POSITION DE LA QUESTION NÈGRE
Retour en arrière. — Les nègres conquièrent la liberté, puis le droit de suffrage. — Ils dominent. — Chassés par les blancs des bureaux de vote. — Les blancs reprennent le pouvoir. — Moyens d'empêcher les noirs de voter. — Roosevelt et Booker T. Washington. — Nègres fonctionnaires. — Protestations. — Le nègre est-il perfectible ? — Ses instincts. — Les mulâtres. — Mauvais produits. — Exceptions. — Il y a trois mille ans. — Les quakers sont-ils responsables de l'invasion nègre ? — Pourquoi ne pas êduquer le nègre? — Haïti.
oici comment m'a parlé, en Louisiane, l'homme le mieux placé pour connaître et m' expliquer le problème nègre :
« Pour bien comprendre de quelle façon se pose aujourd'hui la question nègre aux États- Unis, il faut se souvenir :
« 1° Que les nègres furent émancipés en 1865, à la suite de la guerre civile entre les États du Nord et les États du Sud, qui prit fin par la victoire des Nordistes ; « 2° Que les Nordistes imposèrent aux Sudistes non seulement la libération totale des nègres, mais aussi leur égalité civile complète et absolue avec les citoyens blancs ;
« 3° Que de 1865 à 1875, dans plusieurs États du Sud, les nègres étant en majorité et jouissant du droit de suffrage sans restriction, s'emparèrent du pouvoir des États et des villes et se livrèrent à toutes les exactions. Ils se laissaient corrompre
d'une façon éhontée et naïve, chassaient tous les blancs des emplois, les taxaient double et exonéraient les noirs d'impôts, agissaient en un mot comme des sauvages qu'ils étaient, à qui on livre une civilisation organisée. C'était une invasion pacifique et légale de barbares, consacrée par l'idéalisme puritain
« 4° Qu'à partir de 1875 les habitants des provinces du Sud, se refusant à assister à la ruine de la civilisation qu'ils avaient eux-mêmes créée, se reconquirent. La loi leur ôtait les moyens légaux de chasser les nègres du pouvoir, ils la tournèrent. Quelquefois, il fallut user de violence. Les salles de scrutin furent prises d'assaut. Les boîtes à scrutin forcées, armes à la main... Mais quoi? Ils se retranchèrent derrière la parole de Cicéron, quand on lui demanda de jurer qu'il n'avait pas désobéi aux lois, et qui répondit : « Je jure que « j'ai sauvé ma patrie! »
« Quand ils eurent ainsi recréé une majorité blanche dans les pouvoirs des États et des villes, ils « corrigèrent » les lois.
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DANS LES FERMES DU SUD. — Le nègre s'attache à la ferme où il est né et au maître qui le nourrit. Aux yeux de celui-ci il fait partie, pour ainsi dire, du domaine; il y a sa maison et sa famille.
LE NÈGRE AUX CHAMPS. — C'est le nègre qui est généralement chargé du ravitaillement de la ferme et de son approvisionnement en fourrage. Il est obligé parfois d'aller, sur sa carriole, les chercher très loin.
Planche i35.
LE NÈGRE ELECTEUR. — Les nègres font entre LES NEGRES... BLANCS. —Clinique achalandée, pour faii eux une active propagande pour leurs candidats. blanchir la peau des nègres au moyen des rayons X.
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LE NÈGRE A L'ÉGLISE. — Les nègres des États-Unis sont généralement affiliés à l'une des nombreuses sectes qui foisonnent en Amérique; la pluparl suivent le rite baptiste, sorte île christianisme dissident, aux rites barbares.
l'L VNCHE I 36.
« La Constitution déclare qu'il n'y a pas de différence entre les citoyens des États-Unis et que tous ont le droit de suffrage. Mais les Parlements des États du Sud décrètent que noirs ou blancs n'auront le droit de suffrage que s'ils savent lire et écrire, s'ils sont aptes à répondre à certaines questions sur la Constitution, s'ils possèdent une propriété d' au moins 300 dollars, ou si leur père ou leur grand- père avaient eu le droit de vote.
