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M. Mouhot, en parlant du temple élevé sur le mont Ba-Khêng (Cambodge), d’où l’on jouit d’une vue si étendue et si belle, dit que l’on n'est pas
ET 1. Un Séjour dans l'1le de Java.
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surpris de ce que ce peuple, qui a montré tant de goût dans la disposition de ses magnifiques édifices, ait couronné cette cime d’un splendide monument.
beaucoup plus haute, se trouve le monument le plus élevé et le plus considérable de la ville Lorillard (sur la frontière du Guatemala et du Mexique). Là, sur une vaste esplanade, se développaient six | palais divers disposés en rectangle... Cet édifice | était peut-être la, demeure du prince, ou la forteresse; en tout cas, il était admirablement situé. 1) | Du haut de l’esplanade on avait une vue magnifique, | f
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À | : c uf | « En arrière du temple et sur une pyramide |
et je ne pouvais me lasser d'admirer le sens pratique, l’entente du bien-être développé chez les construc- x teurs... Soir et matin, la vue qui se déroulait | devant les habitants de ces demeures était merveilleuse ; ils avaient au nord les petites collines échelonnées, surmontées de palais bâtis en contre-bas ; ils avaient :e cours du fleuve, torrent l'été, rivière immense au temps des pluies; puis l’autre bord avec ses collines boisées, les jardins et les plantations qui devaient autrefois recouvrir les pentes. Derrière eux, l'œil embrassait une immense plaine bornée à l'horizon par les lignes bleuâtres de la Cordillère !, »
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1. Désiré CHARNAY, Les Anciennes Villes du Nouveau- Monde, p. 388.
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M. Byron Gordon, l'explorateur des ruines de : Copan, on l’a vu quelques pages plus haut, est également « pénétré d’admiration à la pensée de ce qu'avait dû être, vu la beauté de sa situation et la grandeur barbare de son architecture, l'effet de cette superbe ville dans le temps de sa maguificence. Les cerrasses de ses édifices, laissant à découvert l'aspect des montagnes, présente «une vue de ce qui a dû être un des plus beaux spectacles de cette étonnante cité.»
Du temple du Soleil, à Itzamal, élevé sur une très haute pyramide, le spectateur avait une vue magnifique. « Dominant la grande plaine yucatèque, son regard embrassait un panorama merveilleux qui s’étendait à tous les points de l'horizon... jusqu’à l’océan, qu’on voyait miroiter par un temps clair.»
La ville préhistorique du Mont Alban (sud du Mexique), est située sur une montagne dont les côtés, transformés en terrasses servant de base à de hautes pyramides, présentaient autant d’aspects artificiels. L’archéologue W.-H. Holmes, qui a
visité cette région, après avoir parlé de son ascensior de la montagne et des ruines, de forme quadrangulaire, qui s’y voyaient, décrit ainsi le tableau qui se présenta devant lui : |
« De la place que j'occupais, je gravis la pyramide
centrale, qui est le point culminant de cette partie
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du plateau et qui me permettait d'embrasser du regard la montagne, les vallées et les collines environnantes !, D'abord on reste interdit, confondu, en présence du spectacle qu'offre, du côté nord, le couronnement même de la montagne. Mes années de voyages et d’explorations alpines m’avaient déjà ménagé plusieurs surprises saisissantes, telles que celles que j’éprouvai en atteignant certains plateaux couverts de forêts de l’Arizona et me trouvant tout à coup en face du Grand Cañon du Colorado, ou encore en apercevant à l’improviste quelque grandiose panorama alpestre: mais rien ne m'a jamais impressionné au point où je l’étais en ce moment.
« Le couronnement du Mont Alban, d'un quart de mille de largeur et se prolongeant sur une longueur de près d’un mille dans la direction du nord, était 1à, à mes pieds. Ce n'étaient pas seulement des amas de ruines informes et dispersées çà et 1à sur le sol que je m'attendais de voir, c'était encore la montagne tout entière qui avait été façonnée par la main de l’homme jusqu'à y faire disparaître toute trace de son contour naturel. Le plateau contenait un vaste système de cours dont le sol avait été nivelé, entourées ‘de terrasses et bordées de pyramides superposées. Les côtés mêmes de la montagne
1. Sise à l'intersection des trois grandes vallées d'Oaxaca, d’Etla et de Talpan, cette ancienne ville donnait vue dans toutes les directions.
descendaient en une suite de terrasses, et le couronnement entier, séparé par l'atmosphère vaporeuse des vallées que l’on distinguait à peine à plus de mille pieds au-dessous, et complètement isolé de la ligne bleuâtre de l'horizon s'étendant au delà, semblait suspendu au milieu des airs. Une ombre de mystère, de solitude, d'extrême désolation, planait seule en ces lieux, que ne venait animer aucun son humain, où l’on ne pouvait apercevoir la moindre trace de couleur locale. En vérité, il me semblait être en présence d’un ville fantôme.
