VERA'CRUX
Carte da 1k Ver»-Cfû«,
Tersée par un chemin de fer amer team. Malgré les trois semaines pe Je venais de passer sous lestropiques, je trouvais la température de ce port égale a celle d'un four dans Jequel on va mettre du pain. Il fatit avoir des poumons façonnés comme ceux des boulangers pour ne pas élouiïei dans cette ville^ même an luoià de janvier. » Les dunes de sable amoncelées autour de Vera-Crûz sont à peine
» deux ans. J'ai vu des barreaux de croisées en gros fer ; ils étaient déchirés» ■ pefforés^ camcoe slls euasenl èlé calcinés. L^air empeslé do ce p&Jî^B délfuit k tout : homineB, végétaux at aoimaux. n (Alfred! ù£ Valois, Mexique, Havane et Guatemala.)
couvertes de quelques plantes dures et rabougries, jaunies et brûlées, piesque en naissant, par la sécheresse et les vents. Des nopals poussent
Sa et là dans les endroits abrités. L'aspect de la nature dans le voisinage e la ville est des plus désolés. De temps à autre, des cavaliers à figure sombre et cuivrée trottent quand ils rencontrent un terrain solide; lis animent cette solitude, triste comme un cimetière, à la façon des fossoyeurs qui creusent un tombeau dans le champ de la mort.
» La promenade publique, appelée Alameda^ est petite, jolie, ornée de palmiers; on y voit des fleurs, mais j'ai oublié de les compter. Elle est située près du chemin de fer de Mexico, au sud de la ville. Le dimanche, à cinq heures, elle est très animée; des musiciens autochthones écorchent gratis les oreilles des promeneurs...
» ... Je quittai Yera-Cruz par le train de huit heures du matin. Le chemin de fer entre d'abord dans une sorte de sillon naturel, rempli d'arbustes à feuilles persistantes; plus loin, ce sillon s'élargit et devient un marais, coupé par des terres sèches, jusqu'au rancho de la Tejeria, situé à 12 kilomètres de la Yera-Cruz. De ce marais, habité par des milliers de caïmans, de serpents, de crapauds monstres et de tous les amphibies qui vivent dans les marécages, sortent le vomito et ces exhalaisons pestilentielles qui font tant de ravages dans les environs. Ce berceau de la mort est orné de tout ce qui révèle la richesse et l'exubérance de la vie tropicale. L'eau stagnante se cache sous des nénufars, des plantes et des fleurs aquatiques de toute beauté. Au-dessus des buissons inextricables, enserrés dans les lianes du fameux convolvulvs Jalapa, aux fleurs d'azur, dont les Indiens révélèrent à l'Europe les propriétés médicales, s'élèvent des palmiers, des bananiers, des palma-christi gigantesques, des magnoliers, des lataniers, des flamboyants, l'acajou, l'arbre à caoutchouc et mille autres variétés d'arbres et d'arbustes aux formes bizarres, au feuillage étrange. Des colibris au plumage doré, des perruches et des perroquets émeraudes, bigarrés de fauve et d'écarlate, des ibis aux longues jambes, une infinité de lézards et de quadrupèdes peuplent cette solitude mortelle et féerique. Ici, des papillons couleur de soufre tremblotent lourdement au-dessus des tulipes jaunes; là, des nogassaris voilent pom-
Seusement un crapaud hydropique; plus loin, des roses et des fleurs 'angsoka abritent un reptile infect, sans vie, décomposé par la chaleur. L'industrie et la nature n'ont rien fait pour enlever à cette luxuriante végétation les germes de la mort qui sont dans le sol, dans l'air, partout. C'est une zone qu'il faut traverser en train express. On pourrait pourtant l'assainir. » Emmanuel Domenech^,
Le Mexique tel qu'il est, (Paris, 1867, in-18, Dentu.)
fine ascension au Popocatepetl'.
« Le projet d'une excursion au gigantesque volcan qui domine
1. L'abbé Domenech, voyageur et littérateur français, né à Lyon en 1825, ancien missionnaire au Texas, ancien directeur de la presse du cabinet de l'empereur Maximilien au Mexique, ex-aumônier du corps expéditionnaire, est l'auteur de nombreuses publications relatives aux antiquités du Nouveau-Monde.
