‹ L'Amérique du Nord pittoresque [microforme]Chapitre 176 sur 211 · LES ROCHERS DES SORCIERES, DANS LE CANON WEBER · texte numérisé non relu

LES ROCHERS DES SORCIERES, DANS LE CANON WEBER

E présent chasse le passé avec tant de rapidité sur le sol américain que la génération L actuelle paraît être un débordement, si on la compare à la petite quantité de héros qui se risquaient autrefois, au péril de leur vie, sur le pays inconnu des Prairies du Lointain- Ouest.

De nos jours, le touriste qui veut traverser le vaste désert d'autretois, prêt à être complètement défriché et cultivé, partout où ce sera possible, n'a plus qu'à préparer sa malle, dans laquelle il lui sera loisible de placer toutes les inutilités voulues, 11 se procure, — moyennant finance, — un billet imprimé sur carton, afin d'avoir droit à une place dans un de ces wagons rembourrés de la fenêtre duquel il pourra contempler à loisir les aspects étranges de la Prairie immense et des curiosités qu'elle contient,

Toutes ces facilités, on en conviendra, ne ressemblent en rien aux préparatifs particu= liers que faisaient les excursionnistes du siècle passé, et même des trente premières années de notre ère, quand ils songeaient à se risquer sur la rive gauche du Mississipi, I leur fallait mettre leurs pistolets en état, se procurer d'excellents chevaux, s'entrainer euxmêmes à la fatigue, et quand tout était en ordré, on partait, en disant adieu à ses amis, sans savoir si on les reverrait.

En 1847, lorsque nous entreprimes, pour la première fois, ce voyage du Lointain- Ouest, nous avions formé une caravane composée de dix compagnons et de sept guides faisant l'office de gardes du corps, de cuisiniers, de valets de chambre, On nous appela les « Argonautes », quand nous quittâmes Saint-Louis, et la charrette sur laquelle on avait placé nos provisions reçut le sobriquet de Schooner, ce qui veut dire goëlette, En effet, ce chariot couvert de toile blanche remplaçait avec avantage le chameau, que l'on est convenu de nommer « le navire du Sahara »,

Quoiqu'en 1879, le wagon traîné par des mules ait à peu près disparu de tout programme d’excursion dans les Prairies, l'aspect du désert du Nebraska ou du Missouri n'est pas encore changé.

D'ailleurs, à cette heure, la voie ferrée coupe simplemsnt les Prairies en ligne presque droite et tout ce qui s'étend au nord et au sud, en dehors du tracé, est encore aussi peu connu que l'intérieur de l'Afrique.

De nos jours on attache un sens tout autre aux Plaines, autrement dit aux Prairies de l'Ouest, que celui qu’on donnait au siècle passé à ce même territoire. Chacun sait que la contrée ainsi désignée, commence à la bordure des États de l'Ouest et finit à la base des Montagnes Rocheuses; mais déjà un grand espace de terrain est en pleine culture de céréales. On y rencontre des fermes admirablement cultivées, quelques grands centres do population; en un mot, ce pays ne ressemble plus à celui qui, jadis, passait pour être le séjour des aventures et … des aventuriers.

A notre avis, les limites du désert américain ont été reculées bien au delà des rives gauches du Mississipi, plus loin même que le Missouri, et le voyageur qui part du pays de l'Est, quelque civilisé qu'il soit, se sent chez lui jusqu'à ce qu'il ait franchi les marécages de Council Bluffs. Tout ce qu'il voit lui paraît être, à peu de chose près, semblable à ce qu’il connaît et ce n'est que quand le sifflet de la locomotive du Pacific Express, à bord duquel il a pris passage, a franchi Omaha, qu'il se trouve vraiment lancé vers une contrée toute nouvelle, dans la plaine immense du Nebraska.

Cette route ferrée qui s'élance à travers les vastes solitudes de l'Ouest est non seulement le seul chemin praticable, contigu à celui qui servait jadis aux pionniers, mais c’est encore le plus favorable à l'examen des curiosités que renferme ce pays.

