Essai sur l'histoire des Arabes, t. 1, p
GhoumdâAn, ainsi décrite par l'historien musulman Kazwyny : « C'était un immense édifice à quatre faces: l’une rouge, l’autre blanche, la troisième jaune, la quatrième verte. Au milieu s'élevait un bâtiment de sept étages en retrait les uns sur les autres, ayant chacun 40 coudées de hauteur. Le dernier formait un salon (iwân) entièrement en marbre et couvert d’une seule dalle de marbre...»
Comme on le voit, c'était un bâtiment construit d’après le type traditionnel de la pyramide babylonienne à sept étages, surmonté d’un édicule garni de revêtements aux couleurs éclatantes et syÿmboliques. Aussi, encore aujourd’hui dans le pays parlet-on des auteurs de ces anciens édifices comme de bâtisseurs d’une habileté merveilleuse. Diodore de Sicile, enfin, décrit avec le plus grand enthousiasme la magnificenee et la richesse des antiques cités dont les ruines gigantesques couvrent encore toutes les parties du Yemen, et qui rappellent, par leur étendue, quelques-unes des vieilles’cités amé-icaines.
L'intérieur de l’île de Ceylan renferme les ruines de villes depuis longtemps abandonnées. Anaradjapura est une de ces villes mortes que l’on est actuellement à déterrer, et qui dépassait en superficie nos plus vastes métropoles modernes, Paris, Londres, New-York. Elle comptait, comme l’atteste l'étendue des ruines, des milliers de temples et de palais bâtis sur pyramides, superpositions de ter
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rasses carées, pavées de granit. Partout, dit un touriste, l'œil rencontre dans toutes les directions comme un chaos de pierres taillées, amoncelées pêle-mêle, bouleversées par l’irrésistible poussée de ia végétation tropicale. Partout le sol est rongé à perte de vue par les débris poudreux des briques. Et à l’aspect de cette houle de matériaux informes, la grandiose vision passe, des yeux à l'âme, d’une cité énorme.
« Ayant pris possession de ma nouvelle demeure, je voulus, avant qu’il fit nuit, jeter un coup d'œil sur la ville; mais j’eus beau la chercher, je n’en aperçus aucune trace: je ne voyais autour de moi que de la verdure, des arbres et des jardins, et encore des jardins, des arbres et de la verdure. Et pourtan:, j'étais au cœur d’Anaradjapura: la forêt vierge, c'est la ville, ou plutôt la forêt vierge occupe ce qui fut la ville. Vous la cherchez, la Babylone des tropiques? Vous y êtes. Ces verdoyantes montagnes de forme conique, que vous apercevez dans mainte direction, et que vous prenez pour des éminences naturelles, ce sont de prodigieux monuments artificiels, dont les matériaux se cachent sous une orgie de végétation. Ces hautes herbes, sous lesquelles se glissent les se: pents, croissent à l'endroit même où il y eut une rue à circulation intense. Si d'aventure vous rencontrez une de ces majestueuses idoles de pierre devant laquelle se
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courbèrent d'innombrables générations, vous lui trouverez le même œil impassible dont elle contemplait les adorateurs couchés depuis deux mille ans dans la poussière. » — (Jules Leclercq.)
Un missionnaire anglais, apercevant des gravures représentant des édifices de Chichen-Itza, les prend, à première vue, pour une illustration des dagobahs d'Anaradjapura, tellement la ressemblance est frappante. En lisant la description des ruines de cette ancienne capitale de Ceylan, le tableau que nous font les explorateurs de certaines villes préhistoriques américaines me revenait forcément à l'esprit. « Une ville immense se déroulait devant moi, dit M. Niven, en présence des restes de la cité mythique de Quechmictoplican découverte par lui en 1896, dans l'Etat de Guerrero (Mexique); aussi loin que mes regards pouvaient porter, la vallée, les collines, étaient couvertes de ruines. Partout à mes pieds des ruines, des temples, des monuments ensevelis sous le sable et sous la poussière des siècles, cachés par la végétation tropicale. Çà et là surgissaient des colonnes brisées, des pans de murs à demi écroulés, derniers témoins de l’ancienne cité.» M. Niven nil reconnut subséquemment que la superficie de la Eu ville égalait en étendue celle de New-York, Les
1. Copan mesurait sept à huit milles de longueur et deux milles de largeur.
Les rues de Palenqué s’étendaient sur une longueur de six à
Parois des temples d'Anaradjapura sont, comme celles des édifices américains, revêtues d’un stuc brillant. La voie Carrossable de ses rues était étendue d’un brillant sable blanc, et la partie réservée aux piétons était Saupoudrée de sable noir. A Copan, les rues, les avenues et les places publiques étaient pavées en pierres ou en ciment d’une couleur blanche, composé de chaux et de roches pulvérisées, Au Yucatan et au Mexique, on communiquait, dans les villes, d’un monument à l’autre, par des chaussées cimentées colorées en rouge.
« Les villes du pays de Chanaan, à la venue des Israélites, dit M. de Saulcy, étaient construites en véritable appareil cyclopéen. Quelques-unes d’entre elles étaient d’une étendue qui dépasse ce que
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huit lieues, « For five days did I wander up and down among
these crumbling monuments of a city which, I hazard little in
saying, must have been one of the largest ever seen.» (Stephens.) Utatlan, capitale indienne du Guatemala, contenait, selon les
anciennes chroniques, 80,000 maisons et plus de 300,000 habi.
tants. Iximché, la Capitale des Cakchiq
Etat, occupait un espace de trois
reposait sur une éminence factice.
tienne que Mena
terrain artificiel im
l'imagination la plus active pourrait se figurer.» On vient de découvrir les restes d’une de ces anciennes villes dans un endroit à l’est du Jourdain!, Les forteresses s’étendaient à perte de vue le long des collines.
Les temples consacrés au Soleil sur les versants du Liban et de l’Anti-Liban, région primitivement occupée par les Chananéens, non seulement devaient être nombreux, mais devaient présenter un aspect monumental, à en juger par les ruines qui en restent. Ces édifices étaient construits sur terrasses. Le D° Hoskins, archéologue d'autant plus compétent à se prononcer en la matière qu'il a fait des lieux une étude minutieuse, cite un de ces temples qui s'élevait sur sept terrasses successives, et dont la base, composée d'énormes blocs en pierre calcaire, formait un rectangle de 300 pieds par 225? Ces anciens temples, comme nous le verrons plus loin pour les monuments américains, invariablement avaient été érigés sur des points bien en vue, au milieu d’une nature saisissante et offrant des effets de paysage d’une rare beauté #, D'ailleurs les 4awis —————— "TT