2. L'ascension du Popocatepetl a été faite plusieurs fois. M. Laveirière a donné dans le Tour du Monde le récit d'une escalade exécutée en compagnie de plusieurs compagnons dont l'un, M. Sonntay, faillit périr au bord du cra-
le plateau d*Aaahuac haute Tespiit du tounsle dès les premiers temps de son séjour dans le pays. Après l'enchantement des Terres Chaudes, la traversée des forêts tropicales du Paso del Macho à Cordoba, et la montée Tertigineuse aux: Clancs do pic d'Orizaba, qui font du railway de Vera-Cruz à Mexico une des conceptions les plus étonnantes et les plus hardies du monde entier, le voyageur, parvenu à la halte d'Esperanza, découvre soudain T immense horizon fauve et pelé des Terres Froides et, fermant cet horizon du côté de roiiest^ les silhouettes juxtaposées des deux volcans : le Popocatepetl et riztacciboatl. Cinquante lieues l'en séparent encore^ et, tandis quil avance à travers cette région monotone et nue, où tranche seule la pâle verdure des champs d'aloès, la lointaine apparition le fascine-, sous la chaleur accablante, la gorge desséchée par rimpalpable poussièni que soulève le train en marche, il tient ses yeux fixés sur les cimes étincelantes comme sur un phare qui marque le terme d'un pénible %^oyage. L'impression persiste après Tarrivée. On ne peut faire un pas hors de la ville sans entrevoir les deux pics, souverains incontestés de la région qui» partout^ porte la trace de leur action poissante. Ce ne sont, dans ce grand cirque montagneuï, dont Mexico est le centre, et oil les moindres sommets atteig^nent près de 3 000 met. , que soulèvements anciens, embryons de cratères^ fissures profondes, coulées de lave et amoncellements de roches volcaniques. Parfois môme encore, le monstre assoupi a des velléités de réveil; le sol frémit, et la plupart des rues de la capitale présentent les marques de ces soubresauts récents : heaucoup de murs sont lézardés, et, sur ce terrain mouvant, la ligne des constructions affecte une apparence onduleuse. Tout ici vous parle de « la Montagne qui fume w ; mais elle a, pour le nouveau venu à peine échappe à Fat mo sphère brûlante et auï miasmes des basses terres, T attrait particulier de TAlpe fraîche, des torrents clairs, de la neige immaculée.
» On se rend de Mexico à Amecameca par le petit chemin de fer de Morelos destiné, dans l'esprit de ses créateurs, à atteindre, Dieu sait quand, le port d'Âcapulco sur le Panifique.
tère, aapbyxié par les fumét^a dea rejspiradùres. En 1SS2, M. Du pin do Saint- André monla au votcnn ave* une nûmbreusa escorte qui comptait cnlTC ttutrefl persoones huit gcnâarmcs et plusieurs maletîcra. — En 1383, M. Chahrand, de Barcelonnclte, et son amît M, Bachelet. oièrent descendre au fond du. cralèru à l'aide d'iia lîâble, t?l y pussôretit une naît. Une pareille aodnce n'a pas trouvé d'itaîtateurs ; cependant [es indiens desûendeot quelqnefoia au mnyen de cordes au fond au ralcan pour y recueillir du soufra.
On traverse d'abord les lacs ou, pour parler plus exactement, les grands marais de Mexico, que couvrent d'innombrables bandes de canards sauvages ; ensuite apparaissent des landes sablonneuses, rougeâtres, désolées. Nous passons devant quelques villages : Los Reyes, Ayotla, misérables hameaux dont les habitants vivent presque exclusivement de chasse ou de pêche. Les maisons, bâties en briques séchées au soleil, se métamorphosent en blocs de boue à l'époque de la saison des pluies, et bon nombre d'entre elles s'écroulent. Le terrain s'élève insensiblement; le train roule au milieu d'un paysage uniformément aride et poudreux. Enfin, sur le coup de midi, nous arrivons au terme de cette première étape. La bourgade où nous nous arrêtons compte près de deux mille habitants, la plupart d'origine indienne, population basanée qui étale ses haillons dans un décor saharien : masures en tôb, enclos de cactus et d'agaves, rien n y manque, le tout saupoudré de sable fin et chauffé à blanc par le soleil tropical. Le contraste est frappant entre ce site brûlé et les colosses neigeux qui se dressent à Tarrière-plan. C'est de là que les deux volcans se présentent sous leur aspect le plus grandiose : le Popocatepetl avec son cône aigu et d'une régularité absolue, riztaccihuatl, moins élevé, mais rappelant davantage, par ses arêtes en dents de scie et les nombreux glaciers qui sillonnent ses flancs, la forme de nos Alpes. Leurs masses énormes menacent les plaines environnantes; impression saisissante, à laquelle je ne saurais comparer que celle éprouvée le jour où, pour la première fois, j'aperçus le Mont-Blanc du pont de Sallanches. »
La caravane se composait de 14 personnes, dont 8 indigènes : 4 mulets portaient les 'provisions et les objets de campement indispensables dans ces montagnes désertes et stériles, au delà de 3000 mètres d'altitude, et pour une excursion dont la durée devait être au moins de trois jours.
