IL NOTIONS HISTORIQUES
Lorsque, vers 1630, les Moscovites parvinrent sur les bords de l'océait Pacifique, on ignorait encore si l'Asie et l'Amérique étaient ou non réunies vers le nord-ouest. Deux Cosaques, Djenef et Ankudinoff, chassant sur les rives de la Kolyma, pénétrèrent les premiers dans le Grand Océan après avoir contourné les côtes de la mer Glaciale; mais leur découverte passa inaperçue, et eux-mêmes n'en soupçonnèrent pas Timportance. L'attention de Pierre le Grand fut attirée sur ces lointaines contrées; parmi les étrangers, qui furent pour lui de si précieux collaborateurs dans son œuvre de réparation et de création, se trouvait le marin danois Yitus Behring. Pierre venait de mourir guand l'impératrice Catherine lui confia la mission d'explorer les régions du Pacifique. Behring, accompagné de son lieutenant Tschirikof, explora la presqu'île de Kamtchatka et donna son nom aux îles, au détroit et à la mer qui l'avoisinent.
Dans un second voyage (1739-1742), Behring, assisté d'un nombreux
1. Sur cette chasse oa cette boucherie, voy. nos Lectures sur F Asie (t. !•', Paris, Belin. ô» éd., 1897), chap. de la Sibérie.
état-major de marins et de savants, visita Tintérieur du Kamtchatka, aborda à la côte américaine, reconnut le mont Saint-Elie, et prit possession de la contrée au nom de la Russie. Il y mourut des atteintes du froid et du scorbut, et son équipage fut décimé. Behring fut enterré dans une des lies qui portent son nom. Deux de ses compagnons, le médecin allemand Steller,le naturaliste fr&nçais Delisle de la Crosrère, ont laissé un récit de cette expédition. En 1779, le capitaine anglais Cook fut arrêté dans le détroit par les glaces. En 1803, le Russe Krusenstern
chercha sans succès une voie commerciale de navigation pour l'échange es pelleteries. La Compagnie russe, formée en 1799 pour le trafic des fourrures et dirigée au début par l'intrépide négociant sibérien BaranofT, eut grand*peine à défendre ses comptoirs contre les attaques des Indiens.
Bientôt néanmoins, en étendant leurs opérations à l'est, les Russes finirent par rencontrer les Anglais de la Compagnie d'Hudson. Pour couper court aux conflits, le gouvernement de Saint-Pétersbourg conclut en 1824 et 1825 deux traités de limites avec le cabinet de Saint-James et avec celui de Washington. Par le premier de ces traités, il s'engageait à ne pas s'avancera plus de 10 lieues dans l'intérieur des terres; par le second à ne pas dépasser au sud la latitude de bO° 40'.— Lorsque éclata la guerre de Crimée en 1854, l'escadre anglo-française bombarda Petropavlosk (Kamtchatka), en rasa les fortifications, mais respecta Sitka, principal comptoir russe de la côte américaine, dont le port était vide et sans défense. Dix ans plus tard, une compagnie américaine se forma, au capital de 40 millions de dollars, pour établir un télégraphe transcontinental par le détroit de Behring. Le colonel Bulkley fut chargé d'explorer le terrain et de tracer les plans. Le parcours était de 6 000 kilomètres, les difficultés énormes. La commission était à l'œuvre depuis deux ans quand on apprit la pose du câble transocéanique entre l'Irlande et Terre-Neuve; l'union des deux continents était un fait accompli. La compagnie américaine avait déjà dépensé trois millions de dollars en études et achats préliminaires; découragée, elle abandonna ses travaux. L'Amériaue russe dans le même tera[»s allait changer de maitre.
Le 28 mai 1858, les Russes avaient arraché à la Chine le cours inférieur de l'Amour et de ses affluents méridionaux, pays fertile, au climat tempéré, dont la possession était d'un grand prix. Dès lors l'Amérique russe, contrée glacée, déserte et éloignée, ne leur ofl'rit plus aucun avantage, et par une convention du 30 mars 1867, moyennant une indemnité de 36 millions de francs, ils la cédèrent aux liltats-Unis. 45000 lieues carrées, sous le nom de territoire d'Alaska, s'ajoutaient au vaste territoire de la Réi)ublique.
« Les négociations relatives à cette affaire, écrit M. Whymper, avaient » vivement préoccupé l'opinion publique aux Etats-Unis. Les Américains » n'étaient pas préparés à cet agrandissement nouveau; beaucoup n'en » voyaient pas Tavantage. L'acquisition souleva des critiques amères, » une opposition acharnée. On accusait M. Seward, le promoteur du » projet, d'entraîner le gouvernement de Washington à une spéculation » désastreuse; on donnait, par moquerie, le nom de Walrus-Sia (terri- » toire des phoques) à la possession convoitée par l'infortuné secrétaire » d^tat. Des annonces railleuses paraissaient chaque matin dans les » journaux de New- York, offrant d'immenses avantages aux hommes qui » seraient tentés d'exploiter une colonie déserte, des îles inconnues, des » banquises, des volcans, des pays enfin exposés à toutes les rigueurs de » la nature et fréquemment soulevés par des tremblements de terre. » Aujourd'hui que ces préventions sont en partie détruites, l'esprit d'en-
» Ireprise dév€h*ppe aciivemenl les ressources tlu nouveau paya. * Toulefois les progrès sont Jeais. De 186S a 1890, m a évalué la proâuctioa de l'Alaska k un total de 320 idHIjods de frâucs environ (9 à 10 uiilliois par an) représentes par 243 raillions de pelleteries ^ 48 de saumoms en cooserTes, 6 de merluche, :i4 d'or et d'argeil, 1 nuilioo d'ivoiTe.
La popalatiom en 189U était de 32 000 tiab., en dimmution de 1400 sur 1888, de 7 000 sur lîîKO. Les ïndienâ surlout, qiri formeiil U majorité (23000), sont déoimé^ par ralcoMli^ïcûe cl certaine» maladies qu'ils ont gagnées au contact des blancs.
lie cil mai;
[« Pendant les mois de aovembre et de décembre (1864), î^éssayai de pp<?ndre quelques vues du fort Noulato et des environs, niais *>n conijuvindra que par «ne teirjpi'^rMtupe de