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LES DOMESTIQUES

Pénurie de domestiques. — Psychologie des émigrants. — L'égalitarisme. — Exigences. — Cirez vos chaussures vous-mêmes. — Cuisinières américaines. — Besognes pour nègres. — Le lavage des fenêtres. — Budget domestique d'un ménage moyen. — Heures de liberté. — Le salon et le piano des domestiques. — Confortable américain. — S ans-gêne des employés de toutes sortes. — Syndicats. — Pays de Cocagne. — La domesticité ennoblie. — Essai sur les raisons de l'égalitarisme en Amérique.

e pays, où presque tous les problèmes de la vie matérielle sont résolus par les machines avec ingéniosité, se heurte à une difficulté qu'il n'a pas su encore surmonter :

le service des domestiques. Je suis sûr qu'il la résoudra un jour ou l'autre. Et déjà même on entrevoit des solutions pratiques de la question. Mais, en attendant, le voyageur européen peut s'assurer quelques heures divertissantes en se faisant raconter l'histoire des rapports de maîtres à serviteurs américains.

Il y a pénurie de domestiques aux États-Unis. C'est le revers de la médaille ! L'Amérique écréme chaque année le résidu des énergies inemployées, inadaptées ou ratées du vieux continent. Et l'on conçoit fort bien qu'un homme volontaire, ou une femme avisée, quittant le sol natal pour tenter la fortune en exil, ne consentiront pas longtemps à servir la

destinée des autres dans la position subalterne de la domesticité.

Mais est-ce seulement parce qu'ils sont énergiques que les paysans ou les ouvriers déclassés d'Europe oublient, presque du jour au lendemain, en mettant le pied en Amérique, toute notion de hiérarchie?

Dans leurs montagnes de Calabre ou du Piémont, dans les champs d'Irlande, n'étaient-ils pas les mêmes hommes ?

Certes. Mais, au sein des vieilles civilisations dont ils faisaient partie, les classes riches se trouvaient en même temps les plus cultivées, les plus intelligentes, les plus instruites, et dominaient naturellement les autres. Le prestige de l'éducation, des façons, aidait à cette sujétion des pauvres, qui, séculairement, s'y étaient plies.

Et les voici soudain transportés dans un pays neuf, sans aristocratie, sans passé, où les plus riches d'aujourd'hui sont des pauvres d'hier, comme eux ; les voilà au milieu de leurs semblables ! Exactement, à la lettre, ce sont des hommes comme eux, sans plus d'éducation, sans plus d'instruc-

tion ni de façons. Tous portent le même costume. Ils ont même air, et, avec leurs têtes rasées, même visage. Ce milliardaire débuta, il y a trente ans, sans un sou ; cette foule énorme de millionnaires débarqua d'Allemagne, d'Angleterre, d'Irlande, de Scandinavie, de Suisse ou du Tyrol, dans l'état exact où ils se trouvent eux-mêmes. Instinctivement les hommes se redressent. Et c'est une mauvaise position pour un domestique. Ajoutez, à ce sentiment de son égalité avec tous ceux qui l'entourent et qui s'impose à lui, le spectacle pour ainsi dire instantané de fortunes qui s'élèvent, les occasions quotidiennes d'initiative et d'entreprise, l'entraînement irrésistible de cette poussée vers le lucre. Et, comme il n'est venu en Amérique que pour s'enrichir, il ne stationne dans les antichambres serviles que juste le temps indispensable. Dès qu'il a mis de côté la petite réserve suffisante, le voilà qui prend son vol, — à moins qu'il ne soit tombé dans une place favorisée, chez un maître généreux, voyageant et recevant beaucoup, entouré d'amis munificents. J'en ai vu, de cette sorte, qui, à l'insu de leurs maîtres, se faisaient de 12.000 à 15.000 francs par an ( 1 ).

