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LE TIR A LA CIBLE

Tour à tour instructeurs et élèves, les cadets de l'école militaire américaine sont exercés à la pratique du tir dans les positions les plus variées.

L'ARTILLERIE LÉGÈRE. Comme dans les armées européennes le matériel d'artillerie de campagne est,

en Amérique, aussi léger que possible. Chacune des batteries compte six pièces.

Planche 60.

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SMITH COLLEGE. — Dans la petite ville de Northampton Massachusetts , Smith Collège a été fondé en I s 7 : ; . Les coquets bâtiments de l'école s'espacent à travers de larges pelouses plantées de beaux arbres.

LA FÊTE DU PRINTEMPS. — Chaque année, au début de la belle saison, une fêle des (leurs est organisée dans les jardins de Smith Collège. Les anciennes élèves, ce jour-là, se joignent aux nouvelles.

SMITH COLLEGE. — Les dormitories — Sortes de grandes et coquettes villas de style colonial, les dormitorie! n'onl pas l'aspect de casernes moroses d'un trop grand nombre de lycées français.

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d'exercice par semaine. Elles peuvent choisir entre la promenade à cheval (ici, les femmes montent à califourchon), la promenade à pied, le patinage, le golf, le tennis, le hockey, l'aviron, la natation, le basket- bail. Même, en première et en deuxième année, les exercices gymnastiques, sous la direction d'un professeur, sont obligatoires de décembre à Pâques. Si quelque raison les empêche de se livrer aux exercices prescrits, elles doivent, comme pour les manquements à la prière du matin, consigner leurs excuses sur une petite carte préparée à cet effet, qu'elles envoient au président de l'Université.

J'ai assisté, un après-midi, à un patinage. L'étang est situé tout près du collège, dans un bas- fond entouré de vallonnements où s'espacent des villas. Il faisait un superbe temps d'hiver. Deux ou trois cents jeunes filles et quelques jeunes garçons patinaient avec un entrain sérieux et forcené. Je revis là le professeur de psychologie, qui, le matin, enseignait le mécanisme de l'attention d'après James et Spencer, et le professeur d'histoire. Ils n'étaient pas les moins ardents à tracer des ellipses rigoureuses sur la glace. Mais ici, comme partout, comme à la prière du matin, comme à la salle de gymnastique, on avait surtout l'impression d'un devoir qu'on remplit, d'un entraînement ou d'une discipline qu'on subit. Et comment pourrait-il en être autrement, puisque le sport est obligatoire ? Ce qui pour nous est un jeu, un amusement, devient ici une habitude, excellente, d'ailleurs, utile et saine, puisqu'elle contribue à produire ces corps solides et souples et ces visages frais, mais

d'où l'idée de plaisir, d'expansion joyeuse est absente.

A six heures, le dîner. Après le dîner, on organise de petites sauteries qui durent une demi- heure, pour la digestion sans doute. Puis ce sont des auditions de lectures à haute voix dans un petit cercle, en faisant du crochet, ou la préparation des cours dans les chambres, ou des représentations dramatiques entre les élèves, ou des réunions dans les clubs, ou bien encore des promenades en voiture ou en traîneau jusqu'à dix heures du soir. Ces promenades du soir ne sont permises que si l'une des dames commises à la surveillance de l'habitation veut bien accompagner les promeneuses. J'ai vu, un soir de février, le départ d'une de ces excursions nocturnes. On avait commandé un vaste traîneau à deux banquettes tiré par quatre chevaux, où prirent place une vingtaine de jeunes filles. Enveloppées de fourrures, elles grimpaient lestement dans le traîneau en riant, et chaque nouvelle arrivante était saluée par un chœur de bienvenue à deux voix, que chantaient toutes les autres. La neige couvrait les pelouses et les chemins que bleuissait la lune. Le ciel, plein d'étoiles, était d'un bleu profond, et les rires des jeunes filles éclataient dans la nuit bleue et blanche. Là, rien de préparé ni de réglementaire. La gaîté, toute spontanée et vitale, s'aiguisait du demi- mystère de cette belle nuit claire et frissonnante. Le traîneau s'ébranla au trot rapide des quatre chevaux qui secouèrent leurs grelots, et ces jolies figures espiègles et ces yeux de jeunesse s'effacèrent, tandis qu'on entendait encore résonner dans l'air sec les cascades de leurs rires frais.

Le jour suivant, je voulus visiter quelques chambres de jeunes filles. Conduit par une respectable dame aux cheveux blancs, d'allure noble et sévère, je pénétrai dans l'un de ces « home » en miniature. C'était une chambre assez vaste, avec une fenêtre en rotonde, simplement meublée d'un petit lit recouvert en entier, presque caché par une courte- pointe bien blanche. Autour de la rotonde, un banc circulaire avec des coussins de toutes couleurs ; à terre, un tapis. Sur les murs, des têtes d'Indiens peintes sur des morceaux de cuir brut ; un drapeau américain, des pipes tyroliennes, un fleuret, des fouets, des raquettes de tennis ; sur une cheminée, des vases avec des fleurs artificielles ; un buste en plâtre de Paderewski, des photographies encadrées, têtes de jeunes gens pour la plupart, figures imberbes et énergiques, avec peut-être le souci d'être romaines et impassibles, — ce qui rendait leur œil un peu vide et leur front sans intérêt. Sur une table, des livres, un lion de Barye, un service à thé et une lampe à alcool. Plus tard, j'appris qu'on cachait dans les armoires des boîtes de conserves de homard, des bonbons, des fromages, des salades, des œufs ; on mange cela en cachette, entre les repas, les jours fréquents où les menus d'en bas se trouvent être par trop maigres.

