ILES CHINCHA
Carie des tlea Cblncha*
valent du produit des Chincha, et cela pour les raisons que nous avons indiquées tout d'abord.
» Aucun guano ne renferme en proportions aussi considérables que celui du Pérou les matières indi3|)eosaDles aux plantes, ces sels ammoniacaui, azotés et phosphatés, qui activent si étonnamment la vé?:étalion. Aux lle& Cljtncha, on eiploita aujourd'hui le guano comme on exploiterait à découvert des couches de charbon, de phUre, de sel eiijjjme, de pierre de taille* Les sédiments se dressent sur une grande hauteur, souvent vingt, trente mètres et au delà. Les ouvriers, disposés sur des gradins, abattent à la pioche la miitiére friable, pulvéruleole. tille tombe librement au pied des luilles, où on la charge à la pelle dans des brouettes. Eilu est ensuite apportée dans des wagons analogues à ceux de nos grande terrassements. Les wagons roulent sur des voies ferrées qui vont des carrières à la mer. Les navires attendent leur chargement au mouillage, devant tes carrières elles-mêmes. Des porteurs, puisant au tas amoncelé au bord de la mer, vienneut jeler le guano à Ibnd de cale, corbeille par corbeille.
Souvent, pour ne pas faire de jaloux, les corbeilles sont distribuées également à chaque navire, et je laisse à juger le temps qu*il faut pour compléter un chargement.
» Ajoutons que le séjour des îles est intolérable. On n*y voit que du guano, et Ton devine quelle mauvaise odeur, quels miasmes empestent Pair. Heureusement que la terre fortunée du Pérou n'est pas loin, et que les capitaines, en attendant de remettre à la voile, peuvent aller oublier i Pisco, voire à Callao ou à Lima, les désagréments des Chincha. Jusqulci on n'a trouvé que les Chinois qui aient consenti à fouiller le fumier
Eéruvien. On a parlé, dans l'antiquité, des condamnés aux carriëre:^. eur supplice était moins grand que celu? des terrassiers des huaneras. La poussière, l'odeur sont capables d'asphyxier un novice. Il est impossible, pour qui n'y est pas habitué, de s arrêter une heure devant les exploitations. Vous avez beau mettre un mouchoir sous vos narines, et vous munir de toutes les essences de l'Orient, rien n*y fait. L'odeur pénétrante de l'engrais minéral l'emporte, et de plus une poussière jaune, saline, s'étale avec complaisance sur votre visage et sur vos habits. Honneur donc à ces braves Chinois qui, malgré tous ces détails dégoûtants, ont consenti à travailler sur ces carrières i. »
L. Simonin, Les îles Chincha. {Tour du MondCy 1868, Hachette.
Le nitrate de soude, — a La province de Tarapaca^ renferme, sur une étendue de 300 kilomètres carrés, des dépôts de salpêtre ou de nitrate de potasse, ou de soude, car on donne à cette substance, indifféremment, l'un ou l'autre de ces noms. Ils sont situés à fleur de terre le plus souvent, jamais à huit mètres au-dessous, et leur capacité est estimée comme à peu près inépuisable, les eaux qui suintent de la Cordillère reformant d'autres exploitations à mesure que les anciennes s'épuisent. L'extraction de ce produit est une opération des plus simples. Un terrassier, qu'on appelle barraterot fouille le sol avec une pierre et creuse un trou jusqu'au terrain nitreux, il le remplit jusqu'au tiers de poudre, à laquelle il met le feu, et le salpêtre jaillit à la surface. Là, un second ouvrier, Vascendeador, le recueille, et, à dos d'âne ou de mulet, le conduit au fourneau où un troisième ouvrier, l'apire, le dégage de la terre et des pierres qui l'enguanguent. Une fois réduit en morceaux gros comme un œuf, le nitre est placé par un fondador dans une chaudière pleine d'eau et soumis à l'ébullition. Quand le mélange bout, les matières insolubles sont rejetées, et l'eau saturée de nitre est versée dans une grande cuve où elle dépose ses sels étrangers. Cette eau, enfin, est encore transvasée
1. Le gouvernement péruvien a tiré du nitrate de soude, dont il s'était adjugé en 1873 le monopole, un revenu moyen annuel de 22 millions de francs, au prix de 259 francs la tonne. Mais ces ressources étaient médiocres comparées à celles qu'il tira des dépôts de guano des iles Chincha. En 1851, auand l'ezploitation commença, l'archipel était recouvert de cet engrais précieux. Des instruments trouvés dans les couches prouvèrent que les anciens Incas avaient connu ces dépôts et s'en étaient servis, mais ils les avaient égratignés. En vingt-deux ans, le gouvernement péruvien les épuisa. Dès 1874, les lies Chincha ne rendaient presque plus rien; la population, qui était de 6000 habitants en 1868, élait tombée à 105 dans Tile du nord; cependant l'extraction ne cessa pas, et les iles voisines, et les baies de la terre ferme fournissent encore de beaux revenus à la République.
