On the Ethnic Afinities of the nations of Western Asia
3- La Susiane était voisine de la Chaldée. La population de ces deux pays avait les mêmes mœurs, les mêmes usages militaires, les mêmes aptitudes industrielles et commerciales. Elle cultivait les mêmes sciences. Les habitants de la Susiane étaient astronomes et mathématiciens comme les Chaldéens (Maspero, Histoire des peuples de ! ’Orient.) Les renseignements les plus lointains que nous fournissent les récentes découvertes sur ce pays remonteraient, d’après de Morgan, (Æistoire de l Etam, Paris, 1902) à une centaine de siècles. Mais de très bonne heure aussi, les Sémites, ici connus sous le nom d’'Elamites, se mêlèrent à la population primitive qui, pour nous est kouschite d’origine, et finirent, comme en Chaldée et ailleur:, par prédominer. Peu à peu, ces deux désignations géographiques, Elam et Susiane, furent employées l'une pour l'autre. Les Sémites, ajoute de Morgan, vinrent en Chaldée et dans l’Elam au même titre que, plus tard, les Arabes envahirent l'Egypte, tout le nord de l'Afrique et l'Espagne.
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Mineure, le pays des Héthéens, appelés Khétas dans les inscriptions hiéroglyphiques d'Egypte. Ces Héthéens, nous le savons maintenant, étaient issus des Chanaans qui eux-mêmes appartenaient à la race de Cham, et parlaient primitivement une langue qui devait offrir beaucoup d’analogie avec l’'Egyptien.
Enfin, M. Ch.-E. de Ujfalvy, voyageur, orientaliste et professeur de langues vivantes, écrit, lui aussi, dans ses Mélanges allaïiques (p. 141): «Partout où les Sémites paraissent, nous les voyons succéder aux Chamites qui les avaient précédés dans ces d'"érents pays; ainsi en Mésopotamie, en Palestine, dans l’Afrique du Nord et probablement aussi en Arabie et jusqu’en Abyssinie où ils arrivèrent en traversant la mer Rouge. Presque partout les Chamites se confondirent avec les Sémites; au point de vue ethnologique, ils laissèrent seulement dans le caractère des peuples quelques traces de leur influence ; ainsi.en Europe (en Espagne, par exemple), en Mésopotamie, en Palestine, en Abyssinie, les Phéniciens ont été des Chamites sémitisés. Ce n’est que quand on sait que les habitants de la Mésopotamie étaient des Chamites devenus Sémites, qu'on peut s'expliquer la concordance qui existe entre la civilisation assyrio-babylonienne, (sémitique), et celle de l'Egypte (chamitique).»
Quoiqu'il n'entre point dans le plan de la Bible de nous donner une histoire générale des races humaines et qu’elle ne s'occupe que des descendants des Noachides, le chapitre X de la Génèse, au point de vue géographique et ethnographique, est d’une valeur d'autant plus grande que les faits qui s'y trouvent rapportés sont confirmés par les découvertes nombreuses réalisées de nos jours par la philologie et l’ethnographie !.
La Genèse place d’abord le pays de Kousch à l'Est de la Palestine (Genèse 11, 1 3) Puis, Nemrod, qu’elle fait régner en Babylonie, est donné
comme Kouschite. « Point de doute sur la présence en Chaldée de tribus kouschites. Ce sont les
1. « La fidélité des renseignements bibliques touchant les différents cultes et le développement de la pensée, propres, nous le savons maintenant, aux civilisations contemporaines des peuples avec qui les Hébreux vinrent en contact, est une preuve constante, non seulement de la véracité des écrits hébraïques eux-mêmes, mais aussi de l'exactitude approximative de la date qu’on leur assignait jusqu'ici. La preuve de ce qui précède apparaît d'autant plus évidente que les documents anciens sont mis au jour et que leur contenu est mieux compris. Cette preuve constitue un des résultats les plus remarquables des découvertes modernes.» (Voir l'article de M. Joseph Offord, dans l'American Antiguarian and Oriental Journal, Hymns to Tamuz: A new recovery of Babylonian Literature. 1904,
Kouschites qui, représentés par Nemrod, sont mentionnés les premiers dans la Genèse, et la nomenclature des écrivains grecs nous donne, d’une
manière indirecte, la confirmation de ce témoignage !.
1. PERROT et CHIPIEZ, Aistoire de l'Art dans l'Antiquité, t. IL, p. 18.
A côté des Kouschites, au teint brun foncé, venus de l'Est, et auxquels vinrent bientôt se joindre des Sémites, à la peau claire, descendus du Nord, quelques orientalistes croient y reconnaître la présence d’autres peuples, des Touraniens, par exemple, venus du Nord-Est, De ces mélanges serait sorti le peuple chaldéen, dont les Kouschites, pen‘lant de longs siècles, formèrent l'élément dominant et civilisateur. Ils fondèrent Babylone et la plupart des autres grandes villes primitives de la Chaldée. A cette époque, les Assyriens proprement dits vivaient encore à l’état de hordes nomades et à demi-barbares dans leurs montagnes. Ce n’est que vers le XIIIe siècle qu’ils commencent à envahir les plaines et fondent un puissant empire dont Ninive est la capitale.