Dans une autre chambre, à peu près semblable à la première quant au mobilier, l'ornementation était différente : une affiche de Mucha, des photographies de dessins de Burne- Jones et de Rossetti, des photographies d'athlètes aux bras nus, fortement musclés, plusieurs pipes de bruyère liées par un ruban bleu, une Vénus

de Milo en plâtre, une casquette d'étudiant de Heidelberg, une chope de Nuremberg, une paire d'avirons, des banderoles aux couleurs de Harvard ; au-dessus du lit, cette épitaphe tombale : « Pour l'amour de Jésus, ne touchez pas à la poussière étendue ici ! », des cartes astronomiques piquées au mur avec des observations quotidiennes (nous sommes chez une élève de sciences). Je demande à la dame qui me conduit d'où viennent ces pipes, cette casquette et cette chope ? Elle transmet ma question à la jeune élève qui nous fait les honneurs de sa chambre, et celle-ci se met à rire d'un rire franc et gai. Puis, sans rougir et sans aucune gêne, elle me montre du doigt une photographie de jeune Américain en tenue d'équipier de football de Harvard : c'était l'aveu ingénu et sans phrase.

« C'est son fiancé, me dit la dame.

Beaucoup d'entre nos élèves sont fiancées. Elles doivent nous le déclarer, et c'est à cette condition que nous les autorisons à recevoir les visites des jeunes gens. Ils se rencontrent alors, une fois la semaine à peu près, dans le salon, ou bien même dans la chambre de la jeune fille, en présence d'un chaperon. Plusieurs fois par an, nous donnons des bals auxquels les jeunes gens présentés sont admis à prendre part. »

Les représentations théâtrales, les charades, les réunions, les conférences d'élèves sont aussi fort en honneur à Smith Collège comme dans les universités d'hommes. Il y a des clubs de toutes sortes, des clubs grec, oriental, français, de botanique, de biologie. On organise des Conseils d'élèves qui délèguent des envoyés au Conseil des professeurs du collège pour réclamer ou

protester. Si les leçons sont trop longues, protestation ; s'il n'y a pas assez de bals où les jeunes gens sont admis, réclamation.

On voit par ces quelques notes quelle éducation libérale et large reçoivent les jeunes filles d'Amérique ! Elles arrivent seules au collège et s'en retournent seules deux fois par an dans les États lointains où demeurent leurs familles. Les parents ne sont en rapport avec l'administration que pour régler les comptes d'argent.

Aucun « bulletin » ne leur est envoyé par le président ou les professeurs. Si l'élève ne se conduisait pas bien, on la renverrait, et tout serait dit. Mais cela n'arrive, paraît-il, jamais. La liberté est donc presque absolue, et c'est le sentiment que la jeune fille en a qui la rend si sérieuse. Qu'elle rentre avant dix heures du soir au dormitory, qu'elle assiste à la prière du matin, qu'elle suive quinze heures de cours par semaine, et elle est en règle avec la loi du collège. De plus, qu'elle n'aille pas en voiture avec un jeune homme seul, excepté avec son fiancé, et qu'elle n'aille jamais en voiture le dimanche, car elle s'attirerait les foudres du président, qui ne manque jamais, à chaque rentrée, d'insister sur cette interdiction dans son discours public.

Je m'informai si toutes les élèves de Smith Collège étaient riches.

Presque toutes disposent de ressources suffisantes pour mener une vie à la fois intelligente, agréable et facile. Elles ont chacune leur petit carnet de chèques et un crédit ouvert dans une banque de Northampton. Ces crédits varient naturellement d'importance. La moyenne de l'argent de poche pour les plus jeunes est de

15 dollars par mois, pour les fleurs, les rubans et les bonbons. D'autres reçoivent 300 et même 500 dollars par an pour leurs toilettes et leurs frais de concert, de promenade et autres.

les élèves II y a peu d'exceptions, pauvres o o mais [\ y en a piusieurs

jeunes filles, trop pauvres pour payer leur redevance collégiale et leurs frais d'entretien, viennent pourtant à Northampton, y travaillent une partie du jour, servent dans les restaurants et les boarding-houses, donnent des leçons et se créent ainsi les ressources nécessaires à leurs études.

J'ai pu causer avec l'une d'elles, une jeune fille de vingt- deux ans, en lunettes, pas jolie, mais d'une douceur d'expression charmante.