2. Cette province nappartiont plus au Pérou depuis la désastreuse guerre de 1879-83 qui ruina pour longtemps ce malheureux pays, et le dépouilla au profit du Chili vainqueur d'un riche territoire de 50003 kilom. car. peuplé de 45000 habitants.
e-mfime dans descrislanûirs en bois, exposés au vent et an soleil, où
telle se condense rapidement et passe à l'état de nitrate de soude. » (Ad. -F. DB F ONT PEUT OIS, Eîudcs sur l'Amérique faîine, Jawrnai des Ecom* wistes.îmlM 1881.)
Le morceau suivant, cité dans les intéressantes Lectures pratiques de MM. Jost et Braeuni^ (Paris, Hachette, 4« édit., 1884), est eitrait de la re 3 a lion inédite du Voyage autour du moïi</e, de M» Victor Hnmbert, professeur distingué de T Université* M. Humbert faisait partie de leïpédilion Bcienîilique de h Junon; ai retour il sncoaujba, à l'âge de trente ans, en vtie de Hio-de-Janeiro, am atteintes de la fièvre jaune.
£je9 cbeuiliis de fer «les Andes.
to
a L'ingénieur qui a construit le Ferro Carril Traimindîno a bien vouIli mettre à notre disposition un train spécial qui nous permet d*allei' et de revenir en on jour. On ne s'imagine pas en Europe ce que c'est que ces chemins de fer américains* Fïgurez-vous au raiiway escaladant le Mont-BJancï Sur un parcours de 220 kilomètresj le Tranaandino^ en suivant la vallée du Riomal, s'élève à 4770 mètres au-dessus du niveau de Ja mer. Les parois des montagnes qui environnent ia ligne la dominent de 300 mètres. Le tiain se tord à travers 58 tunnels* Le plus long est celui de Galera (H 23 mètres), le plus pittoresque est Vbifeniillo, qui donne passage à la fois à une cascade et à la locomotive,
» Sous la Tûûto qui résonne, le fracas des flots » le mugissement de la machine produisent un tumulte saisissant^ un bruit infernal. Je ne me rappelle pas combien nous avons franchi de viaducs; le plus imposant, le plus audacieux, est celui de Verrugas, il a 76 mètres de haut, et le diamètre de ses colonnes en fer n'est que de 20 centimètres ; on dirait une toile d^araignée. Le long de la route, sur lo flanc de la montagne, on découvre çà et là des vestiges de gigantesques travaux que les Indiens ou mémo les Incas ont exécutés pour irriguer la terre et la rendre féconde. De ces travaux, les uns sont complètement abandonnés, d'autres ont été achevés et utilisés par les contemporains. Quelques misérables villages varient le spectacle sans lui prêter de l'attrait.