« Comme peu de nègres savent lire ou écrire, comme encore moins ils sont propriétaires, et comme il en est très peu parmi eux dont les ancêtres votaient, la majorité fut assurée aux blancs, et nous sommes rentrés dans l'ordre.
— Alors d'où vient l'agitation actuelle des États du Sud?
— De ceci : que le pouvoir central veut nous imposer aujourd'hui des fonctionnaires nègres. M. Roosevelt vient de nommer un nègre procureur de la République pour les affaires civiles dans un district du Delaware. Puis, poussant plus loin le défi, il a rappelé au poste de percepteur des douanes à Charlestown, dans la Caroline du Sud, un Dr Crum, nègre également. Or, le poste de percepteur des douanes est le plus important de la ville, le monsieur qu'on nomme devient un personnage très puissant. Et les habitants blancs de la Caroline du Sud ne peuvent pas supporter l'idée d'y voir un nègre avec lequel ils seront obligés de frayer, et qui sera, en quelque sorte, leur supérieur.
— Pourquoi ? Si cet homme a des capacités et de la valeur?
— Parce qu'il ne manque pas d'hommes
de valeur parmi les blancs ! Si celui-ci était un homme extraordinaire, ayant fait preuve de qualités transcendantales, on le comprendrait encore... Mais ce n'est pas et ce ne sera pas, de longtemps, le cas des nègres. Pour un homme de valeur moyenne parmi les nègres, il y en a mille qui sont de purs sauvages.
— Tout de même, n'admettez- vous pas que, puisqu'il y a en Amérique dix millions de nègres qui travaillent, qui remplissent tous leurs devoirs civiques( il serait juste de leur faire une part proportionnelle dans les fonctions de l'État?
— Non, car admettre ce principe nous ramènerait tout droit à l'état lamentable d'où nous avons eu tant de peine à sortir. Et il ne faut pas que les blancs soient gouvernés par les nègres. C'est inadmissible. Les nègres sont un peuple inférieur. Ils sont incapables de se gouverner euxmêmes dans la vie. Ils sont imprévoyants, paresseux, menteurs, fétichistes encore.
Ils n'ont aucune moralité. Ces défauts sont- ils suffisants pour en faire les gouvernants des races anglo-saxonne, française, espagnole, qui vivent dans le Sud? L'Amérique a été conquise, civilisée par la race blanche, pour les blancs. Nous avons des siècles de civilisation, nous nous comprenons entre nous et, au contraire, des différences énormes nous séparent des noirs. Nous ne voulons donc pas, pour faire le jeu des politiciens, exposer nos petits- enfants à être dominés, gouvernés par des nègres, pas plus, d'ailleurs, que par des Chinois, des Indiens ou des Japonais. Nos cerveaux ne sont pas faits de même. Ils ne nous comprennent pas plus que nous ne les comprenons.
« Et puis, pourquoi M. Roosevelt ne nomme- 1- il pas ses nègres à New- York ou à Washington? Mais il sait qu'il y aurait une émeute bien plus forte à New- York s'il s'avisait de jouera ce jeu !... D'ailleurs, les nègres ne demandent rien du tout. Il fait cela pour avoir les nègres dans le Sud, à la prochaine élection présidentielle.
Cela saute aux yeux.
— Pourquoi ne pas admettre plutôt que M. Roosevelt, poussé par des sentiments humanitaires, essaye de réagir contre le préjugé antinègre, qu'il veut encourager les noirs à s'élever en suscitant en eux l'ambition de se rapprocher des blancs?
Puisqu'on a décidé d'affranchir les nègres, n'est- il pas logique de leur permettre de se développer? L'œuvre d'émancipation ne serait qu'une piètre hypocrisie si on les maintenait éternellement dans un état d'infériorité et de sujétion
— D'abord, si le nègre est perfectible, nous le verrons dans quelques centaines d'années.
« Provisoirement, c'est une brute, pas méchante, c'est vrai, douce même, mais pourrie de vices. Quand il a travaillé une semaine, il se repose la semaine suivante ; il ment pour le plaisir de mentir ; il ignore les lois de la dignité humaine.
— Mais, enfin, tous les nègres ne sont pas ainsi. Il y en a de moraux, d'honnêtes, de travailleurs ? Booker T. Washington, entre autres.
