquels il serait impossible de monter ou de descendre ce véritable précipice.

Cette histoire d'Isaac Putnam est certainement une des plus extraordinaires que l'on puisse raconter, d'autant plus que ce valeureux compagnon de l'illustre guerrier à qui les États-Unis doivent leur indépendance et leur nationalité, avait été, depuis sa naissance, un des plus hardis champions de la colonie anglaise.

Putnam était né en 1718 à Danvers, un des faubourgs de Salem. Dès sa plus tendre enfance il passait pour un boy sans peur et sans reproche, le premier à l'école, le plus fort aux exercices du corps, le plus hardi parmi ses camarades. Il avait quinze ans lorsque, son père s'étant aperçu qu'un loup-cervier s'attaquait aux troupeaux de sa ferme, il résolut de chercher l'ennemi du cheptel paternel et de le mettre à mort. Un jour ayant suivi le fin voleur par les traces qu'il avait laissées sur la neige, il arriva près d'une caverne sombre et profonde où l'animal avait choisi son refuge. Sans prendre aucune précaution, Isaac Putnam s'aventura dans un boyau où il était obligé de ramper pour aller à l'avant. Lorsqu'il put se tenir debout, il apercut deux yeux ardents qui le fixaient dans l'obscurité. Le courageux garçon tira résolument un couteau de sa poche et se jeta sur le carnassier qu'il larda et tua sur place. Lorsque l'animal ne bougea plus, Putnam, le tirant après lui hors de la caverne, le porta à son père et lui dit :

— Père, soyez désormais tranquille, Jack — c'est ainsi qu'il appelait la bête fauve — ne mangera plus vos agneaux.

En 1755, se trouvant au service dans le régiment du colonel Lyman, sous les auspices duquel il avait organisé un corps de franes-tireurs, il empécha le fort Edwards de sauter avec la poudrière, en se jetant au milieu de l'incendie et en inondant la réserve de munitions, au risque d'être broyé et réduit en morceaux.

Nous ne suivrons pas Isaac Putnam dans toute sa carrière militaire, Nous nous contenterons de raconter deux épisodes caractéristiques de son existence aventureuse. Le premier est celui relatif à sa capture par les Indiens et les Français près de Ticonderaga. Ses ennemis indiens se disposaient à le brûler vivant. Il était attaché au tronc d'un arbre et allait être exécuté, lorsqu'un Français, — le commandant Moland, — l'arracha à la mort et l'emmena à Montréal où, grâce au général Schayler, les honneurs dus à son rang d'officier supérieur lui furent rendus.

Lorsque la guerre de l'indépendance éclata, le général Washington, qui avait su apprécier la valeur d'Isaac Putnam, le nomma un des quatre majors généraux qui devaient commander l'armée des Américains,

Ce fut pendant la campagne de 1779 que, se trouvant à Hoiseneck en présence d'un corps d'Anglais, composé de 1,500 hommes commandés par le major Tryon, il se battit comme un lion et ne céda qu'après cinq heures de combat. Poursuivi avec acharnement, Isaac Putnam ne voulut pas tomber au pouvoir de ses ennemis, Il monta un cheval sur les jarrets duquel il pouvait compter et dont la rapidité était sans pareille. Vingt dragons du corps de Tryon s'étaient mis à sa poursuite, Isaac Putnam se lança en avant, sans cependant fatiguer sa monture, En habile cavalier il comprenait qu'il devait procéder

graduellement. Lorsqu'il eut parcouru un mille et demi, il se jeta dans les vallées de Greenwich et, après avoir franchi les déclivités d'une colline, entra dans une lande couverte de bruyères et d'ajoncs, à l'extrémité de laquelle se trouve le Connecticut. Une fois là, Putnam tourna à gauche, vers la partie basse d'une gorge bordant un sentier qui se dirigeait vers le fleuve, et traversa un bois de pins que l'on voit encore au sommet de cette éminence.

Ce fut à ce moment que la poursuite devint très intéressante, car il se trouvait sur un terrain découvert, et il était facile de distinguer le major général américain et ceux qui le poursuivaient, Putnam semblait voler sur les bruyères, tandis que ses ennemis faisaient retentir les airs de leurs cris et tiraient sur lui sans l'atteindre. Ce spectacle était réellement extraordinaire,

Une partie des dragons du roi avait abandonné la partie : il n'en restait plus que sept sur vingt; mais ces sept hommes bien montés ne semblaient pas vouloir abandonner la partie. Leurs chevaux ruisselaient de sueur, mais ils conservaient une allure énorme. La bête sur laquelle Putnam était assis avait plus de vitesse que celles des dragons, et le major général américain passait pour un cavalier exceptionnel, Sa légèreté, provenant d'une juste répartition du poids de son corps, ne nuisait pas à la solidité de son assiette, et il s'arrangeait de façon à éviter tout effort, toute gène à son cheval. C'était un spectacle sans pareil que celui de cette poursuite obstinée, pendant laquelle les coups de feu retertissaient à divers intervalles sans atteindre ni le cavalier ni sa monture.

