I. Lucien BrART, Les Actèques
tants primitifs de l’Anahuac et qui seraient venus du Sud, Ces pyramides ont tellement perdu l’aspect de constructions art ’cielles que c’est à peine si l’on y reconnaît aujourd’hui la main des hommes ?,
1. Cholula, d’après la légende, «aurait été élevée par les ordres d’un géant en l'honneur du dieu Tlaléc, qui l’avait sauvé d’un déluge, et toutes les briques nécessaires à la construction furent passées de main en main par une file d'ouvriers alignés du Potocatepetl à Cholula.» (H. H. BANCROFT, /Vative Races, vol. IIT, cité par E. Reclus.)
2. Par l'importance de ses ruines et la preuve que l'étendue de son territoire nous fournit relativement à son antiquité et sa population, dit M. W.-H. Holmes, Teotihuacan était certainement Ja plus considérable de toutes les anciennes villes du Mexique. Le grand nombre de ses pyramides, de ses terrasses,
de ses monticules, dépasse de beaucoup celui de tout autre :
groupe de ruines. Cholula a une pyramide plus monumentale, mais elle n’a pas cette multitude de constructions attenantes qui, à San Juan de Teotihuacan, couvrent une superficie de plusieurs milles carrés.
Ramôn Almaraz, archéologue mexicain et membre de la commission scientifique de Pachuca, donnait, en 1865, la description suivante des deux pyramides de Teotihuacan, celle du Soleil et celle de la Lune : « Les deux pyramides ont la base quadrangulaire. Elles sont tronquées.toutes deux, et ce sont, à proprement parler, des troncs de pyramides. Le temps et d’autres causes que nous ne connaissons pas. en ont détruit et caché une grande partie. La terre y est amoncelée en abondance ainsi que la végétation, cachant ainsi les matériaux dont elles sont faites et leur forme primitive, ce qui fait qu’à première vue on est plus porté à les prendre pour des montagnes réelles que pour des monuments élevés par la main de l’homme.»
Le gouvernement mexicain a voté fr,500,000 pour remettre.
à jour les deux fameuses pyramides, et faire des fouilles dans leurs alentours.
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Cette Pyramide, dont la base est plus étendue que celle de la Plus grande des pyramides d'Egypte, a quatre étages et une
de trente pieds, avec plan incliné, Cette Plate-forme, d’après M. Batres, était autrefois recouverte de Rrandes pierres taillées
blance à noter : eu Egypte, le temple ne couronne Pas la pyramide, mais s'élève, sur un des côtés, devant celle-ci,
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Nombre de ces villes préhistoriques n'étaient déjà plus, à l’arrivée des Européens, que des amas de décombres. Quelques-unes semblent avoir été abandonnées à une date relativement récente ; d’autres, peut-être même la plupart des villes du Yucatan, par exemple, étaient encore habitées à l’époque de la conquête, c’est-à-dire que, de ces villes, nous connaissons la fin de leur histoire comme centres habités, mais non la date initiale de leur fondation, du moins pour les plus anciennes. En général, on peut dire d'elles ce que Diego Garcia Palacio raconte de Copan, dans une lettre écrite au roi d’Espagne Philippe Il, en 1576. Il lui mande qu’il trouva, dès cette époque, les monuments en ruine, et les Indiens qui demeuraient dans les environs ne purent lui donner aucun renseignement touchant les restes de cette antique cité. Abandonnée longtemps avant l’arrivée des Espagnols, toute tradition qui s’y rapporte était perdue, et son nom même était oublié. M. Gordon, dans la description qu’il nous donne des ruines de Copan, fait remarquer que le style architectural de ces édifices ne comporte pas un caractère unique, mais accuse des manières de faire différentes et diverses phases historiques. Les fouilles pratiquées sous les fondations des constructions qui en occupent aujourd’hui la surface, ont mis au jour non seulement les chambres comblées et les murs écroulés d’autres édifices encore plus anciens, mais aussi des monu-
ments ornés de sculptures. Ces restes de constructions antérieures avaient servi à l'érection de monuments plus grandioses. L'état de ces ruines accuse au moins une civilisation qui remonte loin dans le passé. Et si cette Succession d’édifices et de pavages dans leurs fondements indique, comme on le croit, différentes époques d'occupation, cela nous reporte à une antiquité dont il devient impossible de déterminer une date même approximative 1,
Les explorateurs signalent également les traces de reconstructions de plusieurs autres villes avant leur abandon final, et citent en particulier les substructions des monuments de Mayapan et de Palenqué comme plus anciennes que les édifices en dernier lieu dessus érigés. Le mode d'architecture et d’ornementation de plusieurs anciennes villes du Yucatan représente plus d’une époque distincte et différentes phases de civilisation dans l’histoire de la péninsule 2. Elles n’ont donc pas toutes été fondées en même temps. Chichen, quoique la
1. Thèbes, l’antique cité égyptienne, malgré tant de siècles d'abandon, présentait encore, à la fin du XVIIIe siècle, « le plus &raudiose et le plus prodigieux ensemble de Constructions éle. vées par la main des hommes qui existe dans le monde,» La date de sa fondation se perd dans la nuit des temps ; l’histoire ue prononce son nom Pour la première fois que vers la XIe dynastie, c’est-à-dire Plus de 4000 ans av. J.-C.