‹ L'Amérique précolombienne [microforme]Chapitre 107 sur 128 · Adolf BASTIEN, Mexico · texte numérisé non relu

Adolf BASTIEN, Mexico

00 L'AMÉRIQUE PRÉCOLOMBIENNE 3 Q

L'agriculture périssait. Au Mexique, villes et Campagnes se dépeuplaient avec une telle rapidité, qu’à la fin, Las Casas, indigné de la conduite bar. bare de ses Compatriotes, s’adressa à Charles-Quint pour empêcher l’annihilation entière de tout un. peuple. Dès cette époque, les indigènes des Antilles Sous le coup des massacres llu depuis repeupler ces

vieille et étonnante civilisation.

Des Indiens qui survécurent à ces jours de deuils et de souffrances, les uns sont retournés à l’état Sauvage, tandis que les autres n’ont cessé de traîner ÉRRRE URt

1. 1° La petite vérole de 7; huey-zahuatl, \a grande lèpre rurent ;

2° La rougeole (sarampion Zahuatl, la petite lèpre, qui c

3° Les bubas-bubons :

4° Le flux de sang en 1545 :

521, que les Indiens appelaient ; la moitié des Indiens en mou-

Jen 153r, qu'ils appelaient lepitonaUSa une grande mortalité :

à Tlaxcala et à Cholula seule-

ment, il mourut 250,000 Indiens :

5° Enfin, diverses épidémies, en 1564, enlevèrent plus de 3,000,000 d'Indiens, agirent dans le Tabasco et le Yucatan et (Désiré CHARNAY, Les Anciennes Villes 1885, p. 176.)

1576, 1588, 1595, qui Les mêmes maladies avec plus de rigueur, du Nouveau-Monde,

on tm

une existence misérable, oubliant, comme les peuplades décadentes de la Polynésie, leur passé, perdant, avec leurs mœurs, leurs coutumes, la tradition d’une foule d'arts que leurs ancêtres cultivaient autrefois.

Un exemple, cité par Stephens, suffit pour démottrer les effets funestes de l'occupation espagnole.

« Avant la destruction de Mayapan, capitale du royaume des Mayas, dit-il, tous les nobles du pays avaient leurs maisons dans la ville et étaient exemptés d'impôts. D’après le témoignage qui sert d’autoritéà Cogolludo !, en l’année 1582, c'est-àdire quarante ans après la conquête, tous ceux qui se réclamaient de la noblesse.montraient encore l'emplacement même de leurs demeures pour justifier de leur rang, maïs, « maintenant, dit ce vieil « auteur, par suite du changement de gouvernement « et le peu d’estime que l’on fait d'eux, ils ne « semblent pas tenir à transmettre leurs titres de « noblesse à leur postérité, car aujourd’hui, si les « descendants de Tutul Xiu, qui était le roi et le « chef naturel en vertu de la loi du pays de Maya,

1. CoGoLLUDo (Diego), franciscain, auteur espagnol, écrivait vers le milieu du XVIIe siècle. Devenu provincial de son ordre au Yucatan, il fit de sérieuses études des antiquités de ce pays, et composa une bonne Æis/oria de Yucathan, publiée par Fr. de Ayeta, à Madrid, en 1688,

A On eo PAR # " Me

pr ee rent

parer

“ nes’occupent pas en personne de travaux manuels, « ils n’ont rien à Manger.» « Et, ajoute Stephens, si, dès les temps si rapprochés de Ja conquête, les nobles ne tenaient plus à leurs titres, et si les descendants de la maison princière n’avaient rien à manger que ce qu’ils pouvaient Sagner de leurs mains, il n'est Pas étonnant que les habitants actuels du Yucatan, après neuf générations, privés d'une langue écrite, asservis Par trois siècles d’esclavage, peinant chaque jour Pour une maigre subsistance, ignorent leur histoire et soient indiffé. rents à tout ce qui se rapporte à leurs ancêtres, de même qu'aux grandes cités en ruines qui sont sous leurs yeux. Leur condition présente n’est que la Conséquence naturelle et inévitable de la politique barbare qui a détruit toutes les sources de connais. sances anciennes, et coupé dans sa racine toutes les traditions du passé 1, »

Sans traiter précisément ce sujet, le célèbre explorateur que nous venons de citer, se trouve à peindre dans ses incidents de Voyages À travers le Yucatan, un tableau qui a ici sa place :

« En arrivant au village de Macoba, dit-il, nous aperÇumes À travers la forêt, en &ravissant une colline, les «vieux ILUrS » des édifices des anciens

Page 1