Le chemin de fer du Pacifique traverse les prairies dans les endroits les plus curieux, tels que les terrains fertiles et le sol couvert d'alcali, puis les frontières extrêmes des

LES PLAINES ET LES SIERRAS, 609 pionniers, les buttes, les ilots-oasis, et enfin les terres où les points de vue abondent, et ils sont nombreux sur ce territoire,

Si l'on examine avec soin l'horizon dans la direction du sud, c'est-à-dire vers le golfe du Mexique, le pays plat règne toujours, tandis que vers le nord on n a d'autre paysage à examiner que les collines du Haut Missouri qui rernontent jusque vers les frontières du Canada.

C'est au milieu de ce pays immense que les ingénieurs américains ont posé les rails du « Pacific », Cette route, pareille à une rivière, s'étend à travers la plaine et est rejointe, vers la moitié de son parcours, par le chemin de fer du Kansas.

Omaha, — station bizarre, qui ressemble fort à toutes celles que l'on trouve dans le monde entier, aux frontières des pays inconnus et inexplorés, — est élevée sur les bords fangeux du Missouri, On dirait que cette bourgade voudrait retenir le voyageur qui se dispose à la quitter, mais c'est en vain : Omaha n'est qu'un lieu de passage, et celui qui y aborde ne pense plus qu'à s'éloigner au plus tôt : aussi chauffe-t-on la machine pour repartir plus vite, À cette station on éprouve la nème sensation que celle du pionnier qui, se rendant dans le Far West, abandonnait autreinis « ogni speranza » en prenant son point de départ de la base des collines d'Omaha.

Ce terme de « vallée », employé dans ces plaines que l’on croirait tout à fait plates, est un vrai contre-sens, Ce qui n'empêche pas qu'on se serve de cette expression pour nommer la déclivité au fond de laquelle coulent les ruisseaux; r1ussi les voyageurs qui traversent la solitude vous disent-ils, avec autant de calme que s'ils venaient de franchir les cañons des Montagnes Rocheuses, qu'ils ont passé à travers la vallée de la Platte ou celle du Papillon. Et ces deux creux peu profonds se trouvent à peu de distance du Missouri, dans un terrain aussi uni que celui de la Beauce,

Le chemin de fer tourne au nord-ouest d'abord, pour se diriger ensuite vers l’ouest et l’on a sous les yeux un torrent, si l'on passe là pendant l'hiver ou au printemps, ou bien un lit encaissé et sablonneux, si l’on voyage dans le cours de l'été. La route ferrée suit ce courant d'eau, ou ce lit de petits cailloux pendant plus d'une journée, et, ni au nord, ni au sud, l'horizon n'est changé. Il n'y a rien, rien! absolument rien à examiner. C’est à peine si, de ci, de là, on voit une cabane et quelques trappeurs. Vient ensuite la verdure, assez belle au printemps, desséchée en automne. Enfin, à l'horizon, se montre le fort Kearney, la rivière Plum et Mac Pherson, toutes stations renommées il y a trente ans, quand la végétation avait attiré le pionnier de cette époque. Du reste, ce pays est toujours désert, Il est entrecoupé par des ravins sans nombre.

Peu à peu le sol devient plus fertile : on approche du pays que l'on appelle le Wyoming. h

Dans les temps reculés, non loin des abords de ce chemin de fer, on voyait debout deux ou trois « villes ambitieuses » dont il ne reste plus que des ruines. Ce sont là des excentricités de la Prairie, car ces constructions autrefois célèbres, sont à cette heure complètement oubliées, Rien n'est plus triste que de voir encore debout les murailles en adobe — terre battue — de ces maisons primitives, quand ceux à qui elles servaient d'abri sont ensevelis à quelques pas, sous leur seule garde, car les derniers existants de la colonie se sont enfuis abandonnant ces pauvres diables occis par la balle d’un revolver, ou l'entaille fatale d’un bowie knife.

