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LA CALIFORNIE DU NOK

Le tracé du chemin de fer en cours d'exécution passe au milieu de l'épaisse forêt du allon de Pitt River. On parvient à cet endroit en se hissant de vallées en vallées ensoleillées, bordées de collines ombragées par des chênes. Un peu plus loin des pins remplacent ceux-ci, puis vient la région granitique dont les roches bleuâtres se dressent à 3,000 pieds et prennent des formes essentiellement fantastiques. Ces roches que les Américains a appelées castellated, C'est-à-dire en forme de château, ressemblent véritablement à des constructions féodales démantelées, dans les interstices desquelles des arbres ont poussé et offrent l'aspect d'un drapeau laissant flotter au vent la toile verte dont il est formé. Les cris des aigles qui ont bâti leurs aires sur ces cimes ajoutent encore à la ressemblance dont nous parlons, On dirait des appels de guerriers se défiant aux combats.

L'aspect général de cette chaîne de montagnes est fort comparable à celui des Alpes, et l'on se plait à laisser sa vue s'égarer sur ces pics neigeux, dont la base est enfoncée dans un buisson de verdure éclatante.

Ce que l'on remarque surtout dans les arbres de cette Californie du Nord, ce sont leurs troncs ressemblant à des colonnes sarrasines, car ils atteignent souvent 150 pieds sans porter aucune branche et leur cime ombreuse est aussi dorée que si elle avait été passée au procédé Ruolz. Ces pins, d'une essence particulière, se nomment « sugar pines » ; on les trouve souvent côte à côte des «sequoias » géants. Certains d'entre eux mesurent 130 pieds à la base; leur hauteur varie de 300 à 350 pieds.

Quoique la chaine des montagnes de granit et de pierre calcaire s'allonge majestueuse et non interrompue, le long de la rivière Pitt, la forêt de pins s'arrête à cet endroit. La vallée s'élargit et le sol redevient une vaste prairie. C'est là le campement favori des Indiens qui sont connus sous le nom de Pitt Redskins et dont les tentes de peaux se dressent au milieu des herbes, hautes de plus de 6 pieds. Parmi les essences d'arbres qui couvrent les bords de la rivière, on montre les « manzanites » et des érables à sucre : les sapins et les cotonniers forment ensemble des bosquets compacts.

La rivière roule ses eaux avec une grande rapidité, mais elle n'est ni profonde ni large. Les saumons se trouvent en si grand nombre dans ce courant d'eau qu'ils montent les uns sur les autres.

Le pays de Pitt River, ou plutôt, d'après les géographes, le Haut Sacramento, est complètement désert. On y retrouve, comme dans tout ce pays sauvage, des lacs nombreux, des roches pelées, ou terminées en forme de châteaux forts : on se croirait revenu en plein pays d'Adirondack.

Vers le sud et du côté de l'est, le touriste rencontre les montagnes de Fer, dont les gibbosités renferment un minerai qui vaut de l'or et qui enrichira les générations futures. Les Indiens qui habitent ce territoire donnent à cette heure beaucoup de tablature aux autorités civiles et militaires du pays. Ils se sont réunis aux trilus de Modoec et de Rogue River pour attaquer les pionniers colons. Si l'on peut arriver sans danger devant les campements pittoresques de ces sauvages, on trouvera chez eux une saleté immonde. Les squaws sont horriblement laides : leur occupation constante est de couper en deux les saumons et de les faire sécher et fumer pour la provision d'hiver. Les enfants à la mamelle sont emmaillottés et portés sur le dos de leurs mères. Ce q: ‘il y a de particulier chez ces babies, c'est qu'ils ne crient pas et regardent les étrangers avec des yeux ardents.

A dater de l'endroit appelé vallée de Pitt, le chemin traverse une forêt de pins de

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