(1) J'ai rencontré à l'Hôtel de la Touraine, à Boston, un garçon de salle français originaire de Perpignan. Je l'interrogeai sur sa situation. Si j'ai bien compris, il avait dû fuir le service militaire. Depuis son arrivée, il se faisait 750 francs par mois y compris les 150 francs de salaire fixe que lui payait l'hôtel, le reste en pourboires. Et la nourriture par-dessus le marché. Il habitait au douzième étage d'une maison voisine une petite chambre garnie, avec tapis et salle de bain, pour 8 dollars par semaine (40 francs).

« On mange mal, me disait-il, mais on gagne plus d'argent qu'un député français. Et le service n'est pas lourd : de sept heures du matin à dix

Cette pénurie de domestiques augmente les exigences du personnel. On ne trouve pas de domestique à moins de 120 francs par mois. Les cochers de bonne maison gagnent de 400 à 500 francs par mois ; le chef, 450 francs (2). Mais ne demandez pas à ces gens de faire un seul geste en dehors de leurs attributions ! La cuisinière ne mettra pas la nappe, et la femme de chambre ne cirerait pas une paire de bottines d'homme pour un empire ; elle ne lavera pas non plus les fenêtres. Si vous voulez que vos chaussures soient cirées et vos fenêtres lavées, vous ferez venir un nègre pour cela. Je connais personnellement beaucoup de gens qui, pour éviter cette dépense superflue, sortent tous les matins de chez eux avec leurs bottines crottées, à la recherche d'un décrotteur. Il est vrai que les décrotteurs sont très nombreux et qu'on en trouve partout.

Mais c'est égal !

Les serviteurs américains se recrutent surtout chez les Irlandais, les Italiens et les Suisses. Mais l'Irlandais est combatif et bavard. Bientôt la politique le tente. Et l'on peut dire que les Irlandais dirigent les villes comme politiciens et les maisons comme domestiques.

Les petites paysannes irlandaises qui débarquent à New- York, à Boston ou à Baltimore, ne savent absolument rien du service intérieur d'une maison. A peine

heures, de midi à deux heures, et de cinq heures à neuf heures. Le reste du temps, on est libre. Pas de nettoyage à faire comme à Paris et ailleurs. Et, comme, en général, on manque de personnel, on est plein d'égards pour nous.

(2) Je ne parle pas des chefs des Mackay ou des Gould, qui gagnent beaucoup plus, et qui, ceux-là, le méritent bien !

L'USINE BALDWIN. La salle des locomotives. — Malgré l'énorme développement de ses voies ferrées, l'Amérique ne suffirait pas à alimenter cette usine géante. Celle-ci fournit des locomotives à l'univers entier.

L'USINE BALDWIN. — Les locomotives montées sont amenées dans celte salle circulaire qui peut en abriter soixante ; c'est là que se l'ait la mise au point définitive et l'inspection de détail avant la livraison.

Planche ioi.

DE PHILADELPHIE A PITTSBURG. — 1° La courbe du fer à cheval. deux gorges profondes sur une énorme jetée en forme d'hémicycle

La ligne de Philadelphie à Pittsburg traverse i 2U Le pont de Rockville, le plus long ponl d(P

William el Roux phnt. Pliil.iclplphii

les pittoresque; non loin de Killaning Point, elle décrit la fameuse courbe du Horse-Shoe (fer à cheval) où le train franchit monde 1.276 mètres), franchit la Susquehanna, large fleuve capricieux qui serpente au pied des monts Àlleghanys.

l'i. ANcni.s io2- lo3.

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iilli»"11

LA « LIBERTY BELL ». — Cette cloche fameuse, appelée STATUE COLOSSALE DE FRANKLIN. — Philadel- Cloche de la Liberté, fui celle qui sonna l'Indépendance. phie a élevé plusieurs statues à sou grand concitoyen.

l'h, to. II. B. Harnier.

VALLEY FORGE. — A 24 milles de Philadelphie, sur la ligne de Beading à Williamsport, existe encore la ferme qui servit de quartier général à Washington pendant le rigoureux hiver de I 777-1 778.