De. A à d" me. 7 ! 2, 2 na we : © MA % D CN ÉLUS, à val *y # ”

Dès que l'on a passé par-

dessus les frontières du Wyoming, on pénètre dans un pays nouveau, Ce n'est point que la Prairie ait cessé, mais ce pays plat est gardé à vue et bordé par les Montagnes Rocheuses dont les éperons descendent jusqu'aux abords de la voie ferrée.

Lorsqu'on a dépassé l'oasis civilisée de Cheyenne, le paysage prend un aspect plus sombre et si, par chance, on arrive à la petite station de Médecine Bow, à l'heure du coucher du soleil, quand cet astre va disparaître LES DUTES DE LA RIVIÈRE VERTE: derrière le North Fork — la Fourche

7 LES PLAINES ET LES SIERRAS, ot

du Nord — de la Platte, le territoire présente un aspect lugubre. Les plaines de Laramie viennent d'être franchies : on les a laissées au nord, Quelques collines détruisent la monotonie de l'horizon, et l'on aperçoit à droite et à gauche, ces buttes, semblables à de vieilles tours, qui se détachent sur le ciel bleu,

Dans le nombre de ces Buttes, celles que l'on nomme Æed sont les plus pittoresques et les plus curieuses à examiner. Elles sont groupées, comme le seraient les forteresses des Titans, et leurs tours, leurs murailles, sont hissées sur la cime des montagnes semblant défier la destruction et les coups de tonnerre,

Parmi les roches bizarres de ce paysage on remarque celles du nom de Dial Rocks, ornées de quatre piliers frustes surmontés d'une construction factice,

Tout autour de ces montagnes tuillées par la main de la nature, à dater de l'endroit appelé Wyoming, sur la rivière Bitter, où l'on montre quelques fermes de pionniers et un poste de soldats, le sol est dénudé et tout à fait improductif, La végétation unique se compose de sauges qui poussent sur un terrain saupoudré d'alcali, ce qui rend l'aspect de la plaine très monotone, C'est seulement sur la montagne que les arbres se montrent par-ci, par-là.

Mais dans les environs de la Rivière Verte, le feuillage reparaît sur les montagnes qui bordent l'horizon, plus particulièrement le long des bords de ce courant d'eau, On retrouve encore dans ces parages la forme pittoresque des Buttes, mais l'on n'a plus à subir ce panorama uniforme et sans point de repère, on ne se croit plus, comme auparavant, au milieu d'une vaste mer de sable ou de terre desséchée. Vers le nord, se détachent sur l'azur les montagnes du Wind River, — la Rivière du Vent, — Dans la direction du sud, ce sont les Wintah Mountains qui attirent les regards.

A très peu de distance du chemin de fer, se dressent les Buttes Noires, qui ont 100 pieds d'élévation et se terminent par des tours côtelées monumentales, Non loin de là, on aperçoit aussi des colonnes debout, en pierre meulière, dont l'une a été nommée le Pilote. Dans toute l'étendue de ces parages, ces spécimens de l'architecture de la nature se rencontrent à chaque pas, On dirait que ces fortifications de géants sont autant de postes considérables élevés sur ces montagnes pour défendre le chemin de fer contre les attaques des Peaux-Rouges, où plutôt on s'imaginerait qu'une nation de géants a jadis habité ce territoire et que ces rochers sont autant de monuments funèbres élevés à la mémoire de leurs chefs et à leurs grands hommes.

La Butte de l'Église est la plus grande de toutes ces buttes; elle est formée par une masse de piliers de pierre, et on l'aperçoit au delà de la station de Bryan. C'est une masse de rochers superposés, dont la cime forme un dôme et qui semble être en ruin?, comme le sont les monuments de Palenque ou autre, dans le Yucatan.

Ces montagnes illustrées sont à notre avis les restes de la formation du globe; les eaux, les sables, tournoyant, raclant, festonnant autour de ces grandes masses sont les architectes que la nature a employés pour ces constructions imagées : c'est pour cela sans doute que l'on a nommé ces rochers : les Monuments des Dieux.

Ces points des Prairies de l'Ouest où les montagnes, se croisant du nord-ouest au sud-est, semblent défendre les abords des prairies, sont réellement très curieux à visiter.