« Nous mettons près d'une heure et demie à traverser la plaine, quoique le village, au premier abord, semble bâti au pied même des monts. Mais, nulle part, Timmensité des horizons et les proportions gigantesques des reliefs du sol ne donnent lieu à plus de mécomptes sur l'évaluation des distances. Bientôt, le sentier s'escarpe, et nous sommes contraints de marcher à la file. Nous gravissons en zigzags les contreforts du pic, à travers de vastes bois de pins et de cèdres séculaires, ancêtres des forêts décimés par la foudre et aussi, hélas ! par la main de l'homme. La dévastation des superbes forêts, seuls vestiges de
MEXIUUE,
Tanciennei splendeur du Me.ïique, se poursuit avec une rage aveugle, un acbaraement inouï. Rien de navrant comme cette fureur ile débaisement qui a déjà donné à la plus grande partie du pays le morne aspect des plateaux d'Algérie^ et t'aura, dans Tin avenir très rapprocbéj converti en un effroj^able «léaert de roches et de sable» tarissant les cours d'eau déjà si rares et jusq^u'aux humbles sources. Le Mexique, jusqu'à ce jour^ possède peu de mines de houille, et le corabustlble en est de qualité inférieure. Les recherches n'ont pas été poussées très loin, et Ton attenfl, pour les reprendre, que la dernière bûche soit consumée. Encore si les coupes étaient faites avec quelque régularité : mais non. On abat des hectares entiers sans y laisser un buisson pour favoriser le reboisement et empêcher le complet dessèchement du sol. Parfois môme il semble que ]a hache n*est pas assez expéditi\^e, et Ton procède par le feu ; un amas de broussailles est allumé au pied des vieux arbres qui s'abattent dans un toorbillon d'étincelles. Les forêts du PopocatepetI, protégées jusqu'ici parleur éloignement, ne tarderont pas à disparaître à leur tour , le fer et le feu y ont déjà fait quelques trouées sinistres. Regardons bien ces beaux arbres» contemporains vénérables do Cortez et de Montézuma; les touristes qui viendront après nous explorer la montagne ne Jouiront plus de leur ombre protectrice.
» Après cinq heures de montée, la pente s'adoucit et nous nous trouvons sur un vaste espace découvert oii les hautes herbes sèches craquent sous les sabots du cheval. Le soleil est déjà très bas sur Thorizon au moment où nous atteignons Tarête du col qui sépare les deux volcans. Devant nous, les croupes boisées s'abaissent rapidement, et| au delà, c'est le vide, un réseau de vapeurs bleues qui s'élève aux approches du soir et nous masque le plateau de Puebla, Quelques instants plus tardj la nuit est tombée, brusquement, sans crépuscule, et notre marche se ralentit, incertaine, arrêtée à chaque minute par des obstacles de toute nature, troncs calcinés par la foudre, arbres tombés, excavations causées par les pluies. Cette dernière partie de la route est extrêmement pénible, et il faut avoir éprouvé la sûreté de pied et rinstinettout particulier du cheval môxicain pour se risquer sans inquiétude en pareil lieu, à pareille heure. Ënûn, nous atteignons l'endroit où nous devons passer la nuit. Il y a sept heures et demie que noos avons quitté Amecameca
» A 4 heures, tout le monde est debout, et, à 4 h, 30 min.,
I amecan
nous nous mettons en marche à travers les bois déjà clairsemés et rabougris. Au bout d'une heure, brusquement, toute végétation disparaît, et nous commençons à gravir des pentes couvertes de cendre et de scories où l'on avance avec peine en dépit des mocassins ou guarachos indiens, qui ont remplacé nos chaussures, et grâce auxquels le pied pénètre un peu moins avant dans les débris. La pente ne tarde pas à s'accentuer, et la couche pulvérulente recouvre maintenant une nappe de glace noire et dure. Cette partie de l'ascension, qui dure deux heures, met notre patience et nos forces à une rude épreuve. Les glissades se succèdent, irrésistibles et souvent douloureuses, et c'est avec une véritable joie que nous atteignons enfin la limite des neiges. Depuis la veille nous avons contourné le pic dont nous attaquons le versant oriental, le plus accessible : le versant nord, qui regarde Mexico, coupé de parois verticales que surplombe un glacier très crevassé, est peu ou point abordable. La croûte neigeuse qui nous supporte est résistante, au point d'exiger en maint endroit l'usage de la hachette : souvent aussi l'action combinée du soleil et du vent Ta hérissée d'aiguilles de glace qui rendent la marche extrêmement fatigante ; il semble que l'on avance sur des chevaux de frise. Point d'autre difficulté d'ailleurs. Aucun passage vraiment dangereux. Le seul inconvénient à redouter est le vertige; car l'inclinaison du versant est très vive, et ceux-là mêmes dont les nerfs sont éprouvés ressentent quelque malaise au moindre regard jeté en arrière. La réverbération du soleil sur la neige est aussi fort désagréable; la tête enveloppée d'un épais foulard, les mains protégées par des gants de grosse laine, nous n'en éprouvons pas moins sur la peau une sensation de brûlure dont les conséquences seront, le lendemain, des crevasses plus ou moins profondes, et parfois assez longues à cicatriser : menus inconvénients qui n'ont rien d'alarmant du reste.