Putnam était parvenu sur la cime du Horseneck, qui ne s'appelait pas ainsi à l'époque où se passe notre récit. Deux routes s'ouvraient devant lui : une qui descendait au fond d'une vallée profonde; l'autre, qui était un véritable précipice, le long de la paroi presque perpendiculaire de la montagne. D'un côté c'était la capture, de l'autre c'était la mort. Putnam se dit qu'il valait mieux mourir en héros que tomber aux mains de ses ennemis.

Sans hésiter un seul moment, l'audacieux enfant de Salem tourna à droite et arriva, en quelques enjambées de sa monture, sur la cime de la montagne. Il pensait que la bête allait faire un saut et retomber dans la vallée au-dessous. Mais quel ne fut pas son étonnement lorsque le brave cheval, sans quitter le sol, descendit le long de la déclivité vertigineuse, tandis que lui se tenait complètement renversé en arrière sur la croupe?

Comment l'officier et le cheval arrivèrent-il en bas sans se casser le cou? Nul ne saurait le dire; mais ce qu'il y a de certain, c'est que Putñam était sain et sauf, que Île vaillant quadrupède n'avait aucun mal, et qu'après avoir soufflé ct reniflé pendant quelques minutes, il continuait à courir sur les bords du Connecticut, qu'il traversa un quart d'heure après pour rejoindre l'armée américaine.

Putnam était sauvé, Il n'avait pas reçu la moindre égratignure; son chapeau seul fut percé par une balle. :

Lorsque la guerre fut achevée, le major général Putnam fur nommé par Washington,

-élu premier président de la République des États-Unis; — ministre de la guerre, — secretary of war — du gouvernement.

Quelques années plus tard, le compagnon du héros de l'indépendance américaine se retira à Brooklyn, car il était perclus de rhumatismes et ne pouvait plus marcher sans l'aide d'une petite voiture,

ne

Le té

\ Lorsque Putnam mourut, ses compatriotes inserivirent sur sa tombe la devise

suivante :

HE DARED TO LEAD WHERE ANY DARED TO FOLLOW Il osait conduire où nul n'osait le suirre

Le portrait du premier secrétaire d'Etat au département de la guerre de la République américaine est placé au Capitole de Washington, parmi les héros de cette mémorable guerre de lindépendance.

Arrétons-nous au hameau de Stamford, dont l'ancienneté est encore très grande et qui, en quarante ans, est devenu un centre d'habitations très important

Là encore, les négociants de New- York se sont emparés des hauteurs pittoresques pour y construire des maisons de campagne où ils passent la saison d'été. Les demeures de ces nabab: sont cClégantes et leurs alentours Coquettement plantés. A

Shippen Point, un pen plus loin sur les bords du Sound, l'hôtel « Ocean House » attire la foule des baigneurs et des oisifs. C'est là que se dresse Î: célèbre rocher « Pound Rock », dont la couleur sombre tranche avec 1à couleur glauque de l'Atlantique

C'est à Norwalk que les amateurs d'huitres se délectent en savourant les bivalves les plus exquis du monde, On accourt de bien loin à Rotton Point pour y faire des parties de plaisir et des agapes fraternelles.

On peut admirer de Wilson Point, —un site placé de l'autre côté de l'anse maritime — les iles de Norwalk — et la tour ruinée « Ancient Landwark, » que le gouvernement a fait restaurer pour Cterniser le souvenir des guerres du siècle passé,

Du côté nord du chemin de fer, voici Norwalk, qui fut brûlée par les soldats hessiens en 1779 ct reconstruit plus tard. À quelques milles en avant, se trouvait autrefois un célèbre marécage appelé le « Sasco SWanp » : c'est là que furent soumis les Indiens Pequots par les troupes anglaises du Massachussets. A vrai dire, tout le long de cette côte du Sound, les souvenirs historiques foisonnent; on les compte par centaines et tous

mentionnent des événements d'une haute importance dans l'histoire de l'indépendance,

Voici « Southport», ruiné par le cc-

lèbre Tryon en 1770, suivi par «Black Rock, dans le comté de Fairfield, dont la verdure et la fertilité sont proverbiales.