C'est à tort, croyons nous, que, se basant sur certaines données linguistiques, on a quelquefois attribué aux Suméro-Akkadiens et à la haute civilisation qu'ils représentent une origine touranienne. L'idiome parlé par les peuples des Sumers et des Akkads est encore l'objet de trop sérieuses investigations pour en définir plus exactement le côté philologique, sinon que cet idiome n'appartient ni au groupe des langues sémitiques ni à celui des langues aryennes. Mais ce que nous savons du caractère et du rôle historique des Touraniens (nom donné d’abord aux peuples sortis du Touran, puis appliqué aux populations
éparses du nord de l'Asie et de l’Europe), s'oppose à les reconnaître pour les auteurs d’une civilisation qui serait unique dans l’histoire ethnographique de toutes ces races nomades, ainsi désignées aujourd'hui par cette appellation de Touraniens, La
Le second livre des Paralipomènes (XXI, 16) nous dit à son tour que les Kouschites sont limitrophes des Arabes. Moïse lui-même épouse, en Madian, une fille qu’il nomme Kouschite, et pour le prophète Habacuc (III, 7) Madian est synonyme de
vieille civilisation chaidéenne est, au contraire, en parfaite concordance avec celle qui a pris naissance dans toutes les contrées colonisées par les Chamites, et cette civilisation, dans sa religion, dans ses coutumes, n'a rien de touranien, hormis de ranger aussi les Chamites sous la bannière des Touraniens : mais alors ce terme, qui avait primitivement sa signification propre, finirait par n'en plus avoir aucune, Aucun texte cunéiforme d’ailleurs ne parle de domination touranienne, C'est donc avec raison que Sir Henry Rawlinson, Fr. Lenormant et la plupart des orientalistes pensent que les Akkads sont tout simplement des Chamites qui habitèrent primitivement le Sennaar, imprimèrent un grand mouvement aux sciences et aux arts et furent les initiateurs principaux de la civilisation antique. Ils inventèrent l'écriture, l'astronomie, l’arithmétique, le calendrier, et étaient les seuls à posséder de grandes écles scientifiques. La Chaldée, d’après la Bible et l'assyriologie, posséda donc un premier empire qui n’était point assyrien, ni touranien, pas même sémite, mais kouschite, Il est probable, très probable même, que bien avant les temps racontés par l'histoire, des tribus touraniennes aient connu des pays plus favorisés du soleil que les vallées de l'Oural ou les pentes de l’Altaï : qu'elles aient parcouru l’Asie antérieure et soient venues en contact avec les Chamites, qu’ils aient même contribué à la colonisation de la Chaldée, de la Susiane, conjointement avec les Kouschites, De fait, dit Bérose, interprète des plus anciennes traditions babyloniennes, il y eut d’abord à Babylcne une grande quantité d'hommes de nations diverses qui colonisèrent la Chaldée. Les Sémites, Par <xemple, qui ne tardèrent point à suivre les Kouschites en Chaldée, faisaient partie de ces nations diverses.
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Kousch. Enfin, dans les parties les plus récentes de la Bible, le pays de Kousch et les Kouschites sont constamment placés au sud de l'Egypte; c'est-àdire que la Bible, de même que les écrivains classiques, étendent la famille de ce sang tout le long des côtes, de la bouche de l’Indus à l'Egypte, et au delà sur la côte nord de l'Afrique. Strabon (1, p. 48-51) se fait l’écho de l'opinion unanime des Auciens, qui prolongeaient les Etats du littoral de
1. Voici, d'après Çh.-E. de Ujfalvy de Mezü-Küvesd (Recher. ches sur le Tableau ethnographique de la Bibie et sur les migrations des peuples), quelle aurait été l'aire géographique occupée par les Chamites :
« 1° Chus.—Signifie pays du sud, comme on dirait aujourd’hui l'Orient, Depuis l'Inde, à travers l'Afrique, jusqu’en Ethiopie ;
2° Misraïm.— L'Egypte, le pays du Nil :
3° Put.— Les colonies égyptiennes, les Cirénéens, aujourd'hui le pays des Berbers ;
4° Chanaan.— La Syrie, la Phénicie, aussi Chenéan, le pays de l'intelligence, de l’industrie, de l’antiquité la plus reculée.
Les fils de Chus étaient :
a. Séba.— Ceylan. Grand centre de culture :
6. Havila.— L'Inde du temps de la Bible (l'angle nordouest) ;
c. Sabtha.— Depuis l’Indus jusqu'au golfe Persique, sur les côtes méridionales ;
d. Raëma.— Les bords méridionaux de l'Arabie ;
e. Sabdecha.— Probablement l’Abyssinie.
