‹ L'Amérique du Nord pittoresque [microforme]Chapitre 139 sur 211 · LA PASSE SOUTHWEST ET LÉ PHARE SÉMAPHORE · texte numérisé non relu

LA PASSE SOUTHWEST ET LÉ PHARE SÉMAPHORE

ces talus poussent par places des buissons au pied desquels les vagues s’en vont mourir. Après avoir parcouru, en re nontant, un espace de 15 à 20 milles, quand vous vous hasardez à demander à un matelot si le steamboat navigue sur le grand Mississipi, si celui-ci vous répond que vous vous trouvez sur une des quatre passes du fleuve, vous en

croirez à peine vos yeux. Mais tout à coup un immense lac se déroule devant vous : c'est là

le fleuve, sa surface brille aux rayons du soleil comme le ferait une coulée de bronze ou d'acier,

A droite, à gauche, la végétation exubérante ébahit le spectateur. Les rives basses sont couvertes de fougères et, çà et là, d'arbres rabougris, aux troncs noueux. Plus loin l'horizon est borné par la forêt sombre et drue.

Si l'on éprouve d'une part une tristesse bien facile à comprendre en face du spectacle monotone qui vous entoure, d'un autre côté, on ressent comme un sentiment de joie en se disant que l'on vogue sur les eaux d'un fleuve renommé, Plus on remonte le courant, plus cette impression grandit. Les bihoreaux se lèvent en poussant des gémissements lugubres; les sauvagines s'envolent en exprimant des cris de terreur, et si vous naviguez à la tombée de la nuit, il vous semble que le navire se meut à travers un vaste désert, C'est à peine si vos yeux perçoivent les murailles à fleur de terre des forts Jackson et Saint-Philippe, et encore

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