Bridgcport, où arrive le chemin de fer, est à cinquante-neut milles de New-York, Placée sur les bords du Sound, à l'embouchure de la rivière Pequannock,

la ville s'élève sur le territoire

qui était autrefois au pouvoir des Indiens Pangassett, complètement oubliés et disparus depuis longtemps. La population de cette ville compte vingt mille âmes. Les manufactures, les fabriques de machines à coudre, d'armes de guerre, de cartouches, de voitures, de vêtements imperméables, donnent de l'occupation constante à une populationouvrière très nombreuse, Le touriste LA VALLÉE DU CONNECTICÈUT ne peut oublier la promenade du « Seaside Park » qui longe la mer et dont les points de vue sont réellement splendides. Le Golden Hill de Bridgeport est une rue bordée de maisons particulières de la plus belle architecture

A trois milles plus loin, la voie ferrée coupe en deux Stratford, un ancien village où la civilisation industrielle n'a pas encore détrônéles vieux souvenirs et les habitudes d'autrefois. Une forêt d'ormeaux séculaires abrite les demeures rustiques des citoyens paisibles de ce coin de terre qui borde la rivière Housatonic, à l'embouchure de laquelle s'élève un phare dont l'architecture ne date pas d'hier.

Nous passons à cinq milles en avant, à Milford, où les wagons traversent la rivière Wap O'Wang, dont les eaux argentées coulent sur un lit de cailloux et reflètent les arbres verts penchés sur des îlots sablonneux. On a élevé en cet endroit un monument à la mémoire de nombreux soldats qui ont perdu la vie en 1777.

A sept milles de distance, le voyageur, arrivé à New Haven, peut s'arrêter et laisser le convoi, quitté à en reprendre un autre quelques heures plus tard, Il doit visiter « Savin Rock », du sommet duquel la vue est enchanieresse,

La ville des Ormeaux — City of Elms — c'est New Haven, et on appelle ainsi ce centre de population à cause des nombreux arbres de cette essence que l'on rencontre à chaque pas et dont la taille est monumentale. Du côté de Yale College, il y a, entre autres, l'avenue gothique, formée par les branches de ces ormeaux et qui n'a rien de pareil au monde, C'est une église de verdure, sous laquelle, aux temps chauds, se promènent les Cinquante mille habitants qui peuplent cette cité, qui se targue, avec juste raison, de l'importance de son institut d'éducation, rival de celui de Cambridge en Angleterre.

Divers embranchements de chemins de fer, des manufactures importantes, un commerce suivi avec les «iles sous le vent » du golfe du Mexique, donnent une grande animation à ce pays béni du ciel, où les heureux du siècle se sont fait bâtir des villas élégantes dans le voisinage de la ville. Parmi les promenades à visiter on cite les. « East and West Rock » : sorte de falaise située au centre d'une plaine dont le sommet et les déclivités sont couverts d'une végétation luxuriante, La vue, sur la cime de cette montagne, domine toute la vallée du Connecticut et l'immensité du Sound. On trouve en ces lieux une auberge et une caverne qui, en 1661, a servi de refuge aux deux régicides célèbres Gotle et Wholley.

La prise d'eau qui alimente New Haven est située à West Rock où est creusé un lac de soixante-cinq acres d'étendue; c'est de là que coule l'eau pure qui vient arroser le Maltby Park, promenade de huit cents acres, très bien plantée et à laquelle on apporte tous les jours de nouveaux embellissements.

Du sommet de « Fort Hill», le touriste qui a eu le courage de gravir les pentes abruptes qui y conduisent, jouit du spectacle d'un superbe panorama.

A cinquante milles au-dessus de New Haven, l'on arrive à New London : non loin de là se trouve Fair Haven, dont les coquillages «dibles sont très renommés dans tout le territoire voisin, voire même à Boston et à New-York.

L'abondance des mollusques à Norwalk a donné l'idée à divers spéculateurs d'établir en cet endroit des manufactures d'huitres conservées — Pickled Oysters. — Ces usines, assez vastes, occupent un grand nombre de femmes et d'hommes, qui, les unes sont employées à la préparation culinaire de ces exquises habitantes du Sound; les autres à la fabrication des récipients en fer-blanc, à la soudure, à l'ébullition, à l'étiquetage et à l'emballage des hoîtes de conserves expédiées dans toutes les parties du monde. Les « Pickled Oysters » américaines ont une réputation universelle justement méritée.