D'une voix timide, elle me raconta que son père était charpentier et avait soixante- douze ans. Il ne pouvait donc pas l'aider.

Voici comment elle s'y prend :

Elle travaille quatre heures par jour, divisées en trois séances, dans un boardinghouse, moyennant quoi elle y est nourrie pour rien. Elle sert à table ses compagnes qui prennent pension là. Pour payer son logement, elle travaille à la bibliothèque du collège en qualité d'employée. Mais il lui faut encore de l'argent pour payer son entretien. C'est la société de secours du collège qui lui prête 100 ou 150 dollars, qu'elle remboursera en cinq ans dès qu'elle sera pourvue d'un emploi de professeur. Elle prépare des examens de langues. Elle apprend le latin, le grec, le français et l'allemand.

A ma question : « Ne vous sentez- vous jamais humiliée à servir vos compagnes ? » elle proteste avec étonnement :

— Oh ! non ! Pas du tout ! Mes compagnes sont charmantes, toutes, avec moi. Jamais je n'ai rien senti qui pût me blesser. Elles sont pour moi pleines d'égards, au contraire.

— Et n'êtes- vous privée de rien?

— Oui, je m'ennuie quelquefois, loin de mon père. Je sais qu'il est triste de n'avoir pu me donner ce qu'il me fallait pour m'instruire. Je suis privée aussi des choses bien agréables. D'abord, c'est de ne pas pouvoir assister à tous les cours, et puis c'est de n'aller jamais au concert, parce que cela coûte trop cher, et qu'il faut que je compte très strictement.

Autrement, je n'ai à me plaindre de rien, et, quand je serai professeur, bientôt j'espère, je crois que je serai très heureuse... »

Exemple curieux du désir de savoir et d'énergie, qui déconcerterait les esprits timorés et les molles initiatives de nos jeunes bourgeoises françaises !

Ce besoin de créer des écoles pour tout, des écoles où l'on enseigne aux femmes jusqu'à la façon de recevoir, de mettre la table, de faire le ménage ; aux hommes, les éléments de leurs droits politiques, ne révèle- 1- il pas l'instinct puissant qui les pousse à la rééducation de leur sociabilité ? Tous ces Européens pauvres, de condition inférieure, ignorants, qui ont rompu

les traditions des ancêtres, venus ici avec leurs familles, enrichis en quelques années, ont à présent une maison à tenir, des amis à recevoir, des domestiques à surveiller. Et ils ne savent pas... Trop vite parvenus à l'aisance ou à la richesse dans un pays sans passé et sans tradition, entraînés par les mœurs au confortable et au luxe, ils s'aperçoivent vite de tous leurs manques. Ils veulent qu'au moins leurs enfants soient éduqués et instruits, qu'ils sachent tout ce qu'eux-mêmes ignorent.

De là ces programmes extraordinaires, le psittacisme général des universités, de là ces écoles sans nombre où s'apprend, avec le reste, le snobisme.

Mais les Américains sont aussi poussés à multiplier les écoles par leur nature portée à la discipline, par une activité tyrannique à satisfaire et un goût réel d'apprendre. Leur absence de rêve et de méditation les éloigne de la période où l'on pense plutôt à se cultiver soi-même. Ils en sont encore à s'assimiler rapidement les choses. Et leur naïveté s' ajoutant à leur orgueil, s'ils ont besoin d'un artiste, ils font venir celui qui coûte le plus cher. Ils achètent à prix d'or des savants à l'Europe. Ils convoquent les maîtres- queux des paquebots français pour, entre deux voyages, enseigner aux filles du Massachusetts à gâcher les sauces, et ils appellent des palefreniers d'Epsom pour mettre de l'élégance dans leurs écuries.

SMITH COLLEGE. L'Entrée. — (l'est par une longue avenue bordée d'arbres splendides que le visiteur accède aux

bâtiments scolaires et aux dormi tories de ce collège modèle.

UNE EQUIPE DE FOOTBALL. — Les élèves de Smith Collège pratiquent, chaque semaine, quatre heures d'exercices. Tous les sports sont en usage dans l'Université : football, tennis, hockey, aviron, natation, etc.

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LA MARINE — Admirablement commandée el entraînée, la marine américaine esl prête à toutes les éventualité! Les grands raids qu'elle effectua ces dernières années, montrent à quel point son organisation est parfaite.

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BOSTON. — Old State House. — Le plus ancien monument de Boston. Celle vieille construction, édifiée sans aucune prétention, date de 1754. Lors de sa restauration on s'est efforcé de respecter sa forme primitive.

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LE PARC DE BOSTON PENDANT L'HIVER. — Les Bostoniens sont très fiers de leur parc, situé au cœur de La ville. Au loin on voit le Palais de*l'Etatdont la coupole dorée s'illumine la nuit et s'aperçoit de tous les points de la ville.

EGLISE DE LA TRINITÉ. — Trinity Church, terminée il y a trente ans, est l'un des plus beaux édifices religieux des Etats-1 nis. Ce qui v domine, c'est l'imitation du style roman méridional. Le clocher a 64 mètres de haut.

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