— C'est excessivement rare. Oui, on cite toujours Booker Washington. C'est un homme, en effet, admirable, sur qui il n'y a rien à dire que des éloges. Il est intelligent, et ses compatriotes devraient l'écouter. C'est ce qu'ils ont de mieux à
faire. Mais, d'abord, Booker Washington n'est plus un nègre pur. C'est un mulâtre. Son père était blanc.
— Alors favorisez les croisements, au lieu de les interdire par des lois ! Car, si je ne me trompe, chez vous les mariages entre noirs et blancs ne sont pas permis?
les mulâtres — Ils sont défendus en effet, parce que, en général, les mulâtres sont pires que les noirs, car, s'ils sont nés d'une femme noire et d'un blanc, leur père n'est ordinairement pas grand' chose de rare. Ils prennent alors, avec les défauts et les vices de la race noire, les tares de la race blanche, et le produit est effrayant... Si, au contraire, ils proviennent d'un père noir et d'une blanche, qu'est-ce que peut bien être une femme blanche assez vile pour s'unir au nègre? Autrefois, sous l'esclavage, il pouvait se produire, par hasard, des mélanges plus heureux. Un planteur choisissait une concubine parmi ses esclaves, la plus jolie, la moins vulgaire, et il a pu, en effet, sortir de ces unions des produits d'une certaine beauté. Tel doit être le cas de Booker Washington.
— Mais n'y a-t-il pas des chèvre- pieds dans tous les pays?
— Certes, et je suis même prêt à admettre que les Gaulois, les Ibères et les Teutons d'il y a trois mille ans pratiquaient publiquement ces mœurs que nous reprochons aux nègres d'aujourd'hui... Mais aussi on n'est pas allé alors les chercher dans leurs forêts pour leur offrir le suffrage universel et la domination à Rome ! On les appelait des barbares, et l'on a mis plusieurs siècles à les civiliser.
Quelques-uns de leurs descendants se sont même refusés jusqu'à présent à perdre leurs habitudes ataviques, ce qui fait qu'on les appelle des satyres et des vampires et qu'on les emprisonne. Mais vous savez bien que, tant que les contrées européennes furent composées d'une majorité de ces impulsifs, nous ne pensions pas à nous appeler des nations civilisées.
« Or, que se passe-t-il pour les nègres? On est allé les chercher en Afrique, dans leurs tribus sauvages ; ils étaient tellement abrutis qu'ils se sont laissé amener ici comme des bêtes, sans même songer qu'ils pouvaient résister ; leur notion de dignité était telle qu'ils ignoraient jusqu'au prix qu'on les vendait ! Il y a quarante ans, on leur dit : « A présent, vous êtes libres ! » Et c'est à cette humanité- là, esclaves et fils d'esclaves, qu'on dit en même temps : « Vous êtes les égaux de vos maîtres « d'hier ! Si vous êtes les plus nombreux, « vous pouvez les gouverner à votre tour. »
« Quelle est cette folie? Où peut conduire la fausse compréhension des plus beaux principes de la solidarité humaine ! Et c'est pourtant là qu'on arrive avec les théories et la logique des puritains du Nord ! Ils devraient cependant être plus réfléchis... Car, au profit de qui ail a- 1- on en Afrique charger les navires négriers ? Au profit des quakers ! Qui nous vendit les nègres et les négresses comme des bêtes de somme ? Quels sont ceux qui s'enrichirent si magnifiquement à cette traite ? Des quakers ! Des colons de la Nouvelle- Angleterre ! Et quand ils se furent ainsi enrichis, ils demandèrent, ils exigèrent, des colons du Sud, la libération des esclaves
qu'ils leur avaient vendus, autant dire qu'ils décrétèrent leur ruine.
— Toujours est-il, objectai-je encore, que vous avez, à l'heure présente, dix millions de nègres aux États-Unis... Ces dix millions d'hommes représentent une richesse réelle pour le pays, ils travaillent, ils consomment, ils échangent. Parmi eux, il en est d'intelligents, d'où qu'ils viennent. Pourquoi ne pas favoriser leur culture pour en faire des hommes utiles, plus utiles encore?
— Ceci est autre chose. Et vous tombez là dans la seule solution possible.
