ncidents of Travai in Yucatan, vol, II, p. 214 et
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habitants. Cet endroit était un des plus déserts de tous ceux que nous avions encore rencontrés; les arbres y étaient d’une belle venue, et ce n’est pas sans éprouver une certaine émotion que nous approchâmes de ce centre habité, car nous avions entendu dire que l’ancienne ville était repeuplée et que les Indiens avaient repris possession de ses édifices. Le jour commençait à baisser; les Indiens étaient revenus de leur travail; la fumée s’échappait des ruines, dont les sommets, entrevus à travers les arbres, semblaient animés par la présence d'une nombreuse population ; mais, en arrivant sur les lieux, une pénible déception nous fit presque rebrousser chemin. Il me sembla voir les malheureux Arabes du Nil fourmiller autour des temples en ruines de Thèbes, lamentable contraste de la misère présente avec la magnificence du passé. Des feuilles et des branches servaient à boucher les portes des édifices. Les flocons de fumée que renvoyaient les ouvertures avaient noirci les décorations sculptées des façades, partout, enfin, régnaient le désordre et la malpropreté particulière aux Indiens. Ceux-ci nous regardaient passer avec étonnement; les femmes, effrayées, saisissant leurs enfants qui jetaient des cris de terreur, se sauvaient.»
Disons, pour terminer ce triste chapitre, que depuis un siècle, au Mexique du moins, le sort des anciens possesseurs du sol a été beaucoup amélioré.
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Depuis plus de trente ans, écrit quelqu'un qui a vécu pendant plusieurs années au milieu d'eux, ces vaincus semblent se réveiller de leur longue apathie et retrouver leurs facultés natives, Hs cultivent les lettres, les sciences, les arts. Peu à peu, ils envahissent tous les postes, deviennent présidents, ingé. nieurs, médecins, peintres, sculpteurs. Phénomène singulier, ils Sommencent, ajoute-t-on, à dominer moralement la société qui les a si longtemps repoussés et n’a guère su que lesopprimer. Le même phénomène se reproduit dans la péninsule yucatèque, grâce aux écoles, qui n’existaient pas à l’époque où Stephens écrivait, mais qui ont été fondées depuis. Les aborigènes, déciimés durant les guerres de la conquête, avaient Presque fini par disparaître; ils reprirent vie Cependant, à tel point qu'aujourd'hui ce sont les conquérants qui sont les vaincus. La langue maya est d’un usage général. A Mérida même, capitale du Yucatan, on est tenu d'apprendre la langue des anciens habitants du Pays, car ceuxci, quoique connaissant l'espagnol, refusent souvent, paraît-il, de le parler. L'instruction est assez répandue au Y ucatan, beaucoup plus que dans les républiques de l'Amérique centrale, où la race indigène n’est plus que l’ombre de ce q’elle était autrefois. Là aussi, la race se referait si on voulait l’instruire, lui donner des écoles Propres à lui inculquer l'esprit de progrès et d'initiative Personnelle, chercher enfin à en faire u1 peuple sobre, prévoyant et ambitieux
d'amélioration. Carrera, illettré, fils d’Indiens, président de la République du Guatemala en 1844, qu’il gouverna, mais despotiquement, pendant vingtsix ans, aurait pu faire un homme d’État de premier ordre et rendre de grands services à so” pays, si seulement il avait reçu le bienfait de l'instr :tion et d’une saine éducation.
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Il serait du plus vif intérêt de connaître l’époque du débarquement en Amérique de la race des grands bâtisseurs. Ce dut être un jour mémorable pour ces vieux Kouschites que celui où ils abordèrent ce continent, jour dont l'étude des ruines peut nous donner une idée plus ou moins approximative. Je dis plus ou moins approximative, car il ya une grande variante dans les appréciations des archéologues sur l’ancienneté des ruines. Pour celles du Yucatan, par exemple, pays sec et par conséquent conservateur, si un grand nombre d’explorateurs et de savants leur attribuent une très haute antiquité, qu’on ne peut apprécier, d’autres, au contraire, et en particulier M. Désiré Charnay, leur donnent une date de fondation beaucoup plus récente, M. Henri Goodman, par l'étude spéciale qu’il a faite des symboles des années du calendrier et de certains codex mayas, croit que l’histoire de la race remonte à une époque aussi reculée que celle des Babyloniens, c'est-à-dire cinq mille ans avant J.-C., ce qui paraît exagéré i,
——————— 1. American Antiquarian and Oriental Journal, 1904, P. 149.
Il y a peu d'années encore, on croyait que les Pyramides de Cholula et de Teotihuacan pouvaient avoir été construites vers le milieu 4e l'ère chrétienne ; mais, aujourd’hui, on se demande avec M. Lucien Biart : « Sont-ce des ruines aztèques ou toltèques ? Non, Puisque les annales nahuas ne parlent
seulement apparurent les Toltèques. Teotihuacan, comme tant d’autres villes mortes d'Amérique, est l’œuvre d’un peuple inconnu . »
Le pavé de cette ville se Composait de plusieurs couches superposées de ciment séparées par des couches de terre où l’on Téncontre une foule de fragments de poterie. Ces différentes assises correspondent sans doute à autant de successions d’occupants, les derniers venus couvrant par une nouvelle couche de ciment les décombres accumulés par leurs prédécesseurs. En tout cas, l’enfouissement sous la poussière et sous ses propres débris de cette ancienne ville ne peut être expliqué que par le fait de siècles innombrables. Ceci concorde avec la tradition qui veut que Teotihuacan ait été plusieurs fois détruite. Le commentaire du Codex Vaticanus et les Souvenirs gardés par les peuples nahuas attribuent l'érection de Cholula et de Teotihuacan aux géants, c’est-à.dire aux habi. Re ne 2