«Les fils de Misraïm étaient nombreux, et des études spéciales et consciencieuses consacrées à ce sujet ont indiqué jusqu'à l'évidence l’endroit où ils ont dû se trouver. Lébahim est certainemeut le père des Libyens d'aujourd'hui.»
l'Inde aux dernières limites de la Lybie. Les Pourânas et autres livres indiens constatent égale. ment que la Terre de Kousch (Kuça-dwipa) s'étend des bords de l'Inde jusqu’à ceux de la Méditerranée. Elle forme, suivant le vieux système géographique sanscrit, la sixième partie du monde habité. Les dernières études philologiques, nous dira encore Rawlinson, établissent que, dès la plus haute anti. quité, la langue Chamitique ou kouschite était parlée de l'Himalaya occidental à l'Océan Indien, et des rivages de la Méditerranée aux bouches du Gange !,
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1. Au nord ouest de l’Inde, voisin de l'embouchure de l'Indus, le Béloutchistan actuel (la Gédrosie des Grecs) est l’ancien Kadru, «le pays des Bruns », ainsi nnmmé à cause de la couleur des habitants, les Brahni, les « Ethiopiens » d'Hérodote, c'est-àdire une population d'origine kouschite. C'est là, d’ailleurs, que l’on trouve les travaux dont la race était coutumière : “ Canaux pratiqués le long des pentes à quelques pieds au-dessous ‘lu sol, ou taillés en galerie dans la roche vive, ou passant en siphons dans les ravins.» (Elisée RECLUS, L'Æomme et da Terre, t. I, p. 415 :— A..C. VATE, Scoftish Geographicat Society, Juil. 1897, p. 300.) De la Gédrosie, les « bruns» gagnèrent la Carmanie (d’où sortaient beaucoup de navires, selon l’expression d'Agatharchide) et la Perse ancienne, avant qu’elle fut occupée par les Eraniens, puis atteignirent la Susiane, où ils nous apparaissent avec ce type physique sur des bas-reliefs exhumés de cette région. La forteresse et le palais des rois de Suse s’étageaient, comme. les monuments chaldéens et américains, sur les penchants d’un monticule qui dominait au loin Ja
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A l’arrivée des Aryas dans l'Inde, il y avait déjà plusieurs milliers d'années que les Kouschites habi. taient une grande partie de la Péninsule et surtout le nord-ouest. Ils avaient, à ce que nous apprennent les l’édas, de grandes villes fortifiées ; ils élevaient des forteresses inaccessibles. C'était un peuple civilisé, attaché au sol et pourvu d’une organisation politique complète. M. Lenormant nous dit que le régime des castes était étranger aux Sémites et que les Aryas l’adoptèrent des populations du sang de Kousch qui les avaient précédés dans le bassin de l'Indus et du Gânge. Les l’édas et le RAâméyana rapportent encore que quinze siècles avant notre ère et peut-être même plus tard, les Arvens brahmaniques n'avaient point d'architecture religieuse, ne connaissaient d'autre temple que la voñte du ciel
-ni d'autre autel qu’un tapis de gazon. Ils n'étaient point les auteurs des grands travaux de construction et d'irrigation qui existaient déjà dans diverses parties de l'Inde avant leur arrivée. Mais ayant réussi à vaincre ces bâtisseurs, ils adoptèrent, pour se les concilier, en partie leur religion et leur civilisation, et, comme avaient fait les Assyriens en Chaldée, imitèrent leur industrie, prirent leurs usages, et empruntèrent leur division de la société en castes, puisque, aux temps védiques, suivant le témoignage même du Æyg Véda, tous les Aryas étaient égaux.
Çiva, le grand dieu de « l'Olympe orgiaque de ces
LES CIVILISATRURS 211
Peuples kouschites ! , et aux légendes duquel, d'a. près de récentes découvertes, se rapportent uniquement les bas-reliefs, les symboles et les orne. ments du temple souterrain d'Elephanta, partagea les honneurs du cuite ». : Brahima et Vichnou, et devint la seconde Person : de la Trimourti ?
Les temples souterrains de Kennery, dans l'ile Salcette, sont des Monuments du même genre que ceux d'Elephanta; on ne peut de même préciser la date de leur origine, car à une époque inconnue, dit encore, après une étude attentive des lieux, l’auteur de Z'/nde Contemporaine, les images de Bouddha et les symboles de son culte y ont usurpé la place d'images et de symboles plus anciens. A ce sujet, le lieutenant-colonel Sykes, qui a donné une attention particulière à ces constructions souterraines, affirme «qu’on ne trouve nulle part dans l'Inde de temple souterrain dédié à Brahma et à Vichnou », Çiva étant le seul dieu qui reçoit des hommages à Ellora *, Cette constatation témoigne en même temps et de l'antiquité et de l’origine de ces monu-