Mais vouloir leur laisser prendre, dès à présent, le pouvoir politique, les installer dans les fonctions officielles, c'est aller contre toute sagesse et toute raison. Car les nègres n'ont ni l'esprit de gouvernement, ni aucune des vertus qui font l'homme civilisé de notre temps.
« L'Afrique est un des continents les plus vieux du monde, les géologues nous l'assurent. Pourquoi ne trouve- 1- on chez eux aucune trace de civilisation, ni d'esprit, ni d'organisation politique? Et qu'ontils fait à Libéria? Qu'ont- ils fait de Haïti, l'île admirable que les Français leur ont laissée dans des conditions de prospérité et de fertilité sans égales ? Vous y aviez construit des docks et des routes plus beaux que n'importe lesquels au monde ! Vous leur aviez enseigné une religion humaine et noble... Où en sont- ils, à présent qu'ils y sont maîtres absolus? Un sénateur du Mississipi l' a dit dernièrement au Congrès, à Washington : ils ont mis Haïti plus bas que le Soudan ; ils en sont revenus au fétichisme, au culte du serpent ; ils sont en train de rétrograder jusqu'à
leur ancien cannibalisme, à tous les vices, même les plus innommables... Ils ont tué les mulâtres, ne les trouvant pas assez noirs... Ils s'entre-tuent à tour de rôle... Ce sont des êtres mineurs, des enfants sauvages, qu'il faut surveiller et guider pour des siècles encore.
« Qu'ils deviennent d'abord des hommes moralement libres, qu'ils prouvent qu'ils méritent leur liberté, et alors on pourra voir, mais seulement alors... »
Ce sont les nègres qui font la plupart des travaux en Amérique, nettoyage des vitres dans les maisons particulières (à Boston, par exemple, tous les domestiques blancs s'y refusent), nettoyage des parquets, des corridors, des trottoirs, etc.
Dans les gares, ce sont eux aussi qui nettoient, la nuit, les halls de stuc. Quand on débarque tard dans une ville, on les voit, sur deux rangs, à quelques mètres
les uns des autres, promener sur le sol leur lavette de chanvre lentement, rythmiquement, sans se baisser, les yeux fixés sur les traces humides qu'ils épongent, en chantant des airs languissants à trois voix. A côté de chacun d'eux est posé un seau, sur le bord duquel s'adapte, à la hauteur de leur main, une sorte de pressoir à manche horizontal. Quand leur lavette est bien imprégnée de l'eau sale du carrelage, ils l'insèrent sans se baisser entre les mâchoires du pressoir et en expriment toute l'eau. Comparez ce système, qui n'exige qu'un minimum d'efforts et de mouvements, à celui employé chez nous pour les besognes analogues, et vous aurez une idée de la tendance générale dans ce pays à supprimer l'effort, à remplacer partout où cela est possible l'action de l'homme par la commodité des instruments et par la mécanique.
ot Studio N.
UNE DOMESTIQUE RARE qui a 50 ans de service chez son maître.
UN CENTENAIRE n'est pas chose commune clans la race nègre.
LE RIRE NOIR a quelque chose de naïf et d'enfantin.
EN MÉNAGE. — Le nègre, on le sait, est ennemi du travail et de l'effort. Aussi s'occupe-t-il volontiers des travaux du ménage, pendant que sa femme s'acharne de son côté au dur labeur de la terre ou de la manufacture.
Planche i3j.
A TUSKEGEE. - Tuskegee est une sorte d'école d'arts et métiers pour les nègres, fondée par le célèbre nègre amer
de Tuskegee, dans le but de libérer le peuple noir et de l'élever, par le travail, à l'égalité avec les blancs. Cet établissement est
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Washington. Ancien esclave devenu libre, il acquit de l'instruction et créa, au prix des plus grandes difficultés, son Institut )érité, particulièrement la section agricole, qui comprend des fermes et pâturages modèles^ qui l'ont l'admiration des visiteurs.
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TYPES DE NÈGRES. — Trois dessins de John Pemberton quia peint, avec talent et vérité, les nègres américains. 11 a traduit spirituellement leur gravité puérile, leur vanité naïve et leur goût immodéré pour les toilettes voyantes.
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