» Il y a près de quatre heures que nous grimpons le long du cône, lorsque nous parvenons au bord inférieur du cratère. La croûte de glace s'interrompt tout à coup : une étroite bordure de cendres, puis l'abîme. La montagne qui, vue de la plaine, affecte la forme d'un pic extrêmement aigu, présente à son sommet cette excavation formidable d'un kilomètre de diamètre, et de près de 600 mètres de profondeur. Les parois en sont taillées à pic, et de toutes parts jaillissent en sifflant des jets de vapeur sulfureuse dont l'àcreté vous prend à la gorge. La descente dans le cratère et son exploration exigeraient une
■ Hati
journée. Mais il n'y faut pas songer, Aatrofois, les Indtens avaietit établi des cibles au moyen desquels ils eïtray aient le soufre qui était ensuite précipité sur la pente glacée, et recueilli au pied du cdiie, Aujourd'bui, toute trace de câble a disparu, et Ton en est réduit à scruter du regard le précipice, dont, au surplus, le soleil, au plus bautde sa course^ éclaiieles moindres lepliB*
» A I h» 30 min., nous atteijçnons la cime. Le panorama qu^on y découvre vaut surtout par son étendue; seules les grandes lip^nes s'y détachent nettement. Au nord, Mexico et ses lagunes nous apparaissent comme un point brillant; en arrière, ce sont les ondulations sans un de montagnes cliauves j à Test, le plateau de PueMa; on distingue la ville coiicbée à la base delaMalincheeti plos loin, la cime blanche d'Orizaba, puis un rideau de brumes flottant au-dessus du golfe, A rouest, au suiK le pic s'abaisse à des profondeurs infinies projetant d'interminables arêtes jusqu'à Fintérieur des Terres Chaudes de Yautepec et de Matamoros, dont la riclie végétation s'accuse par des teintes sombres contrastant avec l'aridité et la nuance rougeàtre des terres environnantes. Au delà, les premiers con* tre forts de la Sierra-Madre du Sud ferment l'horizon dans la direction du Pacifique, p Marciil Monnieh ^ ,
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t. M. Marcâl MonDier, né h Paris, en 1S53, aprùiB da brOlaales éluder au Ijaée Fanl!inQs„ enlrcprîl pour son plaisir une série de voyag^âs dûQs Jes dilio- Teatos parlioâ du monde^ ALpiiiiâ.Le hardi et ârpârimûaté^ atUré par taus tas grande apeatai^les de la nttlure, II pa»B-A des Alpes bernaises et tyroliennes aux
glaciers scaudinaves^ traversa le Muxique et le» Etats^-Uois, et visita Vardiipel avaVan, sur If'qQtil 11 a écrit on ctiaraïuoL récit de voyage que FAcaderaîe £*Mi^ai:ia a récemment coiirnnnè.^ Dans sa dernièrû fixpforauoii auLoar du monde qui n'a pas duré moins de doux an^, il s& rendit aux Indear ^^ t^i^' maniet «u Coehincihino, nt rrancbiL nudacieusemenl les Andos amazonienne» k travera la forât vierge^ où il fallait a'oavrîf um passage & coups da macliete, travorscr les larrenls à. la nage, et courir le risque de périr sous les cioaps des Ifidieai ator^ ea pleine révolte. IDansco périlleux: voyage^ le aaag-rreid du jeune voyageur eut raison des obstacles : il desecodit le cours du Huallag'a jusqu'au confluent du Maraâon, puis remoata sur uoe longueur do 50 lieues le coura du rio PasîlazEa, arducnt de gauche, qui n'avait jamais vu la fumée d'un vapeur, et dutil personne n'avait exploré les lacs et led eanaus: latéraux. M. Maroel Meunier a fait à la Société de js^éegraphie rte Paris, dans son assemblée générale du 4 mai tSSS, le dramatique et s n laissant récit de cette traversée de la C«rdilk^rc. (Voy. lu réi^it fJtfs Awks au i^ara (in-S*, 1800), coaronné par l'Académie frannaîae. Depuis, M. Monnier a fait eu 3 ans le Tour £Asie ^lS90-99).
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