Chauffaud^ pour échafàad; Tiers (corruption normande
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du régime des matelots à Terre-Neuve, le pain frais à discrétion.
» Le chauffaud est à certaines heures le théâtre d'une activité presque fiévreuse. A peine les embarcations sont-elles amarrées à la galerie extérieure que les matelots embrochent le poisson de leurs pigMots et le jettent aux mousses, lesquels le rangent sur l'étal du décolleur. Celui-ci égorge la victime, l'ouvre d'un coup de couteau, lui arrache la tête et les entrailles, et la pousse au trancheur, qui, d'un seul coup, doit enlever la raquette ou colonne vertébrale. La morue est alors remise au saleur, qui la couche à plat, la chair en haut, entre deux lits de sel *. Une fois le poisson décollé, tranché et salé, il reste à le laver et h le sécher. La première opération se fait au moyen d'une cage mobile à claire- voie que Ton hisse et amène dans Teau de mer. La seconde, plus délicate, exige chez le pécheur une connaissance approfondie de la météorologie de Terre-Neuve; car il suffit souvent de quelques heures d'un soleil trop ardent pour brûler la morue et la réduire à l'état d'engrais sans valeur. Cette sécherie se fait sur les graves, c'est-à-dire sur des portions de rivages recouvertes de cailloux en manière de plates-formes, et c'est là aussi qu'après avoir reçu le nombre de soleils voulu (c'est le terme employé), le poisson est ramassé d'abord en javelles, puis en piles pyramidales, jusqu'au soleil d'embarquement donné dans les derniers jours du beau temps qui précèdent le départ définitif, en septembre.» Ed. du Hailly*.
Six mois à Terre-Neuve,
{Revue des Deux-Mondes, 15 juillet 1868.)
liB pêclte aux phoques.
« Nous ne faisons aux Anglais dans ces parages aucune concurrence pour une autre pèche à laquelle sont occupés tous les ans leurs meilleurs matelots, et qui, bien qu'elle ne dure pas plus de cinq semaines, n'en chiffre pas moins ses bénéfices par millions. Je veux parler de la pèche des phoques ou veaux marins aux mois de mars et d'avril. Cependant en mars les
1. Les foies et la rogue (œufs) sont mis à part. La rogue sert d'appât ; on Mit que rhuile de foie de morue est un remède dans les maladies de poitrine; la blanche est épurée et fabriquée avec les foies frais, la brune avec les foies en putréfaction.
2. L*aatear qui se cachait sous le pseudonyme de du Hailly était M. de Vanéohoai, lieutenant de vaisseau, né en 1824, mort en 1871. Il a écrit, sous le titre de Campagnes et stations sur les côtes de l'Amérique du Nord, un ouvrage ftharmant auquel nous ferons d'autres emprunts.
havres de la oôle soDt encore pris daas les glaces, et les pÀcheurs ne peuvent gagner la pleine mer sur leurs navires que par des canaux péniblement ouverts à la scie et à la liache* Il importe en effet de se hâter; c'est en février que les immenses champs de glace qui descendent des mers du nord, entre le Labrador et le Groenland, se dirigent vers les côtes nord-est de Terre-Neuve, et c*est à la un de ce même mois que les femelles mettent bas sur ces bancs. Il faut donc entrer en chasse avant que les petits ne soient assez grands pour échapper aux poursuites, Lb. chasse au milieu des banquises est barbare et cruelle. îl s'agit de trouver les phoques réunis en troupeaux. Chaque hr^mrae est armé d'une sorte de massue ferrée de deux mèlres de long et d'uo couteau. Qiia^nd les mères le voient s'approcher, elles plongent d'abord dans quelque fente du glacier, puis^ comme éperdues aux cris de
Le phoque,
douleur de leurs nourrissons, elles remontent sur la glace pour les défendre, et viennent le plus souvent s'offrir d'elles-mêmes au massacre. Un seul coup sur le nez suffît à ttier le pauvre phoque ou du moins à Tétourdir, et il est alors écorché et dépecé sur place, presque toujours encore palpitant, afin de ne rapporter à bord que la peau et la graisse qui y reste adhérente. Ce retour est la partie la plus laborieuse et aussi la plus dangereuse de Topération. Parfois la glace cède, et fhomme chargé de dépouilles disparaît ; parfois une brume