Planche 104.

ont- elles appris dans leur pays de famine à faire bouillir des pommes de terre. Mais je vous ai dit qu'il y avait des écoles de ménage dans tous les grands centres. C'est là qu'elles vont directement. Elles emploient leurs économies à suivre pendant trois semaines, un mois — pas un jour de plus — les cours de cuisine et de déblay âge ( quel cours ! quelle cuisine ! ) et, désormais, elles n'accepteront plus moins de 100 francs par mois comme femme de chambre et de 125 francs comme cuisinière.

Vous devinez quelle cuisine elles peuvent apprendre en trois semaines ! Et ces femmes de chambre ne savent ni coudre, ni coiffer, ni habiller leurs maîtresses. Elles se refusent absolument, non seulement à cirer les bottines, mais encore à brosser les robes ! D'ailleurs, jamais un homme n'oserait en Amérique demander à une femme de lui cirer ses bottines ou même qu'une femme donne un coup de brosse à son vêtement.

Je ne voulais d'abord pas croire à de telles choses. J'y voyais une exagération paradoxale. Mais je les ai contrôlées dans toutes les villes par où j'ai passé, et je peux citer mes références.

Ainsi, un de nos compatriotes de Chicago, qui gagne largement sa vie, mais qui n'est pas riche, m'a établi comme suit le budget mensuel minimum de sa domesticité, qui, on va le voir, n'est pas exagéré :

Une cuisinière (il faut bien manger). . 125 fr.

Une femme de chambre (il faut bien que les lits soient faits, que les meubles soient époussetés et que la table soit servie) 100 fr.

Blanchissage (la femme de chambre se refusant à laver un mouchoir), trois jours par semaine 70 fr.

Nettoyage (il faut bien battre les tapis, laver les corridors, les fenêtres, et la femme de chambre n'est pas là pour cela), un homme spécial deux ou trois heures par jour 60 fr.

Un jardinier, qui consent en même temps à laver l'automobile 200 fr.

liberté des Et ces gens sont nourris, domestiques iogés et blanchis !

Et ils exigent tous deux jours de liberté par semaine, de deux heures après-midi à six heures, et deux autres jours, de huit heures du soir à minuit. Débrouillez- vous. C'est à prendre ou à laisser.

La cuisinière et la femme de chambre ne veulent pas servir le dîner le soir du dimanche. Ce jour-là, elles exigent leur liberté complète à deux heures. Vous voilà donc forcés de dîner à une heure et demie de l'après-midi. Si vous avez faim le soir, vous irez au restaurant, ou vous vous servirez vous-même.

Ce n'est pas tout !

Il y a des domestiques qui veulent un salon pour recevoir leurs amis.

On m'en a cité qui exigeaient le droit à l'usage du piano un jour par semaine.

Si les chambres où on les loge ne leur conviennent pas, ils en demandent une autre. Je connais une maîtresse de maison qui, après avoir changé plusieurs fois de femme de chambre, était enfin tombée sur une jeune Norvégienne qui faisait assez bien son affaire. Elle était prête à tout supporter pour la retenir. Or elle exigea par deux fois de changer de chambre, sous des prétextes divers, et finalement menaça de s'en aller si on ne lui

donnait pas « la chambre d'amis », qui lui plaisait. Et il fallut que la dame en passât par là.

Il y a le lundi, dans toutes les villes importantes, des expositions à bon marché des grands magasins. Les Unions (car tous les domestiques sont syndiqués, naturellement) exigent que les patrons permettent à leurs serviteurs d'y aller, for shopping, pour acheter. De sorte que, si le lundi vous avez besoin de vos domestiques, vous serez forcé de vous en passer ! Et cela, de par la loi des Unions.

Même dans les hôtels, ces mœurs se retrouvent. On n'y cire pas les chaussures. Pendant tout mon séjour (excepté à New- York), je n'ai pas vu une seule paire de bottines devant les portes des chambres dans toutes les villes que j'ai traversées. Au début, étonné de retrouver au matin mes chaussures dans le même état que la veille, je sonnais et j'exigeais qu'on me les cirât. J'y renonçai bien vite. On me les faisait attendre une demi- heure, et on me réclamait soixante- quinze centimes, qu'il me fallait payer immédiatement au nègre qui me les rapportait.