» A Matucana, restaurant, grande halte, le buffet est tenu par des Allemands. Nous faisons un déjeuner mauvais, en revanche, il ne coûte que 25 francs par tôle; c'est une consolation. A une heof) nous arrivons a Chicla; c'est le terme de
notre voyage, car la ligne n'est pas encore achevée jusqu'à Oroya. Nous sommes à 1 40 kilomètres de Callao et à 3 725 mètres au-dessus du niveau de la mer. En descendant du train, une espèce de vertige me saisit, mes jambes fléchissent et semblent se dérober sous moi ; c'est le mal des montagnes, le soroc^, que produit à cette altitude la raréfaction de l'air. Par bonheur le malaise ne dure que quelques instants, et bientôt il se dissipe tout à fait sous l'influence d'un verre d'Uacia^ le cognac des Péruviens. C'est un Italien qui tient la buvette de la station. Victor-Emmanuel et Humbert, Garibaldi et Gavour font les frais de la décoration. Autour de la gare, des troupeaux d'ânes et de lamas attendent qu'on les charge de marchandises, car, jusqu'à ce que la ligne soit achevée, ce sont encore ces pauvres bètes de somme qui portent dans l'intérieur toutes les denrées nécessaires. Le Tramandino reliera la côte au massif du Gerro de Pasco. Là, il rejoindra le Rio Pozuzu, qui se jette dans l'Ucayale, un affluent de l'Amazone. Le Pérou communiquera à travers la Bolivie et le Brésil avec l'océan Atlantique. »
Un autre chemin de fer péruvien atteint des hauteurs encore plus vertigineuses ; c'est celui qui relie Arequipa au lac de Titicaca. Arequira est situé à 2300 mètres; la voie ferrée monte, avant d'arriver à Pnno, à 4500 mètres. A la station de Yicocaya, à 14500 pieds d'altitude, les neiges couvrent tout le plateau. « Je ne résistai pas, écrit M. le comte » d'Ursel, dans la station qui est en même temps un hôtel, au plaisir de » jouer une partie de billard à peu près au niveau du sommet du Mont- » Blanc; mais ma partie fut courte, car je commençais à ressentir cruel- » lement les atteintes d'un mal appelé dans le pays le sorocho. J'appris » à mes dépens combien il est douloureux, c'est une sorte d'étouffement » provoquant des nausées, des hémorrhagies par le nez et par les oreilles, » des battements de cœur horriblement saccadés, on éprouve ce senti- » ment pénible d'être privé, dans une mesure suffisante, d'air respirable. » C'est affaire d'habitude, me dit-on, à moins que l'on n'en meure, et » plus d'un voyageur en a fait déjà la triste expérience. » (V. d. '565, Ch. d'Ursel, Sud- Amérique, Pion, in-18.)
Albkrtini (Louis). Le Pérou en 1878, hist. et état, — (Paris, 1878, iii-8«*) Carrey (G.). Le Pérou, tableau descr, et analytique, — (Paris, 1875, in-8*
Gamier.) DuPFiELD. Peru in the Guano Age, — (London, iii-8», 1877.) FoBNTBS (M. A.). Lima, esquisses historiques, statistiques, etc. — (Paris,
1866, lo^, Didot.) Granoioier. Voy. dans VAmér. du Sud, Pérou et Bolivie. —(Paris, 1861, in-8*.. GuiLLAOMK. The Amazon Provutms o/ Ptru. — (Londres, 1888, ill. et cartes.)
AMÉHIQUB DU SUD. 447
HiLL. Travels in Paru and Mexico. — (2 vol., London, 1860.) HuTCHiNSOK. Two yeavs inPeru. — (5J vol., London, 4874.) Lemay (Gaston). A bord de la Junon. — (Paris, 1878, in-l8, Charpentier.) Marckham. Travels in Peru and India (1862, London). — Cuzeo and Lima
.London, 1858). — The war between Peru and Chili (London, 1883). — Peru
Xondon, 1881).
Martinet. Vagrieulture au Pérou. — (Paris, 1878, in-8«.) Menendez. Manuel de geogr. y estadistica del Peru, — (Paris, in-12, 1862.) RojAS (Oscar de). Notice sur la république du Pérou. — (Paris, 1873, in-8«.) Singlas-Legoux. Du guano du Pérou et de son emploi. — (1857, m-8«.) SoLDAN (Mateo Paz). Géographie du Pérou (traduite par Masquerou). —
(Paris, 1865, in-8», Durand, avec atlas. 2« édition, en 1887, Lima.) Ternaux-Compans. Histoire du Pérou. — (Paris, 1857, in-8», Jannet.) TscHUDi. Beisen durch Sûd-Amerika. — (5 vol. in-8o, Leipzig^ Varigny (de). La guerre du Pacifique. (Paris, 1881-1884.) - Jiel
graficas de Indias, Peru. — (Madrid, 1881-1885, 2 vol. in-4«.)
