MODE DE CULTURE
La Chaldée a été couverte de canaux, grands et petits, de lacs artificiels, de digues, de chaussées, et,
em am nm à 1. VIOLLET-LE-DUC, Cifés ef Ruines américaines, 1863.
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sur tous les points, de machines pour élever les eaux et les répandre sur une terre qui n’attendait qu’elles pour atteindre à une prodigieuse fécondité. Dès la plus haute antiquité, dit Menant, nous voyons avec quel soin les rois du premier Empire creusent des canaux auxquels ils attachent leur
Propre nom. Uneïinscription de Hammourabi nous .
apprend qu’il a fait creuser « pour la richesse des hommes de la Babylonie », le Nahar-Hammourabi, c’est-à-dire « le canal » qui conduit aux terres des Sumers et des Akkads. « J'ai dirigé les eaux de ses branches sur des plaines désertes ; je les ai fait déverser dans des fossés desséchés ; j'ai donné ainsi des eaux perpétuelles aux peuples des Sumers et des Akkads.
« J'ai réparti les habitants du pays des Sumers et des Akkads dans des villages étendus. J'ai changé des plaines désertes en terres arrosées, je leur ai donné la fertilité et l'abondance; j'en ai fait un séjour de bonheur !, »
Le canal auquel Hammourabi se vante d’avoir donné son nom, entretenu durant les âges suivants
1. Le pays de Sumer et d'Akkad mentionné dans les textes assyro-chaldéens formait, avec la cité sacrée de Our, la Chaldée Proprement dite. Ces deux noms se présentent ensemble dans les titres des plus anciens souverains de la Mésopotamie, qui se disent : « rois des Sumers et des Akkads, »
et réparé par Nabuchodonosor, faisait encore l’admiration d'Hérodote. C'était, disent Perrot et Chipiez, comme un gros tronc artificiel d’où se détachaient, à droite et à gauche, de moindres branches, qui se ramifiaient à leur tour en veines plus ténues ; le vaisseau capillaire, dernier terme de cette division, c'était la petite rigole qui menait l’eau jusqu’au pied de chaque palmier et qui la versait goutte par goutte aux racines altérées.
Une autre inscription, que l'on dit être antérieure à six mille cinq cents ans avant nous, et que l’on attribue à ‘Enshag ku shanna, traite de la guerre, du culte, des arts et d’un système d’irrigation à pratiquer en la terre « des marais », Cette inscription, écrite dans la vieille langue sumérienne, a été découverte à Nippur 1
Même système pratiqué en Susiane, pays voisin de la Babylonie. Les textes nous apprennent que dès l’époque de Karibu, trente-six à quarante siècles avant notre ère, les eaux de la Kerkha fécondaient les environs de Suse au moyen de vastes réseaux dont on retrouve encore les traces sur le sol À
Il faut encore mentionner les gigantesques travaux hydrauliques entrepris pour se garantir contre les inondations de l’'Euphrate, et les faire servir
1. Voir un article du professeur Jam:s À. Craig, « The early Babylonian History » dans le Monist, juillet, 19or.