J'ai fait comme tout le monde. Je sortais avec mes bottines crottées, allais à la recherche d'un nègre, ou je descendais dans le sous- sol de l'hôtel, où il y a presque toujours des décrotteurs.

Les Américains, qui y sont habitués, ne souffrent pas de ces coutumes. Les premiers pionniers ont eu bien d'autres soucis que ceux-là ! La dureté, l'âpreté de la lutte dans les deux premiers siècles de la colonisation ont dressé des générations à s'endurcir, à se servir soi-même. D'autre part, les ouvriers et les paysans qui

émigrent chaque année et qui forment à présent la majorité de la nation n'ont pas été élevés dans la ouate. Devenus riches, ils continuent, quand il le faut, à se suffire à eux-mêmes et à n'être embarrassés de rien. Ce qu'ils exigent, surtout, c'est qu'on ne leur fasse pas perdre leur temps. L'Américain est dans la vie comme le soldat en campagne : il peut se contenter du minimum de commodités et supplée au reste par sa propre initiative et sa philosophie. Cette comparaison est très juste, et j'y insiste : l'Américain a toujours l'air de camper. Ce pays en perpétuel changement, en progrès, a des airs de provisoire. Jamais je n'ai vu personne se plaindre, à l'hôtel, que la cuisine fût mauvaise ou le service mal fait. Pourvu que la table soit copieuse, ils approuvent. Cent fois j'ai entendu des gentlemen dire à table : « Délicieux ! » devant des plats immangeables. Il est vrai qu'ils mélangent tant de sel, de poivre et de sauce à l'huile à tout ce qu'ils mangent que le goût initial des plats a disparu.

Je vous ai déjà raconté les façons des employés des services publics, leur familiarité, leur indépendance absolue et acceptée du public ; le verre à eau commun à tous dans les trains, dans les prétoires, que jamais je n'ai vu rincer ni par celui qui a bu, ni par celui qui va boire ; les domestiques des hôtels frappant à la porte de leurs poings, poussant la porte avec leurs pieds s'ils sont de mauvaise humeur, sifflant très haut dans votre chambre en attendant vos ordres, ne se pressant jamais, se refusant complètement à vous rendre un service qui ne soit pas dans leurs attributions rigoureuses.

Aussi, dans les premiers temps d'un séjour en Amérique, sommes- nous sceptiques à l'égard de la réputation de confortable du pays. Nous jouissons bien, en effet, des chambres chaudes, des lits moelleux, de la lingerie abondante, de la balnéation toujours prête, de la commodité des moyens de transport, etc. Mais nous oublions vite ces avantages quand, ayant un bouton à coudre ou un point à faire après six heures du soir, le groom nous répond que le tailleur de l'hôtel est parti et que la femme de chambre se refuse à le suppléer !

Vous devinez quelles doivent être les conséquences de cet état général d'indépendance des esprits !

Chez les natures vulgaires, il se traduit par une insolence, un sans-gêneincroyables. S' apercevant très vite que ceux qu'ils servent ne leur sont supérieurs en rien, sinon par leur fortune, ils sont amenés à abandonner tout respect et toute déférence envers leurs maîtres. Mais, dans ce pays, cela n'a rien de choquant. La première surprise passée, on est bien forcé de constater que cette émancipation est légitime et normale. Puisque les patrons ne sont, en fait, supérieurs à leurs domestiques, ni par l'éducation, ni par la moralité, ni par les manières, ni par rien de caché ni de visible, que quelquefois même les domestiques ayant servi des Européens pourraient apprendre à leurs maîtres des façons civilisées qu'ils ignorent, il arrive ceci : que peu à peu les employés prennent conscience de cette égalité avec leurs employeurs et qu'ils n'acceptent de servir que sous de fortes garanties d'indépendance et d'être commandés qu'avec

toutes les formes et tous les égards dus à des collaborateurs.