Varigny (de). La guerre du Pacifique. (Paris, 1881-1884.) —^Aelaciones georaficas de Indias, Peru. — (Madrid, 1881-1885, 2 vol. in-4«.) Wappaeus. Die Republit Peru. — (Leipzig, in-8», 186i.) Wiener (Ch.). Bolivie et Pérou. — (Paris, 1880, in-4». Hachette.)
André (Edouard). L'Amérique équinoxiale. — {Tour du Monde, 1877.) Beb (Th.). Le rio Casca et la facienda Nouvelle- Auvergne. — {Bulletin de la Société de géographie^ avril 1878.)
De Botmiliau (A.). La république péruvienne. — {Bévue des Deux-Mondes, !•«• avril, {••"juin 1850.)
Chérot (A), Le PéroUf productions, travaux publics, etc. — {Journal des économistes, décembre 1875.)
Gauldrée-Boilleau. Exploration des cours d'eau du Pérou. — {Bulletin de la Société de géographie j novembre 1870.)
Lavollée (G.). Voyage au Pérou et en Bolivie. — {Bévue des Deux-Mondes, l" septembre 1861.)
Libessart. Lps chemins de fer du Pérou en 1873. — {Économiste français, 24 janvier 1874.)
Marcoy (Paul). Voyage dans la région du Tilicaca et du Bas-Pérou. — {Tour du monde, 1877.)
Martin de Moussy. Boute des Incas dans l'Amérique du Sud. — {Annales du comité d'archéologie américaine, I, 1863.) Ordinaire. Le Pérou de la côte. — {Bull. Soc. géogr. commerciale, 1885.) Radiguet (Max.). Lima. — {Bévue des Deux-Mondes, 1852.) Saiwt-Crico (de). Les Indiens Conibos. — {Bulletin de la Société de géographie, 1853, t. II.)
Sartioes (de). Voy. dans les répub. de l'Amer, du Sud. — {Bev. des Deux- Mondes, 1851.) Senèze et Nœtzli. Voy. dans le nord du Pérou. — {Bull. Soc. géogr., 1885.) Simonin (L.). Les (les Chincha. — {Tour du Monde, 1868, t. XVllI.) Squier (E.-G.). Observation.'! sur la géographie et l'archéologie du Pérou. — {Année géographique, de M. Vivien de Saint-Martin, 1870-71.)
ViLLAMUs. De Quito â Potosi. — {Correspondant, 25 janvier 1876.) Wauwermans. Le Bas de Marée de Pabellon de Pica. — {Bulletin de la Société de géographie d'Anvers, février 1878.)
Wiener 'Ch.). La ville morte du Grand-Chimu et la ville de Cuzco. — {Bulletin de la Société de géographie, octobre 1879.) X... Le Pérou. — {Bévue britannique, mai 1863.) MoRENO. Petroleum in Perus. (Lima, 1891, in-8».)
Ordinaire. Du Pacif. à l'Allant, par les Andes péruv. et VAmaz. (In-8», 1892.) Clark. Twelve Monts in Peru. — (Londres, 1891, in-8».) Capelo. La via central del Peru. — (Lima, 1896.) Evans. From Peru to the Plate. — (Londres, 1883.) Guillaume. The Amazon Province of Peru. — (Londres, 1888.) Grommelin. Ooer the Ande from Chili to Peru. — (Londres, 1895.) Middendobp. Peru. — (Lima et Berlin, 1893.) MoRELO. Petroleum in Peru. — (Lima, 1891, in-8"».) Ydiaouez (de). Le Pérou en 1889. — (Havre, 1890, in-8».)