‘Tandis que le chemin de fer avance à travers les cimes de ces buttes, le voyageur a franchi « l'Épine dorsale » du contir' nt américain, le long de laquelle s'écoulent les eaux

qui descendent d'un côté ou de l'autre, pour se jeter dans le Colorado, lequel, à son tour, se déverse dans le golfe de la Californie.

C'est à Sherman, — que les citoyens, habitant le village et ses environs placent à la tête de toutes les stations du Pacific Railway, — c'est à Sherman, disons-nous, — que le touriste parvient à la plus grande élévation du passage dans les Montagnes Rocheuses. Ce petit village est situé à 8,235 pieds au-dessus du niveau de la mer, On ne comprend vraiment pas, quand on se trouve là, que l’on soit grimpé si haut, mais il faut se dire que la montée s’est faite graduellement et que ce paysage n'a rien qui ressemble à celui que l'on est accoutumé à voir dans les Alpes et les Pyrénées.

Une des particularités de ces sites des Montagnes Rocheuses qui étonne les voyageurs, c'est qu'ils ne rencontrent nulle part de pics pelés et couverts de neige, sauvages et hor-

-ribles à voir.

Ceux qui ont visité la Suisse et qui se rappellent ce qu'ils y ont vu, ne trouvent rien de semblable dans ces parages. Ce sont les plaines qui s'élèvent graduellement : on ne quitte point ces parages pour gravir des rochers. On est parvenu là, en traversant des champs couverts d'herbes vertes, d'une étendue de plusieurs centaines de milles, et le paysage n’a point changé d'aspect.

A 50 milles en avant de Sherman, la montée a été à peine appréciable par le voyageur. Mais, après avoir dépassé cette station, la descente commence. C'est alors que celui qui rêve au train «ultra rapide» comprend qu'il y aurait un danger réel à recourir à une vitesse pareille pour continuer la route. Et pourtant il subit ce danger, car le convoi court à la façon du tonnerre. On dirait que l’on dégringole le long d'une pente glissante, sur la glace d’une montagne russe, ou même du faîte d’une maison,

Il n'est pas rare de voir certains passagers se tenir sur la plate-forme d’un wagon pour jouir de cette sensation vertigineuse, en se cramponnant au balcon ou aux ferrements afin de ne pas être renversé quand un choc se produit.

C'est de cette façon que le convoi s'avance. Il est parvenu à la Butte de l'Église, au delà de Bryan, et traverse la rivière Verte, près de l'endroit où les émigrants d'autrefois passaient à gué le ruisseau, souvent devenu torrent, —ce qui n'était point ators très facile, — pour retomber au milieu des prairies, au sol couvert d’alcali et de rares plantes vertes.

A la station de Bryan, on montre une route, — sorte de chemin de traverse, — qui se dirige vers le nord-est,vers la contrée minière de Sweet Water, — les Eaux Douces, — sise à 100 milles plus loin. Les travailleurs ont dépensé des sommes folles pour découvrir du plomb qui semble ne pas vouloir se laisser trouver.

Le convoi du chemin de fer s’avance au delà de la rivière Verte, en suivant les méandres d'une vallée arrosée par un torrent qui prend sa source dans les montagnes Wintahs. Après avoir laissé, sur le côté du sud, le Fort Bridges, la machine traverse le vieux chemin des M rmons et pénètre dans l'Utah,

Quelques coups de roues de plus et le touriste est amené au milieu des paysages remarquables de Sierras lointaines et sauvages de l'Amérique du Nord.

De même que, sur le grand fleuve du Rhin, les rives qui s'étendent de Mayence à Cologne sont considérées comme les plus pittoresques du parcours, de même, la portion de territoire sur lequel passe ie chemin de fer du Pacifique, entre Wasatch et Ogden, au

nord de l'Utah est, sans contredit, celle qui attire l'attention des amateurs de paysages bizarres et dignes d'être vus.

