BALDWIN, Ancient America, p
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L’explorateur à qui nous devons les détails qui précèdent, s'enquit auprès des plus vieux habitants du pays touchant l’histoire de ces ruines, mais ils ne purent lui donner que des réponses vagues, confuses et contradictoires, sinon, que de mémoire d'homme personne n'avait jamais fait usage de ces édifices. Là-dessus il y avait unanimité d'opinion. Ils ajoutèrent que des ruines semblables et dont l’histoire était également perdue, existaient en un autre endroit de l’île,
Il n’y a pas jusqu'à l’infime et solitaire île de Paques, «où tout est pour inquiéter l'imagination », qui ne renferme des ruines de «pyramides, assises de pierres cyclopéennes, restes d’épaisses murailles, débris de constructions gigantesques, composées de pierres brutes posées les unes sur les autres, des traces de camps retranchés sur les montagnes, des terrasses faites de pierres immenses, où l’on montait jadis par des gradins semblables à ceux des anciennes pagodes hindoues.» Ces terrasses étaient couvertes de dieux «aujourd’hui renversés la tête en bas, le visage enfoui dans les décombres.» Autre mystère, ajoute l’auteur que nous citons, «des routes dallées, comme étaient les voies romaines, descendent se perdre dans l'océan 1,» Et, derniers vestiges d’une
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1. PIFRRE LOTI, L'Ile de Paques, dans ÆRefets de la sombre roule, p. 316.
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civilisation qui se perd dans la nuit des origines, «quantité de petites tablettes en bois, gravées d’hiéroglyphes», et nombre de statues géantes «qui ont l'air de regarder et de penser, et qui paraissent avoir la patine des siècles qui ne se comptent plus !,»
Quelle race, se demande M. Loti, écrivain célèbre mais non américaniste, quelle race aujourd’hui disparue sans laisser d’autres souvenirs dans l’histoire humaine, aurait donc vécu ici jadis, et comment se serait-elle éteinte ?... Cette race, dont je dirai bientôt l’origine, est la même que celle qui a laissé de semblables souvenirs de son passage sur d’autres points de la Polynésie, en Amérique et dans les contrées orientales et africaines particulièrement étudiées dans cet ouvrage. M. Bastien, archéologue allemand, a trouvé des statues semblables à celles de l’île de Paques dans le département de d’Escuintla (Guatemala). Elles étaient groupées trois par trois à égales distances les unes des autres, et présentaient l'apparence d’une colonnade détruite. Les statues étaient en pierre, et portaient pour coiffure une espèce de turban, lequel, renversé, avait la forme d’une monstrueuse pierre meulière ?,
1. Ces statues, d’après l’auteur des Æefeés de la sombre route, ne sont point l’œuvre des Maoris actuels. Les ancêtres de ceux-ci, selon les traditions des vieillards, en débarquant de de leurs pirogues, il y a un millier d'années, auraient trouvé l’île déserte, gardée seulement par ces monstrueux visages.