‹ L'Amérique précolombienne [microforme]Chapitre 56 sur 128 · LES CASTES · texte numérisé non relu

LES CASTES

L'organisation de la société en castes est une institution que l’on ne trouve, en ces temps reculés, que chez les peuples qui font l'objet de la présente étude. Politiques et ethniques, ces castes étaient généralement au nombre de quatre. T'elles dans l'Inde avec ses brahmanes ou prêtres, ses guerriers, ses marchands et ses agriculteurs. En Babylunie, il y avait les prêtres astrologues, les agriculteurs, les artisans. Les prêtres y formaient une caste fermée, d'autant plus que le sacerdoce était héréditaire. Hérodote et Diodore de Sicile, qui connaissaient l'Egypte pour l'avoir visitée, attestent l'existence de plusieurs divisions sociales chez les habitants des bords du Nil. Hérodote en distingue sept, Diodore cinq; on y reconnait généralement celle des prêtres, des militaires, des fonctionnaires et des commetçants. La caste »:#/aÎre était supérieure à celle des fonctionnaires, cette dernière avait la priorité sur celle des commerçants, laquelle dominait sur celle des agriculteurs et de: artisans.

« Il est très notable que, sur les rives du Gange comme sur celles du Nil, dit M. A. du Chatellier, la foi religieuse et le mythe aient été la base de toute organisation sociale: et quand on descend aux détails, il n’est pas moins remarquable de voir

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que, dans l’Asie come dans l'Afrique, toute science traditionnelle ou professée soit venue d’une source qui se perd dans la nuit du temps, mais qui se retrouve avec une langue sacrée connue des prêtres seuls. Puis, quand on s'arrête aux conséquences de ce premier fait, combien n’est pas frappant le rapprochement que nous trouvons entre les croyances et les grandes institutions des deux peuples : Dans l'Inde comme dans l'Egypte, des prêtres et des collèges qui se tiennent à l'écart et sous la protection d’une loi d’inviolabilité que rien ne permet de transgresser. lIéi, coinme là, une classe dominante et privilégiée que son caractère sacré rapproche des dieux mêmes. Ici et là, au second rang, des citoyens divisés en castes, qui se rangent entre eux suivant l'importance d'utilité que le prêtre leur assigne, ou que la société leur reconnaît 1,»

« Lorsqu'on compare, dit Cuvier, l’histoire des Indiens, des Babyloniens et des Egyptiens, il est impossible de mettre en doute qu’il n’eût existé entre eux des communications suivies dès leur origine ou que cette origine ne soit la même. Chez tous trois, en effet, on remarque des croyances inétaphysiques et religieuses identiques, une constitution politique semblable, un même style d'architecture et Te re

1. L'Inde antique, Extrait d’un ouvrage inédit sur les grandes nationalités des Temps anciens, Paris, 1852, p. 12.

des emblèmes pour voiler leurs croyances, dont l’analogie est évidente. Les emblèmes des Babyloniens sont moins connus que ceux des Egyptiens et des Indiens ; mais ceux-ci, qui nous ont été transmis, les uns par les Grecs, les autres par les ouvrages de l’Inde, nous le sont parfaitement.

« Toutefois, j'insisterai peu sur ces rapports. Le sujet de la métaphysique étant le même pour tous les hommes, il pourrait paraître naturel que plusieurs peuples fussent arrivés séparément au même système de philosophie religieuse. On pourrait encore concevoir aisément que ces peuples eussent adopté des emblèmes identiques, parce qu’en général ils sont la représentation des êtres qui entourent les hommes le plus habituellement.

« Mais l'identité de constitution politique est plus étonnante et ne peut avoir été produite que par de fréquentes communications. Or, dans l'Inde, le peuple était divisé en quatre castes principales. Le première était celle des brahmes, qui était la plus respectée et la plus puissante. Ses meinbres étaient les Cépositaires de la science et les ministres de la religion ou de la loi, et à eux seuls appartenait le droit €: lire les livres sacrés. La seconde caste était celle des guerriers. Son devoir était la défense du pays, et elle avait le privilège d'entendre la lecture des livres sacrés. Les marchands composaient la troisième caste, et il existait autant de subdivisions que d'espèces de commerce. Enfin la

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quatrième caste était form et autres gens de bas ét de subdivisions héréditai ou d'espèces de travaux.

« Cette distribution sociale, qui ne peut avoir été établie que Par un génie puissant et à l’aide de moyens extraordinaires, se retrouve en Egypte avec une parfaite conformité. Les prêtres égyptiens, dépositaires comme les brahmes des sciences et de la religion, employaient, de plus, comme eux, une langue particulière, dont la Connaissance leur avait procuré une haute considération ; leur réputation était même si étendue, que chez toutes les nations On a vanté la sagesse de ces prêtres. Ce que nous Savons de la constitution politique des Babyloniens est aussi en rapport exact avec l’organisation de la société indienne, « La forme pyramidale des anciens monuments

de ces trois peuples prouve peut-être encore mieux que la conformité de leur o

ée des artisans, laboureurs age, et il y existait autant res qu’il y avait de métiers

eur origine, car rien plus arbitraire que la

il serait impossible d'admettre que la ressemblance de cette forme fût le résultat

du développement naturel des facultés humaines 1,»

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