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Le nombre des Indiens autocbthones qui subsistent encore en Amérique est très incertain. D'après la statistique de Behm^ on peut Véitf Iner ainsi :
10 Dans V Amérique du Nord : V* Bans l'AnUrique du Sud :
Dominion du Canada 155000 Colombie 126000
Etats-Unis Mexique Amérique centrale
Venezuela
Equateur
Pérou
Bolivie
Chili
Argentine
Paraguay
Patagonie
Brésil
Guyanes
Total
Total
Total général 8106000
Origine da nom « Amérique. » — M. Jules Marcou, dans deux savantes dissertations [Bulletin de la Sociiti de géographie de Paris^ années 1875 et 1888) a recherché Torigine du nom d'Amérique. Il constate d'abord que le mot Amérique est un terme indigène qui désigne au Nicaragua les hautes terres entre Juigalpa et Libertad (provinces de Gbontales), c'est-à-dire le dos de séparation entre les eaux qui s'écoulent dans l'Atlantique, et celles qui vont dans le lac de Nicaragua. Colomb, dans son quatrième voyage (1502-3) aborda à la côte de Costa-Rica. dans la grande baie de Chiriqui, où vivent encore aujourd'hui les Indiens Carcas et Ramas, les plus sauvages et les moins hospitaliers des Indiens de l'Amérique centrale. C'est dans leur pays que s'élève la chaîne de montagnes appelée Amérique. Ces montagnes renferment de l'or, et M. Marcou suppose que les premiers navigateurs espagnols ayant demandé aux Indiens d'où provenait l'or qu'ils portaient comme ornement, ceux-ci durent répondre de a TAméric », c'est-à-dire des hautes terres de l'intérieur. Ce nom resta donc pour les Espagnols comlne celui d'un El Dorado, et ils le répétèrent à tout propos On ne le rencontre pourtant pas dans le rapport {letHrçL rarissima) adressé par Colomb à Ferdinand d'Aragon sur son dernier voyage. — En Europe tout le monde parlsf bientôt des découvertes des Espagnols. Un professeur libraire de Saint-Dié, Hylacomylus^ ne connaissant d'autres relations imprimées sur ces expéditions que celles û*Albericus VespucciuSy publiées en latin (1505) et en allemand (1506], crut voir dans ce prénom d'Albericus l'origine du nom corrompu et altéré d'Amérique ou Americ, et dans un opuscule (Strasbourg, 1509), confondant le prénom de l'aventurier italien (Alberico) et le nom géographique (Améric), il propagea son erreur en Allemagne. La première carte parue à Bâle en 1521 porte ces mots : America provincia. Quand elle parvint en Espagne, Colomb était mort, ses compagnons avaient pour la plupart disparu, les uns morts, les autres retournes dans les Indes, et personne ne rectifia l'erreur, le nom resta au nouveau-monde^ mais Hylacomylus, en rapportante Vespucci l'honneur de nommer le continent découvert par Colomb, avait commis une injustice involontaire, dont la mémoire de Colomb a souffert, et qui n'est pas imputable à Vespucci. En réalité le nom Amérique est américain. (V. sur le
même sujet : de Homboldt, Examen critiqué de l'hi$toirt géographique âM nouveau continent; — et de Varnhagen, Vespuce et $<m premier voyage^ 1497-1498, dans le Bulletin de la Sociiti de géographie de Ports, 1858, tome I). M. Edouard Charton (Voyageurt anciens et modernes^ t. III. p. 192-196) déclare immérité rhonneur fait à Vespuce, mais le défend contre le reproche de mensonge et de fani, et démontre qu'il n'est pas responsable de Piniustice qu'a propagée Hylacomylus (Waldseemiiller). M. Charton admet le prénom Âmerigo, inconnu en Italie, mais fréquent en Allemagne {Amalrich^ Amelrich). C'est l'ancien nom français Amaury qui est devenu quelquefois Maury.' Dans son deuxième mémoire (1888), M. Marcou démontre avec une autorité décisive que le terme Amérique est d'origine indienne, et qu'il a le double sens de pays riche en or, et de pays du vent»
2» EXTRAITS ET ANALYSES Antiquités américaines*
On a beaucoup discuté dans notre siècle sur la pluralité ou l'unité des races américaines. De cet amas a de systèmes contradictoires, d'hypothèses aventureuses et de divagations réelles » , accumulé par les deux écoles polygénistes et monogénistes, c'est à peine si la critique a pu faire sortir quelques données probables. Le cadre et la nature de cet ouvrage ne nous permettent pas de passer en revue les opinions des savants qui ont discuté ces mystérieux problèmes sans les résoudre. MM. de Humboldt, de Quatrefages, l'abbé Brasseur de Bourbourg, César Daly, Angrand, Waldeck ; les savants étrangers Nott, Gliddon, Haven, Bancroft, John Short, Squier, Davis ne s'accordent pas dans leurs conclusions; les uns admettent et les autres rejettent l'antiquité de la race américaine ; ceux-ci affirment que les tribus asiatiques sont venues peupler l'Amérique, et découvrent des rapports certains entre la civilisation mexicaine et les civilisations de la Haute- Asie : M. de Quatrefages, par exemple, soutient que les Chinois connaissaient l'Amérique bien avant que les Européens eussent à ce sujet d'autres indications que les données plus ou moins légendaires. Ceux-là, et ce sont surtout les Américains, nient les migrations volontaires des peuples dans le nouveau continent, et le représentent comme ayant été absolument isolé depuis les premières périodes géologiques oii l'homme a fait son apparition sur la terre. Ces diverses théories fourniront longtemps encore une abondante matière aux discussions des congrès des Américanistes. Ce qui
est certain, c'est que l'Amérique renferme un très grand nombre d'imposants débris de monuments lapidaires qui témoignent de l'éclat de civilisations disparues. On les reo* contre surtout au Mexique, au Pérou, dans l'isthme central 61 aux Etats-Unis, sous la forme de bas-reliefs représentant dei oiseaux, des reptiles, des mammifères, des hommes même da taille gigantesque ; et aussi de temples, de pyramides, d'enceintes et de monticules fortifiés. M. John Short a composé un grand ouvrage sur les Américains du Nord, leurs origines, leurs migrations, leurs civilisations. « Les restes de ce peuple » mystérieux connu sous le nom de Mounds Builders^, dit- » il, sont répandus sur des centaines de milles aux Etats- » Unis, et c'est une question de savoir si l'antiquaire s'étonne » plus du nombre de ces restes que de leur grandeur et de » leur immensité. »
Nous empruntons à une remarquable étude, publiée sur ce sujet dans la Revue de géographie (avril 1881) par M. de Fontpertuis, les détails suivants sur les Mounds Builders* :
lies Moaiifls Bullders (États-Unis).
« Les vestiges qu'a laissés ce peuple sont épars dans toute l'immense région qu'arrose le Mississipi, ainsi que le Missouri et l'Ohio, ses grands tributaires ; mais il ne semble pas avoir atteint à l'ouest les rivages de l'Atlantique, à moins qu'on ne veuille lui attribuer ces immenses amas de coquilles qui se voient sur le littoral de l'Atlantique depuis la NouveUe-Ecosse jusqu'à la Floride, sur les bords du golfe du Mexique et les cours d'eau qui s'y jettent. Cependant il existe quelques vestiges de la présence des