I. E. RECLUSs
civilisés mais dégénérés, à celui qui suivit les temps immédiats de la conquête.
Le premier soin des conguistadores, et non le gouvernement de l'Espagne, disons-le à son honneur, fut d’étouffer ce qui restait de lumière chez la population indigène et de la réduire à l'ignorance complète. Les caciques, les nobles et les prêtres, c'est-à-dire les éléments intellectuels, qui avaient survécu aux guerres de l'invasion, furent pourchassés, réduits à l’esclavage ou exterminés sans pitié On rassembla et on livra aux flammes tous lès manuscrits et les peintures hiéroglyphiques des indigènes. On accabla ceux-ci de corvées excessives, d'impôts écrasants; on les condamna à l’exploitation des mines où la plupart moururent dans les supplices ou d’épuisement. Quand un fils naissait à l’Indien, le père l’accueillait par ces tristes paroles : « Tu viens sur la terre pour souffrir! Souffre donc, mon enfant !» et la race allait s’amoindrissant physiquement de génération en génération.
Les Espagnols pillèrent ou détruisirent nombre de villes, de monuments, temples et palais. A Mexico, toutes les maisons des indigènes furent rasées. Les différentes industries et les œuvres d'art dont s’occupaient ces anciens Américains policés disparurent si promptement, qu’on a peine à se figurer aujourd’hui qu’elles aient jamais existé.