Rien n'est plus simple que la préparation des mollusques du Sound. Les huîtres draguces dans les baies du bras de mer qui s'appelle l'East River, le Sound et le Connecticut Harbour sont apportées au rivage par les bateaux d'où on les transborde sur des wagons lilliputiens, dirigés à force de bras vers l'établissement où se fabriquent ces conserves alimentaires, Les bivalves sont alors plongés dans de l'eau bouillante, où ils cuisent à moitié. Jetées sur de grandes tables de bois, ces huîtres sont ouvertes par des femmes : leur chair, extraite avec soin, tombe dans un récipient de terre vernie avec l'eau salée qu'elle contient, Cette opération terminée, d'autres femmes remplissent les boîtes de ferblanc dans lesquelles les huîtres sont placées, en les humectant avec le jus qu'elles ont rendu, Reste alors la soudure et l'immersion dans un bain d'eau Chauflée à ébullition qui donne les moyens de découvrir le moindre défaut dans la fermeture des récipients. Cette épreuve achevée, les huitres sont prêtes à être livrées aux consommateurs,

Les mollusques de Norwalk sont aussi célèbres aux États-Unis que les «rouges de rivière » — Canwas Back Ducks — de la baie de Chesapeake, voisine de Charleston, ou les tortues vertes à écailles diamantées de la Floride,

On raconte qu'en 1852, lorsque Tackeray vint visiter l'Amérique du Nord, Îles Américains, qui avaient organisé une réception en l'honneur du célèbre romancier, lui réservèrent une surprise à laquelle celui-ci se montra très sensible.

Longtemps avant l'époque où ‘Fackeray avait pris la résolution de traverser l'Atlantique, cet écrivain anglais, causant avec un visiteur venu de New-York à Londres, s'était enquis de la grosseur des mollusques américains, dont on lui avait vanté la taille et le goût exquis. Cette conversation fut répétée et un des préparateurs de la réception imagina de se procurer des huitres énormes que l'on avait pèchées à Norwalk et qui étaient parquées en cet endroit comme une curiosité bonne à montrer aux touristes passant du côté des parcs.

On choisit six bivalves géants que l'on étala chacun dans une assiette — dont il occupait la profondeur — et on aligna ces assiettes devant la place désignée à l'hôte

illustre de l'Amérique. Celui-ci ne put s'empêcher de s'extasier à la vue de ces mastodontes de l'espèce; mais comme il croyait impossible d'avaler d'une seule aspiration une seule de ces huîtres sans la couper, il se contenta de les admirer et choisit de petits coquillages dans l'assiette de son voisin. Pressé de goûter à ceux qui lui avaient été réservés, Tackeray se vit forcé de s'exécuter : il fit un eflort, ouvrit la mâchoire de la facon la plus démesurée et avala cette bouchée extraordinaire. On crut d'abord qu'il allait étoutler, mais tout se passa de la façon la plus régulière. Seulement quand on pria de nouveau l'écrivain de passer au numéro deux, il sourit avec grâce et dit à ses hôtes :

« Mille remerciments, messieurs, excusez-moi, Je ne pourrais faire ce que vous désirez. Il m'a semblé tout à l'heure que j'avalais un petit enfant. »

Toute l'assemblée éclata d’un rire homérique.

La baie de Norwalk est certainement la plus productive en huitres de tout le territoire américain, Là et dans la Virginie sont les dépôts naturels de l'ostréiculture des États-Unis. On évalue à plus de 800,000 boisseaux la récolte annuelle de ces coquillages.

Le gouverneur Wise fut le premier qui fit comprendre à ses compatriotes les immenses ressources qu'ils trouveraient dans l'exploitation de ces bancs que la nature du terrain maritime avait fait croitre dans les parages des rives du Connecticut et de la Virginie. Il

proposa ensuite au Congrès de voter un impôt sur le

commerce des huitres pour la consommation des villes, et ce ne fut qu'après une longue insistance

qu'il vit sa proposition accucillie, Ce prévoyant légis

lateur, à qui Fon avait donné le sobriquet de Od l'undum, prouva qu'il avait eu raison de chercher à arriver à ses

fins. À l'heure actuelle, lim-

pot sur les huîtres rapporte au gouvernement américain plus de 5,000,000 de dollars par an dans toute l'étendue de l'Union américaine

Rien n'est plus curicux que de voir des flotilles de bateaux — pungies — qui sillonnent la baie du Sound pour procéder à la récolte. Plus de 4,000 hommes sont tous Îles jours occupés à ces travaux de pêche. Chaque bateau paye trois dollars par tonne, et chaque homme est taxé à huit dollars par an pour sa patente : on délivre au bateau un numéro d'ordre, lequel doit être peint en gros caractères sur la voile, En cas de Contravention, une amende, qui varie de 100 à

500 dollars, est infligée à chaque embarcation prise en défaut

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