De là cette insécurité permanente des maîtresses de maison devant leur domesticité. Une dame américaine n'est jamais sûre le matin de pouvoir dîner chez elle le soir. Car — tout se tient — un domestique n'est pas tenu à ses huit jours, comme chez nous, ni même à ses quarantehuit heures. S'il lui plaît, — et il lui plaît souvent, — il retire son tablier, va faire sa malle, met son chapeau et exige son règlement immédiat, instantané. Les « Unions » le veulent ainsi, et les tribunaux sanctionnent cette coutume.

Vous voyez par quelle série de compromissions et de petites lâchetés doivent passer les gens qui veulent conserver un personnel dont ils sont à moitié satisfaits.

Cette indépendance des serviteurs, et de l'employé en général, a donc relevé la profession. En Amérique, il n'y a pas de déchéance à servir. Alors que chez nous, et dans toute l'Europe, l'état de domestique est considéré comme moins noble que celui d'artisan, là- bas on ne fait pas de différence entre les diverses manières de gagner sa vie. C'est ainsi que j'ai vu, à Boston, un garçon d'ascenseur, en service dans une maison bourgeoise, qui suivait à certaines heures les cours de l'Institut technologique. On m'a dit :

« Ce n'est pas un domestique qui est étudiant, c'est un étudiant qui est forcé d'être domestique. »

Et il était là, avec son binocle d'or, assis dans le vestibule de l'immeuble, devant une petite table, à lire de gros livres de science. Lorsque quelqu'un arrivait, il se levait, montait dans l'ascenseur,

conduisait le visiteur à l'étage demandé et redescendait devant sa table de travail.

Dans toutes les universités américaines, on trouve des étudiants placés dans des situations analogues.

Cette indépendance du domestique et, en général, de tout employé, ne vient donc pas, comme des théoriciens systématiques l'ont dit jusqu'à présent, et comme l'Américain orgueilleux s'en prévaut, du sentiment moral de l'égalité des hommes. Ce serait trop beau ! Elle vient seulement de l'égalité de fait de toute cette population d'émigrants qui, à raison de près d'un million par année, constitue la nation. Arrivés tous avec quelques dollars en poche, s' étant trouvés aux prises avec les mêmes difficultés, le même inconnu, ayant éprouvé les mêmes déboires et les chances pareilles, ils ont la notion positive et de fait qu'ils se valent.

Si ces mœurs durent, je n'y vois rien à reprendre, au contraire. Et, si elles étaient le résultat de l'éducation, la conséquence d'idées démocratiques conscientes et raisonnées, l'Amérique serait la terre idéale de l'égalité — sinon de la fraternité

humaine. Mais je ne crois pas cela du tout. La notion de la hiérarchie et le goût des distances sont inconnus ici, parce que, — j e P ai déj à dit, — presque tousles Américains ont la même origine et manquent d'éducation. La seule différence qui existe entre les hommes provient de la richesse ; or la richesse seule, si elle donne de l'orgueil, ne leur donne pas de morgue. Et même la richesse toute neuve, si vite gagnée, toujours menacée, demeure bonne enfant.

Mais laissez grandir quelques générations, laissez pénétrer dans la société bourgeoise les façons et les modes des aristocraties européennes, et vous verrez les descendants de ces gens simples s'affubler des manières distantes, de la réserve poseuse et de toutes les cérémonies fanées que les hautes civilisations de l'avenir auront alors d'elles-mêmes supprimées.

Et cela est si vrai que déjà le marchand de bestiaux et le mineur de l'Ouest, sitôt enrichis, s'empressent de singer, avec les moyens en leur pouvoir, le chic de la vieille Europe : ils endossent l'habit tous les soirs et se pochardent dans les clubs comme d'authentiques lords anglais.

LE CHAMP DE COURSES. — Amateurs passionnés de tous les sports, les Américains établissent des champs de courses dans (ouïes leurs villes. Celui de Philadelphie attire à ses réunions une foule toujours nombreuse.

Photo W. N. Jenniiigs, Philadelphie

GROVE PARK. — Ce parc, situé non loin de Philadelphie sur la ligne de Reading', est un but de promenade poulies habitants de la ville qui y trouvent, le dimanche, des attractions de toutes sortes.

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