« Une immense terrasse, couronnée par la pyramide centrale dont je viens de parler et par une autre moins considérable placée au coin sud-est, forme le premier plan du tableau que j'ai essayé de reproduire. Ce premier plan fait face à ce qui a dû être le trait caractéristique de cette ville morte, et qui consiste en une vaste cour ou enceinte à terrain uni, surbaissé, de six cents pieds de largeur par mille pieds de longueur, entourée de terrasses et de pyramides, avec une rangée de quatre pyramides au centre. Cette rangée, s'étendant ainsi du nord au sud et occupant le milieu du grand carré, est une des parties les plus intéressantes des ruines. A la vue de ces travaux extraordinaires, on se plaît à se figurer l’état de choses qui a dû exister au temps où cette ville était habitée. Quel imposant spec-
. tacle devaient présenter ces pyramides à l’époque
où elles étaient surmontées de temples aux pro-
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portions monumentales, aux jours où l'immense enceinte qui les environnait était témoin des fêtes aux pompes barbares mais brillantes d’un peuple en liesse, alors que des foules encombraient les terrasses et les pyramides élevées au centre de la plaza. En fait de déploiement théâtral, la civilisa. tion n’a rien imaginé de nature à surpasser en magnificence ce que l'imagination peut ici se représenter.»
Clavigero fit, de son temps, l'ascension de la pyramide de Teotihuacan, dont les quatre côtés répondaient aux quatre points cardinaux. «L’ascension de la pyramide, dit-il, fut pénible, surtout avec le soleil de plomb qui nous accablait; mais, parvenus au sommet, nous fâmes grandement récompensés de nos peines par le spectacle grandiose qui s’offrit à nos yeux ravis. Au nord, on apercevait la pyramide de la Lune, de moindre dimension, et la grande voie des Morts, bordée de tumuli et semée de tombes, et, sur un circuit de neuf milles carrés, une multitude de débris, plateaux et pyramides, marquant l'emplacement des palais et des demeures : au sud-ouest, les montagnes de Tlascala, les villages de Saint-Martin et de San Juan, et la crête blanche de l’Iztacihuatl, se détachant au-dessus des collines de Maylacinga; à l'ouest, la grande vallée de Mexico avec‘ses lacs, tandis que, dans les lointains,
se dessinait la ceinture bleuâtre de la Cordillère, où nos regards allaient se perdre !,»
Ce trait commun relatif au choix des lieux et à la disposition de nombre de monuments américains avec ceux de Java et du Cambodge, ne signifie pas que les hommes qui ont construit les édifices de ces derniers pays, ou leurs successeurs, ont émigré en Amérique ; mais ils prouvent uniquement que toutes ces constructions érigées en des régions si diverses sont issues du même génie, qu’elles ont été élevées par des penples de même origine et de inêmes tendances héréditaires. Il est possible cependant que l'Amérique ait reçu, à une époque difficile à préciser, des émigrés partis du Cambodge ou de Java, où nous trouvons de nombreux vestiges qui rappellent certaines régions de civilisation préhistorique de uotre continent ?,
Un autre trait particulier des monuments qui
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[. CLAVIGERO (Frs-Kavier) né à Vera-Cruz, en 1720 et mort €n 1793, publia en 1780, une Æistoire ancienne du Mexique et de sa conquête, en quatre volumes, (C'est un des meilleurs guides, ajoute Lucien Biart, que l'on puisse suivre, après les auteurs dont il s'est inspiré et dont il a judicieusement relressé nombre d'erreurs.
2. À Java, des routes en briques menaient de temple à temple et de ville à ville ; au Yucatan et au Mexique, on communiquait d’une ville à l’autre, d'un monument à l’autre, par des chaus. sées cimentées,
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