Sans avoir la grandeur de ces tableaux de la nature que l’on remarque dans les parages de l'Ouest, ce spectacle est unique au monde : impossible de rencontrer rien de pareil dans l'univers entier. L'époque où les Américains et autres voyageurs seront blasés sur le plaisir d'un voyage de New-York à San Francisco n’est pas encore arrivée, car le paysage dont nous parlons sera toujours celui qui conservera la plus grande attraction pour tous ceux qui ne le connaissent pas, voire même pour ceux qui l'ont déjà contemplé.

A la distance d'environ 2 milles de la station de Wasatch, dans la direction de l'ouest, le chemin traverse un tunnel qui mesure 800 pieds de longueur. C'est le couloir obscur dans lequel l'amateur qui va visiter un panorama est obligé de passer, pour être mieux disposé à admirer le tableau qui lui sera montré.

En eflet, au débouché de ce souterrain, on peut contempler un pays ravissant : celui de l'Utah, et le convoi s'avance à travers une riche vallée qui sert d'entrée au cañon de l'Écho, Au centre de ce passage coule la rivière de Weber, ombragée par de beaux arbres dont l'aspect efface le triste souvenir de ces prairies monotones que le touriste vient de traverser. On dirait une oasis ensevelie au milieu d'un Sahara.

Debout, à l'entrée du cañon de l'Écho, se dresse le rocher connu sous cette appellation : Castle Rock, l'une des plus extraordinaires constructions de la nature que l’on ait jamais vue. Il n'y a pas à s'y méprendre, il est impossible de le nier, cette masse granitique représente de loin, comme décor, un château démantelé. Entre deux énormes tours dont les créneaux avaient disparu, on voit une grotte de forme ogivale, ressemblant à la voûte du manoir, privée de sa porte de chêne et de son pont-levis. Les pierres sont amoncelées, en forme de débris éparpillés par la mine, ou renversées par la canonnade. Ceux qui ont visité le château d’Arques, près de Dieppe, se feront une idée véritable du Castle Rock, avec cette seule différence que le château de l'Écho Cañon est six ou huit fois plus élevé. Le premier serait le manoir de la Belle au bois dormant, et le second, — l'américain, — la forteresse de l’'Ogre géant. Elle est là, debout, cette ruine grandiose qui date de la formation du globe terrestre, tandis que les constructions de l'homme ont à peine quelques siècles d'existence!

Au delà de ce tableau curieux, la voie ferrée se glisse dans le cœur mème du cañon, sorte de gorge étroite dominée par de grandes murailles de pierre, des fissures gigantesques, au-dessous desquelles coule une rivière d’une limpidité pareille à celle de l’eau de source. Cette vallée sinueuse offre au touriste une série de paysages qui le transportent et lui arrachent quand même des cris d’admiration. A divers intervalles, L: grande muraille est scindée en deux, et laisse voir un coin du territoire que la rapidité du convoi ne permet pas de contempler assez longtemps.

Tous ces endroits du parcours ont leur histoire curieuse à raconter. Voici Hanging Rock, — le Rocher Suspendu, — du haut duquel le chef des Mormons, Brigham Young, s'adressa à ses adeptes découragés, après leur long voyage à travers le désert et leur promit la terre de Chanaan, qui se trouvait, disait-il, — sans le savoir d’une façon cer-taine, — à très peu de distance.

Cette vallée, couverte de roches, est réellement bizarre, fantastique quand on la voit

par la fenêtre d'un wagon du chemin de fer: que devait-elle donc être, contemplée par des milliers de fanatiques suspendus aux lèvres d'un chef, aux paroles duquel ils croyaient, comme les catholiques au Christ et à la Vierge!

A 3 milles plus loin, on trouve un souvenir de cet exode des Mormons : c'est un fort ruiné, placé sur la cime d'un rocher, que les troupes américaines étaient venues occuper sous la présidence de Buchanan. Ces soldats avaient été envoyés pour disiper

le rassemblement des Mormons et ils se virent forcés de reculer sans avoir agi, Ce sou-

venir historique nous a paru bon à